[Chronique] Billy Bat, tomes 1 et 2 de Naoki Urasawa

 

 

 

 

 

 

Fiche technique des livres
Auteur : Naoki Urasawa
Genre : Seinen, Thriller Fantastique
Année d’édition : 2012
Edition : PiKa Edition
Langue : Française
Nombre de pages : 198 pages (tome 1), 214 pages (tome 2)

Synopsis (légers spoils !)
Premier tome : en 1949, Kevin Yamagata, dessinateur américain né de parents japonais immigrés aux États-Unis, connaît un succès formidable avec sa bande dessinée « Billy Bat » mettant en scène une chauve-souris dans diverses aventures. Lorsqu’il apprend de façon fortuite qu’un personnage identique au sien existe aussi au Japon, il décide de se rendre à Tokyo pour rencontrer le dessinateur à qui il a peut-être inconsciemment volé l’idée. Une fois sur place, il est rapidement happé par une spirale d’événements curieux qui ont pour dénominateur commun le motif de la chauve-souris…

Second tome : Lors d’une hallucination, Billy Bat, le personnage créé par Kevin, lui annonce que son rôle est de dessiner la suite des aventures. En effet, lui seul peut enrayer le cours des événements. Mais quelle est la nature de cette inquiétante chauve-souris dont l’on entrevoit l’ombre planer sur toute l’histoire de l’humanité, de la trahison de Judas jusqu’à l’Amérique de la fin des années 60, en passant par le Japon du XVIe siècle et ses ninjas ?

Mon avis
Pour cette première chronique de manga, je me permets de chroniquer deux tomes à la fois. Un tome de manga étant relativement court, il est difficile de juger une série et de produire un avis intéressant sur 200 petites pages dessinées. Par conséquent, ce choix de chronique me paraît plus approprié pour l’instant.

   Nouvelle œuvre principale de Naoki Urasawa et co-produit avec Takashi Nagasaki, Billy Bat est publié dans le Weekly Morning de Kodansha et 10 tomes déjà sont parus au Japon. En France, le cinquième tome arrivera début Décembre et le rythme de parution adopté pour le moment semble être d’un nouveau tome tous les deux mois.

   Ici l’auteur retourne à ses précédents « amours », le thriller, en y ajoutant une particularité importante : le tout est teinté de fantastique, de surnaturel. Se situant dans un premier temps en 1949, période d’après guerre pour le Japon, Urasawa multiplie l’usage de faits et évènements passés pour crédibiliser son récit et lui apporter une touche très réelle. On assiste par exemple au meurtre de Shimoyama, directeur des chemins de fer nationaux du Japon en 1949 ou au déraillement du train de Matsukawa, de graves affaires ayant violemment secoué le pays à l’époque. Pourtant, il n’hésite pas non plus à distiller des éléments fictifs, invraisemblables même autour de Billy Bat, cette fameuse chauve-souris. Ainsi, on est rapidement perdu entre réalité et imagination. Et c’est bien là le but recherché par l’auteur : proposer une ré-écriture de l’histoire telle que nous la connaissons en plaçant cette étrange chauve-souris comme un être, une chose, qui en réalité manipule et tire les ficelles du temps. Évidemment, on se pose les questions de ses origines, son existence mais aussi ses buts et motivations. Bien entendu, à la fin du second tome, nous ne sommes pas plus avancés, si ce n’est que le récit et le mystère a pris de l’ampleur.

   A propos du scénario de chaque tome en particulier, le premier sert d’introduction au mystère et personnage fictif Billy Bat. Son créateur, Kevin Yamagata, immigré américain d’origine japonaise, va rapidement se rendre compte qu’il n’est pas le réel créateur de son héros de bande dessinée, qu’un personnage similaire existe au Japon. Dès lors il part à la recherche du créateur original, afin de lui demander la permission d’utiliser son dessin. Un acte noble. Très vite, les évènements vont s’enchaîner et cette recherche sombre au désastre, révélant d’étranges mystères autour de Billy Bat et un intérêt démesuré pour la chauve-souris et la BD par de drôles de protagonistes. Kevin se retrouve dans un complot international qui le dépasse largement. Ce tome met en avant un nombre important de personnages plus excentriques les uns que les autres et certains m’ont même « filé les jetons » (Capitaine Finnley…!). Mention spéciale à Zofu Karama, artiste complètement barré dont les expressions et le comportement loufoque m’ont beaucoup amusé.

   Concernant le second tome, j’avoue qu’il m’a encore plus perdu que le premier. Là où l’intrigue principale semblait être déjà bien développée et me passionnait, l’auteur modifie complètement sa narration. Je sais que Naoki Urasawa adore épaissir le mystère en ne dévoilant qu’une ou deux informations capitales rarement mais quand même ! Ce fut difficile de passer du héros potentiel à autant d’autres personnages et d’époques, surtout parce que je pensais qu’on allait suivre l’histoire uniquement du point de vue Kevin Yamagata. En fait, j’ai davantage eu l’impression avec ce deuxième tome, que le personnage principal n’était autre que Billy Bat et non un humain, puisque tout est centré d’autour de cette chauve-souris. Bon, cela m’a permis d’apercevoir Judas dans un manga… A voir durant les tomes suivants quel était le but de ces multiples voyages dans le temps et ré-écriture de l’histoire, et si l’intrigue va se fixer davantage à une époque particulière. Je pense que oui vu tout ce qui a été développé autour de Kévin Yamagata, mais la certitude n’est pas permise avec ce mangaka !

   Puisque nous sommes en présence d’un manga, je vais parler longuement du dessin. J’ai beaucoup apprécié les deux chapitres d’introduction qui sont en réalité la bande dessinée Billy Bat telle qu’elle est écrite par le héros (?) Kevin Yamagata. Pour le coup, les éditions PiKa proposent une petite trentaine de pages couleurs, le tout imprimé dans un style rappelant fortement les bandes dessinées des années 50 (ressortez vos vieux Mickey, vous verrez ^^ !). S’en suit un retour au style habituel d’Urasawa, dans une version plus moderne, plus affinée. Son dessin a encore gagné en précision et les dessins de lieux et de paysages sont à tomber. Par ailleurs, j’ai aimé m’attarder sur les différentes expressions et visages que Billy Bat propose et c’est honnêtement très bon. Il s’agit pour moi d’un des mangaka réussissant le mieux à faire passer des émotions avec seulement l’utilisation du visage. Son trait est si précis qu’il est très facile d’interpréter d’une case à l’autre ce que ressent le personnage dessiné. Un régal.
Un petit reproche tout de même : comme beaucoup de mangaka qui ont un trait de dessin particulier, on a parfois l’impression de se retrouver devant des personnages de ses précédents manga. C’est particulièrement vrai par exemple pour Ai non Stop, Love Hina et Negima! de Ken Akamatsu. Je n’étais donc pas étonné d’observer des similitudes avec des personnages qu’on pourrait penser sortir tout droit de Monster.

Autre petit reproche à propos de l’édition en elle-même : au vu du nombre d’informations et de personnages croisés dans un tome, un petit récapitulatif et un résumé en début de tome seraient appréciables.

   En conclusion, Billy Bat pourrait bien être un nouveau coup de cœur. Naoki Urasawa sait proposer un thriller efficace tout en se renouvelant et je suis très curieux de voir où va nous mener cette fameuse touche surnaturelle, ce Billy Bat. Aurons-nous une explication réaliste ou non ? Bien que jugé de la qualité d’une série, qui sera apparemment longue, sur deux tomes peut être source de déception ensuite, je fais confiance à l’auteur pour proposer une histoire haletante, pleine de rebondissements et de mystères. En espérant vite se recentrer autour d’un unique personnage principal !

Ma note : 17/20 pour Billy Bat tome 1 ; 15/20 pour le tome 2

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