[Chronique] Autre-Monde, tome 5 : Oz de Maxime Chattam

autre monde tome 5

Fiche technique du livre
Auteur : Maxime Chattam
Genre : Jeunesse / Fantastique
Année d’édition : 2012 (VO – VF)
Edition : Le livre de poche
Prix : 7,60 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 456 pages

Synopsis
Cap sur l’Europe ! Pour tenter de vaincre Entropia, l’Alliance des Trois s’embarque pour le vieux continent. Objectif : mettre la main sur le Cœur de la Terre. Mais c’est un pays hostile qui les attend, où les Cyniks ont asservi les enfants. Obstacles, pièges, trahisons, les jeunes héros parviendront-ils à leurs fins ? Ou le chaos mortifère d’Entropia aura-t-il raison d’eux ? La quête de Matt, Ambre et Tobias est loin d’être terminée…

Mon avis
Après un quatrième tome qui me réconciliait grandement avec la série et la promesse d’un nouveau voyage palpitant, je ne pouvais être qu’impatient de démarrer Oz.

   Le quatrième tome était l’occasion de démarrer un nouveau cycle, centré autour de la découverte d’une étrange menace, un nouvel ennemi au nom d’Entropia. Le mystère reste grand, mais notre troupe préférée est repartie sur Eden afin de préparer ce qui s’annonce peut-être comme l’ultime voyage : traverser l’océan atlantique et rejoindre l’Europe. Un continent lointain pour ces jeunes Pans qui ne savent absolument pas ce qu’ils vont y trouver, n’ayant eu aucun contact avec le monde depuis la Grande Tempête. Pourtant, c’est peut-être leur unique chance de salut et il est nécessaire de tenter le tout pour le tout. Aidé par les Kloranpanphylles, Matt, Tobias et Ambre, accompagnés des petits nouveaux (Maya, Tania, Floyd et Chen), ont pris leur décision et vont aller de surprise en surprise, tant durant le trajet qu’à leur arrivée…

   Dans l’ensemble c’est un vrai plaisir de se plonger à nouveau dans cette saga. Je suis très attaché aux personnages, ces jeunes plein de bonnes intentions souhaitant œuvrer pour un meilleur monde (et leur survie). C’est un peu niais, je sais bien, et l’on pourra toujours reprocher à Monsieur Chattam de survoler ses personnages secondaires, mais mince, ces élans d’espoir sont comme un rayon de soleil : ils me font un bien fou. Puis, l’aspect jeunesse, présent, n’entrave en rien mon appréciation de cette lecture, puisqu’il ne gène pas l’apparition de moments sombres, presque glauques. C’est d’ailleurs amusant de constater les différences de ton entre quelques pages où l’on va enchaîner d’une blague de Tobias à une décapitation et l’envol d’une tête !

   A propos de l’intrigue en elle-même, l’idée de traverser l’océan et de découvrir l’Europe m’a particulièrement séduite. Scénaristiquement parlant, cela permet d’offrir des moments de surprises et de découvertes similaires aux deux premiers tomes, mes favoris jusque là, et c’est particulièrement grisant. Maxime Chattam développe ce nouveau cycle en apportant de nombreux éléments tout en conservant l’esprit aventurier qui fait le charme de Autre-Monde. La capacité de l’auteur à façonner son univers, inventer des mots est à saluer, tout comme sa plume, toujours aussi vive et prenante.

   D’ailleurs, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Mon premier sentiment quand j’ai fermé Oz fut « WOW ». Certes, il y avait de la frustration, mais le livre est construit comme une montée en puissance progressive pour déboucher sur un final explosif qui m’a scotché. Pourtant, au départ, ce n’était pas forcément gagner, le démarrage étant assez long. Puis, j’ai ressenti cette drôle d’impression. Celle qu’au fur et à mesure des pages, Maxime Chattam se rendait compte qu’il prenait trop son temps et que son histoire allait être trop longue. Le turbo a été enclenché, les évènements ont commencé à se succéder, les rebondissements sont venus en masse et ça a été tellement rapide que la conclusion m’a semblé même rushé.

   Ce qui constitue mon principal grief envers la saga et surtout ce tome. Que c’est plaisant, mais que c’est rapide… ! Clairement, Autre-Monde pourrait largement gagner en qualité si 200 pages supplémentaires étaient présentes. Elles permettraient de développer les personnages secondaires, adorables mais dont on connaît peu de choses au final. Les moments forts dureraient plus longtemps, de sorte à nous rendre réellement triste plus d’une page, au lieu d’enchaîner une folle course poursuite comme c’est le cas ici. L’intensité serait peut-être même plus forte et le livre aurait suffisamment de matière pour imposer une réelle claque. J’ai besoin de ces pages !

   En conclusion, Oz nous offre un tome plutôt bon, dans la veine qualitative des précédents. Arborant des tons jeunesses entrelacés de moment sombre, Maxime Chattam continue de me séduire avec cette saga au style simple mais à la fluidité exemplaire. L’Europe et l’océan atlantique sont deux parfaits terrains de jeux et les sensations de découverte liées à l’exploration sont toujours aussi fortes et plaisantes. Certains éléments de l’intrigue peuvent déplaire et je regrette que l’on reste trop souvent en surface mais ces défauts n’entachent en rien le caractère addictif de l’intrigue. Neverland, je te veux.

Ma note : 16/20

[Chronique] Les Hauts Conteurs, tome 2 : Roi Vampire de Patrick McSpare et Oliver Péru

hauts conteurs
Fiche technique du livre
Auteur : Oliver Péru & Patrick McSpare
Genre : Fantasy – jeunesse
Année d’édition : 2011
Edition : France Loisirs / Pocket
Prix : A partir de 7,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 367 pages

Synopsis
Paris, hiver 1190.
Débarqués au cœur de la plus grande ville du Monde connu, le jeune Roland, Mathilde, Ruppert et Salim poursuivent un double but: retrouver William le Ténébreux, l’ami disparu, et découvrir les secrets de Vlad, le maître vampire. Ce démon est-il réellement mort dans les forêts anglaises, ou attend-il son heure pour frapper encore ? Pire encore, un traître se cache-t-il parmi les quatre aventuriers, comme tout semble l’indiquer ? Happés par le tumulte populaire de la Fête des Fous, Roland et ses compagnons vont croiser nombre d’individus pittoresques.
Cérémonies noires, complot royal, créatures infernales, prophéties du Livre des Peurs, tous les ingrédients d’un mélange fatal sont réunis pour sceller le sort de nos héros. Pourtant, ils sont des Haut-Conteurs et ne reculeront pas, jusqu’à vaincre ou périr. Roland « Coeur de Lion » en tête. Le Mal rôde, la mort avance masquée. C’est la fête des ombres, c’est la fête des fous !

Mon avis
Sans avoir été le livre de fantaisie du siècle, j’avais une certaine hâte à retrouver les Hauts Conteurs et certaines qualités propres à la série. Ce second tome confirme-t-il cette première bonne impression ?

   L’ouverture se fait efficacement avec un début qui sait nous placer intelligemment dans un nouveau contexte -ici le dialogue entre Corwyn et Roland quelques temps après les aventures du premier tome- tout en offrant des rappels (nécessaires dans mon cas) sans vraiment ennuyer. Roland, à présent officiellement Haut Conteur, séjourne à Londres en compagnie de Mahtilde la Patiente, son mentor, et s’apprêtent tous deux à rejoindre Paris, alors ville la plus grande au monde pour une enquête plutôt mystérieuse. En parallèle, on suit le récit du point de vue de William le Ténébreux, alors sur les traces de Vlad, le fameux upyr rencontré précédemment, mais aussi de Mots-Dorés, alias Lothar le Noir Parleur, personnage énigmatique mais redouté.

   Après cette mise en bouche réussie et jusque la seconde partie du livre, j’ai tout de même trouvé qu’il y avait un petit manque de rythme. La traque du ténébreux manque de piquant et les actions décrites sont plutôt fades. Peut-être doit-on cela au fait que notre duo d’auteurs place progressivement de nouveaux éléments dans son intrigue mais je dois admettre que la mayonnaise a eu du mal à prendre. En fait durant cette centaine de pages, les personnalités des personnages, Roland et Mathilde compris, apparaissent trop en retrait à mon goût. Au mieux quelques traits de caractère ressortent mais la profondeur de leur psychologie s’arrête là. Toutefois, cette désagréable impression a su s’estomper aux alentours de la page 160 et ce jusqu’au final, grâce à une action quasi ininterrompue et un enchaînement de révélations et de moments forts. Cela ne signifie pas pour autant que l’on en ressort avec des protagonistes extrêmement développés, mais il se produit suffisamment d’événements les mettant en valeur pour qu’ils gagnent en estime et me plaisent.

   Outre Mathilde et Roland que j’apprécie beaucoup, ce second tome peut compter sur la présence de nouveaux personnages différents et assez captivants. Il y a Salim déjà, dit l’Insondable, un Haut Conteur particulier pour qui mon capital sympathie n’a fait que croître durant ce tome. Et promis, ce n’est pas parce qu’il s’appelle Salim ! Mystérieux à bien des égards, l’Insondable porte bien son surnom et semble savoir agir comme il le faut dans n’importe quelle situation. L’envie d’en savoir plus était si présente ! Même si l’auteur reste assez en surface, j’ai aimé suivre son évolution et lui découvrir un côté très humain. Autre personnage qui a su me plaire, bien que moins présent, est Hugues de Clairmont. La dualité de sa personnalité en fait quelqu’un d’intéressant. On sent qu’il cache des choses et on alterne entre homme réfléchi, sérieux et personnage poilant, dont les répliques tournées vers la dérision font mouche.

   Pour en revenir à l’intrigue, malgré un passage ennuyeux énoncé ci-dessus, je la considère d’une manière générale agréable. L’aspect jeunesse ne s’est pas fait ressentir lors de la lecture et continue de ne pas se montrer présent pour mon plus grand bonheur. L’histoire adopte ainsi un point de vue globalement adulte, ce qui colle avec les événements racontés. De même, on retrouve ce mélange d’éléments historiques réels avec un Paris du XIXème siècle très bien décrit et un aspect fantaisiste / polar propre à la série. Un parti pris des auteurs qui a ses avantages et ses inconvénients. Cela permet une histoire riche en action, rythmée et peuplée de petits rebondissements mais le développement de l’univers se fait lentement, et surtout faiblement. Ce n’est pas avec ce second tome que l’on apprend l’origine et l’Histoire de l’Ordre, ou même de simples éléments sur les personnages principaux telle que Mathilde. C’est d’autant plus dommage que ce genre de petits éléments pourrait apporter une certaine sensibilité au livre, le rendre plus attachant, et par conséquent l’amener à un niveau plus élevé.

   Puisque je suis au chapitre des reproches, la tournure des événements m’a aussi déplu dans un premier temps. Avec ce tome, les auteurs tentent d’amener les aventures des Hauts conteurs à un niveau plus global. On sort des affaires de l’Ordre pour toucher (de loin) aux intrigues de cour. Ainsi, on rencontre de nombreux nobles et une certaine trame politique est mise en place. Soit. Par contre la transformation de Vlad, upyr, en tant que roi vampire m’a paru peu crédible. Cela signifie que dans le premier tome on rencontre déjà une créature ultime alors qu’elle n’a jamais été présentée comme telle et que surtout, au vu de la sévère dérouillée subie, impressionne peu. Forcément, dans un second tome, j’attends une montée en puissance, et donc un ennemi plus redoutable, non l’apparition de sous-fifres…

   Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir car l’ensemble est bel et bien plaisant. De plus, les auteurs prennent le soin de conclure le tome comme il se doit en apportant une fin qui m’a satisfait. Beaucoup de réponses nous sont apportées, me permettant de fermer sereinement le livre, tout en ayant envie d’en apprendre davantage avec la suite.

   En conclusion, le second tome des Hauts-Conteurs confirme à mes yeux mes premières impressions sur la série. Intéressante, très rythmée et aux multiples scènes d’actions parfaitement décrites, j’ai parcouru le récit concernant le Roi-Vampire avec plaisir. Empruntant quelques codes du polar mais toujours fantaisiste, le scénario se révèle convenu mais efficace, avec ce qu’il faut de rebondissements pour relancer régulièrement l’intrigue. Toutefois, en dehors de certains petits défauts très subjectifs, je déplore le manque de développement de l’univers et surtout des personnages, bien trop lisses, et ce, malgré une légère évolution vers la fin me poussant à apprécier Roland, Mathilde et Salim. Néanmoins, l’Ordre des Hauts-Conteurs conserve encore trop de secrets mais je me réjouis du final laissant entrevoir une suite riche en révélations et nouveautés.

Ma note : 15,5/20

[Chronique] Autre-monde, tome 3 : le coeur de la Terre de Maxime Chattam

Autre monde tome 3Fiche technique du livre
Auteur : Maxime Chattam
Genre : Fantastique Jeunesse
Année d’édition : 2010
Edition : Albin-Michel / Le Livre de Poche
Prix : A partir de 7,60 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 494 pages

Synopsis
Tobias disparu dans les entrailles du Raupéroden, Matt et Ambre retournent à Eden, la cité des Pans, pour avertir le conseil de la ville de l’imminence d’une invasion des Cyniks, fomentée par la reine Malronce. Les Pans n’ont plus le choix, ils doivent se préparer à combattre, notamment en développant leur Altération, ce pouvoir surnaturel octroyé par le Cataclysme.

Avec L’Alliance des Trois, on découvrait un nouveau monde, avec Malronce son exploration. Le Coeur de la Terre montre les jeunes héros dans l’apprentissage de la vie en commun, de la politique, de la guerre et du rapport, nécessaire et salutaire, à la nature. Ainsi que la résolution des énigmes comme la vraie nature du Raupéroden et de la reine Malronce.

Mon avis
Autre-monde est devenu en l’espace de deux tomes, L’Alliance des trois et Malronce l’une de mes nouvelles sagas du moment. Après avoir longuement résisté à la tentation de l’achat du troisième tome en grand format, je me devais de foncer le jour J de la sortie du livre au format poche, d’autant plus que sa couverture est vraiment réussie.

   Le cœur de la Terre nous plonge dès les premières pages dans la découverte d’Eden, ce fameux « paradis » où de nombreux Pans des États-Unis se sont réunis. Ici, c’est à nouveau une fascinante organisation qui a été mise en place que l’on découvre et notre petite troupe de héros, récemment réduite, vient apporter des nouvelles peu réjouissantes. Alors que la cité connaissait un bel essor, voilà que la guerre, inévitable, contre les Cyniks, et leur reine, Malronce, approche à grand pas. Des décisions doivent être prises, et rapidement. Mais l’ombre du Raupéderon continue de rôder. Quelle est donc cette étrange créature et pourquoi veut-elle Matt ? Quant à Ambre, qui sait à présent qu’elle est le fameux Plan, lié au Testament de Roche que Malronce souhaite déchiffrer, quel secret recèle-t-elle réellement ? Pour répondre à ces questions capitales, et peut-être s’offrir une chance inouïe de vaincre les Cyniks, nos amis se lancent dans un pari fou… Pénétrer dans l’antre de la Reine !

   Ce troisième tome, conçu comme la fin d’un premier cycle à cette saga devant compter 7 tomes, se devait d’avoir comme promesse la réponse à de nombreuses interrogations. Malheureusement, il faut reconnaître que cette fois-ci le scénario m’a bien moins emballé que d’habitude. Tout d’abord, je dois avouer que j’ai eu du mal à me replonger directement dans cette suite. Peut-être n’ai-je pas l’habitude de laisser de côté une lecture trop longtemps, mais voilà, démarrer le livre directement sur l’intérieur d’Eden, lieu que j’avais un peu oublié, m’a troublé. Aussi, dès le départ, on assiste à des décisions ou des prises de conscience suite aux évènements précédents, mais aucun rappel, même léger n’est effectué et j’admets que certains détails m’étaient passés par dessus la tête, ce qui n’a pas aidé. Couplé à de gros problèmes de rythme sur les 100 premières pages, Le cœur de la Terre a mis plus de temps à me passionner. Là où l’on commençait sur les chapeaux de roues avec de surprenantes révélations ou une action bien plus présente, ici le rythme est plus lent, sans que cela apporte nécessairement quelque chose.

   Dans la liste des autres éléments qui m’ont un peu dérangé, j’ai trouvé que l’univers prenait parfois des allures de grand n’importe quoi. Très original, jusque là, tout me semblait cohérent avec l’idée que souhaitait développé l’auteur. Dans ce troisième tome, des éléments complètement loufoques, trop à mon goût, apparaissent et cela dessert à mon sens le récit, dont l’histoire est plutôt sombre suite à la guerre qui se profile, car un peu hors propos. Pour éviter les spoils, je n’en dirai pas plus mais je serai ravi d’en parler dans les commentaires 🙂

   Enfin, dernier gros point noir à mon sens, et non des moindres : une fin trop moyenne. Je voyais les pages défiler et une éventuelle fin ne semblait pas se dessiner. Tout a été rapidement expédié durant globalement les 30 dernières pages et les révélations que j’attendais tant m’ont déçues. Trop simples, pas assez recherchées à mon goût, certaines explications m’ont donné l’impression d’être présentes juste pour satisfaire le lecteur et pouvoir passer à autre chose. Honnêtement, je pense que la résolution du mystère du  Raupéderon ou celui de Malronce méritait largement plus que trois lignes.

   Après cette vague immense de reproche, je tiens tout de même à vous rassurer, tout n’est pas à jeter dans le Cœur de La Terre, loin de là. Durant sa majeure partie (ce qui représente au moins 350 pages !), le récit a su me charmer et me conduire à le dévorer. Certains passages étaient très bons, et ce dès l’entrée dans la Passe des Loups. A partir de là, on enchaîne plusieurs moments assez épiques où je suis passé par diverses émotions très variées, de la peur à l’interrogation, en passant par l’émerveillement, le stress, l’amusement, la colère, l’incompréhension, la tristesse et la pitié… Rien que ça ! J’ai aussi trouvé les scènes d’action, pourtant très présentes, à chaque fois réussies, prenantes et extrêmement bien décrites. De plus, l’auteur a su proposer suffisamment de surprises et de rebondissements pour enrichir un univers déjà bien consistant, tout en jouant sur de plaisants clins d’œil aux tomes 1 et 2.

    En ce qui concerne les personnages, c’est à mon sens un sans-faute. Les chapitres centrés sur le personnage d’Ambre sont ceux qui m’ont le plus enthousiasmé. L’évolution de son personnage est vraiment un des points les plus intéressants du tome et je pense même qu’elle finit par voler la vedette à Matt Carter tant son développement est riche et accrocheur. Néanmoins, le cœur de la Terre met en retrait notre habituelle et géniale Alliance des trois pour introduire de nombreux nouveaux personnages ce qui s’est révélée au final être une excellente idée. Je ne compte plus les coups de cœurs que j’ai pu avoir pour les petits nouveaux et Maxime Chattam démontre une fois de plus son inventivité en offrant une palette de personnages très différents les uns des autres, chacun bénéficiant de ses propres aptitudes, de ses éléments de background et se révélant, tour à tour, exploités comme il se doit. Un pur régal ! Mes pensées vont vers Neil, Horace, Bec de Pierre, Chen, Tania, Zélie et Maylis, que j’espère tous revoir d’une manière ou d’une autre dans la suite de l’aventure, tant je les ai appréciés.

   En conclusion, Le cœur de la Terre me laisse avec un ressenti mitigé. Tantôt génial, tantôt grotesque, j’attendais énormément de ce troisième tome, qui aurait pu devenir l’un de mes coups de cœur de l’année. Peut-être avais-je trop d’attente mais toujours est-il que j’ai été déçu par de nombreux points, à commencer par la fin, assez quelconque et pas à la hauteur de mes espérances. Heureusement l’auteur compense ces défauts par d’excellents passages scénaristiques et un casting encore plus réussi que d’habitude. Toutefois, cela n’a pas suffit à effacer l’amertume grandissant en moi une fois le tome refermé.

Ma note : 14,5/20

[Chronique] Les Hauts-Conteurs, tome 1 : la voix des rois de Oliver Péru et Patrick Mc Spare

les hauts-conteurs-voix-rois

Fiche technique du livre
Auteur : Oliver Péru & Patrick Mc Spare
Genre : Fantaisie Jeunesse
Année d’édition : 2010
Edition : Scrinéo / France Loisirs
Prix : de 7,60€ TTC à 14,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 317 pages

Synopsis
1190, Tewkesburry, royaume d’Angleterre. A treize ans, Roland ne rêve que de voyages, de chevalerie et d’aventures. Seulement ses parents ont besoin de lui pour tenir l’auberge familiale. Il ne connait le monde que par les gens de passage, et son meilleur ami, l’ennui, semble bien décidé à lui gâcher son existence.

La venue d’un Haut-Conteur au village va tout changer. Le prestigieux chasseur d’histoires et d’énigmes enquête sur les mystères de la forêt de Dean et sur les goules qui s’y cachent. Il ne craint pas les croque-cadavres et s’enfonce seul dans les ténèbres, nuit après nuit… mais un matin, il ne revient pas.

L’histoire a-t-elle mangé celui qui aurait dû la raconter ? C’est ce que va tâcher de découvrir Roland… et peut-être deviendra-t-il lui-même Haut-Conteur ?

Mon avis
Enfin, Oliver Péru fait son entrée dans les auteurs que j’ai lu. Oui c’est en grande partie de la faute de Satine’s Books ! Oui l’auteur a su jouer la carte du personnage qui porte mon prénom ! Et oui, le résumé me donnait furieusement envie !

   Ce premier tome des Hauts-Conteurs démarre de manière assez classique, voir simpliste. Nous sommes à la fin du XIIème siècle, dans une petite bourgade de l’Angleterre et l’on suit la vie de Roland, jeune garçon de 13 ans. Fils d’aubergiste, son père voit en lui, son aîné, l’homme idéal pour hériter de l’auberge familiale. Ainsi, Roland aide chaque jour ses parents à préparer, servir et satisfaire les habitants du coin. Parfois quelques voyageurs se présentent, et lorsqu’il s’agit de Hauts-Conteurs on peut être sûr que la soirée sera épique. Encore plus quand le « Flamboyant » disparaît quelques jours après son passage… Roland, bien décidé à vivre ses rêves d’aventure, part mener l’enquête et verra sa vie bouleversée…

   Comme vous pouvez le constater, on est clairement en présence de quelque chose de très classique dans le domaine de la fantaisie. Hélas, ce premier tome ne sort jamais réellement des sentiers battus, et si l’on excepte quelques trouvailles scénaristiques intéressantes, l’ensemble se révèle du début à la fin trop peu original. Je salue néanmoins les quelques rebondissements assez bien trouvés ainsi que le twist final que je n’avais pas vu venir du tout ! Une bonne surprise qui m’a fait plaisir et tend à me prouver que les auteurs ont du potentiel.

   Heureusement, Les Hauts-Conteurs peut compter sur de nombreuses qualités pour éclipser, à défaut de gommer entièrement, ce défaut. A commencer par une écriture et un rythme vif et très fluide. C’est simple, j’ai été plongé dans le récit dès les premières pages, ce qui est très rare, surtout en matière de fantaisie où l’histoire est en général longue à se mettre en place. Ici, rien qu’en lisant l’extrait disponible sur le site de France Loisirs, j’ai réussi à me plonger dans cet univers et je souhaitais poursuivre ma lecture au plus vite. Les Hauts-Conteurs ne s’embarrasse pas de fioritures. Les auteurs vont à l’essentiel, et bien souvent, l’action prime au dessus de tout. Rapidement, un changement de ton s’opère, et ce qui aurait pu se transformer en récit initiatique au sein de la vieille Europe prend des allures d’enquête policière fantastique axée jeunesse. Un bien étrange cocktail qui prend et qui a su me convaincre.

   L’univers choisi par le collectif d’auteurs fut une relative bouffée d’air frais. Étrange, lorsque l’on sait que la saga est basée sur des mythes bien connus, tel que les goules, les vampires où autre loups et que cela se situe en Europe. Mais peut-être est-ce là sa très grande accessibilité : au lieu de chercher à créer et expliquer quelque chose d’improbable et d’absolument nouveau afin de se démarquer, la bonne recette consistant à adapter les grands classiques que l’on aime tous constitue un excellent choix. Qu’il est plaisant de s’imaginer l’Angleterre ou Paris au Moyen-Âge infestés d’étranges créatures de la nuit ! Quel bonheur de revoir un vrai vampire, celui qui fait peur, le fils du Diable, comme celui que j’ai pu découvrir quand j’étais gamin ! Des éléments classiques mais qu’on côtoie si peu qu’il est bon de les retrouver. De plus, l’apparition des Hauts-Conteurs, Êtres entourés de légendes au savoir apparemment infini ajoute beaucoup de piment et j’ai hâte d’en savoir plus à leurs sujets.

   Quant à l’aspect jeunesse, assez présent, il ne m’a aucunement rebuté. Le récit est léger, jamais complexe ni ennuyeux et on a souvent le droit à quelques touches comiques qui m’ont fait sourire. Suivre les péripéties d’un jeune garçon de 13 ans n’est pas si dérangeant lorsque l’on remet les choses dans le contexte de l’époque : cela correspondrait facilement à nos 17, 18 ans d’aujourd’hui. La personnalité du monsieur est donc bien définie et même si c’est un peu cliché par moment, le tout est suffisamment bien conté pour être crédible. Puis, des leçons sont à en tirer : Roland apprend vite qu’être un héros n’est pas aisé et que cela a un coût. Les autres personnages présents sont aussi plaisants, notamment l’intrépide Mathilde de Beaumont que j’ai adoré et j’aime à penser que de grands secrets sont à nous révéler chez certains !

   Au rang des reproches, j’admets que même si le livre m’a plu, l’histoire utilise de nombreuses facilités. Globalement, le récit reste gentillet et la fin est expédiée assez rapidement. A aucun moment je n’ai pris peur pour les personnages. De même, de nombreux points sur l’univers mis en place auraient mérité d’être développés au profit de l’action omniprésente. A la fin de ce premier tome, trop d’éléments restent non abordés ou sans réponses et il manque aux Hauts-Conteurs une certaine complexité qui ébahit. De même en ce qui concerne les personnages. Bien que ceux-ci soient finalement peu nombreux, je n’ai pas eu réellement l’impression de les connaître à la fin de ce tome, si ce n’est dans les grandes lignes. Un équilibre description / développement de l’histoire / action est peut-être à rechercher ?

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture en découvrant ce premier tome de la saga des Hauts-Conteurs. Bien que l’histoire ne brille pas par son incroyable originalité, le tout est suffisamment bien conté et prenant pour m’emmener au bout de ces 300 pages en bien peu de temps. Plutôt drôle et jouant davantage sur une action très présente et de nombreux dialogues efficaces, c’est l’occasion de renouveler avec la fantaisie et le fantastique tel que je l’ai découvert en premier lieu. Un vent d’air frais qui me satisfait à l’heure où chacun rivalise d’invention pour développer son propre univers. Toutefois il reste du travail pour me conquérir davantage et je compte à présent sur notre duo pour étoffer leur saga sur plusieurs fronts afin de l’amener vers le coup de cœur.

Ma note : 15,5/20

[Chronique] Pretty Little Liars / Les menteuses, tome 3 : Rumeurs

les menteuses tome 3 rumeurs

Fiche technique du livre
Auteur : Sara Shepard
Genre : Young Adult / Chick-lit
Année d’édition : 2008
Edition : Fleuve Noir / Territoires
Prix : 8, 60 euros / 17,90 euros (Intégrale 1)
Langue : Française
Nombre de pages : 308 pages

Synopsis
Salut les filles… eh oui, me revoilà, fidèle au poste !
Vous savez ce qu’on dit, les apparences sont parfois trompeuses. Vos ennemis ne sont pas forcément ceux que vous croyez. Vous vous demandez certainement à qui faire confiance alors. Question épineuse à laquelle je répondrais… personne ! Surtout après ce qui est arrivé à la pauvre Alison. D’ailleurs le coupable n’a toujours pas été retrouvé, me semble-t-il… Mais moi je vous connais mieux que personne, ça fait longtemps que je vous ai percées à jour et je sais que l’une de vous a des choses à se reprocher. Méfiez-vous, les rumeurs vont vite, et je ne vais pas pouvoir tenir ma langue très longtemps…Tant de secrets et de mensonges, c’en est trop pour moi ! Oh, bien entendu, inutile de prévenir la police, ça risque de me contrarier… et dans ces cas-là je n’arrive plus à me contrôler ! Je n’aimerais pas qu’il arrive malheur à de si jolies petites menteuses…
Allez, sans rancune ! – A

Mon avis
Décidément, le blog et les chroniques sont clairement aux couleurs de Pretty Little Liars ces derniers temps ! Cette saga, malgré ses défauts, me captive totalement. Voici mon avis sur ce troisième tome.

Attention cette chronique contient quelques spoils. Je recommande de connaître la série ou d’avoir lu le premier tome avant de poursuivre la lecture.

   Démarrant par un prologue de type flashback, où les filles se retrouvent lors d’une soirée chez les Hastings peu de temps avant la disparition d’Ali, l’auteur revient sur un des moments clés de l’histoire. Apparaissant dans un premier temps comme une simple soirée avec des évènements mineurs, elle va se révéler au cours du tome comme riche en informations… car tout n’est pas tout beau tout rose à Rosewood.
S’en suit une coupure de trois semaines entre l’histoire des deux tomes, le temps pour de nouveaux éléments de se mettre en place.
Le lien avec le précédent tome m’a quand même paru assez ténu car il influe particulièrement que sur le début de Rumeurs. Rapidement, ce sont de nouvelles intrigues qui commence pour chacune des filles et ce sont ces intrigues que l’on suivra tout au long du tome. Pour autant, cela ne met pas le personnage de A en arrière plan car ses actions et son influence reste assez dominante.

   Pour les spectateurs télés comme moi, il y a cette fois beaucoup d’inédit dans ce troisième tome. Certains choix scénaristiques continuent de creuser d’importants écarts au niveau de l’intrigue et suite au dénouement du second tome, il était évident que cela allait apporter du sang neuf à ce tome. Cela est très intéressant car j’ai été agréablement dérouté. On compte plus de nouveautés, plus de rebondissements et aussi plus de surprises ce qui a contribué à rendre ce tome très captivant, autant que le premier, si ce n’est davantage. L’ambiance particulière de la série est toujours présente et j’étais carrément stressé à la fin du livre au vu des révélations qui se profilaient !

   En ce qui concerne mon ressenti, je dirais que Les Menteuses est une lecture qu’on vit. Plus les tomes avancent et plus cela est vrai pour moi. C’est un réel plaisir de suivre les aventures des « nos amies ». Clairement, je me suis beaucoup attaché à elles.Les héroïnes ont des problèmes très humains, que tout le monde peut avoir un jour à l’autre (mensonges, adultères, surpoids, sexualité, réussite, etc.) et les voir avancer avec ces bagages, s’en occuper comme ils le peuvent avec les moyens qu’ont les adolescents de leur âge est un point fort. Pour l’instant, celle qui se démarque le plus dans ce tome est peut-être Aria, qui m’a vraiment charmé par sa personnalité mais aussi ses choix. Très hésitante, elle avance volontairement à petits pas dans sa vie familiale et amoureuse mais au final se laisse guider par son cœur, un trait que j’apprécie énormément. J’aime voir les interactions entre les filles et suivre leurs amitiés.

   Finalement, le plus gros défaut de ce tome, si on passe l’aspect chick-lit parfois prononcé, est en fait son nombre de pages. Plus que les précédents, ce troisième livre m’a vraiment paru court. Je suis arrivé à la fin si vite que j’étais un peu déçu de l’enchainement de l’intrigue dans le dernier tiers qui m’a paru trop rapide. L’auteur continue d’utiliser la même construction pour ses livres et cela me gêne car on vogue entre chapitres peu palpitants et fin complètement dingue. J’aimerais que ce soit plus équilibré à l’avenir.

   En conclusion, Les Menteuses est une saga qui sait garder mon intérêt. Sans atteindre le niveau de mes séries fétiches ou de mes coups de cœurs, la faute à certains défauts récurrents, « Rumeurs » a su me happé et me faire passer un bon moment. Ce troisième tome prend clairement ses distances de la série TV, un excellent point puisque cela m’a réservé beaucoup d’évènements inédits et donc beaucoup de surprises. Toutefois, malgré une bonne intrigue, le mystère autour de A reste entier… Un peu frustrant, mais pas autant que le nombre de pages ! Rumeurs est trop court, tout s’enchaîne trop vite à compter du dernier tiers jusqu’au final me laissant bouche bée. Qu’importe, je veux la suite !

Ma note : 15/20