[Chronique] Niceville de Carsten Stroud

niceville

Fiche technique du livre
Auteur : Carsten Stroud
Genre : Thriller / Fantastique
Année d’édition : 2013 (VF) / 2012 (VO)
Edition : Éditions points
Prix : A partir de 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 525 pages

Synopsis
Niceville, tout droit sortie de la tradition du Southern Gothic, incarne le Sud, avec ses propriétés somptueuses, ses chênes festonnés de mousse espagnole et sa moiteur soporifique. Le seul problème, c’est que le Mal y vit beaucoup plus longtemps que les hommes. Plusieurs disparitions inexpliquées entachent la réputation du lieu, et celle du jeune Rainey Teague, littéralement volatilisé en plein jour devant la vitrine d’un antiquaire de la rue principale, vous donne la chair de poule.
A Niceville, il y a aussi des flics peu scrupuleux, des as de la gâchette qui dérobent des banques et descendent leurs collègues au fusil à lunette… Quand Nick Kavanaugh, policier hanté par son expérience de combat en Irak, et son épouse Kate, élégante avocate issue d’une des vieilles familles de la ville, décident de tirer tout cela au clair, ils n’imaginent pas dans quel enfer ils ont mis le pied.

Mon avis
En voilà une lecture intrigante. Sortant de mes auteurs fétiches, j’ai eu l’opportunité de découvrir Carsten Stroud dans le cadre de la sélection du meilleur Polar de 2014 des Éditions Points.

   Tout d’abord, vous remarquerez peut-être que le synopsis que je vous propose un peu plus haut ne correspond pas à la quatrième de couverture, mais au résumé du livre proposé par Livraddict. Des différences qui ont leurs importances. En effet, la quatrième de couverture vend le livre principalement comme étant du fantastique, ce qui est faux. Niceville possède quelques intrigues tournant autour du fantastique, et son univers en est légèrement teinté, mais le reste se situe bien dans le thriller, au style rappelant énormément Stephen King.
L’intrigue démarre par un prologue tournant autour de la mystérieuse disparition d’un jeune garçon, Rainey Teague, alors qu’il revenait tranquillement de l’école, de sa manière la plus habituelle possible. Rapidement, les enquêteurs, dont Nick Kavanaugh, inspecteur et vétérans des forces spéciales au passé plutôt lourd, découvrent que quelque chose est étrange, sans pouvoir réellement comprendre quoi. Où est donc passé Rainey Teague ? Ou se situe le mystère de sa disparition ? Quelques temps plus tard, changement absolu d’ambiance lorsque est commis le casse d’une banque par trois gars, tous différents mais tout autant cinglés. L’enquête est à peine commencé quand survient de nouveaux évènements à Niceville. Une chose est sûre : le calme n’y règne pas.

   Proposant une narration à la troisième personne, l’auteur nous propose de découvrir le point de vue d’un personnage précis par chapitre, ce qui permet en réalité de passer d’un fou à un autre avec une certaine aisance. Qu’on ne s’y trompe pas, le vrai héros ici, c’est la ville, pleine de mystères et véritable théâtre de l’inattendu. Les intrigues se multiplient et s’emmêlent aux quatre coins de Niceville et des rebondissements, souvent biens trouvés, font régulièrement leur apparition. Espionnage industriel, braquage énorme, histoires familiales, vengeance, évènements surnaturels, tout y est ! Les situations cocasses s’enchaînent, le tout porté par des dialogues et des descriptions mordantes. De même, le ton léger et amusant m’a immergé aisément dans le récit, la plume est fluide et les pages se parcourent facilement. Du tout bon de ce côté là.

   Je me suis aussi rapidement attaché aux personnages… C’est qu’ils ont du charme si on oublie le côté psychopathe ! Pour vous citer un exemple plus concret, j’ai eu l’impression de retrouver du Dôme de Stephen King. Que ce soit dans la narration, le style d’écriture ou même la manière d’enchaîner les situations les plus folles, j’ai eu le sentiment que l’auteur puisait son inspiration chez le King. Cela dit, ça n’a pas été un défaut pour moi car j’ai beaucoup apprécié ces aspects, qui donnent à Niceville du caractère et une certaine identité.

« J’ai pas l’intention d’aller raconter à qui que ce soit que mon coéquipier s’est fait mordre à la fesse par une greluche pas plus grosse qu’une perruche, si c’est ce qui t’inquiète. »

   Et heureusement, que Niceville bénéficie d’un certain cachet, car il en faut pour faire oublier cette pseudo-fin. En effet, autant prévenir, la déception peut vous guetter, en particulier lorsque vous attendez une fin digne de ce nom et que vous découvrez qu’il ne s’agit là que de la fin d’un épisode. Car ce que l’on ne sait pas au départ, c’est que Niceville est le premier tome d’une saga pensée comme une trilogie. Toutefois, globalement, chaque personnage et intrigue disposent tout de même d’une conclusion, clôturant les nombreux évènements ayant eu cours mais plusieurs éléments très importants restent sans réponse et le tout se termine par un énorme cliffhanger. Par chance, l’éditeur sait rassurer en offrant directement à la suite les premières pages de Retour à Niceville. Difficile de résister à la tentation, en particulier quand j’ai réalisé que cela reprenait exactement là où les choses s’étaient terminées…

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec Niceville. Qu’il s’agisse de son étrange intrigue, plutôt folle et remplie de surprises, que du style d’écriture irrésistible de Carsen Stroud, voilà un roman qui ne manque pas d’atouts. A condition de savoir à quoi s’en tenir. N’attendez pas un pur roman fantastique, vous n’en trouverez que trop peu. Ne pensez pas dévorer un thriller policier haletant, le récit n’est clairement pas construit comme tel. Voyez-y plutôt une invitation à découvrir un OVNI distrayant aux influences diverses, un cocktail explosif où un braquage côtoie l’espionnage industriel et le surnaturel, une première pierre à une trilogie qui a clairement suffisamment de potentiel pour faire partie de ces belles découvertes et se démarquer.

Ma note : 15/20

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[Chronique] Autre-Monde, tome 5 : Oz de Maxime Chattam

autre monde tome 5

Fiche technique du livre
Auteur : Maxime Chattam
Genre : Jeunesse / Fantastique
Année d’édition : 2012 (VO – VF)
Edition : Le livre de poche
Prix : 7,60 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 456 pages

Synopsis
Cap sur l’Europe ! Pour tenter de vaincre Entropia, l’Alliance des Trois s’embarque pour le vieux continent. Objectif : mettre la main sur le Cœur de la Terre. Mais c’est un pays hostile qui les attend, où les Cyniks ont asservi les enfants. Obstacles, pièges, trahisons, les jeunes héros parviendront-ils à leurs fins ? Ou le chaos mortifère d’Entropia aura-t-il raison d’eux ? La quête de Matt, Ambre et Tobias est loin d’être terminée…

Mon avis
Après un quatrième tome qui me réconciliait grandement avec la série et la promesse d’un nouveau voyage palpitant, je ne pouvais être qu’impatient de démarrer Oz.

   Le quatrième tome était l’occasion de démarrer un nouveau cycle, centré autour de la découverte d’une étrange menace, un nouvel ennemi au nom d’Entropia. Le mystère reste grand, mais notre troupe préférée est repartie sur Eden afin de préparer ce qui s’annonce peut-être comme l’ultime voyage : traverser l’océan atlantique et rejoindre l’Europe. Un continent lointain pour ces jeunes Pans qui ne savent absolument pas ce qu’ils vont y trouver, n’ayant eu aucun contact avec le monde depuis la Grande Tempête. Pourtant, c’est peut-être leur unique chance de salut et il est nécessaire de tenter le tout pour le tout. Aidé par les Kloranpanphylles, Matt, Tobias et Ambre, accompagnés des petits nouveaux (Maya, Tania, Floyd et Chen), ont pris leur décision et vont aller de surprise en surprise, tant durant le trajet qu’à leur arrivée…

   Dans l’ensemble c’est un vrai plaisir de se plonger à nouveau dans cette saga. Je suis très attaché aux personnages, ces jeunes plein de bonnes intentions souhaitant œuvrer pour un meilleur monde (et leur survie). C’est un peu niais, je sais bien, et l’on pourra toujours reprocher à Monsieur Chattam de survoler ses personnages secondaires, mais mince, ces élans d’espoir sont comme un rayon de soleil : ils me font un bien fou. Puis, l’aspect jeunesse, présent, n’entrave en rien mon appréciation de cette lecture, puisqu’il ne gène pas l’apparition de moments sombres, presque glauques. C’est d’ailleurs amusant de constater les différences de ton entre quelques pages où l’on va enchaîner d’une blague de Tobias à une décapitation et l’envol d’une tête !

   A propos de l’intrigue en elle-même, l’idée de traverser l’océan et de découvrir l’Europe m’a particulièrement séduite. Scénaristiquement parlant, cela permet d’offrir des moments de surprises et de découvertes similaires aux deux premiers tomes, mes favoris jusque là, et c’est particulièrement grisant. Maxime Chattam développe ce nouveau cycle en apportant de nombreux éléments tout en conservant l’esprit aventurier qui fait le charme de Autre-Monde. La capacité de l’auteur à façonner son univers, inventer des mots est à saluer, tout comme sa plume, toujours aussi vive et prenante.

   D’ailleurs, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Mon premier sentiment quand j’ai fermé Oz fut « WOW ». Certes, il y avait de la frustration, mais le livre est construit comme une montée en puissance progressive pour déboucher sur un final explosif qui m’a scotché. Pourtant, au départ, ce n’était pas forcément gagner, le démarrage étant assez long. Puis, j’ai ressenti cette drôle d’impression. Celle qu’au fur et à mesure des pages, Maxime Chattam se rendait compte qu’il prenait trop son temps et que son histoire allait être trop longue. Le turbo a été enclenché, les évènements ont commencé à se succéder, les rebondissements sont venus en masse et ça a été tellement rapide que la conclusion m’a semblé même rushé.

   Ce qui constitue mon principal grief envers la saga et surtout ce tome. Que c’est plaisant, mais que c’est rapide… ! Clairement, Autre-Monde pourrait largement gagner en qualité si 200 pages supplémentaires étaient présentes. Elles permettraient de développer les personnages secondaires, adorables mais dont on connaît peu de choses au final. Les moments forts dureraient plus longtemps, de sorte à nous rendre réellement triste plus d’une page, au lieu d’enchaîner une folle course poursuite comme c’est le cas ici. L’intensité serait peut-être même plus forte et le livre aurait suffisamment de matière pour imposer une réelle claque. J’ai besoin de ces pages !

   En conclusion, Oz nous offre un tome plutôt bon, dans la veine qualitative des précédents. Arborant des tons jeunesses entrelacés de moment sombre, Maxime Chattam continue de me séduire avec cette saga au style simple mais à la fluidité exemplaire. L’Europe et l’océan atlantique sont deux parfaits terrains de jeux et les sensations de découverte liées à l’exploration sont toujours aussi fortes et plaisantes. Certains éléments de l’intrigue peuvent déplaire et je regrette que l’on reste trop souvent en surface mais ces défauts n’entachent en rien le caractère addictif de l’intrigue. Neverland, je te veux.

Ma note : 16/20

[Chronique] Dôme, tome 2 de Stephen King

dome tome 2 cover

Fiche technique du livre
Auteur : Stephen King
Genre : Fantastique / Horreur / SF
Année d’édition : 2011 (VF) / 2009 (VO)
Edition : Le livre de poche / Albin Michel
Prix : 8,90 euros
Langue : Française
Nombre de pages : 744 pages

Synopsis
Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort.

A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible.

Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient.

Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe.

Mon avis

A peine la dernière page du premier tome lue que ma décision était prise : je me devais d’obtenir ce second tome juste après ma journée de travail ! Chose faite.

   Je me dois de rappeler dans un premier temps que ce second tome de Dôme n’en est pas réellement un. Pour des raisons financières, l’éditeur français Albin Michel a décidé de découper ce qui est en réalité un stand-alone. Une fois cette information en tête, on n’est pas étonné de constater que le second tome reprend exactement là où s’est terminé le premier et que la construction du récit, par gros chapitre telle une série télévisée, est conservée. Je ne spoilerai aucun des éléments de l’intrigue de ce tome car il est important que vous conserviez toute la surprise à la lecture. Toutefois, sachez qu’il y a énormément de rebondissements, toujours aussi inattendus et spectaculaires. Plus nombreux que dans sa première partie, certains passages sont absolument incroyables et prenant tant ils sont énormes ! On sombre dans l’horreur, la folie la plus pure, bref une vraie catastrophe. Quant à l’avant dernière partie, elle est juste magistrale ! Soyez prêts.

   Si le premier tome pouvait déjà surprendre par certaines scènes hallucinantes, autant avouer qu’à côté de ce second ouvrage, il fait finalement pâle figure. Ici la décadence et la montée en force des événements est reine et ce qui était auparavant choquant devient à présent complètement horrible. Les descriptions restent toujours autant incroyables de précision et plus on avance et plus je me suis senti concerné par le sort des habitants de cette petite commune, qui a vécu le temps de la lecture dans mon esprit. Tout était présent.

   Un autre point fort de ce second tome est le rythme, effréné. On ne s’ennuie jamais tant les gros rebondissements s’enchaînent. Hypnotique. Fou. Le dôme sait intriguer du début à la fin. Je mourrais d’envie d’en savoir plus. Lorsque le premier tome s’attardait davantage sur les descriptions de ses personnages, sur certaines joutes verbales ou l’histoire de Chester’s Mill, le second tome se démarque par sa volonté de faire avancer à grands pas le récit. Une vitesse presque déroutante par endroits ! Pour vous prouver le caractère complètement addictif qu’a eu le second tome sur moi, voici un fait intéressant. Tout en travaillant, en m’occupant de ma petite vie et m’offrant quelques sorties, j’ai quand même réussi à boucler les 744 pages en… trois jours et demi. Autant vous dire que j’ai bien peu dormi, mais il m’était impossible de fermer le livre une fois le nez mis dedans !

   Pour répondre aux questions concernant la narration adoptée par Monsieur King, je dois admettre que, je n’ai eu aucun problème avec ce style d’écriture. C’est même un des points que je retiens le plus, cette facilité à enchaîner des lignes de description courtes, cruelles, poignantes, mesquines et pourtant si appréciables… De même, les personnalités de chacun étant bien définies dès le début, tout comme l’apparence physique, je n’ai eu aucun mal à me repérer parmi la population de Chester’s Mill et à me focaliser sur les évènements.

   Un point que j’ai adoré dans ce tome est la mise en avant des personnages secondaires. Ces derniers viennent même à prendre autant de place que le héros, Barbie, et c’est vraiment une bonne chose tant ils sont intéressants, et Barbie quelque peu limité dans son background. Mes petits favoris après lecture sont donc Rusty, qui m’a impressionné par son courage, et Julia Shumway. Bien que dans l’ensemble, ils gagnent tous en profondeur, je dois tout de même reconnaître qu’ils n’en deviennent pas inoubliables (sauf un). Je dirais qu’ils sont parfaits dans le rôle qui leur est attribué. Aussi, je pense que le style du livre ne se prête pas à un trop grand développement des personnages. Comme je vous l’indiquais, bien entendu, je ne peux pas écarter si facilement Big Jim Rennie -il m’en voudrait !-. Ce protagoniste est tellement méchant et cruel qu’il en devient attachant et drôle. Sa folie n’a aucune limite si bien qu’on en vient à attendre (im)patiemment quel va être son prochain délire ou même sa future réplique cinglante. Un grand malade que j’adore, du genre à me marquer au fer rouge et à figurer dans mes méchants favoris pour les années à venir.

   Le thème développé fait de Dôme un livre qui vous fait réfléchir sur le vrai comportement des êtres humains. Celui que vous ne soupçonnez pas être en vous et qui peut ressortir lorsque vous êtes mis à mal. Clairement, et même si parfois c’est un peu trop manichéen, Stephen King offre une analyse intéressante sur la descente vers la folie, sur les réactions que notre cerveau peut déclencher lorsqu’il ne se sent plus en sécurité. Un tableau parfois stéréotypé mais si proche de la vérité.

   Reste une fin qui divisera à coup sûr. Pas assez complexe, trop courte, insatisfaisante par certains aspects voire manquant de croustillant ou de courage après nous en avoir fait voir de toutes les couleurs, on s’accordera tous pour admettre que la conclusion aurait pu être mieux. Sur moi, elle aura provoqué une pointe de frustration et une légère déception, peut-être parce qu’inconsciemment j’avais décidé d’être indulgent à ce moment là. D’autres jugeront la chute bien plus sévèrement.

   En conclusion, Dôme est clairement l’un de mes livres de l’année 2013. Quelle puissance dans ces deux tomes ! Bien sûr, je ne peux que reconnaître que la fin est un peu maladroite à mon goût, et qu’en plus d’être abrupte, elle ne m’est pas apparue totalement claire. Mais qu’importe cette légère déception quand le reste est de très, très haute volée. Encore plus prenant que la première partie en faisant la part belle à l’action, l’horreur et aux rebondissements, les pages défilent finalement à toute allure dans un unique but : vous rendre accroc et vous angoisser par tant de folie. Sincèrement, je ne peux que vous recommander cette lecture coup de cœur, au style et à l’histoire qui ne vous laisseront pas indemne.

Ma note : 18/20

[Chronique] Autre-monde, tome 3 : le coeur de la Terre de Maxime Chattam

Autre monde tome 3Fiche technique du livre
Auteur : Maxime Chattam
Genre : Fantastique Jeunesse
Année d’édition : 2010
Edition : Albin-Michel / Le Livre de Poche
Prix : A partir de 7,60 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 494 pages

Synopsis
Tobias disparu dans les entrailles du Raupéroden, Matt et Ambre retournent à Eden, la cité des Pans, pour avertir le conseil de la ville de l’imminence d’une invasion des Cyniks, fomentée par la reine Malronce. Les Pans n’ont plus le choix, ils doivent se préparer à combattre, notamment en développant leur Altération, ce pouvoir surnaturel octroyé par le Cataclysme.

Avec L’Alliance des Trois, on découvrait un nouveau monde, avec Malronce son exploration. Le Coeur de la Terre montre les jeunes héros dans l’apprentissage de la vie en commun, de la politique, de la guerre et du rapport, nécessaire et salutaire, à la nature. Ainsi que la résolution des énigmes comme la vraie nature du Raupéroden et de la reine Malronce.

Mon avis
Autre-monde est devenu en l’espace de deux tomes, L’Alliance des trois et Malronce l’une de mes nouvelles sagas du moment. Après avoir longuement résisté à la tentation de l’achat du troisième tome en grand format, je me devais de foncer le jour J de la sortie du livre au format poche, d’autant plus que sa couverture est vraiment réussie.

   Le cœur de la Terre nous plonge dès les premières pages dans la découverte d’Eden, ce fameux « paradis » où de nombreux Pans des États-Unis se sont réunis. Ici, c’est à nouveau une fascinante organisation qui a été mise en place que l’on découvre et notre petite troupe de héros, récemment réduite, vient apporter des nouvelles peu réjouissantes. Alors que la cité connaissait un bel essor, voilà que la guerre, inévitable, contre les Cyniks, et leur reine, Malronce, approche à grand pas. Des décisions doivent être prises, et rapidement. Mais l’ombre du Raupéderon continue de rôder. Quelle est donc cette étrange créature et pourquoi veut-elle Matt ? Quant à Ambre, qui sait à présent qu’elle est le fameux Plan, lié au Testament de Roche que Malronce souhaite déchiffrer, quel secret recèle-t-elle réellement ? Pour répondre à ces questions capitales, et peut-être s’offrir une chance inouïe de vaincre les Cyniks, nos amis se lancent dans un pari fou… Pénétrer dans l’antre de la Reine !

   Ce troisième tome, conçu comme la fin d’un premier cycle à cette saga devant compter 7 tomes, se devait d’avoir comme promesse la réponse à de nombreuses interrogations. Malheureusement, il faut reconnaître que cette fois-ci le scénario m’a bien moins emballé que d’habitude. Tout d’abord, je dois avouer que j’ai eu du mal à me replonger directement dans cette suite. Peut-être n’ai-je pas l’habitude de laisser de côté une lecture trop longtemps, mais voilà, démarrer le livre directement sur l’intérieur d’Eden, lieu que j’avais un peu oublié, m’a troublé. Aussi, dès le départ, on assiste à des décisions ou des prises de conscience suite aux évènements précédents, mais aucun rappel, même léger n’est effectué et j’admets que certains détails m’étaient passés par dessus la tête, ce qui n’a pas aidé. Couplé à de gros problèmes de rythme sur les 100 premières pages, Le cœur de la Terre a mis plus de temps à me passionner. Là où l’on commençait sur les chapeaux de roues avec de surprenantes révélations ou une action bien plus présente, ici le rythme est plus lent, sans que cela apporte nécessairement quelque chose.

   Dans la liste des autres éléments qui m’ont un peu dérangé, j’ai trouvé que l’univers prenait parfois des allures de grand n’importe quoi. Très original, jusque là, tout me semblait cohérent avec l’idée que souhaitait développé l’auteur. Dans ce troisième tome, des éléments complètement loufoques, trop à mon goût, apparaissent et cela dessert à mon sens le récit, dont l’histoire est plutôt sombre suite à la guerre qui se profile, car un peu hors propos. Pour éviter les spoils, je n’en dirai pas plus mais je serai ravi d’en parler dans les commentaires 🙂

   Enfin, dernier gros point noir à mon sens, et non des moindres : une fin trop moyenne. Je voyais les pages défiler et une éventuelle fin ne semblait pas se dessiner. Tout a été rapidement expédié durant globalement les 30 dernières pages et les révélations que j’attendais tant m’ont déçues. Trop simples, pas assez recherchées à mon goût, certaines explications m’ont donné l’impression d’être présentes juste pour satisfaire le lecteur et pouvoir passer à autre chose. Honnêtement, je pense que la résolution du mystère du  Raupéderon ou celui de Malronce méritait largement plus que trois lignes.

   Après cette vague immense de reproche, je tiens tout de même à vous rassurer, tout n’est pas à jeter dans le Cœur de La Terre, loin de là. Durant sa majeure partie (ce qui représente au moins 350 pages !), le récit a su me charmer et me conduire à le dévorer. Certains passages étaient très bons, et ce dès l’entrée dans la Passe des Loups. A partir de là, on enchaîne plusieurs moments assez épiques où je suis passé par diverses émotions très variées, de la peur à l’interrogation, en passant par l’émerveillement, le stress, l’amusement, la colère, l’incompréhension, la tristesse et la pitié… Rien que ça ! J’ai aussi trouvé les scènes d’action, pourtant très présentes, à chaque fois réussies, prenantes et extrêmement bien décrites. De plus, l’auteur a su proposer suffisamment de surprises et de rebondissements pour enrichir un univers déjà bien consistant, tout en jouant sur de plaisants clins d’œil aux tomes 1 et 2.

    En ce qui concerne les personnages, c’est à mon sens un sans-faute. Les chapitres centrés sur le personnage d’Ambre sont ceux qui m’ont le plus enthousiasmé. L’évolution de son personnage est vraiment un des points les plus intéressants du tome et je pense même qu’elle finit par voler la vedette à Matt Carter tant son développement est riche et accrocheur. Néanmoins, le cœur de la Terre met en retrait notre habituelle et géniale Alliance des trois pour introduire de nombreux nouveaux personnages ce qui s’est révélée au final être une excellente idée. Je ne compte plus les coups de cœurs que j’ai pu avoir pour les petits nouveaux et Maxime Chattam démontre une fois de plus son inventivité en offrant une palette de personnages très différents les uns des autres, chacun bénéficiant de ses propres aptitudes, de ses éléments de background et se révélant, tour à tour, exploités comme il se doit. Un pur régal ! Mes pensées vont vers Neil, Horace, Bec de Pierre, Chen, Tania, Zélie et Maylis, que j’espère tous revoir d’une manière ou d’une autre dans la suite de l’aventure, tant je les ai appréciés.

   En conclusion, Le cœur de la Terre me laisse avec un ressenti mitigé. Tantôt génial, tantôt grotesque, j’attendais énormément de ce troisième tome, qui aurait pu devenir l’un de mes coups de cœur de l’année. Peut-être avais-je trop d’attente mais toujours est-il que j’ai été déçu par de nombreux points, à commencer par la fin, assez quelconque et pas à la hauteur de mes espérances. Heureusement l’auteur compense ces défauts par d’excellents passages scénaristiques et un casting encore plus réussi que d’habitude. Toutefois, cela n’a pas suffit à effacer l’amertume grandissant en moi une fois le tome refermé.

Ma note : 14,5/20

[Chronique] Dôme, tome 1 de Stephen King

dome tome 1 cover

Fiche technique du livre
Auteur : Stephen King
Genre : Science Fiction / Horreur
Année d’édition : 2009 (VO) / 2011 (VF)
Edition : Le livre de poche / Albin Michel
Prix : 8,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 840 pages

Synopsis
Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Mon avis
Dôme est une lecture qui m’a longuement attiré. Son concept de base et la réputation de l’auteur avaient tout pour me plaire. Pour un premier King, je ne me suis pas trompé.

   Scénaristiquement, la quatrième page de couverture en dévoile trop à mon goût mais est aussi un peu fausse. Chester’s Mill, petite commune touristique du Maine, va vivre un étrange évènement une belle matinée d’automne. L’histoire se lance très vite. Plusieurs habitants de Chester’s Mill, situés à des points différents de la ville vont vivre leurs pires expériences : l’apparition d’une étrange barrière. Une barrière qui va les couper du monde extérieur. L’environnement qu’ils connaissaient tous si bien va soudainement se révéler déroutant, mortel et… fermé. Surgit alors un côté Chester’s Mill, et un côté « extérieur ». L’apparition de ce qui sera ensuite appelé le Dôme ne se fait pas sans heurts. Alors que la barrière est installée en une micro seconde, et qu’elle est de surcroît invisible, comment un poids lourd peut-il l’éviter ? S’en suit une série d’accidents peu communs qui indiqueront les caractéristiques de ce Dôme. Qu’est-ce donc réellement ? Quelles sont ses limites, ses capacités ? D’autres habitants, comme Big Jim Rennie, second conseiller de la ville mais principal décisionnaire, y verront là l’occasion d’agir, « pour le bien de la ville et de ces cueilleurs de cotons ». Progressivement s’installe une intrigue en huis clos, de survie sous un mystérieux dôme. Le récit ne se repose donc pas uniquement sur le Dôme, puisque de multiples histoires entre les personnages se développent et viendront former un tout. Cela ne signifie pas qu’il ne s’agit que d’un prétexte au huis clos : du début à la fin, l’influence du Dôme sera présente et c’est bien l’existence de cet étrange barrière que découlera les réactions de chacun.

   Comme je le disais au tout début, le pitch de départ est vraiment excellent. L’histoire m’a toute de suite conquis, autant à cause du mystère entier que représente cet étrange Dôme, mais aussi par la réaction de chacun à ce phénomène. De plus, l’auteur laisse toutes possibilités ouvertes et cela permet de poser mille questions et de s’imaginer tout et n’importe quoi sur l’origine du Dôme, son but, sa source. Est-ce une invasion des ET ? Un complot du gouvernement ? Le retour des russes ? Une invention ratée… ?

   Stephen King prend vraiment le temps de détailler son histoire, de poser son intrigue et de l’exploiter. Lorsque surgit le Dôme, c’est en effectuant des sauts spatiotemporels que nous apprenons comment cela est vécu par chaque habitant de Chester’s Mill mais aussi par les habitants extérieurs. Cette apparition qui dure tout de même durant une bonne centaine de pages ne m’a nullement ennuyé car à partir d’un simple évènement (l’apparition du dôme), l’auteur a recours à un tas de possibilités et j’ai été épaté par autant de trouvailles. Du point de vue d’une simple marmotte au crash d’un avion avec cette malheureuse Claudette, tout est visité. De plus, les descriptions volontairement tordantes, à la fois satyriques et cruelles, de la population de Chester’s Mill contribuent à s’attacher au récit et à l’apprécier davantage. Je dois reconnaître qu’au départ j’ai eu des difficultés à bien me repérer entre les habitants car le livre compte un grand nombre de personnages différents. Une fois ce cap passé, c’est un vrai bonheur puisqu’au final cela donne l’opportunité d’observer beaucoup de personnalités différentes, chacune avec un background précis. Cela m’amène d’ailleurs à un des grands points forts du livre : la psychologie présente. Les comportements humains sont ici si bien décrits et analysés que c’en est jouissif ! Certains penseront que quelques personnages sont plutôt clichés, et ce n’est pas faux, mais ils semblent tous si réels ! Les actions des uns et des autres entraînent des changements de comportement plutôt crédibles, des plans se mettent en place, l’horreur s’installe… Tout est lié et c’est un véritable écosystème qui s’est développé dans mon cerveau.

   Par ailleurs, et cela va de pair avec la psychologie, les personnages sont clairement un autre point fort du titre. J’ai adoré beaucoup de personnages, notamment Julia Shumway, petit brin de femme bourrée de principes mais si courageuse et déterminée. Joe l’épouvantail et Rusty Everett ne sont pas en reste ! Je me dois d’avoir une petite pensée pour l’adorable Brenda Perkins, personnage qui a su me toucher. Il m’est impossible de ne pas évoquer Big Jim Rennie, véritable pourriture que je ne peux m’empêcher d’aimer. Ce type est juste démoniaque ! Il semble sans limites, et même si ses véritables motivations restent assez sombres, on constate rapidement que le monsieur n’aime pas que quelqu’un se place en travers de son chemin, surtout lorsqu‘il sent le truc. Imprévisible et assez cinglé, ses nombreuses répliques m’ont souvent fait sourire, tant il ne manque pas de culot. Un des méchants les plus charismatiques que j’ai pu voir dans un livre !

    J’ai apprécié la montée en puissance du tome. Au fur et à mesure de l’évolution du récit et du huis clos pour nos chers habitants, le ton s’assombrit, l’espoir s’amenuise. De nouvelles manières de penser s’installent alors. Le parallèle avec certains faits réels me semble juste et il est évident que Stephen King a souhaité effectuer ces comparaisons, à sa manière. A la manière du dôme, j’ai commencé à me sentir étouffer par cette pression et cette ambiance. Bien que l’histoire débute dans un style fantastique, on ressent la forte influence des thrillers et des livres d’horreur s’imposer petit à petit. L’intrigue est bien ficelée et donne vraiment envie de creuser. Je dois souligner le talent de l’auteur : je trouve fort qu’avec une petite commune comme Chester’s Mill, que nous jugerions probablement comme très banale si nous la visitions réellement, il arrive autant à l’exploiter, la détailler, à lui offrir des spécificités géographiques (little bitch road, la pestile). Efficacité de ces descriptions renforcées par la présence d’une carte de la ville en début de tome !

A noter que l’histoire de ce premier tome se conclut de manière très abrupte mais que cela est en soit tout à fait normal : Dôme est à la base un unique roman, découpé en deux tomes pour sa parution française. L’envie de lire la suite a été donc immédiate.

   En conclusion, ce premier tome de Dôme est un véritable coup de cœur, comme je n’en ai eu depuis longtemps. Addictif, merveilleusement décrit et doté d’une histoire sombre et cruelle, Stephen King fait très fort. Doucement, on assiste à l’installation d’un huis clos proche de l’horreur et la mise en lumière de l’adaptation du comportement de l’être humain lors d’une situation de crise est incroyable. Un petit monde s’agite sous nos yeux, bercé par un grand nombre de personnages attachants et intéressants. Comme si cela ne suffisait pas, l’intrigue est très bien ficelée et bénéficie de nombreux rebondissements qui font mouche et m’ont surpris plus d’une fois. La montée en puissance de la vie sous le Dôme est telle que l’on ne sait jamais vers quoi on se dirige et quelle sera la prochaine catastrophe, haletant ! Par bien d’autres de ses aspects, Dôme est définitivement une lecture que je vous recommande chaudement.

Ma note : 18,5/20