[Chronique] Comme deux gouttes d’eau de Tana French

comme deux gouttes d'eau tana french

Fiche technique du livre
Auteur : Tana French
Genre : Polar / Thriller
Année d’édition : 2009 (VF)
Edition : Points
Prix : 8,20€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 571 pages

Synopsis
Lorsque l’inspecteur Cassie Maddox est appelée sur les lieux d’un meurtre ; elle perçoit dans la voix de ses collègues une tension inhabituelle. Et pour cause : la victime lui ressemble trait pour trait, et porte des papiers au nom d’Alexandra Madison. Une identité que Cassie a inventée et dont elle s’est servie, voilà des années pour infiltrer un réseau de trafic de stupéfiants. Afin de démasquer l’assassin, les policiers de Dublin imaginent le plus dangereux des stratagèmes : prétendre qu’Alexandra a survécu a ses blessures et obliger Cassie à se faire passer pour elle. La voici qui intègre le : vieux manoir qu’Alexandra partage avec quatre amis, étudiants comme elle à Trinity College. Un lien étrange les unit : ils vibrent d’un même amour pour la littérature, d’un même refus de s’encombrer de leur passé. Dans ce huis clos où le moindre faux pas lui serait fatal, enfermée dans la peau d’une autre, l’inspecteur Cassie Maddox va servir d’appât…

Mon avis
Un synopsis plus que séduisant, m’intriguant dès que j’ai trouvé ce livre, enfoui dans les étagères du Book-off. Il n’en fallait pas plus pour qu’il arrive à la maison.

   Il y a toujours une légère appréhension à découvrir un nouvel auteur mais c’est une expérience qui apporte à chaque fois quelque chose. Tana French fait partie de ces belles surprises. Comme deux gouttes d’eau est un polar que je qualifierais comme étant original, selon mes critères en la matière bien sûr.

   Se déroulant en Irlande, pays bien choisi pour ses valeurs comportementales et rurales qui seront développées, l’histoire tourne autour de Cassie Maddox et du meurtre de Lexie Madison. Classique jusque là. Cassie est inspectrice aux violences conjugales et n’a en principe rien à voir avec ce corps retrouvé dans cette petite masure, non loin de Whitehouse. Pourtant, le physique de cette femme, et son nom surtout Lexie Madison, l’interpelle. Car en plus d’être un sosie quasiment parfait, Lexie Madison utilise une identité créée de toute pièce plusieurs années auparavant… par Cassie elle-même et son chef, lorsque cette dernière bossait en tant qu’infiltrée dans une affaire de drogue. Qui était vraiment Lexie Madison ? Qui souhaitait sa mort et a su si bien maquillé son crime ? Autant de questions qui vont pousser Cassie à reprendre sa casquette d’infiltrée et devenir Lexie.

   Rassurez vous, pour ceux qui pensent que cela est bien compliqué, c’est très bien amené et expliqué durant le déroulement. L’intrigue ne manque pas non plus de crédibilité et je me suis rapidement et entièrement immergé dans cette intrigue. Globalement, on pourrait la décomposer en trois grandes parties : la découverte du cadavre et la mise en place de l’infiltration, l’infiltration en elle même en huis clos et enfin le dénouement.
Là où Comme deux gouttes d’eau fait fort, c’est qu’il n’est pas seulement un polar d’infiltration, il y mêle aussi de manière très habile les éléments du huis clos et une enquête simple, mais non simpliste, autour d’un meurtre. N’y cherchez pas la conspiration internationale ou le serial killer au 100 victimes, vous ne le trouverez pas. Le charme réside ailleurs.

   La psychologie des personnages développée par Tana French est clairement l’un des points qui marque dans ce polar. Qu’il s’agisse du club des 4, de notre fameuse inspectrice ou même de l’équipe policière autour de l’affaire, tel que Mackey, chacun a bénéficié d’un réel soin, qui englobe à la fois un sérieux background servant l’intrigue mais aussi la constitution d’un réel caractère et comportement. L’impression de les connaître est palpable et je me suis très attaché à eux. Profond et empli de mystères, l’envie de les connaître davantage était dévorante. C’est donc un vrai coup de coeur que j’ai eu pour cette galerie de personnage, que j’espère vraiment retrouver dans un autre livre de l’auteure.

   Si je ne vous ai pas encore convaincu de mon attachement pour ce livre et de vous y intéresser, laissez moi terminer par cette fin très réussie. Savamment construite, répondant à toutes nos interrogations et points en suspens, elle se paye le luxe d’offrir un dénouement à chacun des personnages et de m’émouvoir par surcroît. Je ne préfère pas revenir sur les différentes émotions offertes par ce final, de peur de vous spoiler, mais elle est de celle qui vous laisse un goût étrange, poignant, refermant le livre avec regrets et m’obligeant à patienter avant de démarrer une nouvelle lecture.

   En conclusion, Comme deux gouttes d’eau est un véritable coup de cœur, un joyau surprenant, révélant ses multiples facettes jusqu’à sa toute dernière ligne. Polar doté d’une intrigue solide, très originale, et parsemée de rebondissements de plus ou moins grande intensité, j’ai été séduit par son concept de sosie infiltré en huis clos au sein de la belle maison de Whitehouse. Son final, inattendu, prenant et émouvant ; sa galerie de personnage, charismatiques, mystérieux et pourtant si attachants, et la superbe plume de Tana French sont autant d’ingrédients composant ce parfait cocktail. Une très belle découverte, assurément.

 Ma note : 18/20

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[Chronique] Dôme, tome 2 de Stephen King

dome tome 2 cover

Fiche technique du livre
Auteur : Stephen King
Genre : Fantastique / Horreur / SF
Année d’édition : 2011 (VF) / 2009 (VO)
Edition : Le livre de poche / Albin Michel
Prix : 8,90 euros
Langue : Française
Nombre de pages : 744 pages

Synopsis
Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort.

A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible.

Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient.

Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe.

Mon avis

A peine la dernière page du premier tome lue que ma décision était prise : je me devais d’obtenir ce second tome juste après ma journée de travail ! Chose faite.

   Je me dois de rappeler dans un premier temps que ce second tome de Dôme n’en est pas réellement un. Pour des raisons financières, l’éditeur français Albin Michel a décidé de découper ce qui est en réalité un stand-alone. Une fois cette information en tête, on n’est pas étonné de constater que le second tome reprend exactement là où s’est terminé le premier et que la construction du récit, par gros chapitre telle une série télévisée, est conservée. Je ne spoilerai aucun des éléments de l’intrigue de ce tome car il est important que vous conserviez toute la surprise à la lecture. Toutefois, sachez qu’il y a énormément de rebondissements, toujours aussi inattendus et spectaculaires. Plus nombreux que dans sa première partie, certains passages sont absolument incroyables et prenant tant ils sont énormes ! On sombre dans l’horreur, la folie la plus pure, bref une vraie catastrophe. Quant à l’avant dernière partie, elle est juste magistrale ! Soyez prêts.

   Si le premier tome pouvait déjà surprendre par certaines scènes hallucinantes, autant avouer qu’à côté de ce second ouvrage, il fait finalement pâle figure. Ici la décadence et la montée en force des événements est reine et ce qui était auparavant choquant devient à présent complètement horrible. Les descriptions restent toujours autant incroyables de précision et plus on avance et plus je me suis senti concerné par le sort des habitants de cette petite commune, qui a vécu le temps de la lecture dans mon esprit. Tout était présent.

   Un autre point fort de ce second tome est le rythme, effréné. On ne s’ennuie jamais tant les gros rebondissements s’enchaînent. Hypnotique. Fou. Le dôme sait intriguer du début à la fin. Je mourrais d’envie d’en savoir plus. Lorsque le premier tome s’attardait davantage sur les descriptions de ses personnages, sur certaines joutes verbales ou l’histoire de Chester’s Mill, le second tome se démarque par sa volonté de faire avancer à grands pas le récit. Une vitesse presque déroutante par endroits ! Pour vous prouver le caractère complètement addictif qu’a eu le second tome sur moi, voici un fait intéressant. Tout en travaillant, en m’occupant de ma petite vie et m’offrant quelques sorties, j’ai quand même réussi à boucler les 744 pages en… trois jours et demi. Autant vous dire que j’ai bien peu dormi, mais il m’était impossible de fermer le livre une fois le nez mis dedans !

   Pour répondre aux questions concernant la narration adoptée par Monsieur King, je dois admettre que, je n’ai eu aucun problème avec ce style d’écriture. C’est même un des points que je retiens le plus, cette facilité à enchaîner des lignes de description courtes, cruelles, poignantes, mesquines et pourtant si appréciables… De même, les personnalités de chacun étant bien définies dès le début, tout comme l’apparence physique, je n’ai eu aucun mal à me repérer parmi la population de Chester’s Mill et à me focaliser sur les évènements.

   Un point que j’ai adoré dans ce tome est la mise en avant des personnages secondaires. Ces derniers viennent même à prendre autant de place que le héros, Barbie, et c’est vraiment une bonne chose tant ils sont intéressants, et Barbie quelque peu limité dans son background. Mes petits favoris après lecture sont donc Rusty, qui m’a impressionné par son courage, et Julia Shumway. Bien que dans l’ensemble, ils gagnent tous en profondeur, je dois tout de même reconnaître qu’ils n’en deviennent pas inoubliables (sauf un). Je dirais qu’ils sont parfaits dans le rôle qui leur est attribué. Aussi, je pense que le style du livre ne se prête pas à un trop grand développement des personnages. Comme je vous l’indiquais, bien entendu, je ne peux pas écarter si facilement Big Jim Rennie -il m’en voudrait !-. Ce protagoniste est tellement méchant et cruel qu’il en devient attachant et drôle. Sa folie n’a aucune limite si bien qu’on en vient à attendre (im)patiemment quel va être son prochain délire ou même sa future réplique cinglante. Un grand malade que j’adore, du genre à me marquer au fer rouge et à figurer dans mes méchants favoris pour les années à venir.

   Le thème développé fait de Dôme un livre qui vous fait réfléchir sur le vrai comportement des êtres humains. Celui que vous ne soupçonnez pas être en vous et qui peut ressortir lorsque vous êtes mis à mal. Clairement, et même si parfois c’est un peu trop manichéen, Stephen King offre une analyse intéressante sur la descente vers la folie, sur les réactions que notre cerveau peut déclencher lorsqu’il ne se sent plus en sécurité. Un tableau parfois stéréotypé mais si proche de la vérité.

   Reste une fin qui divisera à coup sûr. Pas assez complexe, trop courte, insatisfaisante par certains aspects voire manquant de croustillant ou de courage après nous en avoir fait voir de toutes les couleurs, on s’accordera tous pour admettre que la conclusion aurait pu être mieux. Sur moi, elle aura provoqué une pointe de frustration et une légère déception, peut-être parce qu’inconsciemment j’avais décidé d’être indulgent à ce moment là. D’autres jugeront la chute bien plus sévèrement.

   En conclusion, Dôme est clairement l’un de mes livres de l’année 2013. Quelle puissance dans ces deux tomes ! Bien sûr, je ne peux que reconnaître que la fin est un peu maladroite à mon goût, et qu’en plus d’être abrupte, elle ne m’est pas apparue totalement claire. Mais qu’importe cette légère déception quand le reste est de très, très haute volée. Encore plus prenant que la première partie en faisant la part belle à l’action, l’horreur et aux rebondissements, les pages défilent finalement à toute allure dans un unique but : vous rendre accroc et vous angoisser par tant de folie. Sincèrement, je ne peux que vous recommander cette lecture coup de cœur, au style et à l’histoire qui ne vous laisseront pas indemne.

Ma note : 18/20

[Chronique] Dôme, tome 1 de Stephen King

dome tome 1 cover

Fiche technique du livre
Auteur : Stephen King
Genre : Science Fiction / Horreur
Année d’édition : 2009 (VO) / 2011 (VF)
Edition : Le livre de poche / Albin Michel
Prix : 8,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 840 pages

Synopsis
Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Mon avis
Dôme est une lecture qui m’a longuement attiré. Son concept de base et la réputation de l’auteur avaient tout pour me plaire. Pour un premier King, je ne me suis pas trompé.

   Scénaristiquement, la quatrième page de couverture en dévoile trop à mon goût mais est aussi un peu fausse. Chester’s Mill, petite commune touristique du Maine, va vivre un étrange évènement une belle matinée d’automne. L’histoire se lance très vite. Plusieurs habitants de Chester’s Mill, situés à des points différents de la ville vont vivre leurs pires expériences : l’apparition d’une étrange barrière. Une barrière qui va les couper du monde extérieur. L’environnement qu’ils connaissaient tous si bien va soudainement se révéler déroutant, mortel et… fermé. Surgit alors un côté Chester’s Mill, et un côté « extérieur ». L’apparition de ce qui sera ensuite appelé le Dôme ne se fait pas sans heurts. Alors que la barrière est installée en une micro seconde, et qu’elle est de surcroît invisible, comment un poids lourd peut-il l’éviter ? S’en suit une série d’accidents peu communs qui indiqueront les caractéristiques de ce Dôme. Qu’est-ce donc réellement ? Quelles sont ses limites, ses capacités ? D’autres habitants, comme Big Jim Rennie, second conseiller de la ville mais principal décisionnaire, y verront là l’occasion d’agir, « pour le bien de la ville et de ces cueilleurs de cotons ». Progressivement s’installe une intrigue en huis clos, de survie sous un mystérieux dôme. Le récit ne se repose donc pas uniquement sur le Dôme, puisque de multiples histoires entre les personnages se développent et viendront former un tout. Cela ne signifie pas qu’il ne s’agit que d’un prétexte au huis clos : du début à la fin, l’influence du Dôme sera présente et c’est bien l’existence de cet étrange barrière que découlera les réactions de chacun.

   Comme je le disais au tout début, le pitch de départ est vraiment excellent. L’histoire m’a toute de suite conquis, autant à cause du mystère entier que représente cet étrange Dôme, mais aussi par la réaction de chacun à ce phénomène. De plus, l’auteur laisse toutes possibilités ouvertes et cela permet de poser mille questions et de s’imaginer tout et n’importe quoi sur l’origine du Dôme, son but, sa source. Est-ce une invasion des ET ? Un complot du gouvernement ? Le retour des russes ? Une invention ratée… ?

   Stephen King prend vraiment le temps de détailler son histoire, de poser son intrigue et de l’exploiter. Lorsque surgit le Dôme, c’est en effectuant des sauts spatiotemporels que nous apprenons comment cela est vécu par chaque habitant de Chester’s Mill mais aussi par les habitants extérieurs. Cette apparition qui dure tout de même durant une bonne centaine de pages ne m’a nullement ennuyé car à partir d’un simple évènement (l’apparition du dôme), l’auteur a recours à un tas de possibilités et j’ai été épaté par autant de trouvailles. Du point de vue d’une simple marmotte au crash d’un avion avec cette malheureuse Claudette, tout est visité. De plus, les descriptions volontairement tordantes, à la fois satyriques et cruelles, de la population de Chester’s Mill contribuent à s’attacher au récit et à l’apprécier davantage. Je dois reconnaître qu’au départ j’ai eu des difficultés à bien me repérer entre les habitants car le livre compte un grand nombre de personnages différents. Une fois ce cap passé, c’est un vrai bonheur puisqu’au final cela donne l’opportunité d’observer beaucoup de personnalités différentes, chacune avec un background précis. Cela m’amène d’ailleurs à un des grands points forts du livre : la psychologie présente. Les comportements humains sont ici si bien décrits et analysés que c’en est jouissif ! Certains penseront que quelques personnages sont plutôt clichés, et ce n’est pas faux, mais ils semblent tous si réels ! Les actions des uns et des autres entraînent des changements de comportement plutôt crédibles, des plans se mettent en place, l’horreur s’installe… Tout est lié et c’est un véritable écosystème qui s’est développé dans mon cerveau.

   Par ailleurs, et cela va de pair avec la psychologie, les personnages sont clairement un autre point fort du titre. J’ai adoré beaucoup de personnages, notamment Julia Shumway, petit brin de femme bourrée de principes mais si courageuse et déterminée. Joe l’épouvantail et Rusty Everett ne sont pas en reste ! Je me dois d’avoir une petite pensée pour l’adorable Brenda Perkins, personnage qui a su me toucher. Il m’est impossible de ne pas évoquer Big Jim Rennie, véritable pourriture que je ne peux m’empêcher d’aimer. Ce type est juste démoniaque ! Il semble sans limites, et même si ses véritables motivations restent assez sombres, on constate rapidement que le monsieur n’aime pas que quelqu’un se place en travers de son chemin, surtout lorsqu‘il sent le truc. Imprévisible et assez cinglé, ses nombreuses répliques m’ont souvent fait sourire, tant il ne manque pas de culot. Un des méchants les plus charismatiques que j’ai pu voir dans un livre !

    J’ai apprécié la montée en puissance du tome. Au fur et à mesure de l’évolution du récit et du huis clos pour nos chers habitants, le ton s’assombrit, l’espoir s’amenuise. De nouvelles manières de penser s’installent alors. Le parallèle avec certains faits réels me semble juste et il est évident que Stephen King a souhaité effectuer ces comparaisons, à sa manière. A la manière du dôme, j’ai commencé à me sentir étouffer par cette pression et cette ambiance. Bien que l’histoire débute dans un style fantastique, on ressent la forte influence des thrillers et des livres d’horreur s’imposer petit à petit. L’intrigue est bien ficelée et donne vraiment envie de creuser. Je dois souligner le talent de l’auteur : je trouve fort qu’avec une petite commune comme Chester’s Mill, que nous jugerions probablement comme très banale si nous la visitions réellement, il arrive autant à l’exploiter, la détailler, à lui offrir des spécificités géographiques (little bitch road, la pestile). Efficacité de ces descriptions renforcées par la présence d’une carte de la ville en début de tome !

A noter que l’histoire de ce premier tome se conclut de manière très abrupte mais que cela est en soit tout à fait normal : Dôme est à la base un unique roman, découpé en deux tomes pour sa parution française. L’envie de lire la suite a été donc immédiate.

   En conclusion, ce premier tome de Dôme est un véritable coup de cœur, comme je n’en ai eu depuis longtemps. Addictif, merveilleusement décrit et doté d’une histoire sombre et cruelle, Stephen King fait très fort. Doucement, on assiste à l’installation d’un huis clos proche de l’horreur et la mise en lumière de l’adaptation du comportement de l’être humain lors d’une situation de crise est incroyable. Un petit monde s’agite sous nos yeux, bercé par un grand nombre de personnages attachants et intéressants. Comme si cela ne suffisait pas, l’intrigue est très bien ficelée et bénéficie de nombreux rebondissements qui font mouche et m’ont surpris plus d’une fois. La montée en puissance de la vie sous le Dôme est telle que l’on ne sait jamais vers quoi on se dirige et quelle sera la prochaine catastrophe, haletant ! Par bien d’autres de ses aspects, Dôme est définitivement une lecture que je vous recommande chaudement.

Ma note : 18,5/20