[Chronique] Le puits des mémoires, tome 1 : La traque de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 1 la traque

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2012 (VF)
Edition : Scrineo / Pocket
Prix : A partir de 6,80€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 381 pages

Synopsis
Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

Mon avis
Une saga plébiscitée par la blogosphère depuis sa sortie. Un auteur qui semble devenir une valeur sûre. L’envie d’en apprendre bien plus… Quoi de mieux qu’une lecture commune avec La tête dans les livres pour partir à sa découverte ?

   Au premier abord, la trame de cette saga pourrait paraître classique. Un trio d’hommes se réveillent au beau milieu d’une montagne qui leur est inconnue. Ces derniers, enfermés dans des espèces de cercueil ne se souviennent de rien, s’obligeant à se créer une nouvelle identité. Pourtant, des connaissances, ils en ont à foison, alors pourquoi cette absence de souvenir ? Cherchant dans un premier temps à survivre, puis des réponses à leurs interrogations, ils vont se retrouver malgré eux piégés au sein du royaume de Hélion lorsque les chevaliers de cristal viendront quérir leurs têtes. Commence alors pour eux La Traque.

   La force de l’intrigue réside dans son traitement, original et bien pensé. Partant d’une idée simple, l’amnésie, Gabriel Katz bâti son scénario en l’entourant de mystères et distille les informations au compte goutte, bien souvent par le biais d’ouîe dire, d’annonces officielles ou en nous contant le point de vue de personnages secondaires. Et ça fonctionne à merveille, car je me suis immédiatement attaché à ces héros atypiques et si différents. Dans ce contexte d’amnésie, chaque information, aussi insignifiante soit-elle, devient primordiale, la quête de vérité prenant le pas sur tout.

   En choisissant de mettre l’accent sur les trois personnages principaux que sont Karib, Nils et Olen, l’auteur réussit le tour de force de rendre irrésistible en très peu de pages ces trois hommes. L’impression de découvrir en même temps qu’eux les traits de caractères les constituant est particulièrement grisante et j’ai notamment eu un petit coup de cœur pour Karib, ce mage qui s’ignore. Néanmoins, les personnages secondaires sont clairement de mis de côté et il n’est pas rare, lors d’un des nombreux changements de points de vue, de découvrir une nouvelle tête qui ne tiendra malheureusement pas longtemps. Dommage, car certains, notamment « Serviteur », ont du potentiel et auraient mérité d’être approfondis. Cela dit, il y a tellement à découvrir et une curiosité si présente que ce défaut paraît bien mince à côté du reste !

   Par chance, La traque ne se résume pas qu’à ça. Baignant dans un univers fantaisiste et moyen-âgeux, c’est l’occasion de dépoussiérer les éléments constitutifs du genre. On apprend notamment assez tôt qu’il existe des écoles de magie, enseignant chacune une spécialité : l’illusion, la magie blanche, l’invocation d’esprit et que comme dans tout bon livre qui se respecte, les sorts sont divisés en catégorie mineure et majeure. Que les novices se rassurent, ces détails s’intègrent parfaitement dans le fil de l’histoire et sont parfaitement expliqués. Nécromanciens, alchimistes et même un bien drôle de chien sont également de la partie, et c’est appréciable de découvrir ces différents éléments s’intégrer dans l’intrigue.

   La fin me rappelle, hélas, que ce titre a toujours été prévu comme une trilogie. Palpitante donc, après quelques passages un peu moins rythmés, mais me laissant horriblement sur ma faim en attendant la suite, prévue pour Avril en poche chez Pocket.

   En conclusion, la saga du puits des mémoires commence plutôt fort avec un premier tome solide et très plaisant à découvrir. Reprenant certains grands codes de la fantasy (présence de magie et de leurs écoles, nécromancie, lycanthropie), le récit trouve sa force dans son intrigue finement traitée et son trio de personnages principaux incroyablement attachants. Si vous ajoutez à cela un rythme entraînant, une curiosité constamment mise à l’épreuve, de l’action et une bonne dose de cynisme servie par une plume agréable, vous obtenez une multitude de raisons de vous y pencher sérieusement.

Ma note : 17/20

N’hésitez pas à découvrir la chronique de ma copinaute La tête dans les livres en cliquant ici ! Merci 😀

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[Chronique] Les Aventuriers de la mer, tome 2 : le navire aux esclaves de Robin Hobb

aventuriers de la mer tome 2

Fiche technique du livre
Auteur : Robin Hobb
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 1998 (VO) / 2001 (VF)
Edition : J’ai lu
Prix : 7,70 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 380 pages

Synopsis
Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l’utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiemain à travailler à bord de l’embarcation et à abandonner l’apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-sœur Althéa, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir, Elle doit prouver à Kyle qu’elle est un véritable marin pour récupérer Vivacia…

Mon avis
Découpé en trois tomes lors de sa parution française, j’ai démarré ce « second » tome dès la fin du premier, tant l’attente était insoutenable. [Promis, spoilers au minimum]

   Après les rebondissements finaux vus précédemment, « Le navire aux esclaves » nous propose d’aborder directement un chapitre entier consacré aux changements, durant le Plein été. Les répercussions sont nombreuses pour chacun. C’est une nouvelle vie qui commence pour Hiémain, qui prend beaucoup d’ampleur ici. Lui, qui se voyait uniquement destiné à la prêtrise doit faire face à un changement radical de vie lorsque son père, Kyle, décide de l’embarquer de force sur le Vivacia. Une décision insoutenable pour le jeune homme qui perd ses repères. Althéa, de son côté, plus déterminée que jamais à prouver sa valeur en tant que matelot, décide d’embarquer sur un autre navire, le Moissonneur… en tant qu’homme ! Ce ne sont pas les seuls changements que subit la décidément bien malheureuse famille Vestrit, alors que l’avenir pour les Anciens Marchands semble de plus en plus sombre. A Terrilville il reste beaucoup à faire et Ronica et sa fille Keffria s’en rendent compte très rapidement. Et qu’en est-il du sort de Brashen ou du but de Kennit ? Autant d’évènements qui restent à découvrir tout au long de ce tome.

   Globalement, ce qui ressort le plus, à mon sens, de ce tome par rapport au précédent sont les sentiments dégagés. Les relations entre les personnages sont largement approfondies et prennent des tournures vraiment captivantes. De plus, certains passages sont réellement forts et je dois avouer que j’ai ressenti beaucoup de peine ! Quelle tristesse j’ai eu pour Keffria (vers la page 117) ! Chacun doit faire face à diverses épreuves et la plupart sont hélas très douloureuses. Le passé de certains protagonistes, notamment celui d’Althéa et de Keffria, nous est un peu plus présenté et au final on s’attache beaucoup à eux car l’impression de réellement les connaître est palpable.

   D’autres personnages entrent davantage en scène ici, en particulier Malta, la fille de Keffria, cette sale peste ! Oui, je la déteste, même si quelque part je comprends parfaitement ses motivations… C’est d’ailleurs un point intéressant que je souhaite mettre en avant : l’aspect absolument non manichéen de l’histoire. Chaque personnage a son lot de motivations, de raisons d’avancer et de se conduire tel qu’il le fait et une part de moi n’arrive jamais à les détester entièrement car il ne pense pas agir forcément mal. Et oui, même Kyle, je n’arrive pas à le détester entièrement. Bon au moins à 95% si ça peut vous rassurer (oui, il ne faut pas abuser, je lui en veux quand même !).

   L’auteure continue de prendre son temps pour poser son histoire, qui, je dois le reconnaître, ne m’avance toujours pas plus quoi tout cela va nous mener. On se contente « simplement » de suivre les actions et l’évolution de chacun. Il se passe néanmoins plus de choses dans ce second tome, mais disons que le rythme aurait pu être accéléré. Toutefois, je ne pense pas que cette légère lenteur desserve le récit tant j’ai pris du plaisir à découvrir davantage cet univers. Je pense par exemple à cette vieille tradition qu’ont les Marchands de Terrilville avec les habitants du Désert des pluies : d’or ou de sang, la dette doit être payée ! Aussi, petit à petit, par le biais de la sublime Vivacia et de Parangon, on en apprend davantage sur les mystérieuses Vivenefs qui continuent de me fasciner. Quant aux Serpents des mers… Brrrr !!! L’auteure a réussi à me stresser en imaginant ces monstrueuses créatures douées d’une certaine intelligence. Pourtant, une tonne d’interrogations continue de me trotter en tête sur ce monde mais inlassablement, Robin Hobb, distille et ajoute de nouveaux éléments, magiques ou non, et surtout révèle ce qu’elle souhaite quand elle le juge bon. Les impatients n’ont qu’à bien se tenir ^^

   Enfin, je me dois de faire une mention spéciale à la plume de Robin Hobb qui continue de m’envoûter, de me séduire, de m’amuser. Certains passages, dans divers domaines, sont délicieux. Je pense notamment aux quelques passages suivants :

  • « […]les années où une femme avait le choix étaient bien trop courtes.; Bien assez vite, elle se mariait et devenait grosse des œuvres de son mari. »
  • « […] depuis que je te connais, tu me rappelles ce poème. Surtout le passage qui dit : «les mots ne sont pas assez profonds pour contenir mon amour. Je me tais et repousse mon adoration, de peur que la passion ne m’enchaîne.» » Un silence. « Les mots d’un autre, issus de la bouche d’un autre. Je regrette qu’ils ne soient pas de moi. »

Dans le contexte de la lecture, ces merveilleuses phrases sont un divines !

   En conclusion, avec ce second tome, Les Aventuriers de la Mer prend une tournure encore plus intéressante, car il positionne la saga fantaisiste dans la catégorie « Histoire que je vis ». Cela a beau être une pure fiction, les personnages et la psychologie les constituant sont tellement profonds que je ne peux que craquer. Ajoutez à cela un univers qui continue de se construire et de m’épater ainsi que des évènements poignants, dont certains m’ont carrément troublés, et vous obtenez un coup de cœur littéraire, une lecture qui vous marque. Dommage que l’on ne sache pas plus où l’histoire nous mène mais gageons que le troisième tome, que je meurs d’impatience de lire, répondra à cette question !

Ma note : 18/20

[Chronique] Les Aventuriers de la mer, tome 1 : le vaisseau magique de Robin Hobb

aventuriers de la mer tome 1

Fiche technique du livre
Auteur : Robin Hobb
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2001 (VF) / 1998 (VO)
Edition : J’ai lu
Prix : 7,50 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 316 pages

Synopsis
Les vivenefs sont des vaisseaux magiques attachés par des liens empathiques à la famille qui les possède. Ces navires insaisissables bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates… et font l’objet de toutes les convoitises. Le capitaine de la Vivacia, Ephron Vestrit, se meure. Parmi les siens, chacun ourdit complot et trahison pour s’approprier son vaisseau, car une vivenef ne se transmet pas comme un legs ordinaire. Pendant ce temps, d’autres dangers se profiles à l’horizon : les serpents de mer qui infestent les océanes se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien.

Mon avis
Après avoir connu l’excellente Robin Hobb grâce au premier cycle de l’Assassin Royal, je me devais de poursuivre ma découverte de cette auteure qui m’a tant charmé. Quoi de plus approprié que son cycle suivant, Les Aventuriers de la mer ?

   Terrilville est une grande cité, forte d’une longue histoire pas comme les autres. Ses ancêtres colonisateurs, par le biais d’un accord avec le Gouverneur, sont devenus les premiers Marchands, des gens aux statuts particuliers possédant de nombreuses terres. Une tradition et un héritage sont alors nés. Ephron Vestrit, capitaine de la Vivacia, une vivenef, fait partie des dernières familles de Marchands de Terrilville et entend bien poursuivre dans cette voie. Malheureusement, ses jours étant comptés, il ne lui reste qu’un seul souhait : que son navire, commandé par Kyle, son beau-fils, et Althéa, sa fille préférée, rentrent au plus vite. En effet, le navire, la Vivacia, n’est pas un vaisseau comme les autres. Construit en bois-sorcier, il est un navire magique qui a la possibilité de s’éveiller lorsque trois générations d’une même famille s’éteignent sur son pont, et Ephron est justement son troisième représentant… Pendant qu’une famille se déchire pour leur futur, de l’autre côté de l’océan, un pirate, Kennit, décide de rencontrer les Autres, des créatures mystiques, afin d’entendre l’Oracle. Ambitieux et doté d’une chance inouïe, ses actions pourraient bien changer le monde…

    Évidemment raccourci à l’extrême, mon résumé ne met en avant qu’une partie de l’intrigue et des évènements ayant lieu dans ce « nouvel » univers de Robin Hobb. « Nouvel » car il se déroule au sud des Six-Duchés, lieu de l’histoire de son précédent cycle l’Assassin Royal. Toutefois, aucune crainte à avoir, l’auteure a su se détacher de ce qu’elle avait imaginé pour proposer un environnement totalement nouveau. Ici la mer est reine, les coutumes très différentes, les croyances, les légendes et les modes de vies aussi. Finalement, si on exclut les quelques références qui peuvent être faites par moment, nous sommes en territoire inconnu. Un très bon point donc.

   J’ai beaucoup apprécié la forte identité que dégageait Les Aventuriers de la mer. Cette fois-ci, on baigne dans la fantasy dans les premières pages avec la présence des Autres, mais aussi de Serpents de mer, sans oublier les mystères autour du Désert des pluies. Néanmoins, l’élément qui m’aura le plus marqué dans ce premier tome reste les vivenefs. J’ai vraiment été charmé par l’histoire de ces navires magiques, leurs propriétés et bien sûr par la Vivacia, vivenef centrale de ce tome. Elle me laisse rêveuse… Et de que dire de Parangon, vivenef à l’histoire longue comme mon bras ? Je vous laisse découvrir par vous-même mais j’ai en tout cas très hâte d’en découvrir plus à leur sujet !

   En ce qui concerne la galerie d’acteurs, là aussi j’ai été ravi. Il n’y a pas un personnage principal en particulier mais plusieurs. Pour autant aucun n’est délaissé. Robin Hobb a fait le choix d’une construction où l’on change de point de vue et de personnage toutes les dix pages environ, ce qui permet de s’attarder plus longuement sur les différents protagonistes et de suivre l’action aux quatre coins du monde. On retrouve la fine psychologie de l’auteure et chacun a bénéficié d’un réel travail de description. Althéa est un petit coup de cœur déjà, tout comme sa mère, l’une pour sa dévotion presque folle pour un navire, l’autre pour son caractère bien trempé. Quant à Kyle… Hum, ce n’est pas l’envie de placer quelques coups qui manquent ! Quel sale comportement ! Pourtant, avec le recul, je n’arrive pas à le détester entièrement car il y a une certaine véracité dans certains de propos, et peut-être qu’il est juste dur pour le bien de sa famille. Hiémain m’a beaucoup intrigué et touché, quelle force d’esprit pour un si petit jeune homme ! J’aime la manière dont la vie et les expériences ont façonné ce garçon. Les autres personnages ne sont pas en reste et ont tous ce petit quelque chose qui contribuent fortement à aimer davantage ce récit.

   Pour l’histoire c’est plus difficile de se prononcer pour l’instant. Ce que j’ai lu m’a beaucoup plu et j’ai apprécié l’aspect drame familial que l’ensemble pouvait prendre par moment. Les thèmes abordés vont de la famille à l’injustice (système de caste), en passant par l’esclavage, la piraterie et la volonté d’un changement social radical. Bien que riche, on ressent clairement que ces 300 premières pages sont vraiment là pour poser les bases et introduire un cycle qui se veut long. De plus, il ne faut pas oublier que comme bon nombre de livres de fantaisie en France, Les Aventuriers de la mer a été (monstrueusement ?) découpé par rapport à sa VO. Autant dire qu’il ne faut pas s’attendre à une fin de tome bien palpitante, il s’agit juste de la fin d’un chapitre ! Cependant, l’intrigue est très agréable à suivre et il y a ce côté addictif qui me pousse à dévorer le livre et à déjà lire le suivant.

   En conclusion, ce premier tome des Aventuriers de la Mer indique que la série dispose de toutes les cartes en main pour devenir un cycle de fantaisie bon, voir très bon. C’est un réel plaisir de retrouver la plume envoûtante de Robin Hobb et de se plonger dans cet univers marin plein de mystères. Tous les ingrédients qui constituent à mon goût un bon récit sont présents et j’ai adoré suivre les débuts d’Althéa, Hiémain, Kennit et de la merveilleuse Vivacia. A considérer évidemment comme une introduction, 300 petites pages ont suffit à me rendre amoureux de Terrilville et c’est avec une impatience non feinte que j’ai envie de reprendre le large !

Ma note : 17,5/20

[Chronique] Black stone, tome 1 : les magiciens de Corbeyran et Chabbert

blackstone tome 1

Fiche technique du livre
Auteur : Eric Corbeyran (scénariste) et Eric Chabbert (dessinateur)
Genre : Bande-dessinée : Fantastique
Année d’édition : 2012
Edition : Glénat
Prix : 13,90 euros
Langue : Française
Nombre de pages : 56 pages

Synopsis
Paris, en 1860. Nelson Staightback et Jenny Sullivan mettent fin à leur minable association avec Jean-Jacques Bonneteau pour tenter leur chance à Londres. Mais le maigre succès qu’ils parviennent à obtenir prend fin lorsque l’enfant qu’ils font monter sur scène pour faire mine de le faire disparaître se volatilise réellement… Avant de fuir la foule en colère, Nelson a tout juste le temps de repérer, dans la boîte où se trouvait le gamin, une pierre noire… Alors que ses anciens compagnons sont dans la plus crasses des galères, Nelson embarque sur un paquebot en direction des États-Unis, et réalise avec stupeur qu’il est désormais vraiment capable de faire de la magie…

Mon avis

Plutôt amateur en matière de bande-dessinée, je me suis laissé tenté par Black stone suite aux conseils de mon (ancien, snif) libraire favori.

Me rappelant le monde fantastique d’Oz sur bien des points tant ils commencent d’une manière similaire, le scénario de Black stone est au premier abord simpliste. Jean-Jacques Bonneteau vit de son métier de magicien. Accompagné de ses amis Jenny et Nelson, ils exercent tous ensemble des petits tours de magie dans les rues de Paris. Seulement, et comme dans Oz, la vraie magie n’existe pas et les spectateurs ne sont pas dupes. Après un énième échec, Nelson et Jenny, qui sont en couple, souhaitent passer à autre chose. Nelson a beaucoup d’ambition et a déjà une idée de spectacle qui pourrait l’emmener loin. C’est ainsi qu’il part exercer à Londres. Quelques pages plus tard, on peut apercevoir le couple réaliser son nouveau numéro dans un bar plutôt malfamé. Malheureusement pour eux, les choses tournent mal et ce qui était censée une tromperie finit par arriver. L’enfant, censé être resté dans la boîte, a réellement disparu et a laissé place à une étrange pierre noire. Nelson s’empresse de la récupérer et découvre ensuite que celle-ci lui permet de faire de la vraie magie… Et je m’arrêterai là ^^ !

Des similitudes avec le dernier Disney donc, mais seulement pour le début. Très vite on se rend compte ici que le récit est bien plus sombre et les personnages moins lisses qu’ils ne le laissaient paraître dans les premières pages. Les personnalités du trio principal sont très travaillées, en particulier celle de Nelson que je pense plutôt complexe et qui pourrait bien surprendre dans les tomes suivants. L’univers développé est intéressant car il mêle habilement le thème de la magie avec la (dure) réalité de l’époque. On peut apercevoir la montée en force du monde industriel et de ses grandes usines, le système judiciaire anglais du XIXème siècle ou tout simplement la vie des villes de cette période. Cette fidèle retranscription historique est d’ailleurs un point qui a su me séduire car j’apprécie toujours revoir ou apprendre divers éléments sur les époques passées.

Ces représentations sont bien entendu renforcées par l’excellent graphisme des dessins. Car le moins que l’on puisse dire est que Black stone sait attirer l’œil. Grâce à leurs formats, les bandes-dessinées ont la chance d’avoir parmi les meilleures couvertures de la littérature. Celle-ci ne fait pas exception, tant sa beauté a su retenir mon attention. Mais ce n’est pas tout. Les planches sont magnifiques et j’étais impatient de passer à la page suivante afin de découvrir la beauté de nouveaux lieux. Il y a une réelle précision dans le dessin qui m’a laissé pantois et j’ai souvent été obligé de regarder plusieurs fois chaque planche pour bien profiter de l’ensemble des détails affichés. Entre les figurants à l’arrière plan, les actions et précisions des personnages principaux en premier plan et par exemple les meubles en second plan, c’est simple, absolument rien n’est laissé au hasard. Un véritable travail d’orfèvre qui fait ni plus ni moins de Black stone, la plus belle BD que j’ai lu jusque là.

Toutefois, je me dois d’insister sur un point qui m’a quand même déçu. Je sais que le format et les habitudes éditorialistes veulent ça, mais j’ai trouvé au final ce premier tome bien maigre. Oui il s’agit d’une introduction, on y pose les bases de l’histoire, quelques doses de suspense et de mystère pour les prochains tomes, mais le tout m’a quand même laissé un goût de trop peu. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu, et je pense que Black stone possède pas mal de potentiel, mais en l’état je dois admettre que ce premier tome n’est pas suffisant pour me faire une réelle idée du titre. Les dernières pages laissent entrevoir de très bonnes choses pour la suite, j’espère donc que le second tome (prévu pour le mois de Mai 2013) va confirmer le potentiel de la série et me surprendre.

En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec ce premier tome de Black Stone. Ses dessins, absolument enchanteurs, retranscrivent à merveille l’époque, le XIXème siècle, et m’ont vraiment bluffé par leur qualité. Très introductif, l’histoire et ses personnages accrochent, tout comme les ultimes révélations du tome assez surprenantes. Cependant, j’ai vraiment besoin de lire le second tome afin de confirmer le potentiel, que je pense très présent, de cette série, car en l’état c’est trop court pour me faire une réelle idée.

Ma note : 13,5/20

PS : En bonus, voici deux planches tirées de ce premier tome. Pour mieux les admirer n’hésitez pas à agrandir.

planche 8 black stone Black-Stone--Tome-1--Planche-2

In my mailbox (6)

“In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. C’est Liliebook qui s’occupe de la gestion des In My Mailbox français.”

 

Bon dimanche à vous ! Pour cette semaine, j’ai un IMM absolument énorme à vous présenter. Un coup d’œil aux photos plus bas et vous comprendrez très vite pourquoi ^^ :

mailbox

mailbox

Gros craquage cette semaine, rendu possible par la (très triste) liquidation d’une librairie spécialisée, où j’étais client depuis l’ouverture, soit presque dix ans ! Que le temps passe… Enfin, voici précisément les livres de ce IMM qui rejoignent la PAL :

  • Les 4 premiers tomes de 20th Century Boys de Naoki Urasawa. Inutile de vous parler à nouveau d’Urasawa, qui est probablement mon auteur favori de manga. Toutes ses séries (que j’ai lues) sont à mon sens géniales et celle-ci pour sa première partie ne déçoit absolument pas. Un thriller fantastique haletant.
  • Fairy Tail, tome 20 de Hiro Mashima. Voilà un moment que j’ai perdu le rythme de parution de ce manga… Sans être un énorme coup de coeur, c’est pourtant une série qui me distrait beaucoup et avec qui je passe toujours un très bon moment. Ce vingtième tome sera l’occasion de s’y remettre donc.
  • Vinland Saga, tome 11 de  Makoto YUKIMURA. Dernier tome sorti en France de ce très bon seinen nordique, je l’ai acheté juste pour son petit prix, histoire de prendre de l’avance.
  • Yotsuba ! tome 1 de Kiyohiko AZUMA, un manga classé « tranche de vie » où l’on suit la vie d’une famille japonaise par les yeux de la petite Yotsuba. J’espère quelque chose de frais et de dépaysant.
  • Lord of Chaos, tome 1 de Izu Shonen. Depuis sa sortie, ce manga m’intrigue beaucoup. Apparemment fantaisiste, fantastique avec une touche ésotérique, il s’agit d’un global manga… réalisé par des français ! Une première pour moi donc.
  • Knights of Sidonia, tome 1 de Tsutomu NIHEI, pour une petite touche de science-fiction !
  • Les sept psychopathes de Fabien Vehlmann, Les sept missionnaires de Alain Ayroles. Un peu de bande-dessinée pour changer avec ces ouvrages que l’on m’a longtemps conseillé. Ces deux histoires totalement indépendantes l’une de l’autre ont un unique point commun : sept protagonistes totalement loufoques à qui une mission devant changer l’histoire a été confiée. Mais rien ne se passe comme prévu ! De bons fous rires à venir.
  • Black Stone de Eric Corbeyran. Une couverture superbe, des planches magnifiques, une histoire se situant au début du XXème siècle mêlant réalité et magie… Tous les ingrédients sont réunis pour que j’adhère !
  • L’Assassin Royal, tome 7 : le prophète blanc de Robin Hobb. Après un sublime premier cycle, il était évident que je commencerais un jour le second, en espérant autant accrocher.
  • La communauté du sud, tome 12 : mort sans retour de Charlaine Harris. Je finis ce IMM par la seule série bit-lit que je lis mais qui tient une place spéciale pour moi. La communauté du sud, c’est une lecture très drôle, pas prise de tête, stupide sur bien des points mais pourtant tellement addictive ! Chaque nouveau tome rejoins ma PAL et celui-ci ne déroge pas à la règle ! Sookie, j’arrive ^^

Un très gros IMM donc, où tous les genres sont représentés. Et vous, pour quel(s) livre(s) avez-vous craqué récemment ?