[Chronique] Le puits des mémoires, tome 2 : Le Fils de la Lune de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 2

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2013
Edition : Scrinéo / Pocket
Prix : A partir de 7,70€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 450 pages

Synopsis
Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…

Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon avis
Seconde lecture commune avec la copinaute La tête dans les livres, j’étais très impatient de démarrer ce deuxième tome, en particulier après la bonne impression laissée par le premier tome. Le potentiel de la saga se confirme-t-il ?

   Nos trois amis, Olen le joli cœur, Nils le méfiant et Karib le mage, ont enfin découvert leurs véritables identités. Malheureusement, aucun répit ne leur sera accordé, et c’est dans la précipitation et la peur qu’ils fuiront le royaume d’Hélion à toute vitesse. Ce second tome nous place directement dans le voyage d’Hélion à Woltan, royaume où les fugitifs pensent pouvoir trouver de nouvelles réponses à leur amnésie. Mais alors que la traversée est loin d’être aisée, ils vont rapidement comprendre que survivre à Woltan l’est encore moins. Entre la découverte de ce vaste royaume, les révélations sur leurs identités, leurs passés ainsi que leurs entourages, personne n’est au bout de ses surprises, et surtout pas notre fameux trio.

   Je vais être honnête tout de suite : ce tome fut un véritable coup de cœur. Un gros comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. J’ai tout simplement adoré et ce pour de multiples raisons. Malgré un rythme un poil lent en début de tome, servant particulièrement à resituer le cadre de l’histoire et résumer quelques renseignements concernant le trio de héros, on est rapidement amener à suivre de multiples rebondissements au royaume de Woltan, bien plus immense que ce que je pouvais présager au départ. L’action est très présente, tout comme les interrogations sans cesse renouvelées et bousculées. Je dois dire que Gabriel KATZ est très fort pour jouer avec le lecteur : entre fausses affirmations, nouvelles révélations, cliffhanger important, il joue avec nos nerfs et  nous amène là où lui seul le désire.

   Comme précédemment, les personnages principaux restent l’un des points forts du livre et sont toujours aussi attachants, si ce n’est plus encore. Alors que l’on apprend à les connaître davantage lorsque de nouvelles facettes d’eux surgissent, l’auteur en profite pour nous prendre au dépourvu et dévoile progressivement des bribes de leurs passés. Évidemment loin de ce que j’avais pu imaginé en premier lieu. Seulement, au lieu de simplement nous énoncer tout sur un plateau d’argent, les révélations se fout au compte goutte et sont venus chambouler mes croyances. J’ai apprécié cette dualité entre leur passés : qui ils étaient et comment ils étaient perçus et leur nouveau moi, personne qui a vécu des tas de choses autour du monde et qui ne possède aucun autre souvenir. Les différences sont très bien trouvées et renforcent cette volonté de toujours vouloir en apprendre plus sur ces trois comparses. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et savent se montrer dans l’ensemble bien plus intéressants et profonds que dans le premier tome.

   La plume du premier tome m’avait déjà charmé, cette fois ce fut la consécration. Peut-être Gabriel Katz se sentait à présent plus à l’aide mais l’ironie et les passages humoristiques sont très présents et ce n’est pas pour me déplaire tant ils m’ont plu et ont su me fait rire. D’ailleurs, entre l’humour, les moments forts en émotion, la surprise, la peine pour certains passages, le dégoût pour certains, la crainte ou la joie, je dois reconnaître que Le fils de la Lune m’aura fait vivre une sacrée palette d’émotions, chose rare en fantasy mais ô combien grisante ! Ajouter à cela une vraie maîtrise de l’histoire jusqu’à la dernière ligne, complétement dingue (oui, j’ai pété un cable !) et vous comprenez bien ce qui justifie mon adoration.

   Du côté des reproches, si je dois en adresser un seul, serait l’absence d’une carte en début de tome. J’étais un peu perdu en Woltan, car au départ, c’est décrit comme un royaume. Mais il y a des royaumes dans ce royaume. Et il y a le port de Woltan, mais qui n’a  rien à voir avec Woltan la capitale par exemple ! Aussi, histoire de ne pas bouder mon plaisir, une centaine de pages supplémentaires m’auraient comblé car je ne voulais vraiment pas lâcher mes potes…

   En conclusion, Gabriel Katz offre avec ce second tome de sa trilogie Le puits des mémoires, un moment de lecture si bon que ce fut une véritable vague qui m’a submergé. Qu’il s’agisse du rythme parfaitement dosé, de cette plume accrocheuse et pleine d’humour, de ses rebondissements à foison et extrêmement bien pensés, Le fils de la lune est incroyablement maîtrisé et plaisant. Je tire mon chapeau à Monsieur KATZ qui aura su me bluffé en proposant un second tome de cette qualité et me rendre malade à l’idée d’attendre de découvrir le fin mot de l’histoire. Et pourtant, je vais devoir trouver la force de patienter…

Ma note : 19/20

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[Chronique] Le puits des mémoires, tome 1 : La traque de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 1 la traque

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2012 (VF)
Edition : Scrineo / Pocket
Prix : A partir de 6,80€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 381 pages

Synopsis
Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

Mon avis
Une saga plébiscitée par la blogosphère depuis sa sortie. Un auteur qui semble devenir une valeur sûre. L’envie d’en apprendre bien plus… Quoi de mieux qu’une lecture commune avec La tête dans les livres pour partir à sa découverte ?

   Au premier abord, la trame de cette saga pourrait paraître classique. Un trio d’hommes se réveillent au beau milieu d’une montagne qui leur est inconnue. Ces derniers, enfermés dans des espèces de cercueil ne se souviennent de rien, s’obligeant à se créer une nouvelle identité. Pourtant, des connaissances, ils en ont à foison, alors pourquoi cette absence de souvenir ? Cherchant dans un premier temps à survivre, puis des réponses à leurs interrogations, ils vont se retrouver malgré eux piégés au sein du royaume de Hélion lorsque les chevaliers de cristal viendront quérir leurs têtes. Commence alors pour eux La Traque.

   La force de l’intrigue réside dans son traitement, original et bien pensé. Partant d’une idée simple, l’amnésie, Gabriel Katz bâti son scénario en l’entourant de mystères et distille les informations au compte goutte, bien souvent par le biais d’ouîe dire, d’annonces officielles ou en nous contant le point de vue de personnages secondaires. Et ça fonctionne à merveille, car je me suis immédiatement attaché à ces héros atypiques et si différents. Dans ce contexte d’amnésie, chaque information, aussi insignifiante soit-elle, devient primordiale, la quête de vérité prenant le pas sur tout.

   En choisissant de mettre l’accent sur les trois personnages principaux que sont Karib, Nils et Olen, l’auteur réussit le tour de force de rendre irrésistible en très peu de pages ces trois hommes. L’impression de découvrir en même temps qu’eux les traits de caractères les constituant est particulièrement grisante et j’ai notamment eu un petit coup de cœur pour Karib, ce mage qui s’ignore. Néanmoins, les personnages secondaires sont clairement de mis de côté et il n’est pas rare, lors d’un des nombreux changements de points de vue, de découvrir une nouvelle tête qui ne tiendra malheureusement pas longtemps. Dommage, car certains, notamment « Serviteur », ont du potentiel et auraient mérité d’être approfondis. Cela dit, il y a tellement à découvrir et une curiosité si présente que ce défaut paraît bien mince à côté du reste !

   Par chance, La traque ne se résume pas qu’à ça. Baignant dans un univers fantaisiste et moyen-âgeux, c’est l’occasion de dépoussiérer les éléments constitutifs du genre. On apprend notamment assez tôt qu’il existe des écoles de magie, enseignant chacune une spécialité : l’illusion, la magie blanche, l’invocation d’esprit et que comme dans tout bon livre qui se respecte, les sorts sont divisés en catégorie mineure et majeure. Que les novices se rassurent, ces détails s’intègrent parfaitement dans le fil de l’histoire et sont parfaitement expliqués. Nécromanciens, alchimistes et même un bien drôle de chien sont également de la partie, et c’est appréciable de découvrir ces différents éléments s’intégrer dans l’intrigue.

   La fin me rappelle, hélas, que ce titre a toujours été prévu comme une trilogie. Palpitante donc, après quelques passages un peu moins rythmés, mais me laissant horriblement sur ma faim en attendant la suite, prévue pour Avril en poche chez Pocket.

   En conclusion, la saga du puits des mémoires commence plutôt fort avec un premier tome solide et très plaisant à découvrir. Reprenant certains grands codes de la fantasy (présence de magie et de leurs écoles, nécromancie, lycanthropie), le récit trouve sa force dans son intrigue finement traitée et son trio de personnages principaux incroyablement attachants. Si vous ajoutez à cela un rythme entraînant, une curiosité constamment mise à l’épreuve, de l’action et une bonne dose de cynisme servie par une plume agréable, vous obtenez une multitude de raisons de vous y pencher sérieusement.

Ma note : 17/20

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[Chronique] Le Trone de Fer, intégrale 5 de George R. R. Martin

trone de fer intégral 5

Fiche technique du livre
Auteur : George R. R. Martin
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2011 (VO) / 2014 (VF)
Edition : Pygmalion
Prix : 22,90 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 1222 pages

Quatrième de couverture
Le volume 5 de l’intégrale du Trône de fer clôt provisoirement un chapitre important de cette saga désormais célèbre dans le monde entier grâce à la magnifique série télévisée qui a battu des records historiques d’audience. George R.R. Martin, scénariste et producteur au cinéma et à la télévision de nombreux films et feuilletons, est également l’auteur chevronné de cinq romans a succès. Le premier tome de la série Le Trône de fer (Game of Thrones), accueilli avec enthousiasme par la presse unanime aux États-Unis, a obtenu en 1997 le prestigieux prix Locus. Davantage qu’un cycle de fantasy, Le Trône de fer apparaît comme une saga romanesque digne des meilleurs feuilletonistes du XIXe siècle, une invitation à l’émerveillement et à l’aventure, narrant les luttes intestines pour le pouvoir que se livrent les grandes familles du royaume imaginaire de Westeros

Mon avis
Enfin. ENFIN ! Il est ENFIN possible de découvrir en France ce cinquième « intégrale » du Trône de Fer tel qu’il a été conçu par l’auteur. Fini les multiples découpages, Pygmalion propose désormais l’intégrale en grand format dans une édition plutôt soignée. L’attente en valait-elle la peine ?

   Si l’on en croit George R. R. Martin, l’histoire qu’il a développé pour le quatrième tome du Trône de Fer était si vaste qu’il devenait obligatoire de la découper en deux tomes. Ainsi naquit ce cinquième intégral, faisant la part belle aux oubliés du précédent. Jon, Lord commandant du Mur, Stannis et Mélisandre, Daenerys et son règne à Mereen, Tyrion Lannister, Theon Greyjoy, ou Schlingue pour les intimes, sont autant de revenants qui viendront exposer leurs problématiques suite aux évènements survenus dans le troisième tome et donc en parallèle aux faits du quatrième tome. Cependant, de nouveaux visages font aussi leur apparition tout au long de l’histoire et au final ce ne sont pas moins de 16 points de vue différents et donc protagonistes qui nous conteront la suite de l’histoire des 7 couronnes, bien que la majeure partie de l’intrigue se déroule en réalité en dehors de Westeros.

   L’occasion de constater à nouveau que l’univers développé par l’auteur est juste incroyablement riche, voir infini. C’est simple, pour un cinquième tome, je ne m’attendais clairement pas à découvrir autant de nouvelles choses, qu’il s’agisse de lieux, du folklore de chaque cité, de légendes. C’est autant agréable que parfois frustrant. En fait, il y a tellement d’informations que j’ai trouvé qu’on frôlait parfois l’indigestion, et que cela devenait fouillis. Pourtant cela ne m’avait jamais posé problème jusque là car les nombreux rebondissements soutenaient le récit mais cette fois ce ne fut pas le cas. Ce qui est d’ailleurs le plus gros reproche que je peux adresser.

   Cette fois, pas question d’espérer vivre de grands moments épiques, des trahisons ultimes et des décapitations impensables trois pages auparavant : l’heure est à la réflexion. Le royaume a subi de lourdes pertes, la situation générale est très loin d’être au mieux dans l’ensemble du pays et chacun essaie à sa manière de réfléchir au futur et à consolider ses bases actuelles. La psychologie des personnages est largement mise en avant et l’on découvre les doutes et les remords qu’ils ont au plus profond de leur âme. C’est ainsi que je me suis pris d’affection pour Selmy Baratheon, dit Ser Grand Père, ou pour de nouveaux visages. Néanmoins, la répétition n’est jamais bien loin, et si un protagoniste suit un certain code d’honneur à la page 100, vous pouvez être à peu près sûr qu’à la page 1100, celui-ci sera inchangé à la lettre près…

   On gagne donc en profondeur ce qu’on perd malheureusement du côté de l’action et de l’intrigue. Autant être honnête, il se passe peu de choses, chacun étant embourbé dans de menus détails de son petit côté du monde, ce si vaste monde. Les rares moments d’éclat où George R.R. Martin m’a scotché de stupéfaction se retrouve ainsi perdus dans le flot de petites intrigues subsidiaires. Ma plus grande déception revient à Tyrion Lannister, qui tout en restant un personnage fantastique et incroyablement drôle, propose l’intrigue la plus ridicule et ennuyeuse qui soit (oui, pire que Daenerys). Après ce qu’il a traversé et accompli, je m’attendais franchement à mieux.

   De même, j’ai eu du mal à comprendre l’étrange « timeline » suivie par l’auteur. Je pense comprendre que son but est que tout les évènements se rejoignent durant ce tome pour ne former plus qu’un sur l’échelle du temps, mais c’était très mal amené. Certains personnages font donc un retour éclair à compter de la moitié du tome, tel qu’Arya, dont la soudaine l’apparition m’a plus que dérangé. Seulement, avec deux petits chapitres n’apportant que très peu, on peut se questionner sur l’utilité de son retour, qui brise l’enchaînement créée jusque là. Peut-être aurait-il été plus appréciable de ne tout simplement pas les inclure ? Contre toute attente, ma préférence va largement vers le quatrième tome, plus cohérent, comestible, et dont les intrigues m’ont davantage tenues en haleine.

« Ils ne changèrent d’attelage qu’à trois reprises ce jour là, mais semblaient s’arrêter au moins deux fois par heure pour qu’Illyrio puisse descendre de la litière et pisser son content.
Notre seigneur des fromages a beau avoir la taille d’un éléphant, sa vessie est grosse comme une cacahuète, jugea le nain. »

   Ces multiples déceptions n’entachent toutefois pas mon respect pour la plume de l’auteur, qui utilise une palette de mots incroyable et en joue comme pas deux. Les citations faisant mouche sont plus que nombreuses et j’avoue avoir beaucoup rit face aux situations assez cocasses proposées. De même, la nouvelle traduction française ne gâche en rien le plaisir de lecture. Certes, elle n’est pas à mon sens au niveau de celle fournie par Monsieur Sola, dont le travail était incroyable, mais elle est reste de très très bonne facture et ne dénature pas le style précédemment créée.

   En conclusion, trop est parfois trop. C’est un réel plaisir que de se plonger à nouveau dans les frasques de Westeros et de ses cités libres, mais clairement, jamais la lassitude n’avait pointé autant le bout de son nez lors de la lecture du Trône de Fer. Incroyablement long, extraordinairement fouillé (voir fouillis) et complexe, l’univers développé par George R.R. Martin ne cesse d’impressionner par son immensité et sa richesse. Néanmoins, à trop vouloir démontrer ses talents d’auteur et sa maîtrise de l’intrigue, l’auteur a mis de côté les petits plaisirs que j’ai aimé vivre en tant que lecteur, tel l’enchaînement de rebondissements bien trouvés, les palpitantes intrigues. Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais n’escomptez pas vivre une aventure aussi trépidante que celles des précédents tomes : l’intrigue de la saga a à peine avancé. Maintenant que les pièces de l’échiquier sont en place, je n’ai plus qu’à attendre patiemment le sixième tome, qui a toute ses chances d’être explosif.

Ma note : 14/20

[Chronique] Le Trône de fer, intégrale 4 de George R.R. Martin

le trone de fer intégrale 4

Fiche technique du livre
Auteur : George R.R. Martin
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2005 (VO) / 2010 (VF)
Edition : J’ai lu
Prix : 17,50 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 892 pages

Synopsis
Le royaume de Sept Couronnes ne cesse de s’enliser dans la guerre civile. Sur le Mur, l’intervention armée de Stannis Baratheon contre les sauvageons place le nouveau lord-commandant de la Garde de nuit dans une situation difficilement tenable.

Mon avis
Alors que la sortie de l’intégrale 5 en France semble toujours aussi incertaine et que la diffusion de la saison 4 à la télévision avance à grands pas, je me suis enfin décidé à lire l’intégrale 4, 3 ans après avoir été bouleversé par un troisième tome de folie.

   Contrairement à ce que j’ai pu lire, ce quatrième intégrale est en réalité la suite directe de l’intégrale 3. Il n’y a pas donc de « saut dans le temps » de 3 ans ou autre, on suit bien les mêmes intrigues que précédemment et c’est ainsi l’occasion d’assister aux conséquences des multiples carnages qui ont eu lieu mais aussi, disons-le sans trop spoiler, aux multiples remaniements imposés. On retrouve Arya Stark, dites Salins, dans son périple pour Braavos, Sansa Stark, dites Allayne, dans son nouveau rôle de fille bâtarde aux Eyriés, mais aussi Samwell Tyrell qui se voit confier une importante mission le conduisant jusqu’à Villevieille. Jaime Lannister a de plus en plus de mal à supporter et à comprendre sa sœur, il quitte finalement la capitale pour se retrouver dans les Conflans. C’est aussi l’opportunité de suivre Cersei Lannister, dont le rôle de Reine régente ne cesse de lui monter à la tête, Brienne, alias la Pucelle de Torth, dont la nouvelle attribution, retrouver Sansa Stark afin d’honorer le serment de Jaime auprès de Catelyn Stark, semble des plus impossibles et les fils et frères de Baelon Greyjoy, subitement décédé d’une chute des passerelles de son château après le passage d’une tornade des plus mystérieuses…

   Du beau monde donc, mais plusieurs têtes resteront absentes, l’auteur ayant fait le choix de découper l’intrigue de son tome en deux, chacune ayant ses personnages à suivre. Néanmoins, je vous avoue que le Trône de Fer m’emporte à nouveau très loin avec ce quatrième tome. Doté d’un rythme certes plus lent, et axé sur les intrigues centrés autour de Port-Réal et des 7 couronnes, George R.R. Martin y fait la part belle à de nombreux personnages, mais peut-être pas ceux qu’attendent les aficionados de la série TV, soit Jon Snow, Daenerys ou encore Tyrion Lannister. Qu’importe, le plaisir de lecture est bien présent dans ce tome, que je qualifierais de « rééquilibrage des forces »

   Plus que les précédents, ce tome-ci s’attarde à donner une vision globale des pouvoirs établis et des maisons propriétaires de chaque couronne. N’allait pas croire que parce que le prince Obéryn Martell est mort que personne n’est disposé à prendre sa relève. Ainsi, qu’on se place chez les Lannister, les Arryn (et le Val des Eyrié), les Martell, les Tully ou encore les Tyrell, il est précisément décrit l’étendue de leurs forces ainsi que les héritiers potentiels, qu’ils soient nouveaux ou non, frères ou cousins, oncles ou neveux. La recherche du pouvoir reste maîtresse quelque soit la situation et chacun poursuit complots et manigances afin de s’attribuer la part belle du gâteau. Cela en fait donc aussi un tome de mise en place, où la nécessité de relancer de nombreuses intrigues en incluant de nouveaux personnages ou en éclaircissant le background d’autres (notamment la famille Lannister et Cerseï, des passages que j’ai adoré) ralentit le rythme après un troisième tome m’ayant laissé peu soufflé durant la lecture. Toutefois, l’intrigue reste selon moi de grande qualité. Le sel qui fait du Trône de Fer une lecture succulente et à part est toujours présent. Si j’excepte une certaine lenteur, mon autre unique reproche serait la trop grande présence de cliffhangers en fin de tome.

   J’ai particulièrement adoré en apprendre plus sur le pays de Dorne. Comme d’habitude, l’auteur sait rendre unique chacune des contrées de Westeros et Dorne ne fait absolument pas exception. Dans cette contrée sud, ce sont d’autres mentalités, d’autres  sentiments qui nous attendent. Tout comme ses sables chauds et les Vipères d’Aspic, Dorne regorge de secrets et cachoteries en tout genre. J’ai été impressionné par les révélations faites à ce sujet et j’aurais aimé que les passages concernant la fameuse princesse de Dorne soit plus longs et plus présents tant ils m’ont plu. De même, découvrir Braavos, Villevieille ou même l’intérieur des terres en détail a vraiment été un plaisir et constitue pour moi l’un des points forts de ce tome.

   J’ai trouvé que l’aspect fantaisiste était plus présent. La sorcellerie pointe le bout de son nez, tout comme les prophéties et la divination, sans que cela ne dénature l’univers très médiéval. Il est très souvent questions de Dieux, des différentes religions existantes à Westeros, des croyances anciennes ou même de la Foi. Ces croyances revêtent d’ailleurs une importance particulière car elles font à présent clairement partie de l’intrigue et se montrent intéressantes.

   Je dois admettre que je suis triste à l’idée de ne plus lire la traduction de Monsieur Sola. Elle a été très critiqué sur Internet par les nombreux lecteurs, beaucoup n’appréciant guère cette avalanche de vocabulaires désuets, mais mince, ce qu’elle me plaît ! Elle apporte une touche unique au Trône de Fer et sur des chapitres comme celui de Cersei, c’est vraiment la localisation qui fait mouche ! Les termes choisis sont toujours parfaitement adéquats et on ne peut rêver mieux comme utilisation des mots pour la description et les actions. Je ne compte plus le nombre de phrases qui m’ont amusé justement par la manière dont elles étaient écrites.

   En conclusion, avec cette chronique, je tiens tout d’abord à rassurer. Si vous êtes de grands fans du Trône de Fer, tant pour son intrigue alambiquée que ses multiples trahisons et meurtres, que la traduction française vous sied et que vous n’êtes pas le lecteur à enrager car votre personnage préféré sera largement développé dans l’intégrale 5 : foncez ! Vous prendrez autant de plaisir à le lire que les précédents, bien que je regrette un rythme plus faible et moins de moments épiques que durant les deux tomes précédents. Un tome de transition donc. Un mal pour un bien assurément. L’histoire et l’univers continuent de gagner en profondeur tout en m’en m’émerveillant… ou en me coupant le souffle. La subtilité des révélations et l’art des complots ayant lieu à Westeros ne sont que du bonheur. Qu’à cela ne tienne, la guerre des 7 couronnes n’est pas prête de prendre fin.

 Ma note : 17,5/20

[Chronique] Les Hauts Conteurs, tome 2 : Roi Vampire de Patrick McSpare et Oliver Péru

hauts conteurs
Fiche technique du livre
Auteur : Oliver Péru & Patrick McSpare
Genre : Fantasy – jeunesse
Année d’édition : 2011
Edition : France Loisirs / Pocket
Prix : A partir de 7,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 367 pages

Synopsis
Paris, hiver 1190.
Débarqués au cœur de la plus grande ville du Monde connu, le jeune Roland, Mathilde, Ruppert et Salim poursuivent un double but: retrouver William le Ténébreux, l’ami disparu, et découvrir les secrets de Vlad, le maître vampire. Ce démon est-il réellement mort dans les forêts anglaises, ou attend-il son heure pour frapper encore ? Pire encore, un traître se cache-t-il parmi les quatre aventuriers, comme tout semble l’indiquer ? Happés par le tumulte populaire de la Fête des Fous, Roland et ses compagnons vont croiser nombre d’individus pittoresques.
Cérémonies noires, complot royal, créatures infernales, prophéties du Livre des Peurs, tous les ingrédients d’un mélange fatal sont réunis pour sceller le sort de nos héros. Pourtant, ils sont des Haut-Conteurs et ne reculeront pas, jusqu’à vaincre ou périr. Roland « Coeur de Lion » en tête. Le Mal rôde, la mort avance masquée. C’est la fête des ombres, c’est la fête des fous !

Mon avis
Sans avoir été le livre de fantaisie du siècle, j’avais une certaine hâte à retrouver les Hauts Conteurs et certaines qualités propres à la série. Ce second tome confirme-t-il cette première bonne impression ?

   L’ouverture se fait efficacement avec un début qui sait nous placer intelligemment dans un nouveau contexte -ici le dialogue entre Corwyn et Roland quelques temps après les aventures du premier tome- tout en offrant des rappels (nécessaires dans mon cas) sans vraiment ennuyer. Roland, à présent officiellement Haut Conteur, séjourne à Londres en compagnie de Mahtilde la Patiente, son mentor, et s’apprêtent tous deux à rejoindre Paris, alors ville la plus grande au monde pour une enquête plutôt mystérieuse. En parallèle, on suit le récit du point de vue de William le Ténébreux, alors sur les traces de Vlad, le fameux upyr rencontré précédemment, mais aussi de Mots-Dorés, alias Lothar le Noir Parleur, personnage énigmatique mais redouté.

   Après cette mise en bouche réussie et jusque la seconde partie du livre, j’ai tout de même trouvé qu’il y avait un petit manque de rythme. La traque du ténébreux manque de piquant et les actions décrites sont plutôt fades. Peut-être doit-on cela au fait que notre duo d’auteurs place progressivement de nouveaux éléments dans son intrigue mais je dois admettre que la mayonnaise a eu du mal à prendre. En fait durant cette centaine de pages, les personnalités des personnages, Roland et Mathilde compris, apparaissent trop en retrait à mon goût. Au mieux quelques traits de caractère ressortent mais la profondeur de leur psychologie s’arrête là. Toutefois, cette désagréable impression a su s’estomper aux alentours de la page 160 et ce jusqu’au final, grâce à une action quasi ininterrompue et un enchaînement de révélations et de moments forts. Cela ne signifie pas pour autant que l’on en ressort avec des protagonistes extrêmement développés, mais il se produit suffisamment d’événements les mettant en valeur pour qu’ils gagnent en estime et me plaisent.

   Outre Mathilde et Roland que j’apprécie beaucoup, ce second tome peut compter sur la présence de nouveaux personnages différents et assez captivants. Il y a Salim déjà, dit l’Insondable, un Haut Conteur particulier pour qui mon capital sympathie n’a fait que croître durant ce tome. Et promis, ce n’est pas parce qu’il s’appelle Salim ! Mystérieux à bien des égards, l’Insondable porte bien son surnom et semble savoir agir comme il le faut dans n’importe quelle situation. L’envie d’en savoir plus était si présente ! Même si l’auteur reste assez en surface, j’ai aimé suivre son évolution et lui découvrir un côté très humain. Autre personnage qui a su me plaire, bien que moins présent, est Hugues de Clairmont. La dualité de sa personnalité en fait quelqu’un d’intéressant. On sent qu’il cache des choses et on alterne entre homme réfléchi, sérieux et personnage poilant, dont les répliques tournées vers la dérision font mouche.

   Pour en revenir à l’intrigue, malgré un passage ennuyeux énoncé ci-dessus, je la considère d’une manière générale agréable. L’aspect jeunesse ne s’est pas fait ressentir lors de la lecture et continue de ne pas se montrer présent pour mon plus grand bonheur. L’histoire adopte ainsi un point de vue globalement adulte, ce qui colle avec les événements racontés. De même, on retrouve ce mélange d’éléments historiques réels avec un Paris du XIXème siècle très bien décrit et un aspect fantaisiste / polar propre à la série. Un parti pris des auteurs qui a ses avantages et ses inconvénients. Cela permet une histoire riche en action, rythmée et peuplée de petits rebondissements mais le développement de l’univers se fait lentement, et surtout faiblement. Ce n’est pas avec ce second tome que l’on apprend l’origine et l’Histoire de l’Ordre, ou même de simples éléments sur les personnages principaux telle que Mathilde. C’est d’autant plus dommage que ce genre de petits éléments pourrait apporter une certaine sensibilité au livre, le rendre plus attachant, et par conséquent l’amener à un niveau plus élevé.

   Puisque je suis au chapitre des reproches, la tournure des événements m’a aussi déplu dans un premier temps. Avec ce tome, les auteurs tentent d’amener les aventures des Hauts conteurs à un niveau plus global. On sort des affaires de l’Ordre pour toucher (de loin) aux intrigues de cour. Ainsi, on rencontre de nombreux nobles et une certaine trame politique est mise en place. Soit. Par contre la transformation de Vlad, upyr, en tant que roi vampire m’a paru peu crédible. Cela signifie que dans le premier tome on rencontre déjà une créature ultime alors qu’elle n’a jamais été présentée comme telle et que surtout, au vu de la sévère dérouillée subie, impressionne peu. Forcément, dans un second tome, j’attends une montée en puissance, et donc un ennemi plus redoutable, non l’apparition de sous-fifres…

   Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir car l’ensemble est bel et bien plaisant. De plus, les auteurs prennent le soin de conclure le tome comme il se doit en apportant une fin qui m’a satisfait. Beaucoup de réponses nous sont apportées, me permettant de fermer sereinement le livre, tout en ayant envie d’en apprendre davantage avec la suite.

   En conclusion, le second tome des Hauts-Conteurs confirme à mes yeux mes premières impressions sur la série. Intéressante, très rythmée et aux multiples scènes d’actions parfaitement décrites, j’ai parcouru le récit concernant le Roi-Vampire avec plaisir. Empruntant quelques codes du polar mais toujours fantaisiste, le scénario se révèle convenu mais efficace, avec ce qu’il faut de rebondissements pour relancer régulièrement l’intrigue. Toutefois, en dehors de certains petits défauts très subjectifs, je déplore le manque de développement de l’univers et surtout des personnages, bien trop lisses, et ce, malgré une légère évolution vers la fin me poussant à apprécier Roland, Mathilde et Salim. Néanmoins, l’Ordre des Hauts-Conteurs conserve encore trop de secrets mais je me réjouis du final laissant entrevoir une suite riche en révélations et nouveautés.

Ma note : 15,5/20