[Chronique] Le Trone de Fer, intégrale 5 de George R. R. Martin

trone de fer intégral 5

Fiche technique du livre
Auteur : George R. R. Martin
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2011 (VO) / 2014 (VF)
Edition : Pygmalion
Prix : 22,90 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 1222 pages

Quatrième de couverture
Le volume 5 de l’intégrale du Trône de fer clôt provisoirement un chapitre important de cette saga désormais célèbre dans le monde entier grâce à la magnifique série télévisée qui a battu des records historiques d’audience. George R.R. Martin, scénariste et producteur au cinéma et à la télévision de nombreux films et feuilletons, est également l’auteur chevronné de cinq romans a succès. Le premier tome de la série Le Trône de fer (Game of Thrones), accueilli avec enthousiasme par la presse unanime aux États-Unis, a obtenu en 1997 le prestigieux prix Locus. Davantage qu’un cycle de fantasy, Le Trône de fer apparaît comme une saga romanesque digne des meilleurs feuilletonistes du XIXe siècle, une invitation à l’émerveillement et à l’aventure, narrant les luttes intestines pour le pouvoir que se livrent les grandes familles du royaume imaginaire de Westeros

Mon avis
Enfin. ENFIN ! Il est ENFIN possible de découvrir en France ce cinquième « intégrale » du Trône de Fer tel qu’il a été conçu par l’auteur. Fini les multiples découpages, Pygmalion propose désormais l’intégrale en grand format dans une édition plutôt soignée. L’attente en valait-elle la peine ?

   Si l’on en croit George R. R. Martin, l’histoire qu’il a développé pour le quatrième tome du Trône de Fer était si vaste qu’il devenait obligatoire de la découper en deux tomes. Ainsi naquit ce cinquième intégral, faisant la part belle aux oubliés du précédent. Jon, Lord commandant du Mur, Stannis et Mélisandre, Daenerys et son règne à Mereen, Tyrion Lannister, Theon Greyjoy, ou Schlingue pour les intimes, sont autant de revenants qui viendront exposer leurs problématiques suite aux évènements survenus dans le troisième tome et donc en parallèle aux faits du quatrième tome. Cependant, de nouveaux visages font aussi leur apparition tout au long de l’histoire et au final ce ne sont pas moins de 16 points de vue différents et donc protagonistes qui nous conteront la suite de l’histoire des 7 couronnes, bien que la majeure partie de l’intrigue se déroule en réalité en dehors de Westeros.

   L’occasion de constater à nouveau que l’univers développé par l’auteur est juste incroyablement riche, voir infini. C’est simple, pour un cinquième tome, je ne m’attendais clairement pas à découvrir autant de nouvelles choses, qu’il s’agisse de lieux, du folklore de chaque cité, de légendes. C’est autant agréable que parfois frustrant. En fait, il y a tellement d’informations que j’ai trouvé qu’on frôlait parfois l’indigestion, et que cela devenait fouillis. Pourtant cela ne m’avait jamais posé problème jusque là car les nombreux rebondissements soutenaient le récit mais cette fois ce ne fut pas le cas. Ce qui est d’ailleurs le plus gros reproche que je peux adresser.

   Cette fois, pas question d’espérer vivre de grands moments épiques, des trahisons ultimes et des décapitations impensables trois pages auparavant : l’heure est à la réflexion. Le royaume a subi de lourdes pertes, la situation générale est très loin d’être au mieux dans l’ensemble du pays et chacun essaie à sa manière de réfléchir au futur et à consolider ses bases actuelles. La psychologie des personnages est largement mise en avant et l’on découvre les doutes et les remords qu’ils ont au plus profond de leur âme. C’est ainsi que je me suis pris d’affection pour Selmy Baratheon, dit Ser Grand Père, ou pour de nouveaux visages. Néanmoins, la répétition n’est jamais bien loin, et si un protagoniste suit un certain code d’honneur à la page 100, vous pouvez être à peu près sûr qu’à la page 1100, celui-ci sera inchangé à la lettre près…

   On gagne donc en profondeur ce qu’on perd malheureusement du côté de l’action et de l’intrigue. Autant être honnête, il se passe peu de choses, chacun étant embourbé dans de menus détails de son petit côté du monde, ce si vaste monde. Les rares moments d’éclat où George R.R. Martin m’a scotché de stupéfaction se retrouve ainsi perdus dans le flot de petites intrigues subsidiaires. Ma plus grande déception revient à Tyrion Lannister, qui tout en restant un personnage fantastique et incroyablement drôle, propose l’intrigue la plus ridicule et ennuyeuse qui soit (oui, pire que Daenerys). Après ce qu’il a traversé et accompli, je m’attendais franchement à mieux.

   De même, j’ai eu du mal à comprendre l’étrange « timeline » suivie par l’auteur. Je pense comprendre que son but est que tout les évènements se rejoignent durant ce tome pour ne former plus qu’un sur l’échelle du temps, mais c’était très mal amené. Certains personnages font donc un retour éclair à compter de la moitié du tome, tel qu’Arya, dont la soudaine l’apparition m’a plus que dérangé. Seulement, avec deux petits chapitres n’apportant que très peu, on peut se questionner sur l’utilité de son retour, qui brise l’enchaînement créée jusque là. Peut-être aurait-il été plus appréciable de ne tout simplement pas les inclure ? Contre toute attente, ma préférence va largement vers le quatrième tome, plus cohérent, comestible, et dont les intrigues m’ont davantage tenues en haleine.

« Ils ne changèrent d’attelage qu’à trois reprises ce jour là, mais semblaient s’arrêter au moins deux fois par heure pour qu’Illyrio puisse descendre de la litière et pisser son content.
Notre seigneur des fromages a beau avoir la taille d’un éléphant, sa vessie est grosse comme une cacahuète, jugea le nain. »

   Ces multiples déceptions n’entachent toutefois pas mon respect pour la plume de l’auteur, qui utilise une palette de mots incroyable et en joue comme pas deux. Les citations faisant mouche sont plus que nombreuses et j’avoue avoir beaucoup rit face aux situations assez cocasses proposées. De même, la nouvelle traduction française ne gâche en rien le plaisir de lecture. Certes, elle n’est pas à mon sens au niveau de celle fournie par Monsieur Sola, dont le travail était incroyable, mais elle est reste de très très bonne facture et ne dénature pas le style précédemment créée.

   En conclusion, trop est parfois trop. C’est un réel plaisir que de se plonger à nouveau dans les frasques de Westeros et de ses cités libres, mais clairement, jamais la lassitude n’avait pointé autant le bout de son nez lors de la lecture du Trône de Fer. Incroyablement long, extraordinairement fouillé (voir fouillis) et complexe, l’univers développé par George R.R. Martin ne cesse d’impressionner par son immensité et sa richesse. Néanmoins, à trop vouloir démontrer ses talents d’auteur et sa maîtrise de l’intrigue, l’auteur a mis de côté les petits plaisirs que j’ai aimé vivre en tant que lecteur, tel l’enchaînement de rebondissements bien trouvés, les palpitantes intrigues. Tout n’est pas à jeter, loin de là, mais n’escomptez pas vivre une aventure aussi trépidante que celles des précédents tomes : l’intrigue de la saga a à peine avancé. Maintenant que les pièces de l’échiquier sont en place, je n’ai plus qu’à attendre patiemment le sixième tome, qui a toute ses chances d’être explosif.

Ma note : 14/20

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10 réflexions au sujet de « [Chronique] Le Trone de Fer, intégrale 5 de George R. R. Martin »

    • Tu trouveras quand même pas mal de passages dans ce tome qui te remémoreront les évènements des précédents, mais il est vrai que c’est mieux avec des souvenirs frais du tome 4, pour mieux comprendre le parallèle entre les deux 🙂

  1. Je l’ai lu il y a … quatre ans ? à sa sortie VO, et j’avais aussi été un peu déçue. Ce tome est clairement plus mou que les précédents, et j’en ai maaaaarre de Daenerys et de Jon Snow, deux des personnages avec le plus de potentiel mais qui ne font rien depuis des milliers de pages ! Heureusement que ça bouge un peu du côté de Arya et de Sansa, même si on les voit peu. Et je reste sur mon avis : Bran for the win ❤
    Et Rickooooooon alors ? T.T

    • Tu résumes clairement ma chronique ! Toute cette attente pour ça ? J’étais vraiment déçu ! Le plus rageant est de connaître le potentiel énorme de la saga mais de constater que l’auteur s’amuse volontairement à faire durer le suspect… Quant aux personnages, on est d’accord qu’ils méritaient un poil mieux quand même !
      Rickon ? Je l’avais oublié, j’ai du rechercher sur le net s’il n’était pas déjà mort xD

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