In my mailbox (24) – Octobre 2014

“In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Pour le recensement des liens, il faut désormais aller chez Lire ou mourir.”

Bonjour à tous ! Me revoilà après un mois marqué par le changement, en particulier professionnel. De nouvelles habitudes à prendre, un tas de choses à  faire à côté et voilà que je repousse mes belles habitudes littéraires. Parmi elles, la mailbox résiste et je peux par chance vous présenter mes nouvelles acquisitions ayant rejoint mon temple au cours du mois d’Octobre.

SAMSUNGCela donne précisément :

  • Puzzle de Franck Thilliez. Pour ceux qui suivent le blog depuis quelques temps, vous avez pu remarquer que j’étais fan du Monsieur, un de mes favoris dans le domaine du thriller ! Et il est français et vit dans le Pas de Calais, si ce n’est pas la grande classe ? ❤ Bref, en attendant d’obtenir un beau [Angor] dédicacé, ce qui devrait être possible en Novembre, je me console avec Puzzle dont la quatrième de couverture donne tout de même furieusement envie !
  • 20th Century Boys, édition deluxe tome 3 de Naoki Urasawa, le manga qui pourrait devenir un coup de cœur s’il confirme son potentiel.
  • One Piece, tome 72 : les oubliés de Dressrosa de Eiichiro Oda. Une de mes sagas fétiches que je suis plus qu’assidument. Vous pouvez retrouver ma chronique de ce dernier tome ici.
  • Le siècle, tome 3 : aux portes de l’éternité de Ken Follett. Après un excellent premier tome et un bon second tome, voici enfin la trilogie consacré aux grands évènements du XXème siècle. Je passe la légère escroquerie que constitue la fameuse édition limitée des éditions Robert Laffont (plutôt inutile, soyons honnête) pour retenir que j’ai super hâte de découvrir le fin mot de l’Histoire et revoir ces chers familles.
  • Autre-monde, tome 5 : Oz de Maxime Chattam. Une de mes récentes découvertes en saga dont je suis chaque parution au format poche avec grand plaisir. Les deux premiers tomes m’ont énormément plu, le troisième un peu moins mais le quatrième a su remonté la pente à mon goût. Par conséquent j’ai beaucoup d’attente pour Oz, dont le titre m’intrigue énormément !
  • Nu dans le jardin d’Eden de Harry Crews. Dernier livre envoyé par les éditions Points au titre de la sélection du polar 2014, c’est aussi celui qui me fait le moins envie jusque là. Si des avis positifs pouvaient vite venir changer mes aprioris !

Et vous, pour quel(s) livre(s) avez-vous craqué ?

[Chronique] Le Siècle, tome 2 : L’hiver du monde de Ken Follett

hiver du monde

Fiche technique du livre
Auteur : Ken Follett
Genre : Historique
Année d’édition : 2012
Edition : Robert Laffont / France Loisirs
Prix : A partir de 11,20€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 997 pages

Synopsis
Entre 1933 et 1949, des salles de bal de Buffalo aux chambres du Parlement anglais, de la bataille de Normandie au terrible Blitz, L’Hiver du monde entraîne le lecteur dans le tourbillon de la Seconde Guerre mondiale.

Dans La Chute des géants, cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – se sont croisées, aimées et déchirées au rythme de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe. À l’aube des grands bouleversements politiques, sociaux et économiques de la seconde moitié du XXe siècle, ce sont désormais leurs enfants qui ont rendez-vous avec l’Histoire.
Pouvant se lire indépendamment du premier tome, L’Hiver du monde raconte la vie de ces êtres au destin enchevêtré pour qui l’accession au pouvoir du IIIe Reich et les grands drames de la Seconde Guerre Mondiale changeront le cours de leur vie pour le meilleur comme pour le pire.

Carla von Ulrich, née à Berlin d’un père allemand et d’une mère anglaise, va subir de plein fouet les affres du nazisme jusqu’à ce que, décidée à reprendre sa vie en main, elle entre en résistance… Les frères américains Woody et Chuck Dewar, chacun portant un lourd secret, empruntent deux voies différentes au moment de l’entrée en guerre des États-Unis, l’un s’engageant dans la politique à Washington, l’autre combattant dans la jungle des îles du Pacifique… Lloyd Williams, brillant étudiant et très engagé politiquement, à l’instar de ses parents, se porte volontaire pour combattre les fascistes durant la guerre civile espagnole, au prix de certains de ses idéaux… Daisy Peshkov, belle et ambitieuse jeune fille, s’éprend du mauvais garçon, le suffisant et lâche Boy Fitzherbert, avant de prendre conscience que le véritable amour n’est ni intéressé ni prévisible… Quant à Volodia, le cousin de Daisy, espion pour les renseignements russes, il va peu à peu remettre en question les agissements de son gouvernement au point que ses actes affecteront non seulement cette guerre, mais également la Guerre froide à venir.

Mon avis
Démarré huit bons mois après l’excellent premier tome, La chute des géants, j’avais une hâte folle de découvrir le futur de ses protagonistes qui m’auront tant marqué.

   Au vu de la quatrième de couverture plus que copieuse que je vous propose ci-dessus, je ne vous ferai pas l’affront de revenir sur les tenants de ce second tome. Démarrant en 1933 en plein Berlin, on nous propose de revoir Lady Maud, maintenant Von Ulrich, Walter, ainsi que leurs deux enfants : Carla et Erik, alors âgés d’environ 12 ans.
Très vite, et de manière logique, on comprend que l’intrigue va davantage tourner autour des enfants de nos chers héros du premier tome. Même si j’ai eu une pointe d’amertume face à ce choix, j’ai finalement été rapidement emporté dans les intrigues de leurs fils, d’autant plus que pour mon plus grand bien, les parents ne restent jamais loin. Dès les premières pages, j’étais donc conquis de retrouver Maud, Walter et Ethel, plus âgés mais toujours si charmants. Une retrouvaille avec de vieux amis en somme.

   En comparaison au premier tome, j’ai tout de même trouvé que globalement le niveau était descendu d’un cran, la faute à plusieurs éléments.
Tout d’abord, peut-être qu’en traitant de la seconde Guerre Mondiale d’une manière aussi large et sur autant d’années, il était évident qu’on allait passer à côté de beaucoup d’éléments historiques importants, mais je pense que j’aurais préféré que Ken Follett se concentre plus sur certains pays dans ce cas, pour éviter de trop s’éparpiller. Car à la différence de La Chute des Géants qui offrait une très belle relecture de la Grande Guerre, avec peu d’oublis, L’Hiver du monde a tendance à être trop rapide sur certains évènements capitaux (invasion de la France notamment, la Résistance, la guerre sur les différents fronts, opération sous-marine des Allemands, le cas de l’Italie jamais abordé, etc.) pour ne traiter que quelques points précis en incluant au maximum les intrigues de ses personnages. Là où le premier utilisait intelligemment ses personnages, en particulier pour proposer un point de vue différent mais crédible sur les situations historiques, ici j’ai eu le sentiment que l’Histoire n’était souvent qu’un prétexte pour mettre en avant les fameuses relations amoureuses de chaque protagoniste.

   De la même façon, peut-être était-ce parce que j’ai lu le premier tome et que je connais un peu le fonctionnement de l’auteur, j’ai souvent compris à l’avance ce qui allait se passer et c’était souvent bien trop prévisible. On n’échappe pas non plus à des situations et des rencontres absolument improbables (entre Boy, Daisy et Lloyd c’est quand même fort !). Néanmoins, je me dois d’apporter quelques nuances à mes propos car j’ai eu de gros coups de cœurs sur certains personnages, notamment Carla von Ulrich. Tout comme Maud, sa mère, Carla est un personnage fascinant. Si l’on passe outre ses amourettes, tout le reste la concernant m’a plus ou moins laissé bouche bée et que dire de sa conclusion, pour le coup surprenante et poignante. Ce que je ne peux pas affirmer pour tout le monde, malgré toute la sympathique qu’ils peuvent m’inspirer. Oui mes chers Lloyd et Ethel Williams, je pense à vous !

   Toutefois, Ken Follett reste un bon conteur et sait nous entraîner aisément dans cet énorme pavé. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la seconde Guerre Mondiale sous d’autres facettes, notamment le point de vue allemand, à mon sens le plus réussi. Je ne connaissais pas le rôle des anti-nazis et le travail d’espionnage qu’ils ont pu fournir, tout comme le fin mot sur l’Aktion T4. Autant de précisions qui permettent au livre de se démarquer à mon sens de la masse.
De même, la plume de l’auteur fait des merveilles lors des descriptions et L’Hiver du monde propose lui aussi son lot de scènes incroyablement touchantes ou / et poignantes. Pour être honnête, c’est rare qu’un livre m’émeut, mais ici ce fut le cas à plusieurs reprises. Cerise sur le gâteau : certains problèmes de rythmes qui m’avait un peu gêné dans La Chute des géants ont été gommé, rendant la lecture plus fluide.

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec L’hiver du monde. Sans atteindre la qualité du premier, la faute principalement aux intrigues des personnages trop prévisibles et moins bonnes que précédemment, j’ai tout de même été vivement happé par l’histoire… et l’Histoire ! M’apportant une vision différente des évènements de la seconde Guerre Mondiale et des précisions historiques bienvenues, l’auteur sait aussi séduire par sa plume et la multitude d’émotions fortes qu’il m’a fait vivre, en particulier chez les von Ulrich. Une pointe d’amertume donc, mais qui ne m’empêchera pas d’acquérir le troisième et dernier tome au plus vite, en espérant y retrouver l’excellence de La chute des géants.

Ma note : 15/20

Bilan des lectures : de Janvier à Juin 2014

1er Juillet 2014. July 1st comme les fans d’Ayu vous le diront. Un été qui s’installe progressivement et surtout la moitié de l’année déjà derrière nous. Je ne vais pas écrire « Cela passe trop vite » mais mince. Enfin, pour nous lecteurs, c’est une belle occasion de revenir sur nos lectures de ce début d’année et de dresser un joli bilan.

A l’heure où j’écris ces lignes, malgré un nombre satisfaisant de lectures (mais pas trop), je réalise que cela fait un petit moment que je n’ai pas eu de réels coups de cœurs littéraires. Peut-être deviens-je difficile, plus exigeant au fur et à mesure que j’accumule les lectures, mais cela reste un sentiment étrange. Pourtant, la plupart de mes lectures restent agréables, mais cela s’arrête trop souvent à ce stade.

Mes recommandations de cette première partie de l’année

La chute des géants de Ken Follet (saga Le Siècle)

la chute des géantsUne fresque historique passionnante et passionnée qui a su me marquer. J’ai vibré avec ses personnages et leurs histoires durant la Grande Guerre et j’ai apprécié découvrir ces multiples points de vue, de la Russie aux Etats-Unis en passant par ce cher Pays de Galles. Fan d’histoire ou non, les intrigues sont suffisamment bien développées, humaines et intéressantes pour que l’on y trouve tout de même son compte.

Les Aventuriers de la mer, tome 4, 5 et 6 de Robin Hobb.

aventuriers de la mer tome 4Ma recommandation ultime côté fantasy de ce premier semestre. C’est vraiment parce que je participe au jury du livre de l’année 2014 des éditions Points et que j’ai pris un retard monstre dans mes chroniques, notamment dans celles concernant ces livres que je n’ai pas encore poursuivi ma découverte. Croyez-moi, ce n’est pas l’envie qui manque. Avec ces tomes, l’auteure emmène sa série vers un autre niveau. On entre davantage en univers fantaisiste tout en gardant en première place ses conflits familiaux et ses quêtes personnelles pour n’en ressortir que plus émerveillé tant l’ensemble forme un tout cohérent et plaisant. Un gros coup de cœur.

Atom[KA] de Franck Thilliez

atomka franck thilliezSi je ne devais retenir qu’un thriller cette année, pour l’instant, il s’agit sans conteste de Atom[KA] ! Peut-être que Angor saura le détrôné mais même là, ce sera difficile tant le titre de Monsieur Thilliez m’a collé une claque monumentale. Intelligent, prenant, troublant, horrible, malin, les superlatifs me manquent pour décrire l’ensemble des émotions que ce titre m’aura fait vivre. Quoi qu’il en soit, je n’en suis pas sorti indemne et il a su placé la barre tellement haute qu’honnêtement, j’ai du mal à me tourner vers d’autres titres du genre.

Ils frôlent le coup de cœur…

Le trône de Fer, intégrale 4 de George R.R. Martin

le trone de fer intégrale 4C’était attendu, après un troisième tome magistral, changeant définitivement ma perception de la fantasy et plaçant Le Trône de Fer dans le top 3 de mes sagas littéraires favorites, les attentes pour ce quatrième tome devinrent démesurées. Subissant beaucoup de critiques depuis sa sortie sur Internet, j’ai été par conséquent refroidi et attendu un petit moment (trois ans en fait xD) avant de démarrer ma lecture. Au final, oui c’est un cran en dessous du troisième intégral, principalement pour les enjeux d’une ampleur plus faible et un rythme assez ralenti, mais mince, comme cela fait du bien de se replonger en plein cœur de Westeros et de suivre ce nid d’intrigues et de complot !

La ballade de l’impossible de Haruki Murakami

la ballade de l'impossibleUn livre particulier à mes yeux, qui a su me marquer à sa manière. Un livre fragile, remplie de mélancolie, de mystères… J’ai suivi cette intrigue à la fois simple et si complexe avec beaucoup d’attention. Une autre saveur littéraire qui offre à ce titre une place spéciale livre, loin de mes genres habituels.

Agréables, sans être forcément incontournables à mes yeux

autre monde, tome 4la-communaute-du-sud,-tome-13---mort-a-jamaishauts conteursintrusions de joy fielding les vacances d'un serial killermaitres du jeu

Les mauvais élèves (décevants…)

Un Noël à River Falls de Alexis Aubenque

un noel a river fallsJ’en ai déjà parlé longuement dans sa chronique mais je me suis assez ennuyé avec cette lecture, incroyablement clichée et malmenée. Je n’attendais pas forcément grand chose en la démarrant, si ce n’est pas un bon moment. Malheureusement, à part une dernière petite partie qui relève un peu le tout, le reste n’est pas à sauver.

Promets-moi de Harlan Coben

harlan coben promets moiAlors que Monsieur Coben m’a offert certains de mes thrillers favoris (Innocent, Fautes de preuves, Une chance de trop voir Dans les bois), je dois admettre que Promets-moi m’a profondément déçu. Ça se lit très bien, on passe un bon moment, c’est sûr… Mais malgré tout, j’ai eu la sensation d’être en face d’une lecture pop corn, typé blockbuster : faite pour plaire dès les premières pages mais fade et surtout pas mémorable. Si tôt lu, si tôt oublié, on peut passer à autre chose. Une étrange impression que je n’avais jamais vraiment ressenti en littérature jusque là.

Et ensuite ?

Je profite de ce petit bilan pour vous remercier de votre participation toujours aussi active et surtout de vos visites aussi fréquentes ! Les statistiques continuent de grimper et je reste surpris par votre intérêt pour mes petits écrits. Je tiens aussi à remercier toutes les personnes qui suivent le blog par le biais de WordPress ou le suivent par mail, cela me fait toujours très plaisir d’accueillir de nouveaux lecteurs, en espérant que vous passiez un bon moment sur Pouvoir des mots.

[Chronique] Le Château des étoiles, tome 1 : le secret de l’éther de Alex Alice

le chateau des étoiles

Fiche technique du livre
Auteur : Alex Alice
Genre : Bande-dessinée / Science Fiction
Année d’édition : 2014
Edition : Editions Rue de Sèvres
Prix : 2,95 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 24 pages

Synopsis
A la fin du XIXe siècle, la communauté scientifique pense l’espace fait d’éther, qui, utilisée comme énergie, permettrait d’explorer le ciel. 1868, Marie Dulac, scientifique qui a consacré sa vie à la recherche de l’éther, s’élève en montgolfière pour ce qui doit être le vol du succès : elle atteindra l’éther mais personne ne pourra en attester, elle ne survivra pas au vol. Seuls son mari, également professeur, et son fils Séraphin, restent détenteurs de ses recherches et de son savoir.

Un an plus tard, Séraphin et son père reçoivent une mystérieuse lettre faisant allusion au carnet de la mère de Séraphin les invitant en Bavière.

Mon avis
Voilà une lecture absolument imprévue, qui n’a pas eu le temps de rentrer dans ma PAL puisque je la lisais le soir même. Un projet intéressant que je souhaite vous faire découvrir.

   L’histoire semble être un mélange de fiction basés sur des faits réels. En 1868, âge d’or de l’ère industriel, de nombreuses recherches ont encore lieu sur l’éther, cette matière physique qui constituerait l’espace, suscite toujours autant d’interrogation. La découverte de ses propriétés et de son existence est le but de la vie de Marie, qui a créée un capteur permettant de savoir à quelle altitude on peut trouver cette fameuse matière. Mais au moment où elle approche finalement du but, les événements prennent une mauvaise tournure et elle périt, laissant inconnue son ultime découverte. Une disparition qui marquera profondément son fils, Séraphin, lui-même passionné par ces recherches et l’existence de l’éther…

   Une histoire intéressante, mais pas que, car ce qui attire évidemment le regard dans un premier temps est le format choisi. Totalement inédit (et il aurait pu apparaître dans le récent tag « possédez-vous un livre qui… ? », Le Château des étoiles se présente sous format de journal, plié en deux comme nos chers journaux et avec une couverture on ne peut plus fidèle. Une fois dépliée, les pages s’affichant sont donc immenses et très belles. De même, les dessins proposés ont un cachet particulier, vraiment charmeur. Une impression de peinture mêlé au coloriage se dégage et j’ai toute de suite adhéré à ce style. Autre point positif sur l’édition : un effort considérable a été fait sur le prix. Chaque « parution » ne coûte que 2,95€ TTC ! Certes, la BD n’est pas bien longue, mais d’ordinaire 48 pages coûtent 13€, donc cela reste très appréciable, et abordable.

   Autre point de qualité : le choix de l’époque. La fin du XIXème siècle est une période de notre Histoire qui me fascine, tant il y a eu des découvertes importantes, dont l’impact se fait toujours ressentir de nos jours. C’est aussi étrangement une période très proche mais pourtant que je suis loin de maîtriser, peut-être parce qu’on nous parle bien plus souvent de la Révolution Française et de la Grande Guerre. Ainsi, Le secret de l’éther nous permet de revoir avec fidélité l’âge d’or de l’industrialisation, notamment par le biais du Nord de la France et de ses fameuses mines mais aussi de revenir sur la période où l’Allemagne n’était pas encore unifiée et était dénommée « Royaume de Prusse. Des clins d’œils et des références agréables sont disséminés ça et là et j’ai hâte de voir jusqu’où va s’étendre l’Histoire pour en découvrir davantage.

   Dernier bonus de taille : la quatrième de couverture est constituée de plusieurs articles de journaux, mêlant habilement écrits sur la science et l’éther ou des faits « journalistiques » tel qu’un incident à en gare de Lille rappelant l’intrigue ce qui clôture habilement le premier tome de cette saga BD-Journal.

   En conclusion, Le secret de l’éther est l’une de mes jolies surprises de ce premier semestre. Avec son étonnant format « journal », cette bande dessinée ne manque pas d’originalité. Mais plus que ce choix, l’histoire et ses somptueux dessins ont su aiguisé ma curiosité et j’ai hâte de découvrir la suite. En l’état avec 24 (grandes) pages il est évidemment difficile de se prononcer sur la qualité globale de l’intrigue car il reste de nombreuses inconnues mais au vu de son petit prix et de la parution très rapprochées (trois livraisons prévues en mai, juin et juillet), il serait dommage de ne pas lui laisser sa chance pour peu que votre curiosité ait été piquée.

Ma note : 16/20

le chateau des étoiles extrait bd

[Chronique] Les Hauts Conteurs, tome 2 : Roi Vampire de Patrick McSpare et Oliver Péru

hauts conteurs
Fiche technique du livre
Auteur : Oliver Péru & Patrick McSpare
Genre : Fantasy – jeunesse
Année d’édition : 2011
Edition : France Loisirs / Pocket
Prix : A partir de 7,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 367 pages

Synopsis
Paris, hiver 1190.
Débarqués au cœur de la plus grande ville du Monde connu, le jeune Roland, Mathilde, Ruppert et Salim poursuivent un double but: retrouver William le Ténébreux, l’ami disparu, et découvrir les secrets de Vlad, le maître vampire. Ce démon est-il réellement mort dans les forêts anglaises, ou attend-il son heure pour frapper encore ? Pire encore, un traître se cache-t-il parmi les quatre aventuriers, comme tout semble l’indiquer ? Happés par le tumulte populaire de la Fête des Fous, Roland et ses compagnons vont croiser nombre d’individus pittoresques.
Cérémonies noires, complot royal, créatures infernales, prophéties du Livre des Peurs, tous les ingrédients d’un mélange fatal sont réunis pour sceller le sort de nos héros. Pourtant, ils sont des Haut-Conteurs et ne reculeront pas, jusqu’à vaincre ou périr. Roland « Coeur de Lion » en tête. Le Mal rôde, la mort avance masquée. C’est la fête des ombres, c’est la fête des fous !

Mon avis
Sans avoir été le livre de fantaisie du siècle, j’avais une certaine hâte à retrouver les Hauts Conteurs et certaines qualités propres à la série. Ce second tome confirme-t-il cette première bonne impression ?

   L’ouverture se fait efficacement avec un début qui sait nous placer intelligemment dans un nouveau contexte -ici le dialogue entre Corwyn et Roland quelques temps après les aventures du premier tome- tout en offrant des rappels (nécessaires dans mon cas) sans vraiment ennuyer. Roland, à présent officiellement Haut Conteur, séjourne à Londres en compagnie de Mahtilde la Patiente, son mentor, et s’apprêtent tous deux à rejoindre Paris, alors ville la plus grande au monde pour une enquête plutôt mystérieuse. En parallèle, on suit le récit du point de vue de William le Ténébreux, alors sur les traces de Vlad, le fameux upyr rencontré précédemment, mais aussi de Mots-Dorés, alias Lothar le Noir Parleur, personnage énigmatique mais redouté.

   Après cette mise en bouche réussie et jusque la seconde partie du livre, j’ai tout de même trouvé qu’il y avait un petit manque de rythme. La traque du ténébreux manque de piquant et les actions décrites sont plutôt fades. Peut-être doit-on cela au fait que notre duo d’auteurs place progressivement de nouveaux éléments dans son intrigue mais je dois admettre que la mayonnaise a eu du mal à prendre. En fait durant cette centaine de pages, les personnalités des personnages, Roland et Mathilde compris, apparaissent trop en retrait à mon goût. Au mieux quelques traits de caractère ressortent mais la profondeur de leur psychologie s’arrête là. Toutefois, cette désagréable impression a su s’estomper aux alentours de la page 160 et ce jusqu’au final, grâce à une action quasi ininterrompue et un enchaînement de révélations et de moments forts. Cela ne signifie pas pour autant que l’on en ressort avec des protagonistes extrêmement développés, mais il se produit suffisamment d’événements les mettant en valeur pour qu’ils gagnent en estime et me plaisent.

   Outre Mathilde et Roland que j’apprécie beaucoup, ce second tome peut compter sur la présence de nouveaux personnages différents et assez captivants. Il y a Salim déjà, dit l’Insondable, un Haut Conteur particulier pour qui mon capital sympathie n’a fait que croître durant ce tome. Et promis, ce n’est pas parce qu’il s’appelle Salim ! Mystérieux à bien des égards, l’Insondable porte bien son surnom et semble savoir agir comme il le faut dans n’importe quelle situation. L’envie d’en savoir plus était si présente ! Même si l’auteur reste assez en surface, j’ai aimé suivre son évolution et lui découvrir un côté très humain. Autre personnage qui a su me plaire, bien que moins présent, est Hugues de Clairmont. La dualité de sa personnalité en fait quelqu’un d’intéressant. On sent qu’il cache des choses et on alterne entre homme réfléchi, sérieux et personnage poilant, dont les répliques tournées vers la dérision font mouche.

   Pour en revenir à l’intrigue, malgré un passage ennuyeux énoncé ci-dessus, je la considère d’une manière générale agréable. L’aspect jeunesse ne s’est pas fait ressentir lors de la lecture et continue de ne pas se montrer présent pour mon plus grand bonheur. L’histoire adopte ainsi un point de vue globalement adulte, ce qui colle avec les événements racontés. De même, on retrouve ce mélange d’éléments historiques réels avec un Paris du XIXème siècle très bien décrit et un aspect fantaisiste / polar propre à la série. Un parti pris des auteurs qui a ses avantages et ses inconvénients. Cela permet une histoire riche en action, rythmée et peuplée de petits rebondissements mais le développement de l’univers se fait lentement, et surtout faiblement. Ce n’est pas avec ce second tome que l’on apprend l’origine et l’Histoire de l’Ordre, ou même de simples éléments sur les personnages principaux telle que Mathilde. C’est d’autant plus dommage que ce genre de petits éléments pourrait apporter une certaine sensibilité au livre, le rendre plus attachant, et par conséquent l’amener à un niveau plus élevé.

   Puisque je suis au chapitre des reproches, la tournure des événements m’a aussi déplu dans un premier temps. Avec ce tome, les auteurs tentent d’amener les aventures des Hauts conteurs à un niveau plus global. On sort des affaires de l’Ordre pour toucher (de loin) aux intrigues de cour. Ainsi, on rencontre de nombreux nobles et une certaine trame politique est mise en place. Soit. Par contre la transformation de Vlad, upyr, en tant que roi vampire m’a paru peu crédible. Cela signifie que dans le premier tome on rencontre déjà une créature ultime alors qu’elle n’a jamais été présentée comme telle et que surtout, au vu de la sévère dérouillée subie, impressionne peu. Forcément, dans un second tome, j’attends une montée en puissance, et donc un ennemi plus redoutable, non l’apparition de sous-fifres…

   Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir car l’ensemble est bel et bien plaisant. De plus, les auteurs prennent le soin de conclure le tome comme il se doit en apportant une fin qui m’a satisfait. Beaucoup de réponses nous sont apportées, me permettant de fermer sereinement le livre, tout en ayant envie d’en apprendre davantage avec la suite.

   En conclusion, le second tome des Hauts-Conteurs confirme à mes yeux mes premières impressions sur la série. Intéressante, très rythmée et aux multiples scènes d’actions parfaitement décrites, j’ai parcouru le récit concernant le Roi-Vampire avec plaisir. Empruntant quelques codes du polar mais toujours fantaisiste, le scénario se révèle convenu mais efficace, avec ce qu’il faut de rebondissements pour relancer régulièrement l’intrigue. Toutefois, en dehors de certains petits défauts très subjectifs, je déplore le manque de développement de l’univers et surtout des personnages, bien trop lisses, et ce, malgré une légère évolution vers la fin me poussant à apprécier Roland, Mathilde et Salim. Néanmoins, l’Ordre des Hauts-Conteurs conserve encore trop de secrets mais je me réjouis du final laissant entrevoir une suite riche en révélations et nouveautés.

Ma note : 15,5/20