[Chronique] Remède mortel de Harlan Coben

remède mortel harlan cobenFiche technique du livre
Auteur : Harlan Coben
Genre : Thriller
Année d’édition : 1991 (VO) / 2011 (VF)
Edition : Belfond, France Loisirs, Pocket
Prix : A partir de 8,10€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 517 pages

Synopsis
Une clinique new-yorkaise hautement sécurisée.
Un médecin qui se suicide.
Des patients sauvagement assassinés.
Coïncidences ? Complot ?
Et si l’annonce prochaine d’une extraordinaire découverte médicale avait déclenché cette vague meurtrière ?

Sara Lowell, jeune journaliste très en vue, mène l’enquête. Mais ses révélations pourraient bien faire d’elle la prochaine victime d’un mystérieux serial killer…

Mon avis
Voilà quelques temps que je n’avais pas lu de Harlan Coben. Le dernier, Promets-moi, m’a tellement agacé que je ne l’ai toujours pas chroniqué, un an après sa lecture… Quant est-il de Remède mortel ?

   Comme Monsieur Coben aime à le rappeler dans sa préface, Remède mortel n’est peut-être pas le meilleur livre pour le découvrir, et quand bien même on le connaîtrait, il incite à ne pas en attendre trop de cette lecture :

« Si vous n’avez jamais ouvert un de mes livres, arrêtez-vous tout de suite. Allez rendre celui-ci. Prenez-en un autre. Ce n’est pas grave. J’attendrai. »

Une telle introduction a le mérite de me refroidir, clairement. Et s’il était bon juge ?

   Tout démarre par la fuite d’un médecin et chercheur d’une petite clinique de New York, Bruce. Le malheureux a à peine le temps de souffler et de sentir à l’abri qu’un inconnu le retrouve, le torture, le tue et maquille le meurtre en suicide. Rapidement et dans le même temps, certains patients de cette même clinique, homosexuels et séropositifs sont sauvagement poignardés et assassinés. On recherche alors celui qu’on appellera le Poignardeur de gay, à tord ou à raison ? Sara Lowell, journaliste du petit écran et fille d’un grand nom de la médecine, va se retrouver, malgré elle, plongée dans cette histoire

   Autant être honnête, ce n’est pas du grand Coben. Il est vrai qu’il a écrit ce livre en 1991, au début de sa carrière d’auteur, et on peut penser que son talent ne s’exprimait pas encore pleinement. Le défaut principal de l’intrigue est de vouloir s’attaquer à autant de thèmes lourds différents, tout en offrant un rythme soutenu et beaucoup d’action. Ainsi Remède mortel abordera les sujets de l’homosexualité et de sa perception par les médias, les politiques et les gens de manière général ; le SIDA, nouveau virus considéré comme peu dangereux sauf si l’on est un dépravé, un drogué ou que l’on ose commettre des actes contre nature mais aussi les questions du fonctionnement des cliniques, comment les subventions sont obtenues et le poids des politiciens dans tout ça. Beaucoup de sujets donc, pas toujours traités avec finesse mais qui ont au moins le mérite d’apparaître et de soutenir l’intrigue de manière efficace.

   Bien que je pourrais décortiquer chaque élément traité grossièrement, critiquer des personnages parfois trop clichés (Cassandra…) ou les « vérités dénoncées », et la crédibilité du scénario dans son ensemble, je dois tout de même reconnaître que déjà à ce moment là, Coben était fort pour accrocher le lecteur. Si tôt commencé que l’on se retrouve prisonnier de cette intrigue que j’adore détester mais qui sait tout de même me charmer. Les pages défilent à toute vitesse, le rythme étant l’un des plus soutenus que j’ai eu l’occasion de lire dans le genre et je n’ai pas vu le temps passé. Le duo Sara / Max (l’inspecteur) fonctionne plutôt bien tout comme les chapitres où l’on suit le point de vue et les actions de celui représentant le méchant de l’histoire. Cerise sur le gâteau, le final est intéressant et offre un twist réellement surprenant. Et c’est déjà pas mal.

   En conclusion, Harlan Coben délivre avec Remède Mortel un premier jet de ce qui évoluera en marque de fabrique : un thriller efficace, tantôt très humain, tantôt sanglant, bourré de rebondissements et à l’intrigue incroyablement addictive.  Choisissant d’aborder des sujets lourds tels que le SIDA, la vision de l’homosexualité ou encore l’influence des médias et des politiques sur le fonctionnement des cliniques, l’auteur s’en sort honorablement mais ne brille jamais réellement, la faute à un traitement globalement léger et à quelques erreurs de jeunesse. Comme sa préface le suggère, si vous souhaitez découvrir l’auteur, Dans les bois, Innocent ou Une chance de trop ont mes faveurs et sont de bien meilleurs morceaux. Cela dit, qu’importe si le reste ne suit pas toujours, le plaisir de lecture reste quant à lui, bel et bien présent.

Ma note : 14/20

[Chronique] Niceville de Carsten Stroud

niceville

Fiche technique du livre
Auteur : Carsten Stroud
Genre : Thriller / Fantastique
Année d’édition : 2013 (VF) / 2012 (VO)
Edition : Éditions points
Prix : A partir de 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 525 pages

Synopsis
Niceville, tout droit sortie de la tradition du Southern Gothic, incarne le Sud, avec ses propriétés somptueuses, ses chênes festonnés de mousse espagnole et sa moiteur soporifique. Le seul problème, c’est que le Mal y vit beaucoup plus longtemps que les hommes. Plusieurs disparitions inexpliquées entachent la réputation du lieu, et celle du jeune Rainey Teague, littéralement volatilisé en plein jour devant la vitrine d’un antiquaire de la rue principale, vous donne la chair de poule.
A Niceville, il y a aussi des flics peu scrupuleux, des as de la gâchette qui dérobent des banques et descendent leurs collègues au fusil à lunette… Quand Nick Kavanaugh, policier hanté par son expérience de combat en Irak, et son épouse Kate, élégante avocate issue d’une des vieilles familles de la ville, décident de tirer tout cela au clair, ils n’imaginent pas dans quel enfer ils ont mis le pied.

Mon avis
En voilà une lecture intrigante. Sortant de mes auteurs fétiches, j’ai eu l’opportunité de découvrir Carsten Stroud dans le cadre de la sélection du meilleur Polar de 2014 des Éditions Points.

   Tout d’abord, vous remarquerez peut-être que le synopsis que je vous propose un peu plus haut ne correspond pas à la quatrième de couverture, mais au résumé du livre proposé par Livraddict. Des différences qui ont leurs importances. En effet, la quatrième de couverture vend le livre principalement comme étant du fantastique, ce qui est faux. Niceville possède quelques intrigues tournant autour du fantastique, et son univers en est légèrement teinté, mais le reste se situe bien dans le thriller, au style rappelant énormément Stephen King.
L’intrigue démarre par un prologue tournant autour de la mystérieuse disparition d’un jeune garçon, Rainey Teague, alors qu’il revenait tranquillement de l’école, de sa manière la plus habituelle possible. Rapidement, les enquêteurs, dont Nick Kavanaugh, inspecteur et vétérans des forces spéciales au passé plutôt lourd, découvrent que quelque chose est étrange, sans pouvoir réellement comprendre quoi. Où est donc passé Rainey Teague ? Ou se situe le mystère de sa disparition ? Quelques temps plus tard, changement absolu d’ambiance lorsque est commis le casse d’une banque par trois gars, tous différents mais tout autant cinglés. L’enquête est à peine commencé quand survient de nouveaux évènements à Niceville. Une chose est sûre : le calme n’y règne pas.

   Proposant une narration à la troisième personne, l’auteur nous propose de découvrir le point de vue d’un personnage précis par chapitre, ce qui permet en réalité de passer d’un fou à un autre avec une certaine aisance. Qu’on ne s’y trompe pas, le vrai héros ici, c’est la ville, pleine de mystères et véritable théâtre de l’inattendu. Les intrigues se multiplient et s’emmêlent aux quatre coins de Niceville et des rebondissements, souvent biens trouvés, font régulièrement leur apparition. Espionnage industriel, braquage énorme, histoires familiales, vengeance, évènements surnaturels, tout y est ! Les situations cocasses s’enchaînent, le tout porté par des dialogues et des descriptions mordantes. De même, le ton léger et amusant m’a immergé aisément dans le récit, la plume est fluide et les pages se parcourent facilement. Du tout bon de ce côté là.

   Je me suis aussi rapidement attaché aux personnages… C’est qu’ils ont du charme si on oublie le côté psychopathe ! Pour vous citer un exemple plus concret, j’ai eu l’impression de retrouver du Dôme de Stephen King. Que ce soit dans la narration, le style d’écriture ou même la manière d’enchaîner les situations les plus folles, j’ai eu le sentiment que l’auteur puisait son inspiration chez le King. Cela dit, ça n’a pas été un défaut pour moi car j’ai beaucoup apprécié ces aspects, qui donnent à Niceville du caractère et une certaine identité.

« J’ai pas l’intention d’aller raconter à qui que ce soit que mon coéquipier s’est fait mordre à la fesse par une greluche pas plus grosse qu’une perruche, si c’est ce qui t’inquiète. »

   Et heureusement, que Niceville bénéficie d’un certain cachet, car il en faut pour faire oublier cette pseudo-fin. En effet, autant prévenir, la déception peut vous guetter, en particulier lorsque vous attendez une fin digne de ce nom et que vous découvrez qu’il ne s’agit là que de la fin d’un épisode. Car ce que l’on ne sait pas au départ, c’est que Niceville est le premier tome d’une saga pensée comme une trilogie. Toutefois, globalement, chaque personnage et intrigue disposent tout de même d’une conclusion, clôturant les nombreux évènements ayant eu cours mais plusieurs éléments très importants restent sans réponse et le tout se termine par un énorme cliffhanger. Par chance, l’éditeur sait rassurer en offrant directement à la suite les premières pages de Retour à Niceville. Difficile de résister à la tentation, en particulier quand j’ai réalisé que cela reprenait exactement là où les choses s’étaient terminées…

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec Niceville. Qu’il s’agisse de son étrange intrigue, plutôt folle et remplie de surprises, que du style d’écriture irrésistible de Carsen Stroud, voilà un roman qui ne manque pas d’atouts. A condition de savoir à quoi s’en tenir. N’attendez pas un pur roman fantastique, vous n’en trouverez que trop peu. Ne pensez pas dévorer un thriller policier haletant, le récit n’est clairement pas construit comme tel. Voyez-y plutôt une invitation à découvrir un OVNI distrayant aux influences diverses, un cocktail explosif où un braquage côtoie l’espionnage industriel et le surnaturel, une première pierre à une trilogie qui a clairement suffisamment de potentiel pour faire partie de ces belles découvertes et se démarquer.

Ma note : 15/20

[Chronique] Contre toute attente de Linwood Barclay

contre toute attente

Fiche technique du livre
Auteur : Linwood Barclay
Genre : Polar
Année d’édition : 2012 (VF)
Edition : France Loisirs / J’ai Lu
Prix : 8€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 581 pages

Synopsis
En enquêtant sur la mort de sa femme, un père de famille lève le voile sur les secrets bien gardés d’une petite ville en apparence tranquille.

La femme de Glen Garber vient de mourir dans un accident de voiture. Selon la police, Sheila était ivre morte. Pour son mari, c’est impossible : Sheila ne buvait pas. Alors, que s’est-il vraiment passé ?
Bientôt, un nouveau drame frappe de plein fouet une autre famille du quartier. Hasard ou coïncidence ? Que se passe-t-il dans cette banlieue si paisible ? Sheila s’est-elle embarquée dans un jeu dangereux ? Glen va tout faire pour le savoir, pour sa femme, mais aussi pour leur fille Kelly, huit ans.
Mais à vouloir découvrir ce qui se trame derrière les portes closes, il va vite devenir gênant …

Mon avis
Voilà un polar qui traînait depuis quelques temps dans ma PAL ! Second livre que je découvre de l’auteur après Les voisins d’à côté, confirme-t-il son potentiel ?

   Tout d’abord, il convient de bien placer les choses dans leur contexte. Clairement, Contre toute attente est un polar, se rapprochant bien plus de l’enquête policière et du roman que du thriller. Ne cherchez pas le grand frisson ou le gore ici, vous ne le trouverez pas. Cela ne signifie pas pour autant que le récit est dénué de qualités, elles sont juste situées ailleurs.

   Le cœur de l’intrigue réside dans l’accident de voiture qui a causé la mort de Sheila, la femme de Glen Garber, le héros de ce livre. Juste avant, on nous présentait Sheila et Glen comme un couple où tout semblait rouler, malgré quelques petits problèmes par ci par là, et quelques pages plus tard, elle est retrouvée ivre, à contresens, sur l’autoroute. En plus de causer sa mort, son accident entraîne la mort de deux innocents de Milford, ville où se situe l’action. Qu’a-t-il donc bien pu se passer ? Pourquoi Sheila, qui n’a jamais été alcoolique, se retrouve à commettre quelque chose de ce genre ? Glen se sent abandonné et en colère, frustré de ne pas reconnaître en cet acte la femme qui a partagé sa vie pendant autant d’années. Peu de temps après, un second drame survient, différent cette fois… Et le doute s’installe.

   Au fur et à mesure de l’avancée dans l’intrigue, l’auteur prend le soin de développer l’environnement de Sheila, de Glen et de la ville de Milford. On réalise vite que Glen ne connaît pas si bien ses fréquentations… Les personnages imaginés par l’auteur sont nombreux et surtout intéressants. Bien distincts des uns des autres, ils sont suffisamment approfondis pour qu’on ait le sentiment de les connaître à la fin du récit et ont tous une personnalité unique et accrocheuse. Autre élément que j’ai apprécié : ils ont tous un rôle et une utilité bien précise lors du récit. Je n’ai pas eu le sentiment d’un quelconque remplissage, et c’est vraiment rare dans ce genre de lecture. De plus, le héros est à mon sens parfait pour l’intrigue. Il possède quelques défauts certes, mais aussi pas mal de qualités. Il est ordinaire sans pour autant être creux. La plupart de ses actions et réactions (sa volonté d’en apprendre plus, ses moments d’impulsivité) sont sensées et crédibles, ce qui en fait un personnage agréable à suivre et attachant. C’est donc du tout bon de ce côté là.

   Le rythme est plutôt bien mené, les évènements s’enchaînent et les rebondissements sont omniprésents. De la première à la dernière page, je n’ai jamais vraiment eu le temps de m’ennuyer, trop occupé que j’étais à vouloir découvrir la suite et à établir de multiples théories et autres hypothèses sur les aboutissants de ce récit. Il faut dire que Linwood Barclay offre matière à débat. Entre les divers drames et magouilles de chaque personnage, la paranoïa s’immisce doucement dans nos esprits et j’ai fini par suspecter quasiment tout le monde ! Les affaires s’entrecroisent et l’envie de résoudre le mystère est dévorante. Malgré certains indices assez gros, j’ai tout de même été plutôt surpris par le dénouement final que j’ai apprécié. Dans l’ensemble, l’intrigue m’a beaucoup plu. J’ai apprécié cet angle d’approche où l’une des questions majeures est finalement : y a-t-il vraiment eu un crime ? Cela créé une perspective différente des autres polars et permet d’instiller un doute jusqu’au bout. Au final, il manque au titre juste deux, trois, évènements complètement dingues, capable de me retourner le cerveau, pour se différencier de la masse et me marquer pour lui offrir une place parmi les meilleurs titres que j’ai lu du genre.

    En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec cette seconde découverte de Linwood Barclay. Sans temps mort, rempli de rebondissements, de mystères et de révélations bien trouvées, l’intrigue a su me happer dès les premières pages et amener moult réflexions et hypothèses quant au final et à la fameuse existence d’un coupable ou non. Peuplé de personnages intéressants et crédibles, dont un petit coup de cœur pour ce père de famille si attachant, j’ai pris beaucoup de plaisir à démêler les secrets liant les habitants de Milford. Dommage toutefois que, comme Les voisins d’à côté d’ailleurs, Linwood Barclay se contente de proposer du très efficace sans chercher à bousculer les codes où à réellement marquer le lecteur. Reste un bon moment de lecture, et c’est déjà pas mal.

Ma note : 16/20

[Chronique] Le Siècle, tome 2 : L’hiver du monde de Ken Follett

hiver du monde

Fiche technique du livre
Auteur : Ken Follett
Genre : Historique
Année d’édition : 2012
Edition : Robert Laffont / France Loisirs
Prix : A partir de 11,20€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 997 pages

Synopsis
Entre 1933 et 1949, des salles de bal de Buffalo aux chambres du Parlement anglais, de la bataille de Normandie au terrible Blitz, L’Hiver du monde entraîne le lecteur dans le tourbillon de la Seconde Guerre mondiale.

Dans La Chute des géants, cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – se sont croisées, aimées et déchirées au rythme de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe. À l’aube des grands bouleversements politiques, sociaux et économiques de la seconde moitié du XXe siècle, ce sont désormais leurs enfants qui ont rendez-vous avec l’Histoire.
Pouvant se lire indépendamment du premier tome, L’Hiver du monde raconte la vie de ces êtres au destin enchevêtré pour qui l’accession au pouvoir du IIIe Reich et les grands drames de la Seconde Guerre Mondiale changeront le cours de leur vie pour le meilleur comme pour le pire.

Carla von Ulrich, née à Berlin d’un père allemand et d’une mère anglaise, va subir de plein fouet les affres du nazisme jusqu’à ce que, décidée à reprendre sa vie en main, elle entre en résistance… Les frères américains Woody et Chuck Dewar, chacun portant un lourd secret, empruntent deux voies différentes au moment de l’entrée en guerre des États-Unis, l’un s’engageant dans la politique à Washington, l’autre combattant dans la jungle des îles du Pacifique… Lloyd Williams, brillant étudiant et très engagé politiquement, à l’instar de ses parents, se porte volontaire pour combattre les fascistes durant la guerre civile espagnole, au prix de certains de ses idéaux… Daisy Peshkov, belle et ambitieuse jeune fille, s’éprend du mauvais garçon, le suffisant et lâche Boy Fitzherbert, avant de prendre conscience que le véritable amour n’est ni intéressé ni prévisible… Quant à Volodia, le cousin de Daisy, espion pour les renseignements russes, il va peu à peu remettre en question les agissements de son gouvernement au point que ses actes affecteront non seulement cette guerre, mais également la Guerre froide à venir.

Mon avis
Démarré huit bons mois après l’excellent premier tome, La chute des géants, j’avais une hâte folle de découvrir le futur de ses protagonistes qui m’auront tant marqué.

   Au vu de la quatrième de couverture plus que copieuse que je vous propose ci-dessus, je ne vous ferai pas l’affront de revenir sur les tenants de ce second tome. Démarrant en 1933 en plein Berlin, on nous propose de revoir Lady Maud, maintenant Von Ulrich, Walter, ainsi que leurs deux enfants : Carla et Erik, alors âgés d’environ 12 ans.
Très vite, et de manière logique, on comprend que l’intrigue va davantage tourner autour des enfants de nos chers héros du premier tome. Même si j’ai eu une pointe d’amertume face à ce choix, j’ai finalement été rapidement emporté dans les intrigues de leurs fils, d’autant plus que pour mon plus grand bien, les parents ne restent jamais loin. Dès les premières pages, j’étais donc conquis de retrouver Maud, Walter et Ethel, plus âgés mais toujours si charmants. Une retrouvaille avec de vieux amis en somme.

   En comparaison au premier tome, j’ai tout de même trouvé que globalement le niveau était descendu d’un cran, la faute à plusieurs éléments.
Tout d’abord, peut-être qu’en traitant de la seconde Guerre Mondiale d’une manière aussi large et sur autant d’années, il était évident qu’on allait passer à côté de beaucoup d’éléments historiques importants, mais je pense que j’aurais préféré que Ken Follett se concentre plus sur certains pays dans ce cas, pour éviter de trop s’éparpiller. Car à la différence de La Chute des Géants qui offrait une très belle relecture de la Grande Guerre, avec peu d’oublis, L’Hiver du monde a tendance à être trop rapide sur certains évènements capitaux (invasion de la France notamment, la Résistance, la guerre sur les différents fronts, opération sous-marine des Allemands, le cas de l’Italie jamais abordé, etc.) pour ne traiter que quelques points précis en incluant au maximum les intrigues de ses personnages. Là où le premier utilisait intelligemment ses personnages, en particulier pour proposer un point de vue différent mais crédible sur les situations historiques, ici j’ai eu le sentiment que l’Histoire n’était souvent qu’un prétexte pour mettre en avant les fameuses relations amoureuses de chaque protagoniste.

   De la même façon, peut-être était-ce parce que j’ai lu le premier tome et que je connais un peu le fonctionnement de l’auteur, j’ai souvent compris à l’avance ce qui allait se passer et c’était souvent bien trop prévisible. On n’échappe pas non plus à des situations et des rencontres absolument improbables (entre Boy, Daisy et Lloyd c’est quand même fort !). Néanmoins, je me dois d’apporter quelques nuances à mes propos car j’ai eu de gros coups de cœurs sur certains personnages, notamment Carla von Ulrich. Tout comme Maud, sa mère, Carla est un personnage fascinant. Si l’on passe outre ses amourettes, tout le reste la concernant m’a plus ou moins laissé bouche bée et que dire de sa conclusion, pour le coup surprenante et poignante. Ce que je ne peux pas affirmer pour tout le monde, malgré toute la sympathique qu’ils peuvent m’inspirer. Oui mes chers Lloyd et Ethel Williams, je pense à vous !

   Toutefois, Ken Follett reste un bon conteur et sait nous entraîner aisément dans cet énorme pavé. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la seconde Guerre Mondiale sous d’autres facettes, notamment le point de vue allemand, à mon sens le plus réussi. Je ne connaissais pas le rôle des anti-nazis et le travail d’espionnage qu’ils ont pu fournir, tout comme le fin mot sur l’Aktion T4. Autant de précisions qui permettent au livre de se démarquer à mon sens de la masse.
De même, la plume de l’auteur fait des merveilles lors des descriptions et L’Hiver du monde propose lui aussi son lot de scènes incroyablement touchantes ou / et poignantes. Pour être honnête, c’est rare qu’un livre m’émeut, mais ici ce fut le cas à plusieurs reprises. Cerise sur le gâteau : certains problèmes de rythmes qui m’avait un peu gêné dans La Chute des géants ont été gommé, rendant la lecture plus fluide.

   En conclusion, j’ai passé un agréable moment de lecture avec L’hiver du monde. Sans atteindre la qualité du premier, la faute principalement aux intrigues des personnages trop prévisibles et moins bonnes que précédemment, j’ai tout de même été vivement happé par l’histoire… et l’Histoire ! M’apportant une vision différente des évènements de la seconde Guerre Mondiale et des précisions historiques bienvenues, l’auteur sait aussi séduire par sa plume et la multitude d’émotions fortes qu’il m’a fait vivre, en particulier chez les von Ulrich. Une pointe d’amertume donc, mais qui ne m’empêchera pas d’acquérir le troisième et dernier tome au plus vite, en espérant y retrouver l’excellence de La chute des géants.

Ma note : 15/20

[Chronique] Billy Bat, tome 5 de Naoki Urasawa

billy bat tome 5

Fiche technique du livre
Auteur : Naoki Urasawa
Genre : Manga Seinen Fantastique / Thriller
Année d’édition : 2012
Edition : Pika Editions
Langue : Française
Nombre de pages : 197 pages

Synopsis
De retour aux États-Unis après six mois passés au Japon, Kevin Yamagata a la fâcheuse surprise de découvrir que « Billy Bat », le personnage de BD qu’il a créé, ne lui appartient plus : les droits de la série sont désormais à Chuck Culkin, son ancien assistant ! Mais la chauve-souris continue à lui apparaître pour lui faire le récit des terribles événements à survenir…

Mon avis

   Alors que la couverture de ce cinquième tome annonce directement la couleur en affichant Oswald armé de son fusil, c’est finalement sur le personnage de Kévin Yamagata que s’ouvre ce nouveau Billy Bat.

1950. Quelques années plus tôt que le tome précédent. On retrouve un Kévin perturbé par ce qu’il a appris au Japon et ce n’est pas son retour à son atelier qui va le rassurer… Un flashback de courte durée car à peine quelques pages plus loin, on repart en 1960 mais cette fois-ci avec un couple que je ne pensais pas revoir : Tony et Diane, alias le couple mixte qui s’était marié durant le troisième tome. De passage dans le profond sud des États-Unis, le couple tente de rejoindre le Texas pour y passer leur lune de miel, qui a pris beaucoup de retard.  Le bonheur sera de courte durée pour eux car très vite ils affronteront les mentalités du sud de l’époque, dominées par un profond racisme et une haine pour les noirs…

   J’ai lu ce tome très vite, qui, il faut le dire, sait se montrer très prenant, en plus d’être beau. Je dois avouer que bien que j’étais au départ très étonné de revoir Tony & Diane, et de constater ensuite que la place qu’ils prenaient dans ce tome était importante, j’ai beaucoup apprécié leur partie. Le racisme n’est pas un fait souvent abordé dans un manga, alors « revivre » la ségrégation qu’ont pu subir certains noirs mais aussi certains couples interraciaux durant les années 60 de manière aussi réaliste est un gros plus. Naoki Urasawa en profite pour nous prouver tout son talent avec un superbe dessin sur cette partie, enchaînant les plans magnifiques et retranscrivant les émotions et expressions de ses personnages comme jamais. Vous l’avez compris, cette partie m’a donc marqué.

   Le reste du tome n’est pas en reste. Il développe l’intrigue, la psychologie des personnages, notamment celle d’Oswald pour qui les motifs de ses agissements sont plus précis à présent. Le tome se conclut même sur un très bon cliffhanger, qui vient ajouter au mystère de la série et annoncer de futurs rebondissements que j’imagine excellents. Étrangement, à la lecture de ce tome, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur avait eu le feu vert pour prendre son temps et développer son intrigue comme il l’entendait, y ajoutant davantage de détails s’il le souhaite. On est quand même loin de la folie des premiers tomes où tout s’enchainait sans interruption. Ce qui n’est pas plus mal. Billy Bat a clairement du potentiel et il est plaisant de pouvoir se plonger davantage dans l’univers créé par Urasawa et de découvrir les personnages plus profondément.

   J’ai toutefois relevé deux petits points noirs : globalement, dans ce cinquième tome, j’ai trouvé le rôle de la chauve souris en retrait et j’ai regretté ne pas apprendre plus d’éléments sur elle. Un comble lorsque l’on se remémore le titre du manga : Billy Bat ! Aussi, il reste difficile de suivre à 100% la narration avec autant de changements d’époques, de personnages ainsi que les flashbacks pouvant survenir… Imaginez déjà lorsque l’on change souvent de point de vue dans une histoire, ce n’est pas si simple de suivre. Alors si d’une page à l’autre se mélange un flashback pour terminer deux pages plus tard sur un autre personnage cinq ans plus tard… Cependant, à ce sujet, on reste loin du côté « brouillon » du second tome et sommes en terrain connu grâce à la présence de personnages principaux.

   En conclusion, Billy Bat continue sur sa bonne lancée avec ce cinquième très bon tome. Plus calme que les précédents, il permet de mettre en avant certains sujets de société de l’époque tel que le racisme ou les étrangers vu des États-Unis de manière générale (Cuba, la guerre froide…). Peaufinant son intrigue et ses personnages, Naoki Urasawa m’a une fois de plus bluffé par sa capacité à créer des chapitres marquants, que ce soit par les rebondissements et l’intrigue que par son trait qui ne cessera jamais de m’étonner. Et cerise sur le gâteau, le dernier chapitre, excellent, conclut sur un cliffhanger assez inattendu et très bien trouvé. Autant dire que c’est avec une impatience non feinte que j’attends le prochain de cette saga.

Ma note : 16 / 20