[Chronique] Dôme, tome 2 de Stephen King

dome tome 2 cover

Fiche technique du livre
Auteur : Stephen King
Genre : Fantastique / Horreur / SF
Année d’édition : 2011 (VF) / 2009 (VO)
Edition : Le livre de poche / Albin Michel
Prix : 8,90 euros
Langue : Française
Nombre de pages : 744 pages

Synopsis
Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort.

A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible.

Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient.

Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe.

Mon avis

A peine la dernière page du premier tome lue que ma décision était prise : je me devais d’obtenir ce second tome juste après ma journée de travail ! Chose faite.

   Je me dois de rappeler dans un premier temps que ce second tome de Dôme n’en est pas réellement un. Pour des raisons financières, l’éditeur français Albin Michel a décidé de découper ce qui est en réalité un stand-alone. Une fois cette information en tête, on n’est pas étonné de constater que le second tome reprend exactement là où s’est terminé le premier et que la construction du récit, par gros chapitre telle une série télévisée, est conservée. Je ne spoilerai aucun des éléments de l’intrigue de ce tome car il est important que vous conserviez toute la surprise à la lecture. Toutefois, sachez qu’il y a énormément de rebondissements, toujours aussi inattendus et spectaculaires. Plus nombreux que dans sa première partie, certains passages sont absolument incroyables et prenant tant ils sont énormes ! On sombre dans l’horreur, la folie la plus pure, bref une vraie catastrophe. Quant à l’avant dernière partie, elle est juste magistrale ! Soyez prêts.

   Si le premier tome pouvait déjà surprendre par certaines scènes hallucinantes, autant avouer qu’à côté de ce second ouvrage, il fait finalement pâle figure. Ici la décadence et la montée en force des événements est reine et ce qui était auparavant choquant devient à présent complètement horrible. Les descriptions restent toujours autant incroyables de précision et plus on avance et plus je me suis senti concerné par le sort des habitants de cette petite commune, qui a vécu le temps de la lecture dans mon esprit. Tout était présent.

   Un autre point fort de ce second tome est le rythme, effréné. On ne s’ennuie jamais tant les gros rebondissements s’enchaînent. Hypnotique. Fou. Le dôme sait intriguer du début à la fin. Je mourrais d’envie d’en savoir plus. Lorsque le premier tome s’attardait davantage sur les descriptions de ses personnages, sur certaines joutes verbales ou l’histoire de Chester’s Mill, le second tome se démarque par sa volonté de faire avancer à grands pas le récit. Une vitesse presque déroutante par endroits ! Pour vous prouver le caractère complètement addictif qu’a eu le second tome sur moi, voici un fait intéressant. Tout en travaillant, en m’occupant de ma petite vie et m’offrant quelques sorties, j’ai quand même réussi à boucler les 744 pages en… trois jours et demi. Autant vous dire que j’ai bien peu dormi, mais il m’était impossible de fermer le livre une fois le nez mis dedans !

   Pour répondre aux questions concernant la narration adoptée par Monsieur King, je dois admettre que, je n’ai eu aucun problème avec ce style d’écriture. C’est même un des points que je retiens le plus, cette facilité à enchaîner des lignes de description courtes, cruelles, poignantes, mesquines et pourtant si appréciables… De même, les personnalités de chacun étant bien définies dès le début, tout comme l’apparence physique, je n’ai eu aucun mal à me repérer parmi la population de Chester’s Mill et à me focaliser sur les évènements.

   Un point que j’ai adoré dans ce tome est la mise en avant des personnages secondaires. Ces derniers viennent même à prendre autant de place que le héros, Barbie, et c’est vraiment une bonne chose tant ils sont intéressants, et Barbie quelque peu limité dans son background. Mes petits favoris après lecture sont donc Rusty, qui m’a impressionné par son courage, et Julia Shumway. Bien que dans l’ensemble, ils gagnent tous en profondeur, je dois tout de même reconnaître qu’ils n’en deviennent pas inoubliables (sauf un). Je dirais qu’ils sont parfaits dans le rôle qui leur est attribué. Aussi, je pense que le style du livre ne se prête pas à un trop grand développement des personnages. Comme je vous l’indiquais, bien entendu, je ne peux pas écarter si facilement Big Jim Rennie -il m’en voudrait !-. Ce protagoniste est tellement méchant et cruel qu’il en devient attachant et drôle. Sa folie n’a aucune limite si bien qu’on en vient à attendre (im)patiemment quel va être son prochain délire ou même sa future réplique cinglante. Un grand malade que j’adore, du genre à me marquer au fer rouge et à figurer dans mes méchants favoris pour les années à venir.

   Le thème développé fait de Dôme un livre qui vous fait réfléchir sur le vrai comportement des êtres humains. Celui que vous ne soupçonnez pas être en vous et qui peut ressortir lorsque vous êtes mis à mal. Clairement, et même si parfois c’est un peu trop manichéen, Stephen King offre une analyse intéressante sur la descente vers la folie, sur les réactions que notre cerveau peut déclencher lorsqu’il ne se sent plus en sécurité. Un tableau parfois stéréotypé mais si proche de la vérité.

   Reste une fin qui divisera à coup sûr. Pas assez complexe, trop courte, insatisfaisante par certains aspects voire manquant de croustillant ou de courage après nous en avoir fait voir de toutes les couleurs, on s’accordera tous pour admettre que la conclusion aurait pu être mieux. Sur moi, elle aura provoqué une pointe de frustration et une légère déception, peut-être parce qu’inconsciemment j’avais décidé d’être indulgent à ce moment là. D’autres jugeront la chute bien plus sévèrement.

   En conclusion, Dôme est clairement l’un de mes livres de l’année 2013. Quelle puissance dans ces deux tomes ! Bien sûr, je ne peux que reconnaître que la fin est un peu maladroite à mon goût, et qu’en plus d’être abrupte, elle ne m’est pas apparue totalement claire. Mais qu’importe cette légère déception quand le reste est de très, très haute volée. Encore plus prenant que la première partie en faisant la part belle à l’action, l’horreur et aux rebondissements, les pages défilent finalement à toute allure dans un unique but : vous rendre accroc et vous angoisser par tant de folie. Sincèrement, je ne peux que vous recommander cette lecture coup de cœur, au style et à l’histoire qui ne vous laisseront pas indemne.

Ma note : 18/20

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[Chronique] Intrusions de Joy Fielding

intrusions de joy fielding

Fiche technique du livre
Auteur : Joy Fielding
Genre : Polar / Thriller
Année d’édition : 2003 (VF)
Edition : France Loisirs
Prix : 16,90 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 398 pages

Synopsis
Echaudée par une mauvaise expérience avec sa précédente locataire, partie en pleine nuit avec plusieurs mois de loyers impayés, Terry hésite à louer à nouveau le cottage au fond du jardin.
Mais lorsque Alison, si gentille et si drôle, se présente à elle, ses réticences s’envolent en une seconde.
Une profonde amitié commence à se nouer entre les deux femmes, mais peu à peu les doutes et les soupçons assaillent Terry.
Alison est-elle la personne douce et innocente qu’elle prétend être, et sa présence auprès de Terry est elle vraiment le fruit du hasard ?

Mon avis
Après m’avoir charmé avec le très sympathique Rue des mensonges, l’envie de tenter un nouveau roman de Joy Fielding a toujours été présente. Une bonne idée ?

   De nature gentille et toujours disponible lorsqu’il s’agit d’aider les autres, Terry est infirmière dans le même hôpital de la ville de Delray, Floride depuis des années. S’occupant principalement des personnes âgées, Terry est appréciée autant par les patients que ses collègues. Mais dans sa vie personnelle, célibataire depuis un moment, vivant dans l’ancienne maison de sa mère tyrannique, elle se sent bien seule. C’est pourquoi elle se décide à louer à nouveau son pavillon, malgré une mauvaise expérience avec la précédente locataire. Quand Alison arrive, elle ne peut que tomber sous le charme. Jeune, pleine de vie, si attentionnée, Terry craque pour cette locataire avec laquelle elle lie une amitié, peut-être trop rapidement. Progressivement pourtant, le doute s’installe quant à l’apparition de cette fille dans sa vie… Ne l’aurait-elle pas choisie ?

   Intrusions est l’un de ces polars où la clé de voûte réside dans son twist scénaristique, basée sur sa douce et subtile montée en puissance pour exploser dans un second temps. Écrit dès les premières pages de manière à immiscer le doute dans les esprits, la curiosité nous pousse à faire défiler les pages et ce jusqu’au dénouement.
L’ambiance et le rythme sont plutôt légers la première moitié du livre et je dirais même que c’était parfois assez long et quelque peu girlish à mon goût. Un aspect parfois mièvre s’installe rapidement, en particulier lors des discussions entre les deux héroïnes, et j’ai dénoté des répétitions dans les pensées ou actions des personnages un peu agaçantes. Toutefois, on sent que ce long démarrage est volontaire voire nécessaire pour tisser la toile dans laquelle on va être projeté. C’est écrit de sorte à ce que l’on s’interroge, qu’on analyse les phrases des protagonistes, qu’on cherche la petite bête. D’ailleurs, dès le départ, Joy Fielding nous fait comprendre que quelque chose ne va pas, qu’il y a peut-être des questions à se poser, et que la fin ne sera pas heureuse. Un mal pour un bien en soit.

Survient ensuite ce que j’attendais avec impatience : l’arrivée des complications. On gagne alors sensiblement en efficacité, les surprises s’enchaînent, le rythme et l’action s’accélèrent, tout comme les révélations, et l’horreur s’est peinte devant mes yeux et dans mon esprit. Ce, jusqu’à l’ultime page qui m’a estomaqué. Je dois avouer que même avec ma folle imagination et deux, trois éléments pour lesquels je n’étais pas loin d’avoir deviné, j’ai tout de même été agréablement surpris et choqué par la tournure des évènements. L’aspect mièvre qui était présent dès le départ disparaît totalement pour ne laisser place qu’à la folie et ce contraste renforce à mon sens l’impact du dénouement. Quant à la conclusion, plus surprenante encore que ce fameux twist scénaristique, je m’incline et salue le courage de l’auteure. Tous ne l’auraient pas proposé et je l’ai trouvé fascinante, accrocheuse et originale. Une fin marquante, qui restera dans ma petite mémoire de lecteur, du bon travail donc.

Par contre, autant l’intrigue a su me séduire malgré quelques défauts, autant d’autres éléments composant Intrusions auraient mérité d’être approfondis. D’abord les protagonistes. Certes, ils servent parfaitement l’histoire, chacun ayant au final un rôle bien précis dans ce joyeux bordel. Mais certains dialogues auraient gagné à être un poil plus intéressant, et surtout, je n’ai réussi à m’attacher à aucun des personnages. Certains m’ont paru insipide, à l’image de KC et Denise. Même les deux héroïnes, Terry et Alison, pourtant bien plus développées que les autres ne m’ont pas réellement scotché. Ce n’est peut-être pas le genre de lecture permettant d’apprécier grandement les personnages, mais j’ai connu mieux. J’adresse un reproche similaire au récit : trop court, un meilleur équilibrage entre sa première et seconde partie aurait été appréciable. L’intrigue en elle-même est particulièrement délimitée, on ne s’éloigne jamais de la trame principale et j’aurais aimé en savoir bien plus sur l’héroïne et Alison. D’ailleurs après avoir bouclé ma lecture, de nombreuses questions continuaient de me trotter en tête… Rageant, lorsque l’on souhaite tout savoir.

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman à suspense. D’abord accompagné d’un ton très léger à l’accent parfois mièvre, la route vers l’inéluctable se fait lentement mais surement jusqu’à aboutir à un twist réellement surprenant, savoureux… Et horrible ! Un retournement attendu mais si loin de ce que j’avais imaginé qu’il me laisse pantois et songeur. Malgré tout, le récit souffre de nombreux petits défauts, notamment son rythme mal équilibré, sa relative durée et son manque de profondeur, me laissant sans réponse par endroit. Par conséquent, je considère l’ensemble bien en deçà des ténors du genre et je recommande Intrusions aux amateurs du genre, à la recherche d’une certaine originalité.

Ma note : 15/20

A noter que ce livre a aussi été édité en France sous le titre Jardin Secret.

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