Bilan des lectures : de Janvier à Juin 2014

1er Juillet 2014. July 1st comme les fans d’Ayu vous le diront. Un été qui s’installe progressivement et surtout la moitié de l’année déjà derrière nous. Je ne vais pas écrire « Cela passe trop vite » mais mince. Enfin, pour nous lecteurs, c’est une belle occasion de revenir sur nos lectures de ce début d’année et de dresser un joli bilan.

A l’heure où j’écris ces lignes, malgré un nombre satisfaisant de lectures (mais pas trop), je réalise que cela fait un petit moment que je n’ai pas eu de réels coups de cœurs littéraires. Peut-être deviens-je difficile, plus exigeant au fur et à mesure que j’accumule les lectures, mais cela reste un sentiment étrange. Pourtant, la plupart de mes lectures restent agréables, mais cela s’arrête trop souvent à ce stade.

Mes recommandations de cette première partie de l’année

La chute des géants de Ken Follet (saga Le Siècle)

la chute des géantsUne fresque historique passionnante et passionnée qui a su me marquer. J’ai vibré avec ses personnages et leurs histoires durant la Grande Guerre et j’ai apprécié découvrir ces multiples points de vue, de la Russie aux Etats-Unis en passant par ce cher Pays de Galles. Fan d’histoire ou non, les intrigues sont suffisamment bien développées, humaines et intéressantes pour que l’on y trouve tout de même son compte.

Les Aventuriers de la mer, tome 4, 5 et 6 de Robin Hobb.

aventuriers de la mer tome 4Ma recommandation ultime côté fantasy de ce premier semestre. C’est vraiment parce que je participe au jury du livre de l’année 2014 des éditions Points et que j’ai pris un retard monstre dans mes chroniques, notamment dans celles concernant ces livres que je n’ai pas encore poursuivi ma découverte. Croyez-moi, ce n’est pas l’envie qui manque. Avec ces tomes, l’auteure emmène sa série vers un autre niveau. On entre davantage en univers fantaisiste tout en gardant en première place ses conflits familiaux et ses quêtes personnelles pour n’en ressortir que plus émerveillé tant l’ensemble forme un tout cohérent et plaisant. Un gros coup de cœur.

Atom[KA] de Franck Thilliez

atomka franck thilliezSi je ne devais retenir qu’un thriller cette année, pour l’instant, il s’agit sans conteste de Atom[KA] ! Peut-être que Angor saura le détrôné mais même là, ce sera difficile tant le titre de Monsieur Thilliez m’a collé une claque monumentale. Intelligent, prenant, troublant, horrible, malin, les superlatifs me manquent pour décrire l’ensemble des émotions que ce titre m’aura fait vivre. Quoi qu’il en soit, je n’en suis pas sorti indemne et il a su placé la barre tellement haute qu’honnêtement, j’ai du mal à me tourner vers d’autres titres du genre.

Ils frôlent le coup de cœur…

Le trône de Fer, intégrale 4 de George R.R. Martin

le trone de fer intégrale 4C’était attendu, après un troisième tome magistral, changeant définitivement ma perception de la fantasy et plaçant Le Trône de Fer dans le top 3 de mes sagas littéraires favorites, les attentes pour ce quatrième tome devinrent démesurées. Subissant beaucoup de critiques depuis sa sortie sur Internet, j’ai été par conséquent refroidi et attendu un petit moment (trois ans en fait xD) avant de démarrer ma lecture. Au final, oui c’est un cran en dessous du troisième intégral, principalement pour les enjeux d’une ampleur plus faible et un rythme assez ralenti, mais mince, comme cela fait du bien de se replonger en plein cœur de Westeros et de suivre ce nid d’intrigues et de complot !

La ballade de l’impossible de Haruki Murakami

la ballade de l'impossibleUn livre particulier à mes yeux, qui a su me marquer à sa manière. Un livre fragile, remplie de mélancolie, de mystères… J’ai suivi cette intrigue à la fois simple et si complexe avec beaucoup d’attention. Une autre saveur littéraire qui offre à ce titre une place spéciale livre, loin de mes genres habituels.

Agréables, sans être forcément incontournables à mes yeux

autre monde, tome 4la-communaute-du-sud,-tome-13---mort-a-jamaishauts conteursintrusions de joy fielding les vacances d'un serial killermaitres du jeu

Les mauvais élèves (décevants…)

Un Noël à River Falls de Alexis Aubenque

un noel a river fallsJ’en ai déjà parlé longuement dans sa chronique mais je me suis assez ennuyé avec cette lecture, incroyablement clichée et malmenée. Je n’attendais pas forcément grand chose en la démarrant, si ce n’est pas un bon moment. Malheureusement, à part une dernière petite partie qui relève un peu le tout, le reste n’est pas à sauver.

Promets-moi de Harlan Coben

harlan coben promets moiAlors que Monsieur Coben m’a offert certains de mes thrillers favoris (Innocent, Fautes de preuves, Une chance de trop voir Dans les bois), je dois admettre que Promets-moi m’a profondément déçu. Ça se lit très bien, on passe un bon moment, c’est sûr… Mais malgré tout, j’ai eu la sensation d’être en face d’une lecture pop corn, typé blockbuster : faite pour plaire dès les premières pages mais fade et surtout pas mémorable. Si tôt lu, si tôt oublié, on peut passer à autre chose. Une étrange impression que je n’avais jamais vraiment ressenti en littérature jusque là.

Et ensuite ?

Je profite de ce petit bilan pour vous remercier de votre participation toujours aussi active et surtout de vos visites aussi fréquentes ! Les statistiques continuent de grimper et je reste surpris par votre intérêt pour mes petits écrits. Je tiens aussi à remercier toutes les personnes qui suivent le blog par le biais de WordPress ou le suivent par mail, cela me fait toujours très plaisir d’accueillir de nouveaux lecteurs, en espérant que vous passiez un bon moment sur Pouvoir des mots.

[Chronique] Chronique du tueur de roi, première journée : Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss

le nom du vent

Fiche technique du livre
Auteur : Patrick Rothfuss
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2009 (VF) / 2007 (VO)
Edition : Bragelonne
Prix : 25 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 800 pages

Synopsis
J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi les pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec les dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi.

Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance, dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d’audace, dans une prestigieuse école de magie où l’attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets…
Découvrez l’extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d’exception… infâme assassin.
Découvrez la vérité qui a créé la légende.

Mon avis
Le Nom du Vent… Un titre me laissant rêveur, à la couverture extrêmement attirante et au synopsis plus qu’intriguant. Trop tentant pour être éviter… Qu’en est-il réellement ?

   Dans son monde, Kvothe est un personnage légendaire. Auréolé de mystère, tout le monde connaît son histoire, ou croit la connaître. Chroniqueur, de son côté, écrit la vie des gens, leur histoire. Mais surtout, ce scribe célèbre démystifie, cherche la vérité. C’est assez par hasard qu’il rencontre la route de Kvothe, devenu Kot, simple aubergiste d’une petite bourgade. Très vite il réalise qui se tient devant lui… et cherche à savoir. Ainsi va commencer l’écriture des chroniques d’un homme pas comme les autres. Comment un petit garçon, fils de comédien itinérant, membre de la tribu des Edema Ruh, est-il devenu cette légende ? Qu’as-t-il réellement accompli ? Son récit nous emmène loin, loin dans son passé, de sa plus tendre enfance sur les routes vers le début d’un long périple. Je n’ajouterais rien en ce qui concerne l’intrigue en elle-même, la quatrième de couverture le fait très bien ^^.

    La construction du récit a tout pour nous dérouter au premier abord. On comprend vite que l’utilisation du terme chronique dans le titre n’est pas usurpée. Très concrètement, Kvothe se décide enfin à raconter son histoire, sa vie, telle que lui l’a vue et l’a vécue. On alterne chapitres, dit interludes, où Kvothe n’est plus le conteur et où on le voit à la troisième personne tandis que les chapitres (la majorité du livre quand même) concernant son passé le voient être narrateur et utiliser la première personne.  Un découpage intéressant, capable de nous ramener à la « réalité » d’une page à l’autre et qui m’a énormément impliqué dans l’histoire de Kvothe.

   En ce qui concerne l’histoire à proprement parler, pour un tome d’introduction à cette trilogie, j’ai trouvé l’ensemble de très bonne qualité. L’introduction, longue, néanmoins nécessaire, ne fait qu’épaissir le mystère de son héros mais aussi de son univers. J’ai toujours apprécié les récits initiatiques où l’on rencontre des légendes en devenir dès leur plus tendre enfance, surtout quand celle-ci est aussi riche. J’ai commencé à avoir du mal à décrocher lors de l’arrivée à l’Université de notre héros tant les passages intéressants ont commencé à s’enchaîner, et ce globalement jusqu’à la fin du tome. Cela ne signifie pas que les parties précédentes sont moins intéressantes, mais j’ai eu l’impression que l’entrée universitaire était plus soignée, plus recherchée, plus palpitante. J’ai ressenti à ces moments des influences Potteresques, notamment dans les rencontres et certains dialogues, ce qui en grand fan de l’œuvre de J. K. Rowling n’est pas pour me déplaire. Au rayon des reproches, je dois avouer qu’il y a quand même certaines longueurs par endroit et que j’aurais aimé une fin de tome plus poignante. Il faut savoir qu’à l’origine, Chronique d’un tueur de roi n’est qu’un seul livre qui a été découpé en trois parties pour des raisons éditoriales (entre 2000 et 3000 pages le pavé !), ce qui peut expliquer la faiblesse de la fin, qui n’en est pas réellement une.

    L’univers mis progressivement en place est extrêmement bien construit et est à mon sens un des points forts de ce livre. L’auteur n’a pas hésité à créer un tas d’éléments propres aux codes de la fantaisie. Il y a donc de nombreuses légendes peuplant ce monde, une vraie Histoire avec ses guerres, sa mythologie, ses changements, une géographie intéressante, différents peuples utilisant différents langages, un petit bestiaire et même la présence d’autres races. C’est très complet et bien exploité avec ce qu’il faut de non dit pour être amener à s’interroger sur les secrets de ce monde.

   De même, les personnages dépeints sont très intéressants et on s’y attache rapidement. Tous ont su me marqué d’une façon différente même ceux qu’on ne fait que croiser. Comme j’ai aimé Ben, Simmon et même Denna ! Cette fille, pleine de mystère, de malice et au comportement si peu conventionnel m’a tout simplement fait craquer. On ne sait jamais à quoi s’attendre avec elle et chacune de ses apparitions ou rencontres avec notre Kvothe m’a offert de superbes moments. De quoi ajouter du piment à l’ensemble et de la surprise. Bien évidemment, le héros n’est pas en reste et a bénéficié d’un soin exemplaire. Très profond, Kvothe a ses qualités mais aussi ses défauts. Arrogant, impatient, il se lance parfois dans de folles entreprises et devient un héros souvent malgré lui. Ce côté très humain le rend lui aussi attachant et on ne souhaite qu’une chose : avancer avec lui et comprendre, découvrir l’homme qu’il est devenu.

   Le Nom du Vent reste un petit pavé pour lequel il faut prendre réellement le temps de se poser et de lire. Mais il vous le rend tellement bien ! C’est  une lecture très belle, qui m’a rappelé par ailleurs l’Assassin Royal car c’est merveilleusement décrit et le style d’écriture utilisé est vraiment beau. Bien sûr, il y a pas mal de phrases un peu « longuettes » mais le vocabulaire y est si riche et les mots sonnent si bien entre eux… Il y a un côté poétique présent tout au long du livre qui fut un vrai régal. Un point positif supplémentaire qui achève de me charmer.

En conclusion, Le Nom du Vent fut une lecture délicieuse. Je ne suis pas loin du coup de cœur, tant il a su me plaire ! Sans être le meilleur récit de fantaisie de la décennie, la faute à de trop nombreuses longueurs et un récit un poil trop conventionnel, le titre peut se targuer de disposer de nombreuses qualités. A commencer par son univers riche et intéressant à parcourir. Sa construction et sa narration, lui conférant une certaine identité. Le style d’écriture adopté par l’auteur, riche et à l’allure poétique. La profondeur de son personnage principal tantôt agaçant, tantôt adorable mais si attachant. Des qualités qui m’ont conduit progressivement à craquer pour ce livre jusqu’à le dévorer -littéralement-. J’en redemande !

Ma note : 17,5/20

In my mailbox (12)

“In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Pour le recensement des liens, il faut désormais aller chez Lire ou mourir.”

SAMSUNG

Bonjour à tous !

Voilà un moment que je n’avais pas présenté de In my mailbox. Pourtant il y a bien eu des achats depuis le dernier, j’ai juste oublié de vous les présenter ! Je me rattrape cette semaine avec un IMM plus conséquent où j’ai pu profité de belles affaires chez plus bouquinistes ou brocanteurs cette semaine 🙂

Comme vous pouvez le constater, il y a une sélection très importante de thrillers et de polar, dont :

  • Remède mortel de Harlan Coben
  • Intrustions de Joy Fielding
  • Noirs Tatouages de Val Mc Dermid
  • La souffrance des autres de Val Mc Dermid
  • Crises d’otages de James Patterson

Cela fait un moment que j’ai envie de lire des thrillers, et même si je repousse cette envie depuis un moment, elle est de plus en plus présente. J’imagine qu’acheter autant de livres du genre revient à combler une parte de cette envie. Cette fois ma sélection s’est faite que sur des auteurs que je connais bien et dont d’autres ouvrages m’ont vraiment plu. Si vous suivez le blog, vous avez pu d’ailleurs constater que la plupart ont déjà été chroniqué. J’ai envie de visiter davantage leur univers, notamment ceux de Joy Fielding et de Val Mc Dermid.

Deux autres livres d’un autre genre s’ajoute à ma PAL :

  • Les Enfants de la Terre, tome 1 : Le clan de l’ours des cavernes de J. M. Auel,
  • Les Enfants de la Terre, tome 2 : la vallée des chevaux de J. M. Auel.

Cette saga me fait de l’œil depuis que j’ai découvert son existence par le biais de chroniques de blogueurs. Imaginez un roman se déroulant durant la Préhistoire, très bien documenté, où l’on suit le destin d’une gamine, Ayla, au départ âgée de 5 ans, dans sa découverte du monde de l’époque. Un cocktail qui pourrait vraiment me plaire !

Et vous, pour quel(s) livre(s) avez-vous craqué récemment ?

PS : La PAL et la Wishlist ont été mises à jour!

 

[Chronique] Retour au pays : prélude à L’assassin royal et aux Aventuriers de la mer de Robin Hobb

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Fiche technique du livre
Auteur : Robin Hobb
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2007 (FR) / 2003 (VO)
Edition : J’ai Lu
Prix : GRATUIT !
Langue : Française
Nombre de pages : 124 pages

Quatrième de couverture
« Ce que l’esprit conscient ne perçoit pas, le cœur le sait déjà. Dans un rêve. j’ai traversé comme le vent ce désert des Pluies, en rasant le sol mou, passant au travers des ramures qui se balançaient. Insoucieuse de la fange et de l’eau corrosive, j’ai pu voir soudain la beauté aux multiples strates des alentours. Je me tenais en équilibre, oscillant, comme un oiseau, sur une fronde de fougères. Un esprit du désert des Pluies m’a murmuré : « Essaie de le dominer et il t’engloutira. Incorpore-toi à lui, et tu vivras. »

Mon avis
Depuis ma lecture du premier cycle de l’Assassin Royal, Robin Hobb est devenue l’une de mes auteures phares en matière de fantaisie. Ce n’est donc pas surprenant que j’envisage de lire Les Aventuriers de la Mer et que le premier tome se trouve dans ma PAL. Pour bien faire, j’ai quand même décidé d’attaquer Retour au pays qui se positionne comme un prélude aux « Aventuriers ».

   Écrit sous forme de journal intime, l’histoire nous plonge dans une époque où le calendrier des Lunes de « X » existait encore, sous le règne du très auguste et magnifique gouverneur Esclépius. Le personnage principal de ce récit est une dame, précisément Dame Carillon Valjine Rochecarre (!). Artiste de profession et noble de naissance, Carillon a épousé Jathan Rochecarre, noble de Jamaillia avec qui elle a eu trois enfants. Tout va plutôt bien pour cette famille de la haute société jusqu’au jour où commence son périple. Dès les premières pages, on comprend vite que ce voyage va être bien plus pénible que prévu. La traversée se révèle périlleuse, la météo n’étant pas au rendez-vous et Carillon étant enceinte, les conditions ne sont pas favorables à un bon voyage. Seulement, lorsqu’elle apprend qu’elle se dirige vers une terre inconnue, dite d’exil, parce que son cher mari a comploté contre le gouverneur, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase… En route alors pour une terre nouvelle, le Désert des pluies, et vers la découverte d’un nouveau foyer.

   J’étais heureux de retrouver la plume de l’auteure, toujours aussi efficace, mais moins lourde que pour ses autres récits. Ici, elle a tendance à aller davantage droit au but et même si sa « patte » est moins prononcée, je trouve que ça colle bien avec cette lecture sous forme de journal intime. Malgré la petitesse de la nouvelle, je me suis attaché relativement vite à cette noble qui voit son destin bouleversé pour la simple raison d’être la dame d’un traître. Tout au long du récit, Carillon ne cessera d’évoluer en tant que personne et j’ai vraiment apprécié voir son adaptation à l’environnement, aux personnages l’entourant mais aussi sa prise de conscience de son rôle de mère et de sa personnalité d’artiste. Je craignais que 124 pages ne soient pas suffisantes pour développer un personnage correctement mais j’avais tord. Robin Hobb a une réelle capacité à faire vivre son récit et les autres personnages ne sont pas en reste. Très différents, originaux et charismatiques, chacun bénéficie d’un caractère unique. J’ai notamment apprécié Rouaud et Eclaire en plus de l’héroïne.

   L’histoire avance relativement vite et c’est avec beaucoup de curiosité et d’amusement que j’ai découvert ce qui va devenir le Désert des pluies. Les descriptions sont excellentes et on imagine aisément cette terre mystérieuse, à la fois si hostile et accueillante, où tout est différent mais où la vie doit continuer. L’intrigue n’est pas très complexe et ne déborde pas de rebondissements inattendus. Elle se laisse suivre avec plaisir mais je ne pense pas que ce soit le point sur lequel l’auteure se soit focalisée. Clairement, le but de ce prélude est bien d’apporter un regard différent et de montrer, par les yeux de Carillon, les légendes entourant le fondement d’un pays culte que l’on retrouve dans les Aventuriers de la Mer, mais pas uniquement. En effet, c’est aussi l’occasion d’y parler « magie » et d’aborder, de façon un peu similaire d’ailleurs, un élément central vu dans l’Assassin Royal. Des clins d’œils qui apportent de la consistance à l’univers et qui raviront les fans à coup sûr. Là où l’auteure reste fortiche, c’est que même en écrivant un prélude se déroulant bien avant ses autres sagas, le mystère sur les Anciens reste toujours aussi bien conservé. On l’approche, on imagine et on recoupe des informations, mais on ne saisit jamais vraiment le mythe de ce peuple disparu. D’ailleurs, au vu des éléments développés dans Retour au pays, je recommande cette lecture aux amateurs de Hobb, ceux qui ont lu au moins un cycle de l’une de ses sagas, afin de mieux saisir les subtilités présentes.

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment avec cette très courte nouvelle qu’est Retour au pays. Robin Hobb sait nous emporter dans son univers et apporte ici une nouvelle facette à ses sagas en présentant les pionniers du Désert des pluies. Subtile, l’auteure conserve le mystère des Anciens tout en continuant à nous faire imaginer et réfléchir sur son univers et ses mythes. Évidemment, avec 124 pages, il ne faut pas s’attendre à retrouver la richesse de ses autres œuvres. Il s’agit là, d’une mise en bouche, de qualité, qui permet de replonger dans un univers attractif et qui donnera surtout envie de se consacrer aux autres sagas de l’auteure, en particulier les Aventuriers de la Mer ou la Cité des Anciens.

Ma note : 15,5/20

[Chronique] 7 jours à River Falls de Alexis Aubenque

7 jours à river falls

Fiche technique du livre
Auteur : Alexis Aubenque
Genre : Thriller
Année d’édition : 2008
Edition : Le livre de poche
Langue : Française
Nombre de pages : 476 pages

Synopsis
Sarah Kent, issue d’une famille modeste, est une étudiante modèle qui mène une vie paisible, parmi l’élite de l’université de River Falls, une petite ville des Rocheuses. Pourtant tout va changer, un matin de printemps, quand Amy Paich et Lucy Barton, ses deux meilleures amies des années de lycée, sont retrouvées atrocement mutilées dans la forêt toute proche. Or, deux jours auparavant, Sarah avait reçu une lettre, plutôt étrange, de Lucy et Amy… Le monde de Sarah bascule dans l’horreur. Sera-t-elle la prochaine victime du tueur ? Le shérif Mike Logan, aidé de Jessica Hurley, son ex-petite amie, une profileuse réputée, est chargé de l’enquête. Tous deux croient très vite être sur la bonne piste. Mais ils ignorent que leur adversaire les manipule avec une redoutable perversité…

Mon avis
7 jours à River Falls est le premier thriller d’une trilogie de Alexis Aubenque, auteur français dont les précédents écrits étaient des romans de science-fiction (La chute des Mondes notamment). Après avoir entendu énormément de bien concernant la saga de River Falls, le second tome ayant même gagné le prix du meilleur Polar 2009, j’ai décidé de sauter le pas et de me faire mon propre avis.

   Démarrant sur les chapeaux de roues, 7 jours à River Falls s’arme d’un prologue diablement accrocheur. L’une des premières choses qui détonne et qui m’a personnellement perturbé lorsque j’ai commencé ma lecture est l’environnement choisi par l’auteur. Étant écrit par un français, j’avoue que le fait que l’action se déroule dans une ville des États-Unis m’a rebuté car j’avais l’impression d’assister à un mime, que l’auteur essayait de reprendre des idées des ténors et autres « stars » du genre. Les prénoms et noms utilisés sont par exemple très bateaux (Mike Logan, Jessica Hurley, Sarah Kent…) et même les descriptions des lieux semblent assez forcées.
Malheureusement ce manque d’originalité se retrouve aussi un peu dans le récit en lui-même. L’histoire compte de nombreux rebondissements et est très accrocheuse, pourtant j’ai trouvé que l’ensemble manquait d’un peu de folie et même si certains retournements de situation sont bien trouvés, je pense que j’aurais aimé être davantage surpris.

   Toutefois malgré ses défauts, 7 jours à River Falls peut aussi compter sur de jolies qualités pour séduire. La principale étant, pour moi, la construction choisie par l’auteur. Comme l’indique le titre du livre, on passe 7 jours dans cette ville des États-Unis, la chronologie ayant une place cruciale dans le récit. Ce point est très important car beaucoup d’évènements et de rebondissements vont jouer sur cette chronologie précise et cela renforce l’immersion en donnant le sentiment de vivre réellement l’enquête comme pourrait le vivre un inspecteur réellement. De plus, ça ajoute une certaine pression lors de la lecture parce que lorsque l’on démarre une nouvelle journée, on ne peut s’empêcher d’être plus stressé et impatient en même temps car on sait l’échéance plus proche. Prévoir le récit sur 7 jours a permis a l’auteur d’équilibrer comme il se doit les différentes phases de l’histoire et, coordonner au bon rythme du livre, on obtient une lecture assez soutenue où les temps morts sont rares. A vrai dire, j’en ai repéré un seul entre les journées 4 et 5… mais ça repartait ensuite de plus belle !

   Autre point qui m’a particulièrement charmé dans River Falls : le duo Logan / Hurley. L’un étant inspecteur, l’autre étant son ex-petite (aïe !) amie profileuse. Rien que cette petite description laisse augurer du très sympa. On se doute évidemment que les deux doivent avoir un passé commun fort, quelques petits secrets bien piquants… et pourtant ils continuent de se fréquenter et bossent même ensemble ici. Bref, le genre de relation que le petit lecteur que je suis adore suivre ! Et effectivement dans 7 jours à River Falls, ce duo fonctionne très bien. J’ai donc beaucoup apprécié ces deux personnages et leurs personnalités. S’agissant d’une trilogie, j’ai hâte de les retrouver et surtout d’en apprendre davantage. Un fil rouge supplémentaire et donc une raison supplémentaire d’être accroc ! Malheureusement je ne peux pas en dire autant des autres personnages, qui souffrent du même défaut que l’environnement décrit : un manque d’originalité flagrant. La plupart des protagonistes sont clichés à souhait. Certains m’ont quand même plu, notamment Sarah Kent, en particulier sur la fin, mais là aussi une petite touche folie aurait été la bienvenue.

   En conclusion, 7 jours à River Falls est un bon petit thriller. Plaisant à lire et disposant d’une construction sympathique, il permet de suivre une intrigue agréable, sans réels défauts mais pas exceptionnelle pour autant, en compagnie d’un duo Inspecteur / Profiler efficace. Le récit est rythmé, on ne s’ennuie quasiment pas, et le plaisir et la découverte de la lecture sont très présents, suffisamment pour rendre accroc et vouloir assister au dénouement. Toutefois, et comme vous pouvez le constater tout au long de cette chronique, l’originalité n’a pas été invité à River Falls. Le livre dans son ensemble est bon, mais en cherchant à proposer quelque chose de trop lisse et classique, comme si Alexis Aubenque souhaitait à tout prix réussir son essai dans le genre du thriller, il oublie de proposer ces fameux éléments permettant de se différencier de la masse et de nous marquer profondément. Reste un bon moment de passé… et c’est déjà pas mal !

Ma note : 14/20