[Chronique] Le puits des mémoires, tome 2 : Le Fils de la Lune de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 2

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2013
Edition : Scrinéo / Pocket
Prix : A partir de 7,70€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 450 pages

Synopsis
Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…

Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon avis
Seconde lecture commune avec la copinaute La tête dans les livres, j’étais très impatient de démarrer ce deuxième tome, en particulier après la bonne impression laissée par le premier tome. Le potentiel de la saga se confirme-t-il ?

   Nos trois amis, Olen le joli cœur, Nils le méfiant et Karib le mage, ont enfin découvert leurs véritables identités. Malheureusement, aucun répit ne leur sera accordé, et c’est dans la précipitation et la peur qu’ils fuiront le royaume d’Hélion à toute vitesse. Ce second tome nous place directement dans le voyage d’Hélion à Woltan, royaume où les fugitifs pensent pouvoir trouver de nouvelles réponses à leur amnésie. Mais alors que la traversée est loin d’être aisée, ils vont rapidement comprendre que survivre à Woltan l’est encore moins. Entre la découverte de ce vaste royaume, les révélations sur leurs identités, leurs passés ainsi que leurs entourages, personne n’est au bout de ses surprises, et surtout pas notre fameux trio.

   Je vais être honnête tout de suite : ce tome fut un véritable coup de cœur. Un gros comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. J’ai tout simplement adoré et ce pour de multiples raisons. Malgré un rythme un poil lent en début de tome, servant particulièrement à resituer le cadre de l’histoire et résumer quelques renseignements concernant le trio de héros, on est rapidement amener à suivre de multiples rebondissements au royaume de Woltan, bien plus immense que ce que je pouvais présager au départ. L’action est très présente, tout comme les interrogations sans cesse renouvelées et bousculées. Je dois dire que Gabriel KATZ est très fort pour jouer avec le lecteur : entre fausses affirmations, nouvelles révélations, cliffhanger important, il joue avec nos nerfs et  nous amène là où lui seul le désire.

   Comme précédemment, les personnages principaux restent l’un des points forts du livre et sont toujours aussi attachants, si ce n’est plus encore. Alors que l’on apprend à les connaître davantage lorsque de nouvelles facettes d’eux surgissent, l’auteur en profite pour nous prendre au dépourvu et dévoile progressivement des bribes de leurs passés. Évidemment loin de ce que j’avais pu imaginé en premier lieu. Seulement, au lieu de simplement nous énoncer tout sur un plateau d’argent, les révélations se fout au compte goutte et sont venus chambouler mes croyances. J’ai apprécié cette dualité entre leur passés : qui ils étaient et comment ils étaient perçus et leur nouveau moi, personne qui a vécu des tas de choses autour du monde et qui ne possède aucun autre souvenir. Les différences sont très bien trouvées et renforcent cette volonté de toujours vouloir en apprendre plus sur ces trois comparses. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et savent se montrer dans l’ensemble bien plus intéressants et profonds que dans le premier tome.

   La plume du premier tome m’avait déjà charmé, cette fois ce fut la consécration. Peut-être Gabriel Katz se sentait à présent plus à l’aide mais l’ironie et les passages humoristiques sont très présents et ce n’est pas pour me déplaire tant ils m’ont plu et ont su me fait rire. D’ailleurs, entre l’humour, les moments forts en émotion, la surprise, la peine pour certains passages, le dégoût pour certains, la crainte ou la joie, je dois reconnaître que Le fils de la Lune m’aura fait vivre une sacrée palette d’émotions, chose rare en fantasy mais ô combien grisante ! Ajouter à cela une vraie maîtrise de l’histoire jusqu’à la dernière ligne, complétement dingue (oui, j’ai pété un cable !) et vous comprenez bien ce qui justifie mon adoration.

   Du côté des reproches, si je dois en adresser un seul, serait l’absence d’une carte en début de tome. J’étais un peu perdu en Woltan, car au départ, c’est décrit comme un royaume. Mais il y a des royaumes dans ce royaume. Et il y a le port de Woltan, mais qui n’a  rien à voir avec Woltan la capitale par exemple ! Aussi, histoire de ne pas bouder mon plaisir, une centaine de pages supplémentaires m’auraient comblé car je ne voulais vraiment pas lâcher mes potes…

   En conclusion, Gabriel Katz offre avec ce second tome de sa trilogie Le puits des mémoires, un moment de lecture si bon que ce fut une véritable vague qui m’a submergé. Qu’il s’agisse du rythme parfaitement dosé, de cette plume accrocheuse et pleine d’humour, de ses rebondissements à foison et extrêmement bien pensés, Le fils de la lune est incroyablement maîtrisé et plaisant. Je tire mon chapeau à Monsieur KATZ qui aura su me bluffé en proposant un second tome de cette qualité et me rendre malade à l’idée d’attendre de découvrir le fin mot de l’histoire. Et pourtant, je vais devoir trouver la force de patienter…

Ma note : 19/20

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[Chronique] Le puits des mémoires, tome 1 : La traque de Gabriel Katz

le puits des mémoires tome 1 la traque

Fiche technique du livre
Auteur : Gabriel KATZ
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2012 (VF)
Edition : Scrineo / Pocket
Prix : A partir de 6,80€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 381 pages

Synopsis
Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

Mon avis
Une saga plébiscitée par la blogosphère depuis sa sortie. Un auteur qui semble devenir une valeur sûre. L’envie d’en apprendre bien plus… Quoi de mieux qu’une lecture commune avec La tête dans les livres pour partir à sa découverte ?

   Au premier abord, la trame de cette saga pourrait paraître classique. Un trio d’hommes se réveillent au beau milieu d’une montagne qui leur est inconnue. Ces derniers, enfermés dans des espèces de cercueil ne se souviennent de rien, s’obligeant à se créer une nouvelle identité. Pourtant, des connaissances, ils en ont à foison, alors pourquoi cette absence de souvenir ? Cherchant dans un premier temps à survivre, puis des réponses à leurs interrogations, ils vont se retrouver malgré eux piégés au sein du royaume de Hélion lorsque les chevaliers de cristal viendront quérir leurs têtes. Commence alors pour eux La Traque.

   La force de l’intrigue réside dans son traitement, original et bien pensé. Partant d’une idée simple, l’amnésie, Gabriel Katz bâti son scénario en l’entourant de mystères et distille les informations au compte goutte, bien souvent par le biais d’ouîe dire, d’annonces officielles ou en nous contant le point de vue de personnages secondaires. Et ça fonctionne à merveille, car je me suis immédiatement attaché à ces héros atypiques et si différents. Dans ce contexte d’amnésie, chaque information, aussi insignifiante soit-elle, devient primordiale, la quête de vérité prenant le pas sur tout.

   En choisissant de mettre l’accent sur les trois personnages principaux que sont Karib, Nils et Olen, l’auteur réussit le tour de force de rendre irrésistible en très peu de pages ces trois hommes. L’impression de découvrir en même temps qu’eux les traits de caractères les constituant est particulièrement grisante et j’ai notamment eu un petit coup de cœur pour Karib, ce mage qui s’ignore. Néanmoins, les personnages secondaires sont clairement de mis de côté et il n’est pas rare, lors d’un des nombreux changements de points de vue, de découvrir une nouvelle tête qui ne tiendra malheureusement pas longtemps. Dommage, car certains, notamment « Serviteur », ont du potentiel et auraient mérité d’être approfondis. Cela dit, il y a tellement à découvrir et une curiosité si présente que ce défaut paraît bien mince à côté du reste !

   Par chance, La traque ne se résume pas qu’à ça. Baignant dans un univers fantaisiste et moyen-âgeux, c’est l’occasion de dépoussiérer les éléments constitutifs du genre. On apprend notamment assez tôt qu’il existe des écoles de magie, enseignant chacune une spécialité : l’illusion, la magie blanche, l’invocation d’esprit et que comme dans tout bon livre qui se respecte, les sorts sont divisés en catégorie mineure et majeure. Que les novices se rassurent, ces détails s’intègrent parfaitement dans le fil de l’histoire et sont parfaitement expliqués. Nécromanciens, alchimistes et même un bien drôle de chien sont également de la partie, et c’est appréciable de découvrir ces différents éléments s’intégrer dans l’intrigue.

   La fin me rappelle, hélas, que ce titre a toujours été prévu comme une trilogie. Palpitante donc, après quelques passages un peu moins rythmés, mais me laissant horriblement sur ma faim en attendant la suite, prévue pour Avril en poche chez Pocket.

   En conclusion, la saga du puits des mémoires commence plutôt fort avec un premier tome solide et très plaisant à découvrir. Reprenant certains grands codes de la fantasy (présence de magie et de leurs écoles, nécromancie, lycanthropie), le récit trouve sa force dans son intrigue finement traitée et son trio de personnages principaux incroyablement attachants. Si vous ajoutez à cela un rythme entraînant, une curiosité constamment mise à l’épreuve, de l’action et une bonne dose de cynisme servie par une plume agréable, vous obtenez une multitude de raisons de vous y pencher sérieusement.

Ma note : 17/20

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[Chronique] Remède mortel de Harlan Coben

remède mortel harlan cobenFiche technique du livre
Auteur : Harlan Coben
Genre : Thriller
Année d’édition : 1991 (VO) / 2011 (VF)
Edition : Belfond, France Loisirs, Pocket
Prix : A partir de 8,10€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 517 pages

Synopsis
Une clinique new-yorkaise hautement sécurisée.
Un médecin qui se suicide.
Des patients sauvagement assassinés.
Coïncidences ? Complot ?
Et si l’annonce prochaine d’une extraordinaire découverte médicale avait déclenché cette vague meurtrière ?

Sara Lowell, jeune journaliste très en vue, mène l’enquête. Mais ses révélations pourraient bien faire d’elle la prochaine victime d’un mystérieux serial killer…

Mon avis
Voilà quelques temps que je n’avais pas lu de Harlan Coben. Le dernier, Promets-moi, m’a tellement agacé que je ne l’ai toujours pas chroniqué, un an après sa lecture… Quant est-il de Remède mortel ?

   Comme Monsieur Coben aime à le rappeler dans sa préface, Remède mortel n’est peut-être pas le meilleur livre pour le découvrir, et quand bien même on le connaîtrait, il incite à ne pas en attendre trop de cette lecture :

« Si vous n’avez jamais ouvert un de mes livres, arrêtez-vous tout de suite. Allez rendre celui-ci. Prenez-en un autre. Ce n’est pas grave. J’attendrai. »

Une telle introduction a le mérite de me refroidir, clairement. Et s’il était bon juge ?

   Tout démarre par la fuite d’un médecin et chercheur d’une petite clinique de New York, Bruce. Le malheureux a à peine le temps de souffler et de sentir à l’abri qu’un inconnu le retrouve, le torture, le tue et maquille le meurtre en suicide. Rapidement et dans le même temps, certains patients de cette même clinique, homosexuels et séropositifs sont sauvagement poignardés et assassinés. On recherche alors celui qu’on appellera le Poignardeur de gay, à tord ou à raison ? Sara Lowell, journaliste du petit écran et fille d’un grand nom de la médecine, va se retrouver, malgré elle, plongée dans cette histoire

   Autant être honnête, ce n’est pas du grand Coben. Il est vrai qu’il a écrit ce livre en 1991, au début de sa carrière d’auteur, et on peut penser que son talent ne s’exprimait pas encore pleinement. Le défaut principal de l’intrigue est de vouloir s’attaquer à autant de thèmes lourds différents, tout en offrant un rythme soutenu et beaucoup d’action. Ainsi Remède mortel abordera les sujets de l’homosexualité et de sa perception par les médias, les politiques et les gens de manière général ; le SIDA, nouveau virus considéré comme peu dangereux sauf si l’on est un dépravé, un drogué ou que l’on ose commettre des actes contre nature mais aussi les questions du fonctionnement des cliniques, comment les subventions sont obtenues et le poids des politiciens dans tout ça. Beaucoup de sujets donc, pas toujours traités avec finesse mais qui ont au moins le mérite d’apparaître et de soutenir l’intrigue de manière efficace.

   Bien que je pourrais décortiquer chaque élément traité grossièrement, critiquer des personnages parfois trop clichés (Cassandra…) ou les « vérités dénoncées », et la crédibilité du scénario dans son ensemble, je dois tout de même reconnaître que déjà à ce moment là, Coben était fort pour accrocher le lecteur. Si tôt commencé que l’on se retrouve prisonnier de cette intrigue que j’adore détester mais qui sait tout de même me charmer. Les pages défilent à toute vitesse, le rythme étant l’un des plus soutenus que j’ai eu l’occasion de lire dans le genre et je n’ai pas vu le temps passé. Le duo Sara / Max (l’inspecteur) fonctionne plutôt bien tout comme les chapitres où l’on suit le point de vue et les actions de celui représentant le méchant de l’histoire. Cerise sur le gâteau, le final est intéressant et offre un twist réellement surprenant. Et c’est déjà pas mal.

   En conclusion, Harlan Coben délivre avec Remède Mortel un premier jet de ce qui évoluera en marque de fabrique : un thriller efficace, tantôt très humain, tantôt sanglant, bourré de rebondissements et à l’intrigue incroyablement addictive.  Choisissant d’aborder des sujets lourds tels que le SIDA, la vision de l’homosexualité ou encore l’influence des médias et des politiques sur le fonctionnement des cliniques, l’auteur s’en sort honorablement mais ne brille jamais réellement, la faute à un traitement globalement léger et à quelques erreurs de jeunesse. Comme sa préface le suggère, si vous souhaitez découvrir l’auteur, Dans les bois, Innocent ou Une chance de trop ont mes faveurs et sont de bien meilleurs morceaux. Cela dit, qu’importe si le reste ne suit pas toujours, le plaisir de lecture reste quant à lui, bel et bien présent.

Ma note : 14/20

[Chronique] Comme deux gouttes d’eau de Tana French

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Fiche technique du livre
Auteur : Tana French
Genre : Polar / Thriller
Année d’édition : 2009 (VF)
Edition : Points
Prix : 8,20€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 571 pages

Synopsis
Lorsque l’inspecteur Cassie Maddox est appelée sur les lieux d’un meurtre ; elle perçoit dans la voix de ses collègues une tension inhabituelle. Et pour cause : la victime lui ressemble trait pour trait, et porte des papiers au nom d’Alexandra Madison. Une identité que Cassie a inventée et dont elle s’est servie, voilà des années pour infiltrer un réseau de trafic de stupéfiants. Afin de démasquer l’assassin, les policiers de Dublin imaginent le plus dangereux des stratagèmes : prétendre qu’Alexandra a survécu a ses blessures et obliger Cassie à se faire passer pour elle. La voici qui intègre le : vieux manoir qu’Alexandra partage avec quatre amis, étudiants comme elle à Trinity College. Un lien étrange les unit : ils vibrent d’un même amour pour la littérature, d’un même refus de s’encombrer de leur passé. Dans ce huis clos où le moindre faux pas lui serait fatal, enfermée dans la peau d’une autre, l’inspecteur Cassie Maddox va servir d’appât…

Mon avis
Un synopsis plus que séduisant, m’intriguant dès que j’ai trouvé ce livre, enfoui dans les étagères du Book-off. Il n’en fallait pas plus pour qu’il arrive à la maison.

   Il y a toujours une légère appréhension à découvrir un nouvel auteur mais c’est une expérience qui apporte à chaque fois quelque chose. Tana French fait partie de ces belles surprises. Comme deux gouttes d’eau est un polar que je qualifierais comme étant original, selon mes critères en la matière bien sûr.

   Se déroulant en Irlande, pays bien choisi pour ses valeurs comportementales et rurales qui seront développées, l’histoire tourne autour de Cassie Maddox et du meurtre de Lexie Madison. Classique jusque là. Cassie est inspectrice aux violences conjugales et n’a en principe rien à voir avec ce corps retrouvé dans cette petite masure, non loin de Whitehouse. Pourtant, le physique de cette femme, et son nom surtout Lexie Madison, l’interpelle. Car en plus d’être un sosie quasiment parfait, Lexie Madison utilise une identité créée de toute pièce plusieurs années auparavant… par Cassie elle-même et son chef, lorsque cette dernière bossait en tant qu’infiltrée dans une affaire de drogue. Qui était vraiment Lexie Madison ? Qui souhaitait sa mort et a su si bien maquillé son crime ? Autant de questions qui vont pousser Cassie à reprendre sa casquette d’infiltrée et devenir Lexie.

   Rassurez vous, pour ceux qui pensent que cela est bien compliqué, c’est très bien amené et expliqué durant le déroulement. L’intrigue ne manque pas non plus de crédibilité et je me suis rapidement et entièrement immergé dans cette intrigue. Globalement, on pourrait la décomposer en trois grandes parties : la découverte du cadavre et la mise en place de l’infiltration, l’infiltration en elle même en huis clos et enfin le dénouement.
Là où Comme deux gouttes d’eau fait fort, c’est qu’il n’est pas seulement un polar d’infiltration, il y mêle aussi de manière très habile les éléments du huis clos et une enquête simple, mais non simpliste, autour d’un meurtre. N’y cherchez pas la conspiration internationale ou le serial killer au 100 victimes, vous ne le trouverez pas. Le charme réside ailleurs.

   La psychologie des personnages développée par Tana French est clairement l’un des points qui marque dans ce polar. Qu’il s’agisse du club des 4, de notre fameuse inspectrice ou même de l’équipe policière autour de l’affaire, tel que Mackey, chacun a bénéficié d’un réel soin, qui englobe à la fois un sérieux background servant l’intrigue mais aussi la constitution d’un réel caractère et comportement. L’impression de les connaître est palpable et je me suis très attaché à eux. Profond et empli de mystères, l’envie de les connaître davantage était dévorante. C’est donc un vrai coup de coeur que j’ai eu pour cette galerie de personnage, que j’espère vraiment retrouver dans un autre livre de l’auteure.

   Si je ne vous ai pas encore convaincu de mon attachement pour ce livre et de vous y intéresser, laissez moi terminer par cette fin très réussie. Savamment construite, répondant à toutes nos interrogations et points en suspens, elle se paye le luxe d’offrir un dénouement à chacun des personnages et de m’émouvoir par surcroît. Je ne préfère pas revenir sur les différentes émotions offertes par ce final, de peur de vous spoiler, mais elle est de celle qui vous laisse un goût étrange, poignant, refermant le livre avec regrets et m’obligeant à patienter avant de démarrer une nouvelle lecture.

   En conclusion, Comme deux gouttes d’eau est un véritable coup de cœur, un joyau surprenant, révélant ses multiples facettes jusqu’à sa toute dernière ligne. Polar doté d’une intrigue solide, très originale, et parsemée de rebondissements de plus ou moins grande intensité, j’ai été séduit par son concept de sosie infiltré en huis clos au sein de la belle maison de Whitehouse. Son final, inattendu, prenant et émouvant ; sa galerie de personnage, charismatiques, mystérieux et pourtant si attachants, et la superbe plume de Tana French sont autant d’ingrédients composant ce parfait cocktail. Une très belle découverte, assurément.

 Ma note : 18/20

[Chronique] Niceville de Carsten Stroud

niceville

Fiche technique du livre
Auteur : Carsten Stroud
Genre : Thriller / Fantastique
Année d’édition : 2013 (VF) / 2012 (VO)
Edition : Éditions points
Prix : A partir de 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 525 pages

Synopsis
Niceville, tout droit sortie de la tradition du Southern Gothic, incarne le Sud, avec ses propriétés somptueuses, ses chênes festonnés de mousse espagnole et sa moiteur soporifique. Le seul problème, c’est que le Mal y vit beaucoup plus longtemps que les hommes. Plusieurs disparitions inexpliquées entachent la réputation du lieu, et celle du jeune Rainey Teague, littéralement volatilisé en plein jour devant la vitrine d’un antiquaire de la rue principale, vous donne la chair de poule.
A Niceville, il y a aussi des flics peu scrupuleux, des as de la gâchette qui dérobent des banques et descendent leurs collègues au fusil à lunette… Quand Nick Kavanaugh, policier hanté par son expérience de combat en Irak, et son épouse Kate, élégante avocate issue d’une des vieilles familles de la ville, décident de tirer tout cela au clair, ils n’imaginent pas dans quel enfer ils ont mis le pied.

Mon avis
En voilà une lecture intrigante. Sortant de mes auteurs fétiches, j’ai eu l’opportunité de découvrir Carsten Stroud dans le cadre de la sélection du meilleur Polar de 2014 des Éditions Points.

   Tout d’abord, vous remarquerez peut-être que le synopsis que je vous propose un peu plus haut ne correspond pas à la quatrième de couverture, mais au résumé du livre proposé par Livraddict. Des différences qui ont leurs importances. En effet, la quatrième de couverture vend le livre principalement comme étant du fantastique, ce qui est faux. Niceville possède quelques intrigues tournant autour du fantastique, et son univers en est légèrement teinté, mais le reste se situe bien dans le thriller, au style rappelant énormément Stephen King.
L’intrigue démarre par un prologue tournant autour de la mystérieuse disparition d’un jeune garçon, Rainey Teague, alors qu’il revenait tranquillement de l’école, de sa manière la plus habituelle possible. Rapidement, les enquêteurs, dont Nick Kavanaugh, inspecteur et vétérans des forces spéciales au passé plutôt lourd, découvrent que quelque chose est étrange, sans pouvoir réellement comprendre quoi. Où est donc passé Rainey Teague ? Ou se situe le mystère de sa disparition ? Quelques temps plus tard, changement absolu d’ambiance lorsque est commis le casse d’une banque par trois gars, tous différents mais tout autant cinglés. L’enquête est à peine commencé quand survient de nouveaux évènements à Niceville. Une chose est sûre : le calme n’y règne pas.

   Proposant une narration à la troisième personne, l’auteur nous propose de découvrir le point de vue d’un personnage précis par chapitre, ce qui permet en réalité de passer d’un fou à un autre avec une certaine aisance. Qu’on ne s’y trompe pas, le vrai héros ici, c’est la ville, pleine de mystères et véritable théâtre de l’inattendu. Les intrigues se multiplient et s’emmêlent aux quatre coins de Niceville et des rebondissements, souvent biens trouvés, font régulièrement leur apparition. Espionnage industriel, braquage énorme, histoires familiales, vengeance, évènements surnaturels, tout y est ! Les situations cocasses s’enchaînent, le tout porté par des dialogues et des descriptions mordantes. De même, le ton léger et amusant m’a immergé aisément dans le récit, la plume est fluide et les pages se parcourent facilement. Du tout bon de ce côté là.

   Je me suis aussi rapidement attaché aux personnages… C’est qu’ils ont du charme si on oublie le côté psychopathe ! Pour vous citer un exemple plus concret, j’ai eu l’impression de retrouver du Dôme de Stephen King. Que ce soit dans la narration, le style d’écriture ou même la manière d’enchaîner les situations les plus folles, j’ai eu le sentiment que l’auteur puisait son inspiration chez le King. Cela dit, ça n’a pas été un défaut pour moi car j’ai beaucoup apprécié ces aspects, qui donnent à Niceville du caractère et une certaine identité.

« J’ai pas l’intention d’aller raconter à qui que ce soit que mon coéquipier s’est fait mordre à la fesse par une greluche pas plus grosse qu’une perruche, si c’est ce qui t’inquiète. »

   Et heureusement, que Niceville bénéficie d’un certain cachet, car il en faut pour faire oublier cette pseudo-fin. En effet, autant prévenir, la déception peut vous guetter, en particulier lorsque vous attendez une fin digne de ce nom et que vous découvrez qu’il ne s’agit là que de la fin d’un épisode. Car ce que l’on ne sait pas au départ, c’est que Niceville est le premier tome d’une saga pensée comme une trilogie. Toutefois, globalement, chaque personnage et intrigue disposent tout de même d’une conclusion, clôturant les nombreux évènements ayant eu cours mais plusieurs éléments très importants restent sans réponse et le tout se termine par un énorme cliffhanger. Par chance, l’éditeur sait rassurer en offrant directement à la suite les premières pages de Retour à Niceville. Difficile de résister à la tentation, en particulier quand j’ai réalisé que cela reprenait exactement là où les choses s’étaient terminées…

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec Niceville. Qu’il s’agisse de son étrange intrigue, plutôt folle et remplie de surprises, que du style d’écriture irrésistible de Carsen Stroud, voilà un roman qui ne manque pas d’atouts. A condition de savoir à quoi s’en tenir. N’attendez pas un pur roman fantastique, vous n’en trouverez que trop peu. Ne pensez pas dévorer un thriller policier haletant, le récit n’est clairement pas construit comme tel. Voyez-y plutôt une invitation à découvrir un OVNI distrayant aux influences diverses, un cocktail explosif où un braquage côtoie l’espionnage industriel et le surnaturel, une première pierre à une trilogie qui a clairement suffisamment de potentiel pour faire partie de ces belles découvertes et se démarquer.

Ma note : 15/20