[Chronique] Chronique du tueur de roi, première journée : Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss

le nom du vent

Fiche technique du livre
Auteur : Patrick Rothfuss
Genre : Fantasy
Année d’édition : 2009 (VF) / 2007 (VO)
Edition : Bragelonne
Prix : 25 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 800 pages

Synopsis
J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi les pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec les dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi.

Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance, dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d’audace, dans une prestigieuse école de magie où l’attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets…
Découvrez l’extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d’exception… infâme assassin.
Découvrez la vérité qui a créé la légende.

Mon avis
Le Nom du Vent… Un titre me laissant rêveur, à la couverture extrêmement attirante et au synopsis plus qu’intriguant. Trop tentant pour être éviter… Qu’en est-il réellement ?

   Dans son monde, Kvothe est un personnage légendaire. Auréolé de mystère, tout le monde connaît son histoire, ou croit la connaître. Chroniqueur, de son côté, écrit la vie des gens, leur histoire. Mais surtout, ce scribe célèbre démystifie, cherche la vérité. C’est assez par hasard qu’il rencontre la route de Kvothe, devenu Kot, simple aubergiste d’une petite bourgade. Très vite il réalise qui se tient devant lui… et cherche à savoir. Ainsi va commencer l’écriture des chroniques d’un homme pas comme les autres. Comment un petit garçon, fils de comédien itinérant, membre de la tribu des Edema Ruh, est-il devenu cette légende ? Qu’as-t-il réellement accompli ? Son récit nous emmène loin, loin dans son passé, de sa plus tendre enfance sur les routes vers le début d’un long périple. Je n’ajouterais rien en ce qui concerne l’intrigue en elle-même, la quatrième de couverture le fait très bien ^^.

    La construction du récit a tout pour nous dérouter au premier abord. On comprend vite que l’utilisation du terme chronique dans le titre n’est pas usurpée. Très concrètement, Kvothe se décide enfin à raconter son histoire, sa vie, telle que lui l’a vue et l’a vécue. On alterne chapitres, dit interludes, où Kvothe n’est plus le conteur et où on le voit à la troisième personne tandis que les chapitres (la majorité du livre quand même) concernant son passé le voient être narrateur et utiliser la première personne.  Un découpage intéressant, capable de nous ramener à la « réalité » d’une page à l’autre et qui m’a énormément impliqué dans l’histoire de Kvothe.

   En ce qui concerne l’histoire à proprement parler, pour un tome d’introduction à cette trilogie, j’ai trouvé l’ensemble de très bonne qualité. L’introduction, longue, néanmoins nécessaire, ne fait qu’épaissir le mystère de son héros mais aussi de son univers. J’ai toujours apprécié les récits initiatiques où l’on rencontre des légendes en devenir dès leur plus tendre enfance, surtout quand celle-ci est aussi riche. J’ai commencé à avoir du mal à décrocher lors de l’arrivée à l’Université de notre héros tant les passages intéressants ont commencé à s’enchaîner, et ce globalement jusqu’à la fin du tome. Cela ne signifie pas que les parties précédentes sont moins intéressantes, mais j’ai eu l’impression que l’entrée universitaire était plus soignée, plus recherchée, plus palpitante. J’ai ressenti à ces moments des influences Potteresques, notamment dans les rencontres et certains dialogues, ce qui en grand fan de l’œuvre de J. K. Rowling n’est pas pour me déplaire. Au rayon des reproches, je dois avouer qu’il y a quand même certaines longueurs par endroit et que j’aurais aimé une fin de tome plus poignante. Il faut savoir qu’à l’origine, Chronique d’un tueur de roi n’est qu’un seul livre qui a été découpé en trois parties pour des raisons éditoriales (entre 2000 et 3000 pages le pavé !), ce qui peut expliquer la faiblesse de la fin, qui n’en est pas réellement une.

    L’univers mis progressivement en place est extrêmement bien construit et est à mon sens un des points forts de ce livre. L’auteur n’a pas hésité à créer un tas d’éléments propres aux codes de la fantaisie. Il y a donc de nombreuses légendes peuplant ce monde, une vraie Histoire avec ses guerres, sa mythologie, ses changements, une géographie intéressante, différents peuples utilisant différents langages, un petit bestiaire et même la présence d’autres races. C’est très complet et bien exploité avec ce qu’il faut de non dit pour être amener à s’interroger sur les secrets de ce monde.

   De même, les personnages dépeints sont très intéressants et on s’y attache rapidement. Tous ont su me marqué d’une façon différente même ceux qu’on ne fait que croiser. Comme j’ai aimé Ben, Simmon et même Denna ! Cette fille, pleine de mystère, de malice et au comportement si peu conventionnel m’a tout simplement fait craquer. On ne sait jamais à quoi s’attendre avec elle et chacune de ses apparitions ou rencontres avec notre Kvothe m’a offert de superbes moments. De quoi ajouter du piment à l’ensemble et de la surprise. Bien évidemment, le héros n’est pas en reste et a bénéficié d’un soin exemplaire. Très profond, Kvothe a ses qualités mais aussi ses défauts. Arrogant, impatient, il se lance parfois dans de folles entreprises et devient un héros souvent malgré lui. Ce côté très humain le rend lui aussi attachant et on ne souhaite qu’une chose : avancer avec lui et comprendre, découvrir l’homme qu’il est devenu.

   Le Nom du Vent reste un petit pavé pour lequel il faut prendre réellement le temps de se poser et de lire. Mais il vous le rend tellement bien ! C’est  une lecture très belle, qui m’a rappelé par ailleurs l’Assassin Royal car c’est merveilleusement décrit et le style d’écriture utilisé est vraiment beau. Bien sûr, il y a pas mal de phrases un peu « longuettes » mais le vocabulaire y est si riche et les mots sonnent si bien entre eux… Il y a un côté poétique présent tout au long du livre qui fut un vrai régal. Un point positif supplémentaire qui achève de me charmer.

En conclusion, Le Nom du Vent fut une lecture délicieuse. Je ne suis pas loin du coup de cœur, tant il a su me plaire ! Sans être le meilleur récit de fantaisie de la décennie, la faute à de trop nombreuses longueurs et un récit un poil trop conventionnel, le titre peut se targuer de disposer de nombreuses qualités. A commencer par son univers riche et intéressant à parcourir. Sa construction et sa narration, lui conférant une certaine identité. Le style d’écriture adopté par l’auteur, riche et à l’allure poétique. La profondeur de son personnage principal tantôt agaçant, tantôt adorable mais si attachant. Des qualités qui m’ont conduit progressivement à craquer pour ce livre jusqu’à le dévorer -littéralement-. J’en redemande !

Ma note : 17,5/20

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Le nom du vent 2

Oui, il s’agit bien de la Première journée de Chronique du tueur de roi : Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss. Cette couverture, en particulier dans son premier tirage très limité, est absolument magnifique. C’est un véritable appel à l’aventure, à l’exploration, à la découverte. Les couvertures m’attirent rarement mais celle-ci m’a hypnotisé dès que je l’ai vu ! De plus, il faut reconnaître que les éditions Bragelonne ont fait un travail exemplaire concernant la reliure ou même le choix du papier. Tout est fait pour qu’on ait l’impression de posséder un objet de valeur. Cher, bien plus que la version anglaise, mais tellement charismatique !

A noter que l’illustration originale de cette couverture est la suivante :

le nom du vent vraie couv

Et vous, quel est votre plus beau livre ?