[Chronique] Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon

brunetti et le mauvais augure

Fiche technique du livre
Auteur : Donna Leon
Genre : Policier
Année d’édition : 2010 (VO) / 2013 (VF)
Edition : Éditions Points
Prix : 7,60€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 332 pages

Synopsis
Venise, un été de canicule. Le commissaire Brunetti ne rêve que de se retirer dans la fraîcheur des montagnes en famille à l’abri des hordes de touristes quand l’inspecteur Vianello lui confie ses soucis : sa tante, une vieille dame crédule, obsédée par les horoscopes, divinations et prédictions en tous genres, retire de grosses sommes d’argent et il soupçonne un gourou peu scrupuleux de lui extorquer des fonds.

Brunetti accepte de lui prêter main-forte et leur enquête informelle les conduit chez le mystérieux Stefano Gorini. Mais leurs efforts tournent court quand un greffier est victime de meurtre, anéantissant les espoirs de Brunetti de passer quelques vacances bien méritées.

Mon avis
Premier livre lu dans le cadre du prix des lecteurs 2014 des Editions Points (que je remercie au passage), j’espère que Brunetti et le mauvais augure n’est qu’un mauvais présage… littéraire.

   La quatrième de couverture offre en plutôt grande partie le début de la trame de ce polar. Par conséquent, je n’apporterai pas de détail supplémentaire sur l’intrigue en elle-même pour me concentrer sur mon ressenti, sans langue de bois.

   Honnêtement, dans l’ensemble, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à cette lecture, et ce pour de multiples raisons. Tout d’abord, sachez que cette enquête de Brunetti est déjà sa dix-neuvième en roman, ce qui signifie que l’auteure ne prend plus la peine de présenter son personnage, sa famille ou son entourage tout comme les divers protagonistes qu’il a pu rencontré dans les tomes précédents. Un bon point pour ceux qui connaissent déjà les livres car cela évite les répétitions mais pour moi ça aura été une gène puisque je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, en plus d’avoir du mal à comprendre qui est qui et surtout leur rôle. Je suis donc passé carrément à côté de pas mal des anecdotes contées.

   Autre point bien plus problématique à mon sens : le cruel déséquilibre dans la construction du livre. Pour faire simple, nous sommes en présence d’un livre policier de 320 pages dans son style le plus pur où l’enquête ne démarre réellement qu’à la page… 160 (soit avec le fameux meurtre dont nous parle la quatrième de couverture disponible ci-dessus). Entre temps, l’auteure pose les bases, mais pas trop et virevolte vers différents sujets, son favori concernant la chaleur, sous toutes ses formes. Découle de ce choix scénaristique deux problèmes : le premier est que l’on se retrouve donc avec une enquête plutôt courte de 160 pages, qui est de surcroît malheureusement peu développée et surtout peu surprenante. Globalement, j’ai suivi l’intrigue pour voir où cela mène mais sans être réellement excité par l’avancement des choses. Le deuxième défaut est que par conséquent cela implique un début lent et peu passionnant, bien loin de ce que j’ai pu lire dans d’autres polars. Couplé aux éléments que j’évoquais plus haut, il est facile de comprendre pourquoi cette lecture a été difficile à achever.

   Toutefois, cela est bien dommageable car je dois tout de même admettre que Brunetti et le mauvais augure possède ses qualités propres, notamment son lieu d’action : la ville de Venise. Merveilleusement décrite, c’est très dépaysant à lire, d’autant plus que l’auteure n’hésite pas à nous fournir quelques anecdotes intéressantes sur la célèbre cité aux pilotis par le biais de ses personnages. De même, l’utilisation de quelques mots de vocabulaire vénitien et italien apportent une touche de charme supplémentaire, rendant le tout assez exotique et agréable. D’ailleurs, dans l’ensemble, la plume de l’auteure fait mouche. Entre métaphore subtile ou drôle, affirmations joliment tournées ou descriptions originales et réussies, les mots servis par Donna Leon régalent et entraînent.

   J’ai apprécié la philosophie du commissaire Brunetti, son rapport vis à vis de ses collègues, chefs ou même de la société. J’ai aussi apprécié sa manière de travailler, d’appréhender l’enquête en cours, à la fois en tant que commissaire mais aussi qu’être humain. On sort des carcans actuels pour retrouver quelqu’un de plus terre à terre et c’est plaisant. Assurément un personnage intéressant à découvrir. Je regrette que l’intrigue ne m’ait pas plus emportée car clairement, j’ai senti que mon intérêt s’est décuplé lorsque les choses sérieuses ont réellement commencés.

   En conclusion, Brunetti et le mauvais augure est un ouvrage que je recommande avant tout et uniquement aux fans de l’enquêteur, qui seront ravis de retrouver Venise et ce charmant commissaire. Ils seront plus à même d’apprécier ce tome qui marque peut-être une transition dans cette grande saga italienne. Tout charmant qu’il peut être, je ne peux conseiller cette lecture qui ne m’a pas semblé être un bon polar, la faute à un rythme trop décousu, une enquête peu prenante, trop en retrait et aux enjeux peu importants. Pour ceux qui seraient éventuellement tentés, je recommanderai plutôt une autre enquête de l’auteure, qui serait considérée comme meilleure afin d’avoir un autre avis sur son potentiel.

Ma note : 9/20

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4 réflexions au sujet de « [Chronique] Brunetti et le mauvais augure de Donna Leon »

  1. Dommage pour tous les points que tu as énoncés ! Le fait que les auteurs ne choisissent pas toujours de re-présenter vite fait les personnages est toujours un problème pour moi car c’est vite fait de se tromper de livre ou de ne pas avoir envie de les lire forcément tous parfaitement à la suite quand on les emprunte… Et puis j’imagine que même les lecteurs les plus mordus peuvent avoir un « trou » entre deux lectures.

  2. Je comprends mieux tes difficultés et je serais dans la même situation si je venais à lire ce titre. Je vais chercher à voir plutôt du côté de la première enquête de ce monsieur ^^. Merci pour ton avis.

    • C’est moi qui te remercie pour ton commentaire ^^.
      C’est très rare que je propose des chroniques aussi négatives. En plus, dans le monde de la blogosphère, on voit plus souvent des critiques positives et de jolis coup de coeur que l’inverse donc j’avais des petits à priori en rédigeant cette chronique. Dans l’ensemble, même si je trouve vraiment un charme certain à ce cher Brunetti, je n’ai quasiment pas accroché et je ne pouvais pas faire comme si ça avait été le cas. Le plus dommage c’est que je sens qu’il y a quand même du potentiel ^^ »

      • Il vaut mieux être franc que s’amuser à ne parler que des qualités d’un livre. Même pour les livres qu’on adore, il y a toujours un certain équilibre entre défauts et qualités. Le livre parfait, je n’y crois pas. Si tu sens qu’il y a du potentiel ne t’avoue pas vaincu avec cet auteur :).

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