Le plaisir des mots : le secret

Bonjour à tous !

Par ce dimanche très froid, je souhaite vous présenter une nouvelle rubrique : le plaisir des mots. Je viendrais y exposer des citations ou autres phrases cultes de mes lectures du moment qui rendent l’utilisation des mots si attachante et plaisante.

Comme vous avez pu le constater, l’Assassin Royal a une très grande place sur le blog actuellement. Lors de mes chroniques, je parlais souvent du style d’écriture ou de la qualité des mots choisis par l’auteur. A chaque début de chapitre, un petit prologue est écrit dans un ton complètement différent à celui du livre. Je vous présente ici un de mes prologues favoris et que j’ai rebaptisé le secret !

Il se peut très bien que la diplomatie soit l’art de manipuler les secrets. Que sortirait-il d’une négociation s’il n’y avait pas de secrets à garder ou à partager ? Et cela est aussi vrai d’un contrat de mariage que d’un accord commercial entre deux royaumes : chaque partie sait précisément ce qu’elle est prête à donner à l’autre pour obtenir ce qu’elle désire, et c’est dans la manipulation de ce savoir secret que sont menés les plus âpres marchandages. Il ne se passe rien entre les hommes où le secret n’ait sa part, qu’il s’agisse de joueur aux cartes ou de vendre une vache. L’avantage va toujours à celui qui perçoit le mieux quel secret révéler et quand. Le roi Subtil aimait à répéter qu’il n’y a pas de plus grand avantage que de connaître le secret de l’ennemi alors qu’il vous croit ignorant ; c’est peut-être là la le secret le plus efficace qu’on puisse détenir.

   Ce que j’ai adoré ici est la montée en puissance du mot secret. On part d’une simple hypothèse pour être amené petit à petit à une vérité plus générale, plus large, qui s’appliquerait à quasiment toutes les actions de l’Homme. On conclut par  une confirmation de cette hypothèse par le personnage fictif qu’est le roi Subtil, personnage de la plus haute importance dans cette saga fantaisiste, donnant ainsi un poids supplémentaire aux propos démontrés et nous laissant à notre réflexion. Un prologue très… subtile donc !