[Chronique] Le Trône de fer, intégrale 4 de George R.R. Martin

le trone de fer intégrale 4

Fiche technique du livre
Auteur : George R.R. Martin
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2005 (VO) / 2010 (VF)
Edition : J’ai lu
Prix : 17,50 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 892 pages

Synopsis
Le royaume de Sept Couronnes ne cesse de s’enliser dans la guerre civile. Sur le Mur, l’intervention armée de Stannis Baratheon contre les sauvageons place le nouveau lord-commandant de la Garde de nuit dans une situation difficilement tenable.

Mon avis
Alors que la sortie de l’intégrale 5 en France semble toujours aussi incertaine et que la diffusion de la saison 4 à la télévision avance à grands pas, je me suis enfin décidé à lire l’intégrale 4, 3 ans après avoir été bouleversé par un troisième tome de folie.

   Contrairement à ce que j’ai pu lire, ce quatrième intégrale est en réalité la suite directe de l’intégrale 3. Il n’y a pas donc de « saut dans le temps » de 3 ans ou autre, on suit bien les mêmes intrigues que précédemment et c’est ainsi l’occasion d’assister aux conséquences des multiples carnages qui ont eu lieu mais aussi, disons-le sans trop spoiler, aux multiples remaniements imposés. On retrouve Arya Stark, dites Salins, dans son périple pour Braavos, Sansa Stark, dites Allayne, dans son nouveau rôle de fille bâtarde aux Eyriés, mais aussi Samwell Tyrell qui se voit confier une importante mission le conduisant jusqu’à Villevieille. Jaime Lannister a de plus en plus de mal à supporter et à comprendre sa sœur, il quitte finalement la capitale pour se retrouver dans les Conflans. C’est aussi l’opportunité de suivre Cersei Lannister, dont le rôle de Reine régente ne cesse de lui monter à la tête, Brienne, alias la Pucelle de Torth, dont la nouvelle attribution, retrouver Sansa Stark afin d’honorer le serment de Jaime auprès de Catelyn Stark, semble des plus impossibles et les fils et frères de Baelon Greyjoy, subitement décédé d’une chute des passerelles de son château après le passage d’une tornade des plus mystérieuses…

   Du beau monde donc, mais plusieurs têtes resteront absentes, l’auteur ayant fait le choix de découper l’intrigue de son tome en deux, chacune ayant ses personnages à suivre. Néanmoins, je vous avoue que le Trône de Fer m’emporte à nouveau très loin avec ce quatrième tome. Doté d’un rythme certes plus lent, et axé sur les intrigues centrés autour de Port-Réal et des 7 couronnes, George R.R. Martin y fait la part belle à de nombreux personnages, mais peut-être pas ceux qu’attendent les aficionados de la série TV, soit Jon Snow, Daenerys ou encore Tyrion Lannister. Qu’importe, le plaisir de lecture est bien présent dans ce tome, que je qualifierais de « rééquilibrage des forces »

   Plus que les précédents, ce tome-ci s’attarde à donner une vision globale des pouvoirs établis et des maisons propriétaires de chaque couronne. N’allait pas croire que parce que le prince Obéryn Martell est mort que personne n’est disposé à prendre sa relève. Ainsi, qu’on se place chez les Lannister, les Arryn (et le Val des Eyrié), les Martell, les Tully ou encore les Tyrell, il est précisément décrit l’étendue de leurs forces ainsi que les héritiers potentiels, qu’ils soient nouveaux ou non, frères ou cousins, oncles ou neveux. La recherche du pouvoir reste maîtresse quelque soit la situation et chacun poursuit complots et manigances afin de s’attribuer la part belle du gâteau. Cela en fait donc aussi un tome de mise en place, où la nécessité de relancer de nombreuses intrigues en incluant de nouveaux personnages ou en éclaircissant le background d’autres (notamment la famille Lannister et Cerseï, des passages que j’ai adoré) ralentit le rythme après un troisième tome m’ayant laissé peu soufflé durant la lecture. Toutefois, l’intrigue reste selon moi de grande qualité. Le sel qui fait du Trône de Fer une lecture succulente et à part est toujours présent. Si j’excepte une certaine lenteur, mon autre unique reproche serait la trop grande présence de cliffhangers en fin de tome.

   J’ai particulièrement adoré en apprendre plus sur le pays de Dorne. Comme d’habitude, l’auteur sait rendre unique chacune des contrées de Westeros et Dorne ne fait absolument pas exception. Dans cette contrée sud, ce sont d’autres mentalités, d’autres  sentiments qui nous attendent. Tout comme ses sables chauds et les Vipères d’Aspic, Dorne regorge de secrets et cachoteries en tout genre. J’ai été impressionné par les révélations faites à ce sujet et j’aurais aimé que les passages concernant la fameuse princesse de Dorne soit plus longs et plus présents tant ils m’ont plu. De même, découvrir Braavos, Villevieille ou même l’intérieur des terres en détail a vraiment été un plaisir et constitue pour moi l’un des points forts de ce tome.

   J’ai trouvé que l’aspect fantaisiste était plus présent. La sorcellerie pointe le bout de son nez, tout comme les prophéties et la divination, sans que cela ne dénature l’univers très médiéval. Il est très souvent questions de Dieux, des différentes religions existantes à Westeros, des croyances anciennes ou même de la Foi. Ces croyances revêtent d’ailleurs une importance particulière car elles font à présent clairement partie de l’intrigue et se montrent intéressantes.

   Je dois admettre que je suis triste à l’idée de ne plus lire la traduction de Monsieur Sola. Elle a été très critiqué sur Internet par les nombreux lecteurs, beaucoup n’appréciant guère cette avalanche de vocabulaires désuets, mais mince, ce qu’elle me plaît ! Elle apporte une touche unique au Trône de Fer et sur des chapitres comme celui de Cersei, c’est vraiment la localisation qui fait mouche ! Les termes choisis sont toujours parfaitement adéquats et on ne peut rêver mieux comme utilisation des mots pour la description et les actions. Je ne compte plus le nombre de phrases qui m’ont amusé justement par la manière dont elles étaient écrites.

   En conclusion, avec cette chronique, je tiens tout d’abord à rassurer. Si vous êtes de grands fans du Trône de Fer, tant pour son intrigue alambiquée que ses multiples trahisons et meurtres, que la traduction française vous sied et que vous n’êtes pas le lecteur à enrager car votre personnage préféré sera largement développé dans l’intégrale 5 : foncez ! Vous prendrez autant de plaisir à le lire que les précédents, bien que je regrette un rythme plus faible et moins de moments épiques que durant les deux tomes précédents. Un tome de transition donc. Un mal pour un bien assurément. L’histoire et l’univers continuent de gagner en profondeur tout en m’en m’émerveillant… ou en me coupant le souffle. La subtilité des révélations et l’art des complots ayant lieu à Westeros ne sont que du bonheur. Qu’à cela ne tienne, la guerre des 7 couronnes n’est pas prête de prendre fin.

 Ma note : 17,5/20

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Bilan des lectures de 2013 : de Janvier à Juin.

Bonjour à tous !

2013 est une année faste pour moi… Elle défile à une allure folle, et je réalise aujourd’hui que six mois se sont déjà écoulés. Une excellente raison pour prendre un peu de recul et revenir sur mes lectures favorites de ce premier semestre ainsi que mes déceptions mais aussi mes attentes futures.

Mes recommandations de cette première partie de l’année

L’Assassin royal de Robin Hobb

assassin royal tome 4 assassin royal tome 5 cover

Impossible pour moi de passer à côté de l’une de mes plus belles découvertes récentes. L’Assassin Royal est un concentré de poésie dans un monde cruel de fantasy. Robin Hobb a une plume superbe, et même lors des chapitres les plus ennuyeux, elle sait nous charmer et nous faire voyager loin dans son univers. Elle a su créer quelque chose d’assez unique, nous proposant à la fois un récit initiatique et une intrigue remplie de mystères, aux personnages marquants (je pense d’ailleurs à cette bonne vieille Caudron !). Quel bonheur de suivre le petit Fitz, que l’on a connu si jeune, dans ses aventures. Dépaysant, bourré de rebondissements inattendus, l‘Assassin Royal mérite une bonne place dans la librairie des amateurs de fantasy.
J’ai lu en 2013 les trois derniers tomes du premier cycle et ce fut un réel plaisir à chaque fois. Depuis, j’ai déjà commencé à acheter les tomes 7 et 8 du second cycle, ainsi que le premier tome des Aventuriers de la Mer, autre saga phare de l’auteur. Et comme cela ne me suffisait toujours pas, j’ai lu Retour au pays, une courte nouvelle très agréable se déroulant dans le Désert des pluies, et faisant office de prélude aux Aventuriers de la mer.

 

Le syndrome [E] et Fractures de Franck Thilliez

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Auteur fétiche de ce début 2013 et gros rattrapage de retard, Franck Thilliez m’a franchement bluffé. Alors que de vieux clichés me poussaient à lire davantage de thrillers d’auteurs américains, j’ai sauté le pas en 2012 en lisant des auteurs anglais, écossais et français. Depuis, ce cliché n’a vraiment plus lieu d’être tant Monsieur Thilliez m’a conquis. Qu’il s’agisse de Fractures ou du syndrome [E], ses livres m’ont scotché du début à la fin. Thriller sombre, suspense insoutenable, intrigue mêlant habilement fiction et faits réels, le tout saupoudré de rebondissements à foison me retournant le cerveau, voilà autant d’ingrédients qui forment une recette parfaite. Quand je pense qu’Atom[K]a attends toujours dans ma PAL…

 

Autre-monde, tome 2 : Malronce de Maxime Chattamn

malronce, autre monde tome 2

A mon sens, ce n’est jamais une tâche aisée de réussir une saga. Un premier tome peut être très bon et les suites inintéressantes, la faute à un univers finalement pas assez développé, des personnages peu intéressants ou tout simplement une intrigue moyenne, lente, sans réelle rebondissements. Avec ce second tome de Autre-monde, c’est tout le contraire. C’est la confirmation qu’il y a là un potentiel immense pour que le tout devienne une de mes sagas favorites. Extrêmement fluide, j’ai pris un plaisir fou à parcourir ce chemin vers le sud avec cette petite troupe de héros. J’ai adoré être sans cesse étonné par l’imagination de l’auteur pour son univers et je suis vraiment impatient d’avoir la suite. Moi qui avais commencé cette série en livre de poche, je crois que je vais finir par craquer pour les grands formats tôt ou tard…

 

La communauté du sud, tome 12 : mort sans retour de Charlaine Harris

la communauté du sud tome 12

Une grande histoire d’amour entre moi et cette saga, mon plaisir coupable favori. Ce douzième tome (déjà !) ne fait pas exception à la règle. Englouti en trois jours, j’ai retrouvé les sensations qui font de La communauté du sud une lecture à part mais si charmante. Intrigue décalée, personnages fous et attachants (avec en tête une Sookie qui ne cesse d’évoluer et de m’impressionner par sa « maturité » et sa nouvelle vision des choses), les éléments se mettent en place afin de proposer le final de la série, qui sera, je l’espère, génial.

 

Autres petits coup de cœur

billy-bat-tome-6ONE PIECE T66 vers le soleil

 

 

 

 

 

 

 

 

Les derniers tomes de One Piece et de Billy Bat se doivent d’être mentionnés dans ce bilan, tant j’ai adoré.
Pour One Piece c’est d’autant plus impressionnant que la série en est déjà à son soixante-sixième tome ! On ne change pas une formule qui marche et après tout ce temps, l’auteur continue de proposer les ingrédients qui font le succès de ce shonen et ce pourquoi j’apprécie.
Quant à Billy Bat, le sixième tome se rapproche davantage du polar que du fantastique ce qui n’est pas pour me déplaire. L’intrigue gagne en intensité et je retrouve vraiment le Naoki Urasawa qui a su me combler avec Monster ou 20th Century Boys. A suivre !

 

 

Les déceptions de 2013

Parce que tout n’est malheureusement pas beau et rose, je profite de ce bilan pour revenir sur deux déceptions littéraires de cette année, deux livres que j’ai abandonné et mis de côté et qui resteront sûrement sans chronique d’ailleurs.

Une place à prendre de J. K. Rowling

une place à prendre jk rowling

Énorme attente de l’année 2012 et pour cause : l’auteure d’un de mes livres favoris revient enfin avec du neuf. Seulement, je n’ai pas été convaincu du tout par ce nouvel ouvrage de JK Rowling, que je considère pourtant comme très talentueuse. Je me suis arrêté à la page 174 après avoir tenté vainement durant un mois d’avancer dans le livre. Malheureusement l’envie n’a jamais vraiment été présente et je n’ai pas apprécié cette satyre, trop crue et pessimiste à mon goût de la société anglaise actuelle. De par son thème, l’histoire ne me faisait absolument pas rêver, ne me faisait pas voyager comme le font d’autres ouvrages. De plus, l’absence de moments joyeux, d’espoir pour les personnages m’a profondément agacé et j’ai au final abandonné.

Les bannis et les proscrits, tome 3 : la guerre de la sor’cière de James Clemens

james clemens la guerre de la sorciere

Entre ce livre et moi c’est une histoire compliquée. Très compliquée. Tout d’abord car il s’agit du troisième tome d’une saga que j’ai pas mal apprécié jusque là. Parce que j’ai mis deux fois le livre de côté et que je dois en être à la page 500 sur 880. Et que certains aspects de la saga continue de bien me plaire. Et pourtant je n’arrive pas à continuer ce tome, l’envie n’est pas réellement présente. Je pense que c’est en partie du au fait que le rythme est lent, très lent, qu’il y a beaucoup de répétitions et surtout que l’auteur abuse d’une chose que je déteste : les facilités. Jusqu’ici, dès qu’un énorme problème surgit, une solution auquel personne n’avait pensé fait son apparition et sauve l’équipe d’une destruction fatale. Et cela a bien du arrivé presque dix fois dans ce tome. Bref, cela nuit à l’intrigue, puisque les rebondissements sont moins palpitants et qu’on ne prends plus peur pour l’héroïne : on sait d’avance que tout va réussir. A vrai dire, j’aimerais poursuivre ma lecture juste pour me prouver que j’ai tort !

 

Et le futur dans tout ça ?

stephen king dome t1

Je lis actuellement le premier tome de Dôme de Stephen King. J’ai passé le premier tiers du livre et pour le moment il me passionne beaucoup. Les descriptions de l’auteur sont vraiment tordantes et l’histoire m’intrigue au plus haut point. J’ai hâte de comprendre les origines de ce Dôme et de voir comment vont évoluer les choses. Car en tant que lecteur, je suis un peu au même point que les personnages du récit : impossible de prévoir quoi que ce soit tant à la base on ne sait rien sur cet étrange champ de force, si ce n’est qu’il existe et forme un huit clos autour de Chester’s Mill.

Pour la suite, j’espère sortir beaucoup de livres de ma PAL, qu’il s’agisse de fantaisie (Le Nom du vent, l’épée de vérité, Druides, etc.) ou de thrillers (Atom[k]a, un Noël à River Falls, Si tu reviens de Joy Fielding…) et surtout découvrir de nouveaux genres, de nouvelles lectures aux origines diverses. Évidemment, j’espère lire davantage qu’actuellement !

 

Et vous, chers lecteurs, quels sont vos livres coups de cœurs de ces six premiers mois, ceux que vous recommanderiez chaudement ?

[Chronique] L’Assassin Royal, tome 4 : le poison de la vengeance de Robin Hobb

assassin royal tome 4

Fiche technique du livre
Auteur : Robin Hobb
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 2000
Edition : J’ai Lu
Langue : Française
Nombre de pages : 349 pages

Synopsis

Les pirates, de plus en plus audacieux, ont commencé leur invasion dévastatrice. Royal, le fourbe, après avoir assassiné le souverain légitime, est monté sur le trône des Six-Duchés. Avec son entourage, l’usurpateur s’est replié à l’intérieur des terres, dans son fief natal, certain de ne plus être inquiété par Fitz, son ennemi intime, qu’il tient pour mort.

Grossière erreur, car le jeune bâtard, retiré loin de la cour, vit toujours. S’il ne perd pas espoir de se venger, il lui faut d’abord réapprendre à vivre, sous la patiente égide de Burrich et d’Umbre. Et choisir sa voie : celle de la civilisation… ou celle d’une magie primitive qui le lie plus que jamais à Oeil-de-Nuit ?

Mon avis (contient des spoilers)
La saga de l’Assassin Royal constitue l’une de mes surprises les plus importantes en cette année 2012. Connaissant la saga de nom depuis un moment, je n’avais jamais sauté le pas jusqu’à récemment. J’ai englouti les trois premiers tomes de Septembre à début Novembre, avec seulement 3 petits jours pour le tome 3. J’étais donc très heureux et impatient de me replonger dans cette lecture.

   Qu’on se le dise, le tome 4 commence fort. Et non pas parce que l’action est maître, mais plutôt parce qu’il s’agit d’une suite on ne peut plus directe au dénouement du tome 3. Et cela commence fort car émotionnellement c’est du lourd ! Fitz est encore en vie… Mais est-ce bien lui ? Peut-on braver la mort sans en garder quelques séquelles ? On retrouve dès les premières pages l’une des forces de cette saga, un point qui m’avait beaucoup séduit dans les précédents tomes : la qualité d’écriture. L’auteure manie les mots avec une telle aisance et une telle puissance. C’est beau, tout simplement. Les phrases faisant mouche et les citations paraissant cultes sont légions ! Un exemple d’une phrase pourtant si simple et que j’ai adoré : « Parfois on ignore la gravité de sa blessure tant que quelqu’un d’autre ne la sonde pas. » Une bien jolie phrase à la base qui gagne en puissance lorsqu’elle est replacée dans le contexte du livre.

   On assiste donc à un début de tome puissant et captivant mais aussi déroutant. Je ne suis pas le plus grand fan du Vif et l’auteure adore laisser certains éléments « magiques » inexpliqués, me perdant un peu en tant que lecteur. On a du mal à retrouver notre petit Fitz mais après toute la souffrance qu’il a subi, n’est-ce pas normal ? C’est d’ailleurs un point intéressant, car en lisant la dernière partie du tome 3, absorbé comme je l’étais, je n’avais pas réalisé les épreuves que vivaient Fitz. Avec ce tome 4, on assiste clairement à ce changement, les descriptions de la psychologie et l’évolution de Fitz dans sa vie de très jeune adulte sont juste excellentissimes et poignantes. Fait rare dans un livre, j’ai « souffert » en même temps que le héros.

   Qui dit changement de personnalité implique bien souvent un profond changement dans la vie d’une personne. J’étais un peu étonné de la tournure que prenaient les choses aux alentours de la page 70 mais finalement cela était censée. Cependant le but initial reste le même et Fitz redevient rapidement motivé par un unique but : la vengeance. Royal doit mourir, qu’importe si lui doit y passer aussi. Cette résolution prise, notre héros démarre un voyage long à travers les Six-Duchés. On découvre alors les divers duchés, leurs particularités, la géographie de chacun ainsi que ses villes et les mentalités des habitants de l’intérieur. C’est l’occasion pour l’auteure de démontrer à nouveau ses talents lorsqu’il s’agit de décrire des environnements et les interactions humain / nature. Plaisantes, mais trop nombreuses, j’aurais apprécié qu’il y en ait un poil moins. L’histoire de ce tome ne se situant plus dans un château, Fitz est amené au cours de son voyage à effectuer de nombreuses rencontres, très intéressantes, certaines nous apprenant même des éléments importants sur l’univers de la saga (tel que le lignage). Un peu de neuf donc mais avec le recul j’ai quand même l’impression que ces rencontres ne l’ont mené nulle part. Comme s’il n’en tirait aucun enseignement. Ce qui est bien dommage.

   Assez lent dans sa progression, ce tome 4 dans sa globalité a du mal à captiver autant que ses prédécesseurs. Pourtant il se passe de nombreux évènements et c’est toujours aussi bien écrit, mais une fois à la moitié du livre, je me suis parfois ennuyé. Peut-être cela est dû au fait que Robin Hobb gère mal le passage d’une situation à une autre. Peut-être que les évènements manquaient de piquant, soit parce qu’ils avaient un goût de déjà-vu, soit parce qu’ils n’étaient pas aussi importants que ceux qu’on a pu vivre précédemment. Ou peut-être est-ce simplement dû au fait que ce tome marque une transition avec le style narratif que nous connaissions, pour passer de la politique de la cour à la survie et à la vengeance. Notons quand même qu’une certaine redondance apparaît dans la vie de Fitz et certains passages font répétition, ce qui est assez « incroyable » quand on sait qu’il effectue un voyage totalement inédit pour lui… Des défauts donc, qui laissent un goût de moins bien, même si les 80 dernières pages rattrapent tout ça et que l’on finit sur une bonne note, comme d’habitude à présent.

    En conclusion, le tome 4 de l’Assassin Royal est un bon tome, mais inférieur à ses prédécesseurs. Possédant un style d’écriture toujours aussi plaisant et un univers très attachant, Le poison de la vengeance souffre d’un gros problème : être inégal. On a, à la fois, un des meilleurs débuts de tome de la saga mais aussi des passages plus creux, plus ennuyeux et lents que ce à quoi Robin Hobb nous a habitué. Cette mauvaise gestion du rythme fait que je me suis parfois ennuyé au cours de la lecture, chose qui n’était pas arrivée précédemment. Cependant il convient de bien nuancer ces propos. Oui des défauts en ressortent, qu’ils soient scénaristiques ou narratifs, mais on reste tout de même en présence d’une lecture très satisfaisante et les divers évènements survenant dans la dernière partie du tome me rende impatient de lire la suite.

 Ma note : 15,5/20

[Chronique] Billy Bat, tome 4 de Naoki Urasawa

billy-bat-tome-4

Fiche technique du livre
Auteur : Naoki Urasawa
Genre : Seinen, Thriller fantastique
Année d’édition : 2012
Edition : PiKa Edition
Langue : Française
Nombre de pages : 238 pages

Synopsis
Tiré de la quatrième de couverture (Attention spoil !). États-Unis, début des années 60.
Kevin Yamagata, le dessinateur de Billy Bat, n’est plus que l’ombre de lui-même. Il s’est réfugié dans l’alcool pour échapper aux apparitions de la chauve-souris qui le harcèle et le pousse à dessiner des choses qui le dépassent : manipulé par un groupe de conspirateurs, un mystérieux Oswald serait sur le point d’assassiner le président…

Mon avis
Tout d’abord, pour mieux apprécier ce tome, je pense qu’il est important de ne pas lire la quatrième de couverture qui spoil beaucoup l’intrigue. On peut découvrir aisément certains éléments et le fil conducteur mais d’autres non alors autant conserver la surprise 🙂

Ce quatrième tome de Billy Bat commence par nous ramener à une époque plus proche… Fini le Japon médiéval, bienvenu les 60’s ! Dès les premières pages, on découvre un personnage du nom de Oswald, qui en plus d’être bizarre (c’est vraiment le terme), semble cacher de nombreux secrets. Son nom vous est probablement familier et une fois le rapprochement fait, vous aurez donc une idée précise de où l’auteur souhaite nous emmener ^^. On rencontre Lee Harvey Oswald à de très nombreuses reprises durant ce tome et il est évident que ce personnage aura une grande importance dans le récit. Autre personnage central de ce tome, Kevin Yamagata fait enfin son grand retour en tant que personnage de premier plan. L’ayant particulièrement apprécié durant le tome et demi où on le découvre, le revoir fut un réel plaisir, d’autant plus que tout comme Oswald, son rôle s’annonce conséquent dans l’histoire.

L’histoire parlons-en ! Enfin, Billy Bat revient aux bases ! En découvrant ce nouveau tome, j’ai eu l’impression que Naoki Urasawa et son collègue co-scénariste se sont rendus comptes qu’ils ne pouvaient plus continuer à perdre le lecteur ainsi et qu’il était nécessaire de revenir à un récit plus structuré, compréhensible, qu’il soit plus aisé de suivre. C’est donc une excellente nouvelle puisque personnellement le tome 3 m’avait ennuyé sur plusieurs points et j’avais peur que la qualité de la série continue de décroître… Par ailleurs, ils ont aussi pris le temps de détailler plus longuement vers quoi le récit va nous mener (sur au moins plusieurs tomes je pense). Inspiré d’un grave fait réel très célèbre, l’auteur indique l’ensemble des éléments permettant de recouper la réalité de la fiction et comment cette mystérieuse chauve-souris va interférer. Plus compréhensible, certes, mais pour autant plus fourni en réponses… Ce tome 4 reste profondément emprunt de mystères et de nombreux éléments sont laissés en suspens. Ce n’est malheureusement pas ici que nous allons en apprendre plus sur l’énigmatique chauve-souris ou ses intentions.
Le rythme de ce tome est plutôt rapide, et si je dois le résumer, je dirais qu’il s’agit d’un tome de transition vers un nouvel arc et son début pour cette série. Le but de ce tome 4 est clairement de relancer l’intrigue et de placer le contexte qui va servir de base aux prochains tomes. Se déroulant dans une époque proche de la notre, Naoki Urasawa multiplie les références à la culture occidentale des années 60 et de nombreux caméo font sourire. Connaissant davantage cette partie de l’histoire, je me suis attaché plus facilement au récit. J’ai beaucoup aimé les choix fait par l’auteur et la tournure des évènements . Je suis curieux et assez impatient de voir la tournure que vont prendre ces évènements et je me demande quelles épreuves vont vivre (subir ?) les différents personnages.

Quelques mots concernant l’édition en elle-même : PiKa continue à nous proposer une édition de qualité. Certes le livre est légèrement plus cher que les manga de « base », mais nous sommes largement gagnant quant à la qualité de l’édition. De plus, avec 238 pages, ce tome est bien fourni, même s’il manque toujours ce fameux récapitulatif / résumé en début de tome.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié ce tome, bien plus que les précédents. La série repart sur de bons rails et intéresse bien plus qu’au cours du troisième tome. Je suis ravi de constater que Naoki Urasawa a décidé de continuer son histoire de façon plus construite, en détaillant le contexte que l’on va suivre pour plusieurs tomes à venir. Revoir Kevin Yamagata au premier plan fait plaisir et je suis curieux d’en apprendre davantage sur les forces en action et les évènements à venir… Bien que l’issue semble inéluctable.

Ma note : 16/20