[Chronique] Remède mortel de Harlan Coben

remède mortel harlan cobenFiche technique du livre
Auteur : Harlan Coben
Genre : Thriller
Année d’édition : 1991 (VO) / 2011 (VF)
Edition : Belfond, France Loisirs, Pocket
Prix : A partir de 8,10€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 517 pages

Synopsis
Une clinique new-yorkaise hautement sécurisée.
Un médecin qui se suicide.
Des patients sauvagement assassinés.
Coïncidences ? Complot ?
Et si l’annonce prochaine d’une extraordinaire découverte médicale avait déclenché cette vague meurtrière ?

Sara Lowell, jeune journaliste très en vue, mène l’enquête. Mais ses révélations pourraient bien faire d’elle la prochaine victime d’un mystérieux serial killer…

Mon avis
Voilà quelques temps que je n’avais pas lu de Harlan Coben. Le dernier, Promets-moi, m’a tellement agacé que je ne l’ai toujours pas chroniqué, un an après sa lecture… Quant est-il de Remède mortel ?

   Comme Monsieur Coben aime à le rappeler dans sa préface, Remède mortel n’est peut-être pas le meilleur livre pour le découvrir, et quand bien même on le connaîtrait, il incite à ne pas en attendre trop de cette lecture :

« Si vous n’avez jamais ouvert un de mes livres, arrêtez-vous tout de suite. Allez rendre celui-ci. Prenez-en un autre. Ce n’est pas grave. J’attendrai. »

Une telle introduction a le mérite de me refroidir, clairement. Et s’il était bon juge ?

   Tout démarre par la fuite d’un médecin et chercheur d’une petite clinique de New York, Bruce. Le malheureux a à peine le temps de souffler et de sentir à l’abri qu’un inconnu le retrouve, le torture, le tue et maquille le meurtre en suicide. Rapidement et dans le même temps, certains patients de cette même clinique, homosexuels et séropositifs sont sauvagement poignardés et assassinés. On recherche alors celui qu’on appellera le Poignardeur de gay, à tord ou à raison ? Sara Lowell, journaliste du petit écran et fille d’un grand nom de la médecine, va se retrouver, malgré elle, plongée dans cette histoire

   Autant être honnête, ce n’est pas du grand Coben. Il est vrai qu’il a écrit ce livre en 1991, au début de sa carrière d’auteur, et on peut penser que son talent ne s’exprimait pas encore pleinement. Le défaut principal de l’intrigue est de vouloir s’attaquer à autant de thèmes lourds différents, tout en offrant un rythme soutenu et beaucoup d’action. Ainsi Remède mortel abordera les sujets de l’homosexualité et de sa perception par les médias, les politiques et les gens de manière général ; le SIDA, nouveau virus considéré comme peu dangereux sauf si l’on est un dépravé, un drogué ou que l’on ose commettre des actes contre nature mais aussi les questions du fonctionnement des cliniques, comment les subventions sont obtenues et le poids des politiciens dans tout ça. Beaucoup de sujets donc, pas toujours traités avec finesse mais qui ont au moins le mérite d’apparaître et de soutenir l’intrigue de manière efficace.

   Bien que je pourrais décortiquer chaque élément traité grossièrement, critiquer des personnages parfois trop clichés (Cassandra…) ou les « vérités dénoncées », et la crédibilité du scénario dans son ensemble, je dois tout de même reconnaître que déjà à ce moment là, Coben était fort pour accrocher le lecteur. Si tôt commencé que l’on se retrouve prisonnier de cette intrigue que j’adore détester mais qui sait tout de même me charmer. Les pages défilent à toute vitesse, le rythme étant l’un des plus soutenus que j’ai eu l’occasion de lire dans le genre et je n’ai pas vu le temps passé. Le duo Sara / Max (l’inspecteur) fonctionne plutôt bien tout comme les chapitres où l’on suit le point de vue et les actions de celui représentant le méchant de l’histoire. Cerise sur le gâteau, le final est intéressant et offre un twist réellement surprenant. Et c’est déjà pas mal.

   En conclusion, Harlan Coben délivre avec Remède Mortel un premier jet de ce qui évoluera en marque de fabrique : un thriller efficace, tantôt très humain, tantôt sanglant, bourré de rebondissements et à l’intrigue incroyablement addictive.  Choisissant d’aborder des sujets lourds tels que le SIDA, la vision de l’homosexualité ou encore l’influence des médias et des politiques sur le fonctionnement des cliniques, l’auteur s’en sort honorablement mais ne brille jamais réellement, la faute à un traitement globalement léger et à quelques erreurs de jeunesse. Comme sa préface le suggère, si vous souhaitez découvrir l’auteur, Dans les bois, Innocent ou Une chance de trop ont mes faveurs et sont de bien meilleurs morceaux. Cela dit, qu’importe si le reste ne suit pas toujours, le plaisir de lecture reste quant à lui, bel et bien présent.

Ma note : 14/20

[Chronique] Niceville de Carsten Stroud

niceville

Fiche technique du livre
Auteur : Carsten Stroud
Genre : Thriller / Fantastique
Année d’édition : 2013 (VF) / 2012 (VO)
Edition : Éditions points
Prix : A partir de 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 525 pages

Synopsis
Niceville, tout droit sortie de la tradition du Southern Gothic, incarne le Sud, avec ses propriétés somptueuses, ses chênes festonnés de mousse espagnole et sa moiteur soporifique. Le seul problème, c’est que le Mal y vit beaucoup plus longtemps que les hommes. Plusieurs disparitions inexpliquées entachent la réputation du lieu, et celle du jeune Rainey Teague, littéralement volatilisé en plein jour devant la vitrine d’un antiquaire de la rue principale, vous donne la chair de poule.
A Niceville, il y a aussi des flics peu scrupuleux, des as de la gâchette qui dérobent des banques et descendent leurs collègues au fusil à lunette… Quand Nick Kavanaugh, policier hanté par son expérience de combat en Irak, et son épouse Kate, élégante avocate issue d’une des vieilles familles de la ville, décident de tirer tout cela au clair, ils n’imaginent pas dans quel enfer ils ont mis le pied.

Mon avis
En voilà une lecture intrigante. Sortant de mes auteurs fétiches, j’ai eu l’opportunité de découvrir Carsten Stroud dans le cadre de la sélection du meilleur Polar de 2014 des Éditions Points.

   Tout d’abord, vous remarquerez peut-être que le synopsis que je vous propose un peu plus haut ne correspond pas à la quatrième de couverture, mais au résumé du livre proposé par Livraddict. Des différences qui ont leurs importances. En effet, la quatrième de couverture vend le livre principalement comme étant du fantastique, ce qui est faux. Niceville possède quelques intrigues tournant autour du fantastique, et son univers en est légèrement teinté, mais le reste se situe bien dans le thriller, au style rappelant énormément Stephen King.
L’intrigue démarre par un prologue tournant autour de la mystérieuse disparition d’un jeune garçon, Rainey Teague, alors qu’il revenait tranquillement de l’école, de sa manière la plus habituelle possible. Rapidement, les enquêteurs, dont Nick Kavanaugh, inspecteur et vétérans des forces spéciales au passé plutôt lourd, découvrent que quelque chose est étrange, sans pouvoir réellement comprendre quoi. Où est donc passé Rainey Teague ? Ou se situe le mystère de sa disparition ? Quelques temps plus tard, changement absolu d’ambiance lorsque est commis le casse d’une banque par trois gars, tous différents mais tout autant cinglés. L’enquête est à peine commencé quand survient de nouveaux évènements à Niceville. Une chose est sûre : le calme n’y règne pas.

   Proposant une narration à la troisième personne, l’auteur nous propose de découvrir le point de vue d’un personnage précis par chapitre, ce qui permet en réalité de passer d’un fou à un autre avec une certaine aisance. Qu’on ne s’y trompe pas, le vrai héros ici, c’est la ville, pleine de mystères et véritable théâtre de l’inattendu. Les intrigues se multiplient et s’emmêlent aux quatre coins de Niceville et des rebondissements, souvent biens trouvés, font régulièrement leur apparition. Espionnage industriel, braquage énorme, histoires familiales, vengeance, évènements surnaturels, tout y est ! Les situations cocasses s’enchaînent, le tout porté par des dialogues et des descriptions mordantes. De même, le ton léger et amusant m’a immergé aisément dans le récit, la plume est fluide et les pages se parcourent facilement. Du tout bon de ce côté là.

   Je me suis aussi rapidement attaché aux personnages… C’est qu’ils ont du charme si on oublie le côté psychopathe ! Pour vous citer un exemple plus concret, j’ai eu l’impression de retrouver du Dôme de Stephen King. Que ce soit dans la narration, le style d’écriture ou même la manière d’enchaîner les situations les plus folles, j’ai eu le sentiment que l’auteur puisait son inspiration chez le King. Cela dit, ça n’a pas été un défaut pour moi car j’ai beaucoup apprécié ces aspects, qui donnent à Niceville du caractère et une certaine identité.

« J’ai pas l’intention d’aller raconter à qui que ce soit que mon coéquipier s’est fait mordre à la fesse par une greluche pas plus grosse qu’une perruche, si c’est ce qui t’inquiète. »

   Et heureusement, que Niceville bénéficie d’un certain cachet, car il en faut pour faire oublier cette pseudo-fin. En effet, autant prévenir, la déception peut vous guetter, en particulier lorsque vous attendez une fin digne de ce nom et que vous découvrez qu’il ne s’agit là que de la fin d’un épisode. Car ce que l’on ne sait pas au départ, c’est que Niceville est le premier tome d’une saga pensée comme une trilogie. Toutefois, globalement, chaque personnage et intrigue disposent tout de même d’une conclusion, clôturant les nombreux évènements ayant eu cours mais plusieurs éléments très importants restent sans réponse et le tout se termine par un énorme cliffhanger. Par chance, l’éditeur sait rassurer en offrant directement à la suite les premières pages de Retour à Niceville. Difficile de résister à la tentation, en particulier quand j’ai réalisé que cela reprenait exactement là où les choses s’étaient terminées…

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec Niceville. Qu’il s’agisse de son étrange intrigue, plutôt folle et remplie de surprises, que du style d’écriture irrésistible de Carsen Stroud, voilà un roman qui ne manque pas d’atouts. A condition de savoir à quoi s’en tenir. N’attendez pas un pur roman fantastique, vous n’en trouverez que trop peu. Ne pensez pas dévorer un thriller policier haletant, le récit n’est clairement pas construit comme tel. Voyez-y plutôt une invitation à découvrir un OVNI distrayant aux influences diverses, un cocktail explosif où un braquage côtoie l’espionnage industriel et le surnaturel, une première pierre à une trilogie qui a clairement suffisamment de potentiel pour faire partie de ces belles découvertes et se démarquer.

Ma note : 15/20

[Chronique] Contre toute attente de Linwood Barclay

contre toute attente

Fiche technique du livre
Auteur : Linwood Barclay
Genre : Polar
Année d’édition : 2012 (VF)
Edition : France Loisirs / J’ai Lu
Prix : 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 581 pages

Synopsis
En enquêtant sur la mort de sa femme, un père de famille lève le voile sur les secrets bien gardés d’une petite ville en apparence tranquille.

La femme de Glen Garber vient de mourir dans un accident de voiture. Selon la police, Sheila était ivre morte. Pour son mari, c’est impossible : Sheila ne buvait pas. Alors, que s’est-il vraiment passé ?
Bientôt, un nouveau drame frappe de plein fouet une autre famille du quartier. Hasard ou coïncidence ? Que se passe-t-il dans cette banlieue si paisible ? Sheila s’est-elle embarquée dans un jeu dangereux ? Glen va tout faire pour le savoir, pour sa femme, mais aussi pour leur fille Kelly, huit ans.
Mais à vouloir découvrir ce qui se trame derrière les portes closes, il va vite devenir gênant …

Mon avis
Voilà un polar qui traînait depuis quelques temps dans ma PAL ! Second livre que je découvre de l’auteur après Les voisins d’à côté, confirme-t-il son potentiel ?

   Tout d’abord, il convient de bien placer les choses dans leur contexte. Clairement, Contre toute attente est un polar, se rapprochant bien plus de l’enquête policière et du roman que du thriller. Ne cherchez pas le grand frisson ou le gore ici, vous ne le trouverez pas. Cela ne signifie pas pour autant que le récit est dénué de qualités, elles sont juste situées ailleurs.

   Le cœur de l’intrigue réside dans l’accident de voiture qui a causé la mort de Sheila, la femme de Glen Garber, le héros de ce livre. Juste avant, on nous présentait Sheila et Glen comme un couple où tout semblait rouler, malgré quelques petits problèmes par ci par là, et quelques pages plus tard, elle est retrouvée ivre, à contresens, sur l’autoroute. En plus de causer sa mort, son accident entraîne la mort de deux innocents de Milford, ville où se situe l’action. Qu’a-t-il donc bien pu se passer ? Pourquoi Sheila, qui n’a jamais été alcoolique, se retrouve à commettre quelque chose de ce genre ? Glen se sent abandonné et en colère, frustré de ne pas reconnaître en cet acte la femme qui a partagé sa vie pendant autant d’années. Peu de temps après, un second drame survient, différent cette fois… Et le doute s’installe.

   Au fur et à mesure de l’avancée dans l’intrigue, l’auteur prend le soin de développer l’environnement de Sheila, de Glen et de la ville de Milford. On réalise vite que Glen ne connaît pas si bien ses fréquentations… Les personnages imaginés par l’auteur sont nombreux et surtout intéressants. Bien distincts des uns des autres, ils sont suffisamment approfondis pour qu’on ait le sentiment de les connaître à la fin du récit et ont tous une personnalité unique et accrocheuse. Autre élément que j’ai apprécié : ils ont tous un rôle et une utilité bien précise lors du récit. Je n’ai pas eu le sentiment d’un quelconque remplissage, et c’est vraiment rare dans ce genre de lecture. De plus, le héros est à mon sens parfait pour l’intrigue. Il possède quelques défauts certes, mais aussi pas mal de qualités. Il est ordinaire sans pour autant être creux. La plupart de ses actions et réactions (sa volonté d’en apprendre plus, ses moments d’impulsivité) sont sensées et crédibles, ce qui en fait un personnage agréable à suivre et attachant. C’est donc du tout bon de ce côté là.

   Le rythme est plutôt bien mené, les évènements s’enchaînent et les rebondissements sont omniprésents. De la première à la dernière page, je n’ai jamais vraiment eu le temps de m’ennuyer, trop occupé que j’étais à vouloir découvrir la suite et à établir de multiples théories et autres hypothèses sur les aboutissants de ce récit. Il faut dire que Linwood Barclay offre matière à débat. Entre les divers drames et magouilles de chaque personnage, la paranoïa s’immisce doucement dans nos esprits et j’ai fini par suspecter quasiment tout le monde ! Les affaires s’entrecroisent et l’envie de résoudre le mystère est dévorante. Malgré certains indices assez gros, j’ai tout de même été plutôt surpris par le dénouement final que j’ai apprécié. Dans l’ensemble, l’intrigue m’a beaucoup plu. J’ai apprécié cet angle d’approche où l’une des questions majeures est finalement : y a-t-il vraiment eu un crime ? Cela créé une perspective différente des autres polars et permet d’instiller un doute jusqu’au bout. Au final, il manque au titre juste deux, trois, évènements complètement dingues, capable de me retourner le cerveau, pour se différencier de la masse et me marquer pour lui offrir une place parmi les meilleurs titres que j’ai lu du genre.

    En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec cette seconde découverte de Linwood Barclay. Sans temps mort, rempli de rebondissements, de mystères et de révélations bien trouvées, l’intrigue a su me happer dès les premières pages et amener moult réflexions et hypothèses quant au final et à la fameuse existence d’un coupable ou non. Peuplé de personnages intéressants et crédibles, dont un petit coup de cœur pour ce père de famille si attachant, j’ai pris beaucoup de plaisir à démêler les secrets liant les habitants de Milford. Dommage toutefois que, comme Les voisins d’à côté d’ailleurs, Linwood Barclay se contente de proposer du très efficace sans chercher à bousculer les codes où à réellement marquer le lecteur. Reste un bon moment de lecture, et c’est déjà pas mal.

Ma note : 16/20

[Chronique] Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon

brunetti et le mauvais augure

Fiche technique du livre
Auteur : Donna Leon
Genre : Policier
Année d’édition : 2010 (VO) / 2013 (VF)
Edition : Éditions Points
Prix : 7,60€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 332 pages

Synopsis
Venise, un été de canicule. Le commissaire Brunetti ne rêve que de se retirer dans la fraîcheur des montagnes en famille à l’abri des hordes de touristes quand l’inspecteur Vianello lui confie ses soucis : sa tante, une vieille dame crédule, obsédée par les horoscopes, divinations et prédictions en tous genres, retire de grosses sommes d’argent et il soupçonne un gourou peu scrupuleux de lui extorquer des fonds.

Brunetti accepte de lui prêter main-forte et leur enquête informelle les conduit chez le mystérieux Stefano Gorini. Mais leurs efforts tournent court quand un greffier est victime de meurtre, anéantissant les espoirs de Brunetti de passer quelques vacances bien méritées.

Mon avis
Premier livre lu dans le cadre du prix des lecteurs 2014 des Editions Points (que je remercie au passage), j’espère que Brunetti et le mauvais augure n’est qu’un mauvais présage… littéraire.

   La quatrième de couverture offre en plutôt grande partie le début de la trame de ce polar. Par conséquent, je n’apporterai pas de détail supplémentaire sur l’intrigue en elle-même pour me concentrer sur mon ressenti, sans langue de bois.

   Honnêtement, dans l’ensemble, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à cette lecture, et ce pour de multiples raisons. Tout d’abord, sachez que cette enquête de Brunetti est déjà sa dix-neuvième en roman, ce qui signifie que l’auteure ne prend plus la peine de présenter son personnage, sa famille ou son entourage tout comme les divers protagonistes qu’il a pu rencontré dans les tomes précédents. Un bon point pour ceux qui connaissent déjà les livres car cela évite les répétitions mais pour moi ça aura été une gène puisque je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, en plus d’avoir du mal à comprendre qui est qui et surtout leur rôle. Je suis donc passé carrément à côté de pas mal des anecdotes contées.

   Autre point bien plus problématique à mon sens : le cruel déséquilibre dans la construction du livre. Pour faire simple, nous sommes en présence d’un livre policier de 320 pages dans son style le plus pur où l’enquête ne démarre réellement qu’à la page… 160 (soit avec le fameux meurtre dont nous parle la quatrième de couverture disponible ci-dessus). Entre temps, l’auteure pose les bases, mais pas trop et virevolte vers différents sujets, son favori concernant la chaleur, sous toutes ses formes. Découle de ce choix scénaristique deux problèmes : le premier est que l’on se retrouve donc avec une enquête plutôt courte de 160 pages, qui est de surcroît malheureusement peu développée et surtout peu surprenante. Globalement, j’ai suivi l’intrigue pour voir où cela mène mais sans être réellement excité par l’avancement des choses. Le deuxième défaut est que par conséquent cela implique un début lent et peu passionnant, bien loin de ce que j’ai pu lire dans d’autres polars. Couplé aux éléments que j’évoquais plus haut, il est facile de comprendre pourquoi cette lecture a été difficile à achever.

   Toutefois, cela est bien dommageable car je dois tout de même admettre que Brunetti et le mauvais augure possède ses qualités propres, notamment son lieu d’action : la ville de Venise. Merveilleusement décrite, c’est très dépaysant à lire, d’autant plus que l’auteure n’hésite pas à nous fournir quelques anecdotes intéressantes sur la célèbre cité aux pilotis par le biais de ses personnages. De même, l’utilisation de quelques mots de vocabulaire vénitien et italien apportent une touche de charme supplémentaire, rendant le tout assez exotique et agréable. D’ailleurs, dans l’ensemble, la plume de l’auteure fait mouche. Entre métaphore subtile ou drôle, affirmations joliment tournées ou descriptions originales et réussies, les mots servis par Donna Leon régalent et entraînent.

   J’ai apprécié la philosophie du commissaire Brunetti, son rapport vis à vis de ses collègues, chefs ou même de la société. J’ai aussi apprécié sa manière de travailler, d’appréhender l’enquête en cours, à la fois en tant que commissaire mais aussi qu’être humain. On sort des carcans actuels pour retrouver quelqu’un de plus terre à terre et c’est plaisant. Assurément un personnage intéressant à découvrir. Je regrette que l’intrigue ne m’ait pas plus emportée car clairement, j’ai senti que mon intérêt s’est décuplé lorsque les choses sérieuses ont réellement commencés.

   En conclusion, Brunetti et le mauvais augure est un ouvrage que je recommande avant tout et uniquement aux fans de l’enquêteur, qui seront ravis de retrouver Venise et ce charmant commissaire. Ils seront plus à même d’apprécier ce tome qui marque peut-être une transition dans cette grande saga italienne. Tout charmant qu’il peut être, je ne peux conseiller cette lecture qui ne m’a pas semblé être un bon polar, la faute à un rythme trop décousu, une enquête peu prenante, trop en retrait et aux enjeux peu importants. Pour ceux qui seraient éventuellement tentés, je recommanderai plutôt une autre enquête de l’auteure, qui serait considérée comme meilleure afin d’avoir un autre avis sur son potentiel.

Ma note : 9/20

[Mes Actua-Littés] [Angor] de Franck Thilliez

Voilà le livre que j’attends le plus à présent ! Tout juste annoncé, Franck Thilliez reviendra dans nos librairies préférées avec [Angor] dès le 9 Octobre prochain, toujours chez Fleuve Noir. Pas de prix annoncé pour le moment mais on peut s’attendre à une vingtaine d’euros, soit le tarif courant pour une sortie de ce genre. Bonne nouvelle, on sait déjà que le livre contiendra environ 620 pages, ce qui en fait le livre le plus conséquent réalisé par l’auteur. angorEnfin, pourquoi cette sortie est-elle si importante à mes yeux ? Parce qu’elle marque le retour de Lucie Hennebelle et de Franck Sharko et fait donc suite à Atom[KA], Gataca et le syndrome [E], trois merveilles du thriller français que je vous recommande vivement ! Un nouveau personnage, du nom de Camille, nous sera aussi présenté. Cette gendarme, de caractère, sera pleinement impliquée dans la nouvelle enquête et a la particularité d’être greffée du cœur.
On peut dès lors imaginer que le thème tourné autour de la greffe et peut-être de l’implication d’un organe étranger dans le propre corps.

franck thilliezLe synopsis pour l’instant serait le suivant : Camille Thibaut, gendarme à Villeneuve-d’Ascq, récemment greffée du cœur, fait un cauchemar récurrent, celui d’une femme séquestrée. Se sachant condamnée, elle décide d’en savoir un peu plus sur le donneur. Franck Sharko mène une enquête sur une femme presque aveugle, retrouvée sous un arbre, qui aurait été enfermée pendant très longtemps. Il remarque qu’il est devancé dans l’affaire.

Gageons que l’on aura plus d’éléments dans les semaines à venir ! Qu’en pensez-vous ? Jour J ou non ?