[Chronique] Le puits des mémoires, tome 2 : Le Fils de la Lune de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 2

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2013
Edition : Scrinéo / Pocket
Prix : A partir de 7,70€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 450 pages

Synopsis
Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…

Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon avis
Seconde lecture commune avec la copinaute La tête dans les livres, j’étais très impatient de démarrer ce deuxième tome, en particulier après la bonne impression laissée par le premier tome. Le potentiel de la saga se confirme-t-il ?

   Nos trois amis, Olen le joli cœur, Nils le méfiant et Karib le mage, ont enfin découvert leurs véritables identités. Malheureusement, aucun répit ne leur sera accordé, et c’est dans la précipitation et la peur qu’ils fuiront le royaume d’Hélion à toute vitesse. Ce second tome nous place directement dans le voyage d’Hélion à Woltan, royaume où les fugitifs pensent pouvoir trouver de nouvelles réponses à leur amnésie. Mais alors que la traversée est loin d’être aisée, ils vont rapidement comprendre que survivre à Woltan l’est encore moins. Entre la découverte de ce vaste royaume, les révélations sur leurs identités, leurs passés ainsi que leurs entourages, personne n’est au bout de ses surprises, et surtout pas notre fameux trio.

   Je vais être honnête tout de suite : ce tome fut un véritable coup de cœur. Un gros comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. J’ai tout simplement adoré et ce pour de multiples raisons. Malgré un rythme un poil lent en début de tome, servant particulièrement à resituer le cadre de l’histoire et résumer quelques renseignements concernant le trio de héros, on est rapidement amener à suivre de multiples rebondissements au royaume de Woltan, bien plus immense que ce que je pouvais présager au départ. L’action est très présente, tout comme les interrogations sans cesse renouvelées et bousculées. Je dois dire que Gabriel KATZ est très fort pour jouer avec le lecteur : entre fausses affirmations, nouvelles révélations, cliffhanger important, il joue avec nos nerfs et  nous amène là où lui seul le désire.

   Comme précédemment, les personnages principaux restent l’un des points forts du livre et sont toujours aussi attachants, si ce n’est plus encore. Alors que l’on apprend à les connaître davantage lorsque de nouvelles facettes d’eux surgissent, l’auteur en profite pour nous prendre au dépourvu et dévoile progressivement des bribes de leurs passés. Évidemment loin de ce que j’avais pu imaginé en premier lieu. Seulement, au lieu de simplement nous énoncer tout sur un plateau d’argent, les révélations se fout au compte goutte et sont venus chambouler mes croyances. J’ai apprécié cette dualité entre leur passés : qui ils étaient et comment ils étaient perçus et leur nouveau moi, personne qui a vécu des tas de choses autour du monde et qui ne possède aucun autre souvenir. Les différences sont très bien trouvées et renforcent cette volonté de toujours vouloir en apprendre plus sur ces trois comparses. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et savent se montrer dans l’ensemble bien plus intéressants et profonds que dans le premier tome.

   La plume du premier tome m’avait déjà charmé, cette fois ce fut la consécration. Peut-être Gabriel Katz se sentait à présent plus à l’aide mais l’ironie et les passages humoristiques sont très présents et ce n’est pas pour me déplaire tant ils m’ont plu et ont su me fait rire. D’ailleurs, entre l’humour, les moments forts en émotion, la surprise, la peine pour certains passages, le dégoût pour certains, la crainte ou la joie, je dois reconnaître que Le fils de la Lune m’aura fait vivre une sacrée palette d’émotions, chose rare en fantasy mais ô combien grisante ! Ajouter à cela une vraie maîtrise de l’histoire jusqu’à la dernière ligne, complétement dingue (oui, j’ai pété un cable !) et vous comprenez bien ce qui justifie mon adoration.

   Du côté des reproches, si je dois en adresser un seul, serait l’absence d’une carte en début de tome. J’étais un peu perdu en Woltan, car au départ, c’est décrit comme un royaume. Mais il y a des royaumes dans ce royaume. Et il y a le port de Woltan, mais qui n’a  rien à voir avec Woltan la capitale par exemple ! Aussi, histoire de ne pas bouder mon plaisir, une centaine de pages supplémentaires m’auraient comblé car je ne voulais vraiment pas lâcher mes potes…

   En conclusion, Gabriel Katz offre avec ce second tome de sa trilogie Le puits des mémoires, un moment de lecture si bon que ce fut une véritable vague qui m’a submergé. Qu’il s’agisse du rythme parfaitement dosé, de cette plume accrocheuse et pleine d’humour, de ses rebondissements à foison et extrêmement bien pensés, Le fils de la lune est incroyablement maîtrisé et plaisant. Je tire mon chapeau à Monsieur KATZ qui aura su me bluffé en proposant un second tome de cette qualité et me rendre malade à l’idée d’attendre de découvrir le fin mot de l’histoire. Et pourtant, je vais devoir trouver la force de patienter…

Ma note : 19/20

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[Chronique] Le puits des mémoires, tome 1 : La traque de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 1 la traque

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2012 (VF)
Edition : Scrineo / Pocket
Prix : A partir de 6,80€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 381 pages

Synopsis
Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

Mon avis
Une saga plébiscitée par la blogosphère depuis sa sortie. Un auteur qui semble devenir une valeur sûre. L’envie d’en apprendre bien plus… Quoi de mieux qu’une lecture commune avec La tête dans les livres pour partir à sa découverte ?

   Au premier abord, la trame de cette saga pourrait paraître classique. Un trio d’hommes se réveillent au beau milieu d’une montagne qui leur est inconnue. Ces derniers, enfermés dans des espèces de cercueil ne se souviennent de rien, s’obligeant à se créer une nouvelle identité. Pourtant, des connaissances, ils en ont à foison, alors pourquoi cette absence de souvenir ? Cherchant dans un premier temps à survivre, puis des réponses à leurs interrogations, ils vont se retrouver malgré eux piégés au sein du royaume de Hélion lorsque les chevaliers de cristal viendront quérir leurs têtes. Commence alors pour eux La Traque.

   La force de l’intrigue réside dans son traitement, original et bien pensé. Partant d’une idée simple, l’amnésie, Gabriel Katz bâti son scénario en l’entourant de mystères et distille les informations au compte goutte, bien souvent par le biais d’ouîe dire, d’annonces officielles ou en nous contant le point de vue de personnages secondaires. Et ça fonctionne à merveille, car je me suis immédiatement attaché à ces héros atypiques et si différents. Dans ce contexte d’amnésie, chaque information, aussi insignifiante soit-elle, devient primordiale, la quête de vérité prenant le pas sur tout.

   En choisissant de mettre l’accent sur les trois personnages principaux que sont Karib, Nils et Olen, l’auteur réussit le tour de force de rendre irrésistible en très peu de pages ces trois hommes. L’impression de découvrir en même temps qu’eux les traits de caractères les constituant est particulièrement grisante et j’ai notamment eu un petit coup de cœur pour Karib, ce mage qui s’ignore. Néanmoins, les personnages secondaires sont clairement de mis de côté et il n’est pas rare, lors d’un des nombreux changements de points de vue, de découvrir une nouvelle tête qui ne tiendra malheureusement pas longtemps. Dommage, car certains, notamment « Serviteur », ont du potentiel et auraient mérité d’être approfondis. Cela dit, il y a tellement à découvrir et une curiosité si présente que ce défaut paraît bien mince à côté du reste !

   Par chance, La traque ne se résume pas qu’à ça. Baignant dans un univers fantaisiste et moyen-âgeux, c’est l’occasion de dépoussiérer les éléments constitutifs du genre. On apprend notamment assez tôt qu’il existe des écoles de magie, enseignant chacune une spécialité : l’illusion, la magie blanche, l’invocation d’esprit et que comme dans tout bon livre qui se respecte, les sorts sont divisés en catégorie mineure et majeure. Que les novices se rassurent, ces détails s’intègrent parfaitement dans le fil de l’histoire et sont parfaitement expliqués. Nécromanciens, alchimistes et même un bien drôle de chien sont également de la partie, et c’est appréciable de découvrir ces différents éléments s’intégrer dans l’intrigue.

   La fin me rappelle, hélas, que ce titre a toujours été prévu comme une trilogie. Palpitante donc, après quelques passages un peu moins rythmés, mais me laissant horriblement sur ma faim en attendant la suite, prévue pour Avril en poche chez Pocket.

   En conclusion, la saga du puits des mémoires commence plutôt fort avec un premier tome solide et très plaisant à découvrir. Reprenant certains grands codes de la fantasy (présence de magie et de leurs écoles, nécromancie, lycanthropie), le récit trouve sa force dans son intrigue finement traitée et son trio de personnages principaux incroyablement attachants. Si vous ajoutez à cela un rythme entraînant, une curiosité constamment mise à l’épreuve, de l’action et une bonne dose de cynisme servie par une plume agréable, vous obtenez une multitude de raisons de vous y pencher sérieusement.

Ma note : 17/20

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[Chronique] Niceville de Carsten Stroud

niceville

Fiche technique du livre
Auteur : Carsten Stroud
Genre : Thriller / Fantastique
Année d’édition : 2013 (VF) / 2012 (VO)
Edition : Éditions points
Prix : A partir de 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 525 pages

Synopsis
Niceville, tout droit sortie de la tradition du Southern Gothic, incarne le Sud, avec ses propriétés somptueuses, ses chênes festonnés de mousse espagnole et sa moiteur soporifique. Le seul problème, c’est que le Mal y vit beaucoup plus longtemps que les hommes. Plusieurs disparitions inexpliquées entachent la réputation du lieu, et celle du jeune Rainey Teague, littéralement volatilisé en plein jour devant la vitrine d’un antiquaire de la rue principale, vous donne la chair de poule.
A Niceville, il y a aussi des flics peu scrupuleux, des as de la gâchette qui dérobent des banques et descendent leurs collègues au fusil à lunette… Quand Nick Kavanaugh, policier hanté par son expérience de combat en Irak, et son épouse Kate, élégante avocate issue d’une des vieilles familles de la ville, décident de tirer tout cela au clair, ils n’imaginent pas dans quel enfer ils ont mis le pied.

Mon avis
En voilà une lecture intrigante. Sortant de mes auteurs fétiches, j’ai eu l’opportunité de découvrir Carsten Stroud dans le cadre de la sélection du meilleur Polar de 2014 des Éditions Points.

   Tout d’abord, vous remarquerez peut-être que le synopsis que je vous propose un peu plus haut ne correspond pas à la quatrième de couverture, mais au résumé du livre proposé par Livraddict. Des différences qui ont leurs importances. En effet, la quatrième de couverture vend le livre principalement comme étant du fantastique, ce qui est faux. Niceville possède quelques intrigues tournant autour du fantastique, et son univers en est légèrement teinté, mais le reste se situe bien dans le thriller, au style rappelant énormément Stephen King.
L’intrigue démarre par un prologue tournant autour de la mystérieuse disparition d’un jeune garçon, Rainey Teague, alors qu’il revenait tranquillement de l’école, de sa manière la plus habituelle possible. Rapidement, les enquêteurs, dont Nick Kavanaugh, inspecteur et vétérans des forces spéciales au passé plutôt lourd, découvrent que quelque chose est étrange, sans pouvoir réellement comprendre quoi. Où est donc passé Rainey Teague ? Ou se situe le mystère de sa disparition ? Quelques temps plus tard, changement absolu d’ambiance lorsque est commis le casse d’une banque par trois gars, tous différents mais tout autant cinglés. L’enquête est à peine commencé quand survient de nouveaux évènements à Niceville. Une chose est sûre : le calme n’y règne pas.

   Proposant une narration à la troisième personne, l’auteur nous propose de découvrir le point de vue d’un personnage précis par chapitre, ce qui permet en réalité de passer d’un fou à un autre avec une certaine aisance. Qu’on ne s’y trompe pas, le vrai héros ici, c’est la ville, pleine de mystères et véritable théâtre de l’inattendu. Les intrigues se multiplient et s’emmêlent aux quatre coins de Niceville et des rebondissements, souvent biens trouvés, font régulièrement leur apparition. Espionnage industriel, braquage énorme, histoires familiales, vengeance, évènements surnaturels, tout y est ! Les situations cocasses s’enchaînent, le tout porté par des dialogues et des descriptions mordantes. De même, le ton léger et amusant m’a immergé aisément dans le récit, la plume est fluide et les pages se parcourent facilement. Du tout bon de ce côté là.

   Je me suis aussi rapidement attaché aux personnages… C’est qu’ils ont du charme si on oublie le côté psychopathe ! Pour vous citer un exemple plus concret, j’ai eu l’impression de retrouver du Dôme de Stephen King. Que ce soit dans la narration, le style d’écriture ou même la manière d’enchaîner les situations les plus folles, j’ai eu le sentiment que l’auteur puisait son inspiration chez le King. Cela dit, ça n’a pas été un défaut pour moi car j’ai beaucoup apprécié ces aspects, qui donnent à Niceville du caractère et une certaine identité.

« J’ai pas l’intention d’aller raconter à qui que ce soit que mon coéquipier s’est fait mordre à la fesse par une greluche pas plus grosse qu’une perruche, si c’est ce qui t’inquiète. »

   Et heureusement, que Niceville bénéficie d’un certain cachet, car il en faut pour faire oublier cette pseudo-fin. En effet, autant prévenir, la déception peut vous guetter, en particulier lorsque vous attendez une fin digne de ce nom et que vous découvrez qu’il ne s’agit là que de la fin d’un épisode. Car ce que l’on ne sait pas au départ, c’est que Niceville est le premier tome d’une saga pensée comme une trilogie. Toutefois, globalement, chaque personnage et intrigue disposent tout de même d’une conclusion, clôturant les nombreux évènements ayant eu cours mais plusieurs éléments très importants restent sans réponse et le tout se termine par un énorme cliffhanger. Par chance, l’éditeur sait rassurer en offrant directement à la suite les premières pages de Retour à Niceville. Difficile de résister à la tentation, en particulier quand j’ai réalisé que cela reprenait exactement là où les choses s’étaient terminées…

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec Niceville. Qu’il s’agisse de son étrange intrigue, plutôt folle et remplie de surprises, que du style d’écriture irrésistible de Carsen Stroud, voilà un roman qui ne manque pas d’atouts. A condition de savoir à quoi s’en tenir. N’attendez pas un pur roman fantastique, vous n’en trouverez que trop peu. Ne pensez pas dévorer un thriller policier haletant, le récit n’est clairement pas construit comme tel. Voyez-y plutôt une invitation à découvrir un OVNI distrayant aux influences diverses, un cocktail explosif où un braquage côtoie l’espionnage industriel et le surnaturel, une première pierre à une trilogie qui a clairement suffisamment de potentiel pour faire partie de ces belles découvertes et se démarquer.

Ma note : 15/20

In my mailbox (24) – Octobre 2014

“In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Pour le recensement des liens, il faut désormais aller chez Lire ou mourir.”

Bonjour à tous ! Me revoilà après un mois marqué par le changement, en particulier professionnel. De nouvelles habitudes à prendre, un tas de choses à  faire à côté et voilà que je repousse mes belles habitudes littéraires. Parmi elles, la mailbox résiste et je peux par chance vous présenter mes nouvelles acquisitions ayant rejoint mon temple au cours du mois d’Octobre.

SAMSUNGCela donne précisément :

  • Puzzle de Franck Thilliez. Pour ceux qui suivent le blog depuis quelques temps, vous avez pu remarquer que j’étais fan du Monsieur, un de mes favoris dans le domaine du thriller ! Et il est français et vit dans le Pas de Calais, si ce n’est pas la grande classe ? ❤ Bref, en attendant d’obtenir un beau [Angor] dédicacé, ce qui devrait être possible en Novembre, je me console avec Puzzle dont la quatrième de couverture donne tout de même furieusement envie !
  • 20th Century Boys, édition deluxe tome 3 de Naoki Urasawa, le manga qui pourrait devenir un coup de cœur s’il confirme son potentiel.
  • One Piece, tome 72 : les oubliés de Dressrosa de Eiichiro Oda. Une de mes sagas fétiches que je suis plus qu’assidument. Vous pouvez retrouver ma chronique de ce dernier tome ici.
  • Le siècle, tome 3 : aux portes de l’éternité de Ken Follett. Après un excellent premier tome et un bon second tome, voici enfin la trilogie consacré aux grands évènements du XXème siècle. Je passe la légère escroquerie que constitue la fameuse édition limitée des éditions Robert Laffont (plutôt inutile, soyons honnête) pour retenir que j’ai super hâte de découvrir le fin mot de l’Histoire et revoir ces chers familles.
  • Autre-monde, tome 5 : Oz de Maxime Chattam. Une de mes récentes découvertes en saga dont je suis chaque parution au format poche avec grand plaisir. Les deux premiers tomes m’ont énormément plu, le troisième un peu moins mais le quatrième a su remonté la pente à mon goût. Par conséquent j’ai beaucoup d’attente pour Oz, dont le titre m’intrigue énormément !
  • Nu dans le jardin d’Eden de Harry Crews. Dernier livre envoyé par les éditions Points au titre de la sélection du polar 2014, c’est aussi celui qui me fait le moins envie jusque là. Si des avis positifs pouvaient vite venir changer mes aprioris !

Et vous, pour quel(s) livre(s) avez-vous craqué ?

[Chronique] La chute des géants de Ken Follett

la chute des géants

Fiche technique du livre
Auteur : Ken Follet
Genre : Historique
Année d’édition : 2010
Edition : France Loisirs / Robert Laffont
Prix : De 11,20€ à 24,50€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 1003 pages

Synopsis
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde… De l’Europe aux Etats-Unis, du fond des mines du pays de Galles aux antichambres du pouvoir soviétique, en passant par les tranchées de la Somme, cinq familles vont se croiser, s’unir, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire. Passions contrariées, rivalités et intrigues, jeux politiques et trahisons… Billy et Ethel Williams, Lady Maud Fitzherbert, Walter von Ulrich, Gus Dewar, Grigori et Lev Pechkov vont braver les obstacles et les peurs pour s’aimer, pour survivre, pour tenter de changer le cours du monde.

Mon avis
La Chute des géants… un récit qui m’intrigue et m’attire inexorablement depuis sa sortie. Énorme roman historique, première partie d’une trilogie retraçant un siècle mouvementé et parfois horrible, c’est rempli d’arguments convaincants et avec de jolies promesses qu’il est arrivé dans ma chère bibliothèque.

   Offrant une introduction se déroulant en 1911 au Pays de Galle, La Chute des géants choisit de nous plonger notamment dans le nouveau quotidien de Billy Williams, jeune garçon de 13 ans ayant à présent l’âge requis pour quitter les bancs de l’école pour aller travailler, comme la moitié de la population de Aberowen, à la mine.  Des aboutissants menant à la Grande Guerre à son traité assez injuste, et bien plus, Ken Follett nous fait revivre le début du XXème siècle à travers la vie de plusieurs personnages principaux aux nationalités et origines différentes.

   Vous pourrez le constater, La Chute des géants porte merveilleusement son nom. A travers la dizaine d’année couverte par le roman, c’est bien un puissant vent de changement qui vient s’abattre sur le monde entier. Subtilement, au fil des pages se dessine un avant et un après, où l’on sent que les choses ne pourront plus jamais redevenir telles qu’elles étaient. Les Grands ne sont plus si grands, des puissances émergent, le système des castes perd de son impact, voir disparaît, des êtres perdent de leur magnificence, tandis que d’autres accèdent au pouvoir, des amours naissent et des enfants voient le jour, d’autres se défont et meurent… le tout à l’échelle mondiale. Le monde change et c’est finalement l’Histoire de la vie avec un grand H qui nous est conté.

   L’une des grandes forces de La Chute des géants est de proposer autant de points de vus et de personnages, tout en les approfondissant chacun énormément. C’est un immense voyage que m’a offert cette lecture, en démarrant d’une petite bourgade du pays de Galle, une commune reculée de tout comme on en voit souvent dans les provinces françaises, pour finalement nous emmener aux quatre coins de la planète, des États-Unis aux confins de la Sibérie. Comme si volontairement l’auteur avait souhaité accentuer la grandeur du monde… mais aussi les nombreux points communs entre les habitants de chaque nation. C’est une réelle réflexion sur les gouvernements, les sociétés et les modes de vie de l’époque qui nous est proposé ici. La plume de Follet fait des merveilles et les scènes émouvantes ne manquent pas. Tout est toujours décrit avec précision, qu’il s’agisse des sentiments, des actions ou des dialogues savoureux.

   Certes, La Chute des géants a des défauts. Ambitieux, peut-être trop par moment, l’auteur se perd dans les détails et méandres de l’Histoire moderne et offre des moments moins rythmé, où cela traine davantage. Je pense notamment à la Révolution Russe, passage prenant une très grande importance dans le livre, au contraire d’une France bien trop absente à mon goût. Il y a eu donc de légers passages moins entraînant mais cela reste rare sur les 1000 pages qui composent ce roman.

   Puis, surtout, ces défauts sont compensés par une immense aventure humaine, souvent teinté d’érotisme. Dès que j’ai commencé à m’attacher aux différents personnages, en particulier Billy, Ethel ou Maud, il m’était impossible de relâcher le livre. J’étais si plongé dans l’histoire de ces différentes vies que je ne pouvais penser à autre chose ! Car derrière son aspect historique, La Chute des géants est surtout une immense aventure humaine, nous emmenant au quatre coins du monde au plus profond des cultures et sociétés existantes à cette époque. Tout comme les récits initiatique dont je suis friand, l’auteur nous propre de suivre la vie des personnages sur plus d’une dizaine d’année. Le tout de manière crédible.
Le seul point que je trouve téléphoné mais tout de même nécessaire à l’intrigue est qu’au final, quasiment chaque personnage de premier plan aura réussi à rencontrer les autres. Je conçois que la guerre amène à la mobilisation, mais qu’un gallois rencontre des russes, des américains, des allemands, etc. est quand même fort. Un mal pour un bien car chacune de ces séquences m’ont énormément plu, tant elles apportent du piment et de l’émotion à l’intrigue.

   En conclusion, La Chute des géants fut une excellente découverte. Une lecture proche du coup de cœur, du genre à me marquer davantage sur le long terme que le court terme. Quel plaisir de se plonger en pleine première guerre.mondiale sous différents angles, du politicien au simple citoyen, ce dans quatre états différents. Le chauvin que je suis continue de déplorer l’absence d’un point de vue français mais qu’importe, les nombreuses qualités du récit me font oublier cette injuste omission. En plaçant la vie de ses personnages au premier plan, Ken Follet fait le pari d’une aventure humaine sous fond de guerre et non un récit de guerre. Une distinction qui a son importance et qui lui va comme un gant : plus intéressant les uns que les autres, les personnages accrochent et inspirent comme rarement. À la fin de ce tome, j’ai eu l’impression de les connaître depuis longtemps, de devoir dire au revoir a des amis… avant la suite.

Ma note : 17/20