[Chronique] Les Aventuriers de la mer, tome 3 : La conquête de la liberté de Robin Hobb

aventuriers de la mer tome 3

Fiche technique du livre
Auteur : Robin Hobb
Genre : Fantaisie
Année d’édition : 1998 (VO) / 2002 (VF)
Edition : J’ai lu
Prix : 7,70 euros TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 379 pages

Synopsis
Perdu à Jamaillia, Hiemain s’apprête à affronter son destin. Dans sa fuite, l’apprenti prêtre va retrouver Vivacia pour subir avec elle les événements les plus douloureux de leurs jeunes existences. Son père, le capitaine Kyle, de plus en plus violent et humiliant, leste la vivenef d’esclaves, attirant les serpents de mer.
Quant à Malta, elle entre progressivement en conflit avec ses aïeules et leur procure bien des tourments. Les Vestrit se déchirent de l’intérieur…
Pendant ce temps, Kennit le pirate, affaibli et mutilé à l’issue d’un terrible abordage, sent la chance le quitter. Posséder une vivenef devient pour lui une priorité, un impératif audacieux mais quasi suicidaire…

Mon avis
Impossible de passer à côté de Robin Hobb en ce moment sur le blog. Entre la pluie de chroniques concernant son œuvre Les Aventuriers de la Mer mais aussi quelques actualités, elle est mon auteure phare de ce début d’automne. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

   Ce tome se déroule en Hiver et débute sur l’arrivée de la Vivacia dans la merveilleuse cité de Jamaillia. Quelles richesses recèlent la capitale du monde, lieu de vie du fameux Gouverneur ? Alors que ces questions nous trottent en tête, les rapports entre Hiémain et Vivacia se détériorent. Les deux protagonistes ne savent plus où ils en sont dans leurs vies, qui ils sont réellement, et la vie sur le navire ne cesse d’être de plus en plus difficile, Kyle restant borné sur ses idées. Le futur s’annonce définitivement sombre pour la Vivenef qui semble perdre la raison par moment. Quelle est la raison de son malaise ? Du point de vue des autres personnages, rien n’est facile non plus. Kennit est convaincu d’être entre les mains du diable mais souhaite plus que jamais accomplir le but qu’il s’est fixé, quitte à prendre des décisions dangereuses et assez irréfléchies. A Terrilville, le changement s’amorce aussi, en particulier lorsqu’une réunion exceptionnelle des Marchands requise par le Désert de Pluie est mise en place…

    Qu’on se le dise, ce tome continue de faire souffrir les personnages, et le lecteur que je suis par la même occasion. Que c’est dur ! Heureusement certains, comme Althéa ont de la chance dans leur malheur, ce qui permet de se réjouir et d’aborder un sourire le temps de quelque pages. Pour d’autres, c’est la catastrophe ! L’envie de gifle virtuelle n’a jamais été aussi forte que durant les passages où la terrible (car c’est réellement le cas !) Malta entre en scène et ouvre la bouche. Quelle peste ! Elle ne recule absolument devant rien pour satisfaire ses envies, même si cela doit la faire passer pour une énorme sotte et blesser sa famille, déjà bien mal en point suite au décès du Capitaine Vestrit. Inutile de vous expliquer à quel point j’étais peiné pour la pauvre Ronica, qui n’a rien demandé de tout ça, et aussi pour Keffria qui a toutefois su agréablement me surprendre par son comportement. Elle sort enfin de l’ombre pour montrer de nouveaux aspects de sa personnalité, une nouvelle force, et c’est un régal d’observer ce changement à l’œuvre, surtout quand ce dernier est décrit par la merveilleuse plume de Robin Hobb.

   Néanmoins, encore plus que Kennit qui m’a offert de bonnes tranches de rire, je dois admettre qu’à mon sens, le personnage clé de ce troisième tome est clairement Hiémain. Cela ressortait déjà précédemment mais cette fois-ci c’est sans appel : le personnage a pris une ampleur incroyable, écrasant quasiment les autres protagonistes. Certes, c’est celui qui apparaît le plus longuement ici, mais les évènements auxquels il est confronté ne pouvaient me laisser de marbre, tout comme sa progressive remise en question, qui m’a scotché et fasciné. Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de moments aussi poignants dans mes lectures. Wow !

   L’histoire continue de suivre lentement son bout de chemin, et comme vous pouvez le constater, continue d’être construite à partir de ses personnages. Dans les Aventuriers de la mer, c’est bien les personnages qui font l’histoire, et non eux qui la vivent. Une différence qui a toute son importance puisque cela les met énormément en valeur et les rend tous attachants à mes yeux mais qui par conséquent place l’histoire en retrait. D’ailleurs, malgré les évènements finaux et les révélations apparaissant durant les chapitres consacrés aux serpents des mers, il m’est difficile d’imaginer vers quoi l’on va se diriger, tant l’impression que tout se construit au fur et à mesure des actions de nos héros est présente.

   Cela n’empêche pas La conquête de la liberté de proposer un récit ponctué de nombreux moments forts et bouleversants. La mer est imprévisible, le comportement des gens l’est tout autant. Comment ne pas être frappé d’horreur par l’esclavage pratiqué à Jamaillia ? Par les épreuves que subissent nos chers personnages ? Des destins se croisent enfin, des doutes naissent, notamment sur la nature des serpents de mer et la peur d’un destin similaire à celui de Parangon semble se dessiner pour notre belle Vivacia… Le dernier quart du livre se révèle être un grand moment d’action, de surprises, de créations de mystères et d’addiction ! Jusqu’ici, ce troisième tome est assurément le plus palpitant et entraînant paru (deux cents pages englouties en une journée !).

   En conclusion, ce « premier réel » tome des Aventuriers de la mer est une pure réussite. Qu’importe si l’on manque d’indications vers la direction que pourrait prendre le récit de manière générale, les talents de conteuse de Robin Hobb gomme ce petit défaut et m’ont fait passer un fantastique moment. La conquête de la liberté est une lecture puissante, souvent troublante, dans laquelle il est possible de dresser certains parallèles avec l’Histoire, notamment dans son traitement de l’esclavage. Les moments intenses sont nombreux et j’ai été happé comme rarement par les évènements que vivent, voir subissent les personnages. Une lecture dont j’ai du mal à me détacher tant son impact est fort. Une unique envie ronge mon esprit à présent : foncer acheter et lire la suite.

Ma note : 18,5/20

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5 réflexions au sujet de « [Chronique] Les Aventuriers de la mer, tome 3 : La conquête de la liberté de Robin Hobb »

    • J’approuve ton approbation ! ^^
      Plus sérieusement, ça a été très difficile de se détacher de cette lecture. Pendant plusieurs jours je ne pensais qu’à ça et à foncer acheter la suite ! De toute façon dès que mes lectures en cours et Autre-monde, tome 3 sont lues, je poursuis les aventuriers de la mer 😀

      • Haha moi aussi j’ai tellement de livres que je veux lire! On vient de m’offrir le premier tome de Autre monde et j’ai hâte de le lire d’ailleurs 🙂

      • La vie de dévoreur / dévoreuse de livre est très difficile, je compatis ;-D
        J’adore la saga Autre-Monde ! Ok je n’ai lu que les deux premiers tomes mais mince, c’est vraiment top !
        Je ne te ferais pas l’affront de t’indiquer que deux bonnes chroniques de la série t’attendent sur le blog, car je suis sûr que tu le sais déjà 😛

  1. J’adore cet auteur, depuis la saga de l’assasin royal et cette saga, je dois encore me lancer dans la nouvelle avec les dragons 🙂

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