[Chronique] Sans un adieu de Harlan Coben

Fiche technique du livre

Auteur : Harlan Coben
Genre : Thriller
Année d’édition : 1991, édité en France en 2010
Editeur : France Loisirs
Langue : Française
Nombre de pages : 562 pages

Synopsis

Laura Ayars, l’ancien mannequin devenue femme d’affaires, et David Baskin, la vedette de l’équipe de basket des Celtics : un couple béni des dieux ! Mais, en pleine lune de miel, la tragédie frappe : David part nager et disparaît. Sans un adieu… Son remplacement rapide dans son équipe par un inconnu au jeu identique au sien intrigue sa femme. Accident ? Meurtre ? Suicide ? Laura se lance dans l’enquête et découvre bientôt des secrets vieux de 30 ans, que ses proches ont tout fait pour enfouir…

Mon avis

Fan de l’auteur depuis « Temps mort » et « Une chance de trop », j’ai eu l’occasion de lire une bonne dizaine de livres d’Harlan Coben. Qu’il s’agisse de sa série avec Myron Bolitar ou ses thrillers « plus classiques », je n’ai jamais été déçu et je dois même avouer que je considère que certains de ses thrillers sont parmi les meilleurs que j’ai lu à ce jour. Lire « Sans un adieu » était donc à la fois un passage obligé pour moi. Pourtant j’avais beaucoup d’appréhension car je savais qu’en lisant sa première œuvre, non retouchée, je risquais d’être trop critique et comparatif. Qu’en est-il réellement ?

   « Sans un adieu » commence en plein milieu d’un voyage de noce. L’héroïne de ce livre, Laura Ayars, nous est dès le début présentée par quelques flashbacks et il nous est rapidement permis de se créer une image du personnage. Pour ma part, j’apprécie beaucoup ce genre de personnalité : plus qu’une belle plastique, Laura a eu une enfance assez difficile et a mis du temps à s’accepter. Doutant souvent d’elle-même, naïve, elle sait prendre les choses en main lorsque cela est nécessaire et est un personnage assez vif d’esprit, même si cela est surtout vrai pour la seconde partie du livre. Son tout jeune mari, David Baskin, joueur pro de basket très connu, apparaît comme un époux amoureux, attachant, d’une grande gentillesse. Le bonheur n’est que de courte durée puisque 30 pages à peine après le début, David est porté disparu. Et tout bascule pour Laura. Vous l’aurez compris, l’enquête se met très vite en place et on nous ne laisse pas le temps de s’ennuyer.

   Construit de manière à pousser les lecteurs à la réflexion et à la recherche, l’auteur conte son histoire et change souvent les points de vues. Ainsi, il n’est pas rare dans un chapitre de vivre l’enquête par le biais de quatre personnages différents. Intéressant. Très joueur, Harlan Coben profite de cette narration et s’amuse en nous laissant apprendre une ou deux informations capitales, nous poussant à réexaminer les faits, établir des théories à nouveau. En bon détective du dimanche, j’ai effectivement profité des pistes distillées par l’auteur pour monter mes hypothèses et force est d’avouer qu’à 40% du livre, j’avais compris les grandes lignes de l’intrigue finale, ce qui ne m’était jamais arrivé en lisant un roman de Coben. Alors oui c’est parfois trop prévisible, l’auteur fournit peut-être trop d’éléments, (une erreur qu’il ne commet pas dans ses livres suivants) et pourtant il arrive quand même à nous surprendre. Convaincu d’avoir trouvé la vérité, je me suis laissé prendre dans la toile tissée par Harlan Coben pour au final m’apercevoir que bien des éléments m’échappaient…

   En dehors du scénario, j’ai apprécié observer que le style de l’auteur était déjà bien présent dans ce premier livre. « Sans un adieu » possède les qualités qui font un peu la marque de l’auteur : un style d’écriture vif, rapide, qui se permet parfois des comparaisons insolites et humoristiques avec des faits ou personnes réelles de la société américaine. On retrouve aussi cette volonté de servir des personnages hauts en couleurs, très différents les uns des autres et dont chacun traîne ses bagages et secrets depuis un long moment. Car oui, des secrets il y en a ! Quasiment chaque personnage cache quelque chose et a souvent une bonne raison de le faire. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Stan Baskin, assez imprévisible, en proie à des problèmes « mentaux » qui le dépasse largement. On le voit évoluer et je me suis posé la question tout au long du thriller : est-il si mauvais ? N’y a-t-il pas un peu de bon en lui ?

   Comme pour ses autres titres, Harlan Coben a su proposer une histoire où l’on dénote très peu de longueurs, un rythme effréné ; les évènements et révélations s’enchaînent relativement vite. La magie opère, je ne voulais plus relâcher le livre et les pages ont défilé à folle allure. Addictif, malgré le caractère prévisible de certaines situations, j’avais quand même hâte de découvrir le fin mot de l’histoire et vérifier si mes théories étaient fondées.

   En conclusion, j’ai donc passé un agréable moment avec « Sans un adieu ». Sans atteindre le génie et la qualité d’écriture des livres suivants d’Harlan Coben, le thriller reste bon, distrayant, bien écrit et entraînant. Je recommande aux néophytes d’essayer d’abord « Dans les bois », « Fautes de preuves » ou même « Une chance de trop » mais les lecteurs appréciant beaucoup Harlan Coben devraient largement trouver leur compte dans son premier thriller.

Ma note : 15/20

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9 réflexions au sujet de « [Chronique] Sans un adieu de Harlan Coben »

  1. Super j’ai enfin trouver un fan de Coben … Pareil pour moi, cet auteur est incontournable, j’ai lu quasiment tous ses livres mais pas encore « Sans un Adieu ». Comme toi, j’ai un peu peur d’être déçue puisque c’est son premier roman… Mais finalement, tu m’as donné envie, je me le programmerai prochainement je pense !

    • C’est toujours un plaisir de rencontrer un(e) fan de Harlan Coben. On n’en voit pas assez sur les forums ^^ En tout cas, une fois que tu auras lu « Sans un Adieu », je serai ravi de lire ce que tu en as pensé 😉

  2. Bonjour, et merci pour votre critique de ce lire que je viens de terminer. Outre le fait que je le trouve écrit avec les pieds et que les personnages n’ont aucune épaisseur et sont de purs clichés, je m’interroge quant à la solidité de l’intrigue. Je fais l’hypothèse que le bouquin m’est tombé des mains tellement souvent que j’ai dû m’endormir à certains passages et loupé des éléments. (attention spoiler à venir) Si James a avorté sa femme Mary (mère de Gloria et Laura) puis a tout fait pour qu’elle tombe enceinte, où donc est passé ce petit frère ? Et quand bien même David Baskin aurait été le demi-frère de Laura (puisque Mary l’aurait eu avec Sainclair), comment aurait-il pu été élevé par Judy, ni vu ni connu, transfert d’enfant entre soeurs ? Non mais franchement, je crois que j’ai dû rater un épisode ! Cela me turlupine (et ce n’est pas imputable au suspense inconsistant du scenario). Ajout perfide : reconnaissons à l’auteur son honnêteté et sa lucidité : il démonte lui-même son propre livre dans l’Avant-propos ; inutile de le contredire…

    • Bonjour Aurélie et merci pour ton commentaire 🙂
      Tout d’abord n’hésites pas à me tutoyer, nous sommes ici entre lecteurs et la convivialité est de mise.

      (ATTENTION SPOILERS)

      Je vais essayer de te répondre par rapport à mes souvenirs :
      La première grossesse de Mary ayant été interrompu très brutalement, je pense plutôt que le « bébé » est mort tout simplement. Ça a du intervenir relativement tôt dans sa grossesse de manière à laisser penser à Mary que la grossesse qui a suivi était la même, juste en très étrangement plus longue (et bien droguée sûrement pour ne pas s’en rendre compte). Donc bien deux enfants. L’étrangeté ici vient du fait qu’il ait réussi à interrompre la grossesse et la faire avorter si facilement et qu’elle puisse ensuite tomber enceinte… Bon je mets ça sur ses compétences de médecin et mon ignorance en la matière.
      Ensuite justement, l’auteur nous fait un gros mélimélo jusqu’au bout afin de nous faire douter sur le lien demi frère ou non entre Laura et David. La vérité est bien que David n’est pas son demi frère. Par ailleurs il n’a pas du tout été élevé par Judy mais bien par sa défunte mère et Sinclair. Judy a juste su rapidement qui était David en voyant des photos avec Sinclair et comme elle était au courant des petits secrets de James, elle savait que David et Laura pouvaient s’aimer, et c’est d’ailleurs pourquoi elle a voulu briser le secret en révélant la vérité.

      Je reconnais cela dit que c’est assez compliqué à suivre et comprendre et que si on ne le lit pas d’une traite, on peut vite se perdre dans les détails.

      J’espère t’avoir renseigné 🙂

      • Bonjour LeOn, Je te (j’attends toujours l’autorisation pour le tutoiement convivial !) remercie infiniment d’avoir pris la peine de me répondre alors que ton billet date de quelques mois.
        J’ai bien compris 2 choses : le bébé adultérin Sinclair/Mary a été avorté par James (soit) (sans que Mary s’en rende compte puisque droguée- soit). David est bien le fils de Sinclair et de sa mère (je ne me souviens pas de son prénom, je ne suis même pas sûre qu’elle en ait un). Bon. Mais il reste une énigme :
        Qu’est devenu le bébé que Mary a attendu quelque temps après son avortement forcé et dont James est le père (puisqu’il a tout fait pour que sa femme tombe enceinte de lui et croie que Sinclair en était le père – tel est pris qui croyait prendre…)? Dans le livre il me semble qu’il n’est jamais question d’un 3e enfant de James et Mary – outre les soeurs Gloria et Laura ?
        J’espère que j’ai été claire ! Désolée je suis un peu obsessionnelle avec mon questionnement sur l’intrigue de ce livre.

      • Je t’en prie, ce n’est pas la peine de me remercier 🙂 C’est toujours appréciable de pouvoir partager sur ses lectures, même lorsqu’il faut creuser profondément dans sa mémoire pour trouver les réponses ^^

        Par chance ta dernière question est la plus simple : il n’est pas question de trois enfants pour Mary et elle a bien eu deux filles. Le bébé qu’elle a attendu après son avortement forcé n’est autre que Laura ^^ d’où la très faible différence d’âge avec David !

        Sinon je comprends ton «  » »obsession » » » (oui beaucoup de guillemets !) car il n’y a rien de plus pénible et rageant que de ne pas avoir compris l’intégralité d’un scénario et d’y trouver des incohérences, surtout dans le cas d’un thriller 😉

  3. Re-merci (j’insiste !) 😉 Même si tu ne fais que confirmer ce que je craignais : mes neurones sont au mieux en vrac, au pire en vadrouille… J’ai malgré tout pu attaquer un Jean-François Parot (j’avais fait une pause de Nicolas Le Floch depuis trop longtemps : je retrouve la plume, les recettes et les intrigues parisiennes avec délices !) : je crains désormais de ne plus être en capacité de comprendre quoi que ce soit !! Bonnes lectures…

  4. Ping : Bilan des lectures de 2013 | Pouvoir des mots

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