[Chronique] Autre-Monde, tome 5 : Oz de Maxime Chattam

autre monde tome 5

Fiche technique du livre
Auteur : Maxime Chattam
Genre : Jeunesse / Fantastique
Année d’édition : 2012 (VO – VF)
Edition : Le livre de poche
Prix : 7,60 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 456 pages

Synopsis
Cap sur l’Europe ! Pour tenter de vaincre Entropia, l’Alliance des Trois s’embarque pour le vieux continent. Objectif : mettre la main sur le Cœur de la Terre. Mais c’est un pays hostile qui les attend, où les Cyniks ont asservi les enfants. Obstacles, pièges, trahisons, les jeunes héros parviendront-ils à leurs fins ? Ou le chaos mortifère d’Entropia aura-t-il raison d’eux ? La quête de Matt, Ambre et Tobias est loin d’être terminée…

Mon avis
Après un quatrième tome qui me réconciliait grandement avec la série et la promesse d’un nouveau voyage palpitant, je ne pouvais être qu’impatient de démarrer Oz.

   Le quatrième tome était l’occasion de démarrer un nouveau cycle, centré autour de la découverte d’une étrange menace, un nouvel ennemi au nom d’Entropia. Le mystère reste grand, mais notre troupe préférée est repartie sur Eden afin de préparer ce qui s’annonce peut-être comme l’ultime voyage : traverser l’océan atlantique et rejoindre l’Europe. Un continent lointain pour ces jeunes Pans qui ne savent absolument pas ce qu’ils vont y trouver, n’ayant eu aucun contact avec le monde depuis la Grande Tempête. Pourtant, c’est peut-être leur unique chance de salut et il est nécessaire de tenter le tout pour le tout. Aidé par les Kloranpanphylles, Matt, Tobias et Ambre, accompagnés des petits nouveaux (Maya, Tania, Floyd et Chen), ont pris leur décision et vont aller de surprise en surprise, tant durant le trajet qu’à leur arrivée…

   Dans l’ensemble c’est un vrai plaisir de se plonger à nouveau dans cette saga. Je suis très attaché aux personnages, ces jeunes plein de bonnes intentions souhaitant œuvrer pour un meilleur monde (et leur survie). C’est un peu niais, je sais bien, et l’on pourra toujours reprocher à Monsieur Chattam de survoler ses personnages secondaires, mais mince, ces élans d’espoir sont comme un rayon de soleil : ils me font un bien fou. Puis, l’aspect jeunesse, présent, n’entrave en rien mon appréciation de cette lecture, puisqu’il ne gène pas l’apparition de moments sombres, presque glauques. C’est d’ailleurs amusant de constater les différences de ton entre quelques pages où l’on va enchaîner d’une blague de Tobias à une décapitation et l’envol d’une tête !

   A propos de l’intrigue en elle-même, l’idée de traverser l’océan et de découvrir l’Europe m’a particulièrement séduite. Scénaristiquement parlant, cela permet d’offrir des moments de surprises et de découvertes similaires aux deux premiers tomes, mes favoris jusque là, et c’est particulièrement grisant. Maxime Chattam développe ce nouveau cycle en apportant de nombreux éléments tout en conservant l’esprit aventurier qui fait le charme de Autre-Monde. La capacité de l’auteur à façonner son univers, inventer des mots est à saluer, tout comme sa plume, toujours aussi vive et prenante.

   D’ailleurs, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Mon premier sentiment quand j’ai fermé Oz fut « WOW ». Certes, il y avait de la frustration, mais le livre est construit comme une montée en puissance progressive pour déboucher sur un final explosif qui m’a scotché. Pourtant, au départ, ce n’était pas forcément gagner, le démarrage étant assez long. Puis, j’ai ressenti cette drôle d’impression. Celle qu’au fur et à mesure des pages, Maxime Chattam se rendait compte qu’il prenait trop son temps et que son histoire allait être trop longue. Le turbo a été enclenché, les évènements ont commencé à se succéder, les rebondissements sont venus en masse et ça a été tellement rapide que la conclusion m’a semblé même rushé.

   Ce qui constitue mon principal grief envers la saga et surtout ce tome. Que c’est plaisant, mais que c’est rapide… ! Clairement, Autre-Monde pourrait largement gagner en qualité si 200 pages supplémentaires étaient présentes. Elles permettraient de développer les personnages secondaires, adorables mais dont on connaît peu de choses au final. Les moments forts dureraient plus longtemps, de sorte à nous rendre réellement triste plus d’une page, au lieu d’enchaîner une folle course poursuite comme c’est le cas ici. L’intensité serait peut-être même plus forte et le livre aurait suffisamment de matière pour imposer une réelle claque. J’ai besoin de ces pages !

   En conclusion, Oz nous offre un tome plutôt bon, dans la veine qualitative des précédents. Arborant des tons jeunesses entrelacés de moment sombre, Maxime Chattam continue de me séduire avec cette saga au style simple mais à la fluidité exemplaire. L’Europe et l’océan atlantique sont deux parfaits terrains de jeux et les sensations de découverte liées à l’exploration sont toujours aussi fortes et plaisantes. Certains éléments de l’intrigue peuvent déplaire et je regrette que l’on reste trop souvent en surface mais ces défauts n’entachent en rien le caractère addictif de l’intrigue. Neverland, je te veux.

Ma note : 16/20

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[Chronique] Le Trone de Fer, intégrale 5 de George R. R. Martin

trone de fer intégral 5

Fiche technique du livre
Auteur : George R. R. Martin
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2011 (VO) / 2014 (VF)
Edition : Pygmalion
Prix : 22,90 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 1222 pages

Quatrième de couverture
Le volume 5 de l’intégrale du Trône de fer clôt provisoirement un chapitre important de cette saga désormais célèbre dans le monde entier grâce à la magnifique série télévisée qui a battu des records historiques d’audience. George R.R. Martin, scénariste et producteur au cinéma et à la télévision de nombreux films et feuilletons, est également l’auteur chevronné de cinq romans a succès. Le premier tome de la série Le Trône de fer (Game of Thrones), accueilli avec enthousiasme par la presse unanime aux États-Unis, a obtenu en 1997 le prestigieux prix Locus. Davantage qu’un cycle de fantasy, Le Trône de fer apparaît comme une saga romanesque digne des meilleurs feuilletonistes du XIXe siècle, une invitation à l’émerveillement et à l’aventure, narrant les luttes intestines pour le pouvoir que se livrent les grandes familles du royaume imaginaire de Westeros

Mon avis
Enfin. ENFIN ! Il est ENFIN possible de découvrir en France ce cinquième « intégrale » du Trône de Fer tel qu’il a été conçu par l’auteur. Fini les multiples découpages, Pygmalion propose désormais l’intégrale en grand format dans une édition plutôt soignée. L’attente en valait-elle la peine ?

   Si l’on en croit George R. R. Martin, l’histoire qu’il a développé pour le quatrième tome du Trône de Fer était si vaste qu’il devenait obligatoire de la découper en deux tomes. Ainsi naquit ce cinquième intégral, faisant la part belle aux oubliés du précédent. Jon, Lord commandant du Mur, Stannis et Mélisandre, Daenerys et son règne à Mereen, Tyrion Lannister, Theon Greyjoy, ou Schlingue pour les intimes, sont autant de revenants qui viendront exposer leurs problématiques suite aux évènements survenus dans le troisième tome et donc en parallèle aux faits du quatrième tome. Cependant, de nouveaux visages font aussi leur apparition tout au long de l’histoire et au final ce ne sont pas moins de 16 points de vue différents et donc protagonistes qui nous conteront la suite de l’histoire des 7 couronnes, bien que la majeure partie de l’intrigue se déroule en réalité en dehors de Westeros.

   L’occasion de constater à nouveau que l’univers développé par l’auteur est juste incroyablement riche, voir infini. C’est simple, pour un cinquième tome, je ne m’attendais clairement pas à découvrir autant de nouvelles choses, qu’il s’agisse de lieux, du folklore de chaque cité, de légendes. C’est autant agréable que parfois frustrant. En fait, il y a tellement d’informations que j’ai trouvé qu’on frôlait parfois l’indigestion, et que cela devenait fouillis. Pourtant cela ne m’avait jamais posé problème jusque là car les nombreux rebondissements soutenaient le récit mais cette fois ce ne fut pas le cas. Ce qui est d’ailleurs le plus gros reproche que je peux adresser.

   Cette fois, pas question d’espérer vivre de grands moments épiques, des trahisons ultimes et des décapitations impensables trois pages auparavant : l’heure est à la réflexion. Le royaume a subi de lourdes pertes, la situation générale est très loin d’être au mieux dans l’ensemble du pays et chacun essaie à sa manière de réfléchir au futur et à consolider ses bases actuelles. La psychologie des personnages est largement mise en avant et l’on découvre les doutes et les remords qu’ils ont au plus profond de leur âme. C’est ainsi que je me suis pris d’affection pour Selmy Baratheon, dit Ser Grand Père, ou pour de nouveaux visages. Néanmoins, la répétition n’est jamais bien loin, et si un protagoniste suit un certain code d’honneur à la page 100, vous pouvez être à peu près sûr qu’à la page 1100, celui-ci sera inchangé à la lettre près…

   On gagne donc en profondeur ce qu’on perd malheureusement du côté de l’action et de l’intrigue. Autant être honnête, il se passe peu de choses, chacun étant embourbé dans de menus détails de son petit côté du monde, ce si vaste monde. Les rares moments d’éclat où George R.R. Martin m’a scotché de stupéfaction se retrouve ainsi perdus dans le flot de petites intrigues subsidiaires. Ma plus grande déception revient à Tyrion Lannister, qui tout en restant un personnage fantastique et incroyablement drôle, propose l’intrigue la plus ridicule et ennuyeuse qui soit (oui, pire que Daenerys). Après ce qu’il a traversé et accompli, je m’attendais franchement à mieux.

   De même, j’ai eu du mal à comprendre l’étrange « timeline » suivie par l’auteur. Je pense comprendre que son but est que tout les évènements se rejoignent durant ce tome pour ne former plus qu’un sur l’échelle du temps, mais c’était très mal amené. Certains personnages font donc un retour éclair à compter de la moitié du tome, tel qu’Arya, dont la soudaine l’apparition m’a plus que dérangé. Seulement, avec deux petits chapitres n’apportant que très peu, on peut se questionner sur l’utilité de son retour, qui brise l’enchaînement créée jusque là. Peut-être aurait-il été plus appréciable de ne tout simplement pas les inclure ? Contre toute attente, ma préférence va largement vers le quatrième tome, plus cohérent, comestible, et dont les intrigues m’ont davantage tenues en haleine.

« Ils ne changèrent d’attelage qu’à trois reprises ce jour là, mais semblaient s’arrêter au moins deux fois par heure pour qu’Illyrio puisse descendre de la litière et pisser son content.
Notre seigneur des fromages a beau avoir la taille d’un éléphant, sa vessie est grosse comme une cacahuète, jugea le nain. »

   Ces multiples déceptions n’entachent toutefois pas mon respect pour la plume de l’auteur, qui utilise une palette de mots incroyable et en joue comme pas deux. Les citations faisant mouche sont plus que nombreuses et j’avoue avoir beaucoup rit face aux situations assez cocasses proposées. De même, la nouvelle traduction française ne gâche en rien le plaisir de lecture. Certes, elle n’est pas à mon sens au niveau de celle fournie par Monsieur Sola, dont le travail était incroyable, mais elle est reste de très très bonne facture et ne dénature pas le style précédemment créée.

   En conclusion, trop est parfois trop. C’est un réel plaisir que de se plonger à nouveau dans les frasques de Westeros et de ses cités libres, mais clairement, jamais la lassitude n’avait pointé autant le bout de son nez lors de la lecture du Trône de Fer. Incroyablement long, extraordinairement fouillé (voir fouillis) et complexe, l’univers développé par George R.R. Martin ne cesse d’impressionner par son immensité et sa richesse. Néanmoins, à trop vouloir démontrer ses talents d’auteur et sa maîtrise de l’intrigue, l’auteur a mis de côté les petits plaisirs que j’ai aimé vivre en tant que lecteur, tel l’enchaînement de rebondissements bien trouvés, les palpitantes intrigues. Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais n’escomptez pas vivre une aventure aussi trépidante que celles des précédents tomes : l’intrigue de la saga a à peine avancé. Maintenant que les pièces de l’échiquier sont en place, je n’ai plus qu’à attendre patiemment le sixième tome, qui a toute ses chances d’être explosif.

Ma note : 14/20

[Chronique] Le Trône de fer, intégrale 4 de George R.R. Martin

le trone de fer intégrale 4

Fiche technique du livre
Auteur : George R.R. Martin
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2005 (VO) / 2010 (VF)
Edition : J’ai lu
Prix : 17,50 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 892 pages

Synopsis
Le royaume de Sept Couronnes ne cesse de s’enliser dans la guerre civile. Sur le Mur, l’intervention armée de Stannis Baratheon contre les sauvageons place le nouveau lord-commandant de la Garde de nuit dans une situation difficilement tenable.

Mon avis
Alors que la sortie de l’intégrale 5 en France semble toujours aussi incertaine et que la diffusion de la saison 4 à la télévision avance à grands pas, je me suis enfin décidé à lire l’intégrale 4, 3 ans après avoir été bouleversé par un troisième tome de folie.

   Contrairement à ce que j’ai pu lire, ce quatrième intégrale est en réalité la suite directe de l’intégrale 3. Il n’y a pas donc de « saut dans le temps » de 3 ans ou autre, on suit bien les mêmes intrigues que précédemment et c’est ainsi l’occasion d’assister aux conséquences des multiples carnages qui ont eu lieu mais aussi, disons-le sans trop spoiler, aux multiples remaniements imposés. On retrouve Arya Stark, dites Salins, dans son périple pour Braavos, Sansa Stark, dites Allayne, dans son nouveau rôle de fille bâtarde aux Eyriés, mais aussi Samwell Tyrell qui se voit confier une importante mission le conduisant jusqu’à Villevieille. Jaime Lannister a de plus en plus de mal à supporter et à comprendre sa sœur, il quitte finalement la capitale pour se retrouver dans les Conflans. C’est aussi l’opportunité de suivre Cersei Lannister, dont le rôle de Reine régente ne cesse de lui monter à la tête, Brienne, alias la Pucelle de Torth, dont la nouvelle attribution, retrouver Sansa Stark afin d’honorer le serment de Jaime auprès de Catelyn Stark, semble des plus impossibles et les fils et frères de Baelon Greyjoy, subitement décédé d’une chute des passerelles de son château après le passage d’une tornade des plus mystérieuses…

   Du beau monde donc, mais plusieurs têtes resteront absentes, l’auteur ayant fait le choix de découper l’intrigue de son tome en deux, chacune ayant ses personnages à suivre. Néanmoins, je vous avoue que le Trône de Fer m’emporte à nouveau très loin avec ce quatrième tome. Doté d’un rythme certes plus lent, et axé sur les intrigues centrés autour de Port-Réal et des 7 couronnes, George R.R. Martin y fait la part belle à de nombreux personnages, mais peut-être pas ceux qu’attendent les aficionados de la série TV, soit Jon Snow, Daenerys ou encore Tyrion Lannister. Qu’importe, le plaisir de lecture est bien présent dans ce tome, que je qualifierais de « rééquilibrage des forces »

   Plus que les précédents, ce tome-ci s’attarde à donner une vision globale des pouvoirs établis et des maisons propriétaires de chaque couronne. N’allait pas croire que parce que le prince Obéryn Martell est mort que personne n’est disposé à prendre sa relève. Ainsi, qu’on se place chez les Lannister, les Arryn (et le Val des Eyrié), les Martell, les Tully ou encore les Tyrell, il est précisément décrit l’étendue de leurs forces ainsi que les héritiers potentiels, qu’ils soient nouveaux ou non, frères ou cousins, oncles ou neveux. La recherche du pouvoir reste maîtresse quelque soit la situation et chacun poursuit complots et manigances afin de s’attribuer la part belle du gâteau. Cela en fait donc aussi un tome de mise en place, où la nécessité de relancer de nombreuses intrigues en incluant de nouveaux personnages ou en éclaircissant le background d’autres (notamment la famille Lannister et Cerseï, des passages que j’ai adoré) ralentit le rythme après un troisième tome m’ayant laissé peu soufflé durant la lecture. Toutefois, l’intrigue reste selon moi de grande qualité. Le sel qui fait du Trône de Fer une lecture succulente et à part est toujours présent. Si j’excepte une certaine lenteur, mon autre unique reproche serait la trop grande présence de cliffhangers en fin de tome.

   J’ai particulièrement adoré en apprendre plus sur le pays de Dorne. Comme d’habitude, l’auteur sait rendre unique chacune des contrées de Westeros et Dorne ne fait absolument pas exception. Dans cette contrée sud, ce sont d’autres mentalités, d’autres  sentiments qui nous attendent. Tout comme ses sables chauds et les Vipères d’Aspic, Dorne regorge de secrets et cachoteries en tout genre. J’ai été impressionné par les révélations faites à ce sujet et j’aurais aimé que les passages concernant la fameuse princesse de Dorne soit plus longs et plus présents tant ils m’ont plu. De même, découvrir Braavos, Villevieille ou même l’intérieur des terres en détail a vraiment été un plaisir et constitue pour moi l’un des points forts de ce tome.

   J’ai trouvé que l’aspect fantaisiste était plus présent. La sorcellerie pointe le bout de son nez, tout comme les prophéties et la divination, sans que cela ne dénature l’univers très médiéval. Il est très souvent questions de Dieux, des différentes religions existantes à Westeros, des croyances anciennes ou même de la Foi. Ces croyances revêtent d’ailleurs une importance particulière car elles font à présent clairement partie de l’intrigue et se montrent intéressantes.

   Je dois admettre que je suis triste à l’idée de ne plus lire la traduction de Monsieur Sola. Elle a été très critiqué sur Internet par les nombreux lecteurs, beaucoup n’appréciant guère cette avalanche de vocabulaires désuets, mais mince, ce qu’elle me plaît ! Elle apporte une touche unique au Trône de Fer et sur des chapitres comme celui de Cersei, c’est vraiment la localisation qui fait mouche ! Les termes choisis sont toujours parfaitement adéquats et on ne peut rêver mieux comme utilisation des mots pour la description et les actions. Je ne compte plus le nombre de phrases qui m’ont amusé justement par la manière dont elles étaient écrites.

   En conclusion, avec cette chronique, je tiens tout d’abord à rassurer. Si vous êtes de grands fans du Trône de Fer, tant pour son intrigue alambiquée que ses multiples trahisons et meurtres, que la traduction française vous sied et que vous n’êtes pas le lecteur à enrager car votre personnage préféré sera largement développé dans l’intégrale 5 : foncez ! Vous prendrez autant de plaisir à le lire que les précédents, bien que je regrette un rythme plus faible et moins de moments épiques que durant les deux tomes précédents. Un tome de transition donc. Un mal pour un bien assurément. L’histoire et l’univers continuent de gagner en profondeur tout en m’en m’émerveillant… ou en me coupant le souffle. La subtilité des révélations et l’art des complots ayant lieu à Westeros ne sont que du bonheur. Qu’à cela ne tienne, la guerre des 7 couronnes n’est pas prête de prendre fin.

 Ma note : 17,5/20

[Chronique] La communauté du sud, tome 13 : La dernière mort de Charlaine Harris

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Fiche technique du livre
Auteur : Charlaine Harris
Genre : Bit-lit
Année d’édition : 2013 (VO) / 2014 (VF)
Edition : J’ai lu
Prix : 8,95 euros
Langue : Française
Nombre de pages : 379 pages

Synopsis
Sookie et Arlene, c’est une longue histoire. Le jour où Arlene veut reprendre son job, Sookie ne voit pas pourquoi elle lui ferait ce plaisir. Après tout, Arlene a tout de même voulu la faire crucifier ! Quand à sa relation avec Eric Northman, elle s’évapore dans un silence glacial, et il ira jusqu’à ordonner à ses vampires de garder leurs distances…
Quand Sookie en apprend la raison, elle est dévastée. Les choses se compliquent encore pour elle quand Arlene est retrouvée morte. Elle est immédiatement soupçonnée du crime. Enquêtant sur cette affaire, Sookie va alors découvrir que la vie à Bon Temps a de quoi faire frémir.

Mon avis
La communauté du sud… 13 tomes déjà où je suis les folles aventures de Sookie Stackhouse dans la bourgade de Bon Temps… Une lecture qui me poursuit depuis déjà plusieurs années à présent et avec laquelle je passe toujours un excellent moment. Que nous réserve ce final ?

   Après un prologue spécial et plein de mystères, qui annonce déjà de belles choses pour la suite de l’intrigue, on retrouve notre Sookie internationale, chez elle, juste après les événements finaux du tome 12. Une fois encore, elle est mal en point, mais cette fois surtout psychologiquement. C’est une grosse remise en question pour l’héroïne qui en a clairement marre de risquer sa vie à chaque tome, de causer des meurtres, d’être déçue et trahie par des créatures dont elle ne comprend pas les stupides traditions barbares, et le cœur brisé car elle craint le pire quant à sa relation avec Éric Northman. Autant dire que mis bout à bout cela fait beaucoup pour une personne qui a déjà tant vécu en trois ans. Pourtant elle tente de laisser ses problèmes de côté et de reprendre goût à la vie, humaine. Jusqu’à ce qu’Arlene, soudainement sortie de prison re-débarque à Bon Temps et où une machination s’enclenche…

   Scénaristiquement intéressant, ce tome fait, comme les précédents, la part belle aux liens et aux clins d’œil avec l’histoire de la saga dans sa globalité. Dernier tome oblige, Charlaine Harris a mis les petits plats dans les grands et s’est arrangée pour ressortir un sacré paquet de personnages. Par contre une fois n’est pas coutume, il faut reconnaître que c’est plutôt long à démarrer, surtout avec si peu de pages dans un tome. L’auteure se concentre beaucoup dans un premier temps sur les conséquences des derniers gros événements et ceux qui sont allergiques à Sookie dans le rôle de la petite Causette vont certainement devenir fous. Car c’est réellement une multitude d’apitoiements et de plaintes qui s’enchainent, le tout couplé à la petite vie de Sookie (« quel bonheur de prendre une douche de ce temps si chaud, j’en profite pour m’épiler les jambes… »). Cependant, c’est toujours écrit avec beaucoup de dérision et la plume de l’auteure m’emporte très facilement dans cette vie plutôt cocasse. Les citations, phrases ou passages cultes ne manquent donc pas !

« Je ne contrôlais pas grand chose, dans ma vie, mais au moins, mes tiroirs étaient impeccables. »

   Néanmoins, une fois les nouveaux événements de ce tome enclenchés, le récit bénéficie d’une très grande efficacité et dispose de peu de temps morts (sauf pour faire dormir Sookie qui en a grandement besoin !). L’intrigue s’est révélée très plaisante avec de jolis rebondissements jusque la fin très accrocheuse. On retrouve cet aspect proche du polar avec l’envie d’en savoir plus sur cette enquête le tout saupoudré à la sauce Stackhouse. Plus que jamais, elle nous emmène dans son petit monde, où moult connaissances débarquent, où les bizarreries s’enchaînent, presque naturellement. On suit beaucoup les amourettes de l’héroïne et pour ma part avec le plus grand intérêt. C’est finement joué de la part de Miss Harris. On sait qu’avec Éric c’est compliqué et avec Sam étrange, voir trop étrange, pour que cela se fasse. Puis, c’est le tome final, notre chérie ne peut donc finir seule… L’auteure profite alors des multiples retrouvailles pour créer l’émotion ou jouer avec le feu et ça marche parfaitement car je me suis totalement prêté au jeu, frémissement à chaque nouvelle bombe approchant la belle.

   Qu’en est-il du final réellement ? Honnêtement, dans sa majeure partie si l’on excepte un démarre long, de légers soucis de rythme, des éléments encore plus dingues que d’habitude (on est habitué et j’ai même eu l’impression que les personnages eux mêmes ironisaient les situations), on a quand même un bon voire très bon dernier tome. L’essence et les particularités de la saga sont largement présentes et je ne pense pas que ce tome puisse déplaire à ceux qui apprécient la série. Par contre, et c’est évidemment entièrement subjectif, quelle stupide idée d’avoir fini l’histoire ainsi !! Tout était parfait jusque l’avant dernière page et sincèrement je n’avais pas de réelles raisons d’être mécontent. Mais vient cette fameuse dernière page qui me tombe dessus, sans prévenir. J’ai tourné à plusieurs reprises les pages qui suivent afin d’être sûr de n’avoir rien raté, me demandant même s’il n’y avait pas eu un souci d’impression !!! Mais non c’était bien la fin… Mince ! Deux pages de plus et ça aurait été top. Là j’ai surtout été frustré…
Cela dit je dois mettre de l’eau dans mon vin et reconnaître que si je ferme les yeux sur ce que je considère être une bêtise finale ou un bon gros troll des cavernes, La dernière mort fait honneur à la série en m’offrant un tome digne de mes attentes et une belle manière de conclure cette série qui se place comme un de mes plaisirs coupables favoris.

   En conclusion, La dernière mort m’aura fait vivre un dernier moment chaleureux en compagnie de Sookie. Truffé d’apparitions coup de cœur et de liens avec les précédents tomes, ce final condense l’essence et les qualités m’ayant fait succomber à cette saga au charme si… vampirique. Sans atteindre la perfection souhaitée, l’intrigue se montre solide quand bien même les dernières pages déçoivent légèrement ; toutefois pas suffisamment pour m’empêcher de vous recommander la série complète qui saura plaire aux amateurs de frissons, d’humour et d’amour. Qu’on se le dise, je ne pense pas qu’il s’agisse de la série ultime. Néanmoins, la mayonnaise prend si bien qu’il serait fâcheux de se refuser ce délice. C’est maintenant avec un pincement au cœur que je quitte Bon Temps et ses mystères, la tête pleine de tendres souvenirs.

Ma note : 17/20

« Je m’ébrouais, comme un chien qui sort de l’eau, rejetant regrets et impatience au loin. »

[Mes Actualités] La communauté du sud, tome 13 : la dernière mort de Charlaine Harris

Enfin ! Oui, enfin ! Le grand fan de la série « La communauté du sud » de Charlaine Harris va pouvoir lire très prochainement le final de la série que j’espère grandiose ! C’est le 8 Janvier prochain, quasiment dix mois après sa sortie en VO, qu’est attendu ce treizième et dernier tome, toujours publié chez J’ai Lu, toujours au prix de 8,90€ TTC. La couverture de l’édition française a d’ailleurs été publié récemment et j’avoue qu’elle n’est pas ma préférée :

la-communaute-du-sud,-tome-13---mort-a-jamaisLogique. On perd facilement un cinquième avec cette banderole « Le final de la série », ce qui est dommage, et la photo utilisée n’est pas la plus jolie qu’on ait pu avoir jusqu’ici. Ma préférence continue d’aller vers les premières couvertures de la série, plus osées, provocantes.

La communauté du sud

Le synopsis de ce tome serait le suivant (basée sur une traduction de la VO) : Il y a des secrets à Bon Temps, ceux qui menacent les proches de Sookie, et ceux qui peuvent lui briser la cœur…

Sookie Stackhouse a facilement rejeter la demande de l’ex-serveuse Arlene, quand celle-ci veut retrouver son boulot au Merlotte. Après tout, Arlene a essayé de la tuer. Mais sa relation avec Eric Northman n’est pas très claire. Lui et ses vampires prennent leur distance… et un silence froid. Et quand Sookie en apprend la raison, elle est dévastée.

Dans le même temps, un meurtre atroce est commis à Bon Temps, et Sookie est arrêtée pour le crime.
Les preuves retenues contre Sookie sont faibles, et elle est mise en liberté sous caution. Enquêtant sur le meurtre, elle va apprendre que ce qui se passe réellement à Bon Temps n’est qu’un mensonge. Ce qui arrive pour la justice est plus que du sang répandu. Et ce qui arrive pour l’amour n’est jamais assez.

Bref, vous connaissez déjà mon premier achat livresque et probablement ma première lecture de l’année prochaine. En espérant que nous n’ayons pas longtemps à attendre avant de pouvoir lire le fameux « listing alphabétique » qui suit ce treizième tome… !

PS : vous pouvez toujours retrouver ma chronique du douzième tome : mort sans retour, ici.

Edit : Le treizième tome étant enfin sorti, je vous invite à découvrir ma chronique ici