[Chronique] Billy Bat, tome 5 de Naoki Urasawa

billy bat tome 5

Fiche technique du livre
Auteur : Naoki Urasawa
Genre : Manga Seinen Fantastique / Thriller
Année d’édition : 2012
Edition : Pika Editions
Langue : Française
Nombre de pages : 197 pages

Synopsis
De retour aux États-Unis après six mois passés au Japon, Kevin Yamagata a la fâcheuse surprise de découvrir que « Billy Bat », le personnage de BD qu’il a créé, ne lui appartient plus : les droits de la série sont désormais à Chuck Culkin, son ancien assistant ! Mais la chauve-souris continue à lui apparaître pour lui faire le récit des terribles événements à survenir…

Mon avis

   Alors que la couverture de ce cinquième tome annonce directement la couleur en affichant Oswald armé de son fusil, c’est finalement sur le personnage de Kévin Yamagata que s’ouvre ce nouveau Billy Bat.

1950. Quelques années plus tôt que le tome précédent. On retrouve un Kévin perturbé par ce qu’il a appris au Japon et ce n’est pas son retour à son atelier qui va le rassurer… Un flashback de courte durée car à peine quelques pages plus loin, on repart en 1960 mais cette fois-ci avec un couple que je ne pensais pas revoir : Tony et Diane, alias le couple mixte qui s’était marié durant le troisième tome. De passage dans le profond sud des États-Unis, le couple tente de rejoindre le Texas pour y passer leur lune de miel, qui a pris beaucoup de retard.  Le bonheur sera de courte durée pour eux car très vite ils affronteront les mentalités du sud de l’époque, dominées par un profond racisme et une haine pour les noirs…

   J’ai lu ce tome très vite, qui, il faut le dire, sait se montrer très prenant, en plus d’être beau. Je dois avouer que bien que j’étais au départ très étonné de revoir Tony & Diane, et de constater ensuite que la place qu’ils prenaient dans ce tome était importante, j’ai beaucoup apprécié leur partie. Le racisme n’est pas un fait souvent abordé dans un manga, alors « revivre » la ségrégation qu’ont pu subir certains noirs mais aussi certains couples interraciaux durant les années 60 de manière aussi réaliste est un gros plus. Naoki Urasawa en profite pour nous prouver tout son talent avec un superbe dessin sur cette partie, enchaînant les plans magnifiques et retranscrivant les émotions et expressions de ses personnages comme jamais. Vous l’avez compris, cette partie m’a donc marqué.

   Le reste du tome n’est pas en reste. Il développe l’intrigue, la psychologie des personnages, notamment celle d’Oswald pour qui les motifs de ses agissements sont plus précis à présent. Le tome se conclut même sur un très bon cliffhanger, qui vient ajouter au mystère de la série et annoncer de futurs rebondissements que j’imagine excellents. Étrangement, à la lecture de ce tome, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteur avait eu le feu vert pour prendre son temps et développer son intrigue comme il l’entendait, y ajoutant davantage de détails s’il le souhaite. On est quand même loin de la folie des premiers tomes où tout s’enchainait sans interruption. Ce qui n’est pas plus mal. Billy Bat a clairement du potentiel et il est plaisant de pouvoir se plonger davantage dans l’univers créé par Urasawa et de découvrir les personnages plus profondément.

   J’ai toutefois relevé deux petits points noirs : globalement, dans ce cinquième tome, j’ai trouvé le rôle de la chauve souris en retrait et j’ai regretté ne pas apprendre plus d’éléments sur elle. Un comble lorsque l’on se remémore le titre du manga : Billy Bat ! Aussi, il reste difficile de suivre à 100% la narration avec autant de changements d’époques, de personnages ainsi que les flashbacks pouvant survenir… Imaginez déjà lorsque l’on change souvent de point de vue dans une histoire, ce n’est pas si simple de suivre. Alors si d’une page à l’autre se mélange un flashback pour terminer deux pages plus tard sur un autre personnage cinq ans plus tard… Cependant, à ce sujet, on reste loin du côté « brouillon » du second tome et sommes en terrain connu grâce à la présence de personnages principaux.

   En conclusion, Billy Bat continue sur sa bonne lancée avec ce cinquième très bon tome. Plus calme que les précédents, il permet de mettre en avant certains sujets de société de l’époque tel que le racisme ou les étrangers vu des États-Unis de manière générale (Cuba, la guerre froide…). Peaufinant son intrigue et ses personnages, Naoki Urasawa m’a une fois de plus bluffé par sa capacité à créer des chapitres marquants, que ce soit par les rebondissements et l’intrigue que par son trait qui ne cessera jamais de m’étonner. Et cerise sur le gâteau, le dernier chapitre, excellent, conclut sur un cliffhanger assez inattendu et très bien trouvé. Autant dire que c’est avec une impatience non feinte que j’attends le prochain de cette saga.

Ma note : 16 / 20

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