[Chronique] Dôme, tome 1 de Stephen King

dome tome 1 cover

Fiche technique du livre
Auteur : Stephen King
Genre : Science Fiction / Horreur
Année d’édition : 2009 (VO) / 2011 (VF)
Edition : Le livre de poche / Albin Michel
Prix : 8,90€ TTC
Langue : Française
Nombre de pages : 840 pages

Synopsis
Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Mon avis
Dôme est une lecture qui m’a longuement attiré. Son concept de base et la réputation de l’auteur avaient tout pour me plaire. Pour un premier King, je ne me suis pas trompé.

   Scénaristiquement, la quatrième page de couverture en dévoile trop à mon goût mais est aussi un peu fausse. Chester’s Mill, petite commune touristique du Maine, va vivre un étrange évènement une belle matinée d’automne. L’histoire se lance très vite. Plusieurs habitants de Chester’s Mill, situés à des points différents de la ville vont vivre leurs pires expériences : l’apparition d’une étrange barrière. Une barrière qui va les couper du monde extérieur. L’environnement qu’ils connaissaient tous si bien va soudainement se révéler déroutant, mortel et… fermé. Surgit alors un côté Chester’s Mill, et un côté « extérieur ». L’apparition de ce qui sera ensuite appelé le Dôme ne se fait pas sans heurts. Alors que la barrière est installée en une micro seconde, et qu’elle est de surcroît invisible, comment un poids lourd peut-il l’éviter ? S’en suit une série d’accidents peu communs qui indiqueront les caractéristiques de ce Dôme. Qu’est-ce donc réellement ? Quelles sont ses limites, ses capacités ? D’autres habitants, comme Big Jim Rennie, second conseiller de la ville mais principal décisionnaire, y verront là l’occasion d’agir, « pour le bien de la ville et de ces cueilleurs de cotons ». Progressivement s’installe une intrigue en huis clos, de survie sous un mystérieux dôme. Le récit ne se repose donc pas uniquement sur le Dôme, puisque de multiples histoires entre les personnages se développent et viendront former un tout. Cela ne signifie pas qu’il ne s’agit que d’un prétexte au huis clos : du début à la fin, l’influence du Dôme sera présente et c’est bien l’existence de cet étrange barrière que découlera les réactions de chacun.

   Comme je le disais au tout début, le pitch de départ est vraiment excellent. L’histoire m’a toute de suite conquis, autant à cause du mystère entier que représente cet étrange Dôme, mais aussi par la réaction de chacun à ce phénomène. De plus, l’auteur laisse toutes possibilités ouvertes et cela permet de poser mille questions et de s’imaginer tout et n’importe quoi sur l’origine du Dôme, son but, sa source. Est-ce une invasion des ET ? Un complot du gouvernement ? Le retour des russes ? Une invention ratée… ?

   Stephen King prend vraiment le temps de détailler son histoire, de poser son intrigue et de l’exploiter. Lorsque surgit le Dôme, c’est en effectuant des sauts spatiotemporels que nous apprenons comment cela est vécu par chaque habitant de Chester’s Mill mais aussi par les habitants extérieurs. Cette apparition qui dure tout de même durant une bonne centaine de pages ne m’a nullement ennuyé car à partir d’un simple évènement (l’apparition du dôme), l’auteur a recours à un tas de possibilités et j’ai été épaté par autant de trouvailles. Du point de vue d’une simple marmotte au crash d’un avion avec cette malheureuse Claudette, tout est visité. De plus, les descriptions volontairement tordantes, à la fois satyriques et cruelles, de la population de Chester’s Mill contribuent à s’attacher au récit et à l’apprécier davantage. Je dois reconnaître qu’au départ j’ai eu des difficultés à bien me repérer entre les habitants car le livre compte un grand nombre de personnages différents. Une fois ce cap passé, c’est un vrai bonheur puisqu’au final cela donne l’opportunité d’observer beaucoup de personnalités différentes, chacune avec un background précis. Cela m’amène d’ailleurs à un des grands points forts du livre : la psychologie présente. Les comportements humains sont ici si bien décrits et analysés que c’en est jouissif ! Certains penseront que quelques personnages sont plutôt clichés, et ce n’est pas faux, mais ils semblent tous si réels ! Les actions des uns et des autres entraînent des changements de comportement plutôt crédibles, des plans se mettent en place, l’horreur s’installe… Tout est lié et c’est un véritable écosystème qui s’est développé dans mon cerveau.

   Par ailleurs, et cela va de pair avec la psychologie, les personnages sont clairement un autre point fort du titre. J’ai adoré beaucoup de personnages, notamment Julia Shumway, petit brin de femme bourrée de principes mais si courageuse et déterminée. Joe l’épouvantail et Rusty Everett ne sont pas en reste ! Je me dois d’avoir une petite pensée pour l’adorable Brenda Perkins, personnage qui a su me toucher. Il m’est impossible de ne pas évoquer Big Jim Rennie, véritable pourriture que je ne peux m’empêcher d’aimer. Ce type est juste démoniaque ! Il semble sans limites, et même si ses véritables motivations restent assez sombres, on constate rapidement que le monsieur n’aime pas que quelqu’un se place en travers de son chemin, surtout lorsqu‘il sent le truc. Imprévisible et assez cinglé, ses nombreuses répliques m’ont souvent fait sourire, tant il ne manque pas de culot. Un des méchants les plus charismatiques que j’ai pu voir dans un livre !

    J’ai apprécié la montée en puissance du tome. Au fur et à mesure de l’évolution du récit et du huis clos pour nos chers habitants, le ton s’assombrit, l’espoir s’amenuise. De nouvelles manières de penser s’installent alors. Le parallèle avec certains faits réels me semble juste et il est évident que Stephen King a souhaité effectuer ces comparaisons, à sa manière. A la manière du dôme, j’ai commencé à me sentir étouffer par cette pression et cette ambiance. Bien que l’histoire débute dans un style fantastique, on ressent la forte influence des thrillers et des livres d’horreur s’imposer petit à petit. L’intrigue est bien ficelée et donne vraiment envie de creuser. Je dois souligner le talent de l’auteur : je trouve fort qu’avec une petite commune comme Chester’s Mill, que nous jugerions probablement comme très banale si nous la visitions réellement, il arrive autant à l’exploiter, la détailler, à lui offrir des spécificités géographiques (little bitch road, la pestile). Efficacité de ces descriptions renforcées par la présence d’une carte de la ville en début de tome !

A noter que l’histoire de ce premier tome se conclut de manière très abrupte mais que cela est en soit tout à fait normal : Dôme est à la base un unique roman, découpé en deux tomes pour sa parution française. L’envie de lire la suite a été donc immédiate.

   En conclusion, ce premier tome de Dôme est un véritable coup de cœur, comme je n’en ai eu depuis longtemps. Addictif, merveilleusement décrit et doté d’une histoire sombre et cruelle, Stephen King fait très fort. Doucement, on assiste à l’installation d’un huis clos proche de l’horreur et la mise en lumière de l’adaptation du comportement de l’être humain lors d’une situation de crise est incroyable. Un petit monde s’agite sous nos yeux, bercé par un grand nombre de personnages attachants et intéressants. Comme si cela ne suffisait pas, l’intrigue est très bien ficelée et bénéficie de nombreux rebondissements qui font mouche et m’ont surpris plus d’une fois. La montée en puissance de la vie sous le Dôme est telle que l’on ne sait jamais vers quoi on se dirige et quelle sera la prochaine catastrophe, haletant ! Par bien d’autres de ses aspects, Dôme est définitivement une lecture que je vous recommande chaudement.

Ma note : 18,5/20

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Une réflexion au sujet de « [Chronique] Dôme, tome 1 de Stephen King »

  1. Mon Salim, tu nous présentes à nouveau une chronique de qualité ! J’attendais celle-ci avec impatience ! Comme toi ce roman m’attire et m’intrigue depuis longtemps mais je n’ose pas le lire. Je pense que c’est la psychologie même de l’auteur qui me fait peur xD. A chaque lecture d’un de ses romans j’en suis sortie traumatisée !

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